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 (reggie) always on my mind.

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MessageSujet: (reggie) always on my mind.   Mar 2 Mai - 3:17

« always on my mind. »

Elle s’éveille dans un hurlement silencieux, le corps agité de soubresauts et recouvert d’une fine pellicule de sueur. Sa crinière est en bataille, ses draps sont une zone de guerre, le sang qui hurle dans ses veines est à l’image du démon qui est perché au-dessus d’elle quand elle ouvre subitement les yeux. Judith se voit, ses mains couvertes d’un sang qui n’est pas le sien. Impuissante et pourtant à l’origine du pire des maux. Ce sang est encré dans son derme comme les tatouages qu’elle a vu se dessiner sur les muscles de Randy l’autre jour. Elle rêve parfois que le fluide s’étend de ses phalanges jusqu’à ses bras, qu’il l’enveloppe complètement jusqu’à l’étouffer. D’autres fois, Jude revoit le visage de sa mère, le visage du cadavre autant que celui de la femme. Tout se brouille alors dans un mélange éreintant et horrifique, dont elle finit invariablement par ressortir le cœur au bord des lèvres. Cette sensation effroyable d’avoir une mort sur la conscience. Celle de sa propre mère. Saul avait bien tenté de rationnaliser, elle était déjà hors de portée quand ses mots ont cherché à l’atteindre. Elle a fini par confesser à Elise l’atroce vérité, à son père, mais elle a été incapable de décrocher plus d’un regard aux autres. Tous ces survivants embourbés dans des querelles intestines, dénuées de véritable importance : à quoi cela sert-il de survivre si l’on répète invariablement les mêmes erreurs ? Quand il lui arrive d’entendre les brides d’une dispute, Judith se souvient d’un vieil adage. L’Homme est un loup pour l’Homme. Et s’il ne s’appliquait plus aux morts-vivants derrière leurs barricades, mais à eux-mêmes ?

Deux jours seulement se sont passés depuis qu’elle a réalisé qu’Aspen n’était plus qu’un cadavre parmi d’autres. Sans l’intervention du militaire, la maladie l’aurait également atteinte. Il aurait suffi d’une morsure. Tous les entraînements de Reggie ne l’avaient pas préparée à cet instant où sa raison a vacillé entre ses instincts de survie et le besoin, primaire, de faire confiance à sa mère. Sa confidente, son amie pendant des dizaines d’années. Sa protectrice et son modèle. Même lorsqu’elle a croisé son regard devenu vitreux, Judith n’a pas pu se résoudre à se battre. Ne lui avait-elle pas déjà fait assez de mal comme ça ? Excédée par ses pensées noires – et effrayées par les ombres de ses cauchemars qui se mouvaient dans l’ombre de sa chambre, bien qu’elle ne l’admettra pas – elle bondit de son lit, ouvre les volets en grand et inspire l’air humide de cette fin de matinée. Fort heureusement, c’est un jour de repos pour l’infirmière qui n’aurait de toute façon pas eu le cœur à se rendre à l’infirmerie. Elle a zappé son jour, hier, prétextant avoir chopé un mauvais virus. Bien évidemment, Primrose a flairé l’embrouille à deux mille kilomètres, mais elle n’a pas eu le temps de l’interroger et ça a permis à Jude de fuir. Fuir son regard inquisiteur, fuir ses questions. Fuir la réalité. Sa mère est morte et elle n’y peut plus rien. Sa mère est morte par sa faute.

Et ils voulaient qu’elle continue dans cette lancée meurtrière ? Elle n’est pas une guérisseuse. Si ce désastre doit prouver quelque chose, c’est bien ça. Judith attache violemment ses rangers, tire sur les lacets encore maculés de boue ; elle enfile une veste marron sur ses épaules et descend dans la rue. Ses pieds savent où ils doivent aller, tout ce qu’elle espère c’est qu’il ne sera pas de service quand elle frappera à sa porte. Elle n’est pas faite pour panser des plaies, elle ne sait que les aggraver. Elle ne sait que faire germer la mort, pas la vie. Comment pourrait-elle faire face aux prunelles bienveillantes de Primrose en sachant cela ? Partager quelques mots avec Kara ? Toutes ces femmes merveilleuses, dont les mains semblaient bénies par les dieux. Des femmes capables de guérir l’incurable même au beau milieu du chaos. Et la seule fois où une vie avait actuellement reposé entre les siennes, Judith n’avait pas été capable de la sauver. C’est ça qu’on appelle un signe du Destin, non ? Elle marche vite, ne cherche même pas à éviter les flaques qui creusent les pavés. Hier soir, une pluie fine s’est abattue sur la ville. Il était tard, mais elle l’a clairement perçue dans son insomnie. Entre deux cauchemars. Judith a le minois baissé vers ses pompes crasseuses, elle évite tout contact visuel et, ironiquement, a l’épaule qui se frappe lourdement contre celle d’un autre passant. Elle titube, surprise par l’impact, relevant juste assez le menton pour croiser une paire d’yeux quelque peu courroucés, pris de court, et bien trop bleus. Un soupir s’étire entre eux.

« Je te cherchais… » Elle passe une main dans ses mèches désordonnées, geste impatient et nerveux. Cela fait plusieurs mois qu’ils n’ont pas discuté. Qu’ils ne se sont pas entraînés non plus. D’ailleurs, elle verrait presque l’air narquois qu’il pourrait prendre face à sa présence ; oui, elle se souvient de lui, et non, ce n’est pas une mauvaise blague. Quelque part, de simplement le voir se tenir face à elle la renvoie dans le passé. Reggie n’a pas changé. Pas vraiment. Et son cœur se serre un peu, sans qu’elle se l’avoue. « Qu’est-ce que tu dirais de reprendre là où on s’était arrêté ? »
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MessageSujet: Re: (reggie) always on my mind.   Mar 2 Mai - 4:28

« always on my mind. »

Ton cœur débat à un rythme dont tu n'arrives pas à compter les battements. Tu continues ton chemin, tes jambes s'agitent dans cette course. Cet entraînement matinal dont tu t'offres de temps en autres, afin de garder la forme. Le soleil arrive à réchauffer ton visage, à le changer en une couleur rougeâtre, à faire transpirer ta peau dénudée, tu n'as qu'un simple débardeur déjà humide et un short noir. Tu l'as emprunté à ton colocataire, sans sa permission. T'es un fouineur. Tu t'en fiches après tout, il te casse assez la tête, que c'est du pareil au même le petit emprunt. Il y a ce bourdonnement qui ne quitte plus tes oreilles, cette douleur qui te ronge les os jusqu'au cerveau. Tu ne t'arrêtes pourtant pas. Tu continues la course. Et si tu t'évanouis, tu l'auras bien cherché. Ces derniers temps, tu as l'impression d'être abandonné, d'être seul, tu as peur de céder, de devoir céder à la tentation, de voler des médicaments pour te réconforter. Tu sais que c'est mal, mais c'est plus fort que toi. Tu es clean depuis déjà plusieurs mois, voir un an ou deux. Cette sensation d'être apaisée, tu l'as cherché partout, dans tous les recoins, tu ne trouves pas la paix, ni la satisfaction, tu es un peu cette chanson que les Rolling Stones ont longtemps jouée sur scène.

Un léger vent te caresse le visage, toi, tu fermes les yeux, un instant, une demi-seconde, on te bouscule gentiment. Aussitôt, tu les rouvres, comme si tu ne les avais jamais fermés. Cette femme apparaît devant toi, toi, qui cherchais à t'apaiser, à trouver la paix. Tu ne crois pas vraiment en cette foi, mais elle te réserve souvent des surprises. Tu t'arrêtes, ta poitrine gonfle et dégonfle, suite à ton jogging intense. Ses cheveux en bataille, tu les reconnais, tu les reconnaîtrais de loin. Cela dit, tes émotions, tu te les gardes, tu parais alors, plus comme un homme absent, froid, mais surtout distant. C'est ta façon à toi, d'être social avec les gens. « Et où nous en étions ? » Les entraînements. C'est sûrement ça. Elle a besoin de toi pour se défendre, pour apprendre. Tu sers à ça, Reggie, à un bouche-trou. Tu te présentes à elle, ainsi, tu n'es rien d'autre que cela. Impossible d'être plus optimiste, d'être plus en confiance, tu ne sais pas vraiment si tu comptes, si tu es juste un mec dont elle a besoin pour ses propres envies. Tu ne l'as pas vu depuis un moment, que rarement, pas de vraies conversations. Tu as l'impression d'être rancunier, qu'elle t'a oublié, mais ce n'est pas comme si tu avais fait l'effort de la voir. Tu croises les bras en soupirant légèrement. « J'ai des trucs à faire.. prendre une douche pour commencer. » Tu t'en veux presque de l'éviter, tes yeux la fixent, mais l'évitent à la fois, ce sont tes mots qui le disent. Tu sues comme un dégueulasse. En plus, tu as oublié de prendre une bouteille d'eau, ta gorge s'assèche grandement. Tu as assez de salive pour ouvrir ta bouche et sortir des bêtises, comme celle-là, que tu viens de sortir. Elle est belle. Elle est innocente, à tes yeux, elle l'est. Toi, tu n'es pas grand-chose pour Judith. Elle ignore des choses sur toi. Ton passé, où tu avais besoin de médicaments pour pouvoir dormir, avant de devenir accro et d’arnaquer ton propre boss, en volant des médocs illégaux durant ton boulot dans la DEA.

Ton sourire, il est difficile à déceler, parce que tu n'en as pas, mais il voudrait bien sortir, uniquement pour la voir sourire en retour. Tu racles ta gorge. Le silence est un peu pesant. Tu as peur de dire un truc qui va la rendre froide, qui va t'obliger à t'excuser, avant de fuir comme un voleur. Cette conversation ressemble presque aux autres, c'est-à-dire, à aucune que vous avez eue. Tu t'essuies le front avec le bout de ton débardeur, c'est à ce moment que l'on bouscule Judith et qu'en plus, on te pousse également. Cela ressemble étrangement à de la provocation. Tu le confirmes en te tournant vers l'individu. C'est Elvis, du moins, c'est le prénom qu'il se donne, tout est possible, parce que Reggie, ce n'est pas un prénom que tout le monde adopte à la naissance. Tu te sens déjà colérique, ce mec, tu le détestes, au plus haut point. Il te sourit, d'une manière arrogante, provocatrice. « Enfoiré, ne t'excuses surtout pas, sale con. » Les insultes s'envolent facilement de ta  bouche. Et lui, il s'arrête, c'est quelqu'un qui a besoin de prouver, prouver qu'il est le pire type. « T'es sûr, que tu veux te faire humilier devant ta poupée ? » Tu fronces les sourcils, tes mains se serrent, au point de te marquer à l'intérieur de tes paumes. « Va te faire foutre, connard. Elle mérite du respect. » Tu t'enflammes facilement.
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MessageSujet: Re: (reggie) always on my mind.   Mar 2 Mai - 5:33

« always on my mind. »

Reggie n’a pas l’air plus ravi que ça de la revoir après tout ce temps. Ses traits se durcissent quand elle plonge son regard dans le sien, cherchant à lire entre les lignes. Et où nous en étions ? Le ton dont il use la fait tirer une grimace acide. C’est presque comme si elle levait les sourcils face à sa remarque, pour formuler un sérieusement, Reinhart ? silencieux. Judith croiserait les bras sur sa poitrine en d’autres circonstances, mais elle a le sang qui bouillonne encore un peu à cause de son brusque réveil. Elle a besoin de se défouler sur quelque chose, sur quelqu’un, de reprendre le dessus sur les monstres qui envahissent les ténèbres derrière ses paupières closes. Elle veut se battre, sans savoir si elle sera un jour capable d’être une guerrière comme les autres. Elle veut juste qu’on arrête de la forcer à être ce qu’elle n’est, en définitive, absolument pas. Jude évite de regarder ses mains qui virevoltent autour d’elle, rangent les mèches rebelles, tirent sur les manches de sa veste, se suspendent à ses poches, balaient l’air. Peut-être qu’elle a peur qu’elles soient encore teintées de sang. Peut-être qu’elle a peur de devenir folle, dans le fond. Ses entraînements avec Reggie l’ont toujours laissée lessivée, alors c’est une solution comme une autre. Une possibilité qui miroite un instant entre eux avant qu’il ne l’efface d’un revers abrupt. Elle accuse le coup. Fronce un sourcil, puis l’autre, et entrouvre les lèvres.

« Qu’est-ce qui te prends, Reggie ? On dirait presque… »

… que tu m’en veux.
La fin reste coincée dans sa gorge quand elle réalise que c’est ça. Il agit comme un gamin puéril qu’on aurait privé de son jouet favori. Elle n’avait pas voulu s’éloigner de lui, mais le conseil ne lui avait pas laissé le choix en ce qui concernait sa nouvelle affectation. S’il tenait tant à la revoir, qu’est-ce qui l’en avait empêché ? D’un autre côté, Judith avait toujours été claire quant à ce qu’ils pourraient avoir et ce qu’ils n’auraient jamais. Elle ne pensait pas que cela pourrait un jour se retourner contre elle au moment où elle en aurait le plus besoin. Parce que c’est de ça qu’il s’agit finalement : elle a besoin qu’il lui accorde son attention, qu’il l’aide à évacuer le mal qui la ronge en lui donnant une cible à combattre. Qu’il l’aide à canaliser les sentiments contradictoires qui flamboient en elle depuis deux jours. Peut-être qu’elle a aussi besoin qu’il la laisse à bout de souffle. Il a les yeux qui la fuient, et elle regrette de perdre cette caresse bleutée.

« Tu… » Elle est interrompue par une bousculade, qui ne laisse pas Reggie indifférent. C’est un molosse qui saute sur un autre clébard, la chair à vif et les nerfs à fleur de peau. Est-ce qu’ils sont tous écorchés vifs depuis l’exécution de Pratt, ou est-ce que ça date de plus longtemps et qu’elle ne le voit que maintenant ? Les insultes fusent, les regards se confrontent. Soudainement, l’atmosphère se charge d’électricité. Même Judith sent son corps répondre à la provocation. Est-ce qu’il vient de la traiter de poupée ? « Hey, give it a goddam break, boys ! »

Elle ne sait pas si sa voix couvre celle de Reggie, ou même les vociférations de l’autre. Judith a déjà vu son visage dans le camp, mais elle ne le connaît absolument pas. Quoi qu’il ait pu faire pour s’attirer autant de foudres de la part du Nettoyeur… Disons qu’il lui suffit finalement de quelques secondes à jouer les spectatrices pour se rendre compte que l’antipathie de Reggie, à défaut d’être justifiée, est compréhensible. Il la ferait presque sortir de ses gonds, alors qu’elle n’est pas du genre violente. Elle ne l’a jamais été. Mais ça la démange depuis quelques jours. Elle n’a pas été fichue de se sauver face au rôdeur. Face à sa mère. La vérité la guette toujours au tournant, l’horrible et brutale vérité. Elle n’a pas été capable de la sauver, sa mère. Elle n’a pas été capable de la tuer non plus. Et avant même que Jude ne réalise que ses poings se sont refermés, que ses muscles se sont bandés, elle voit le coup partir vers Reggie. Le coup d’Elvis. Et sa seule pensée à cet instant, c’est qu’ils vont avoir des problèmes si la milice tombe sur eux. Celle qui suit, elle est beaucoup moins pragmatique. Putain, Reggie, qu’est-ce qui se passe ? Elle se retrouve bousculée une nouvelle fois, propulsée vers l’arrière avec une ruade qui la fait tomber sur les fesses dans une flaque gelée. Son regard remonte vers la rixe entre les deux hommes, les coups qui pleuvent, elle perçoit à peine l’éclat métallique. Combien de fois devra-t-elle voir le sang couler ? Combien de fois avant qu’elle ne se noie complètement dedans ?
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MessageSujet: Re: (reggie) always on my mind.   Mar 2 Mai - 7:01

« always on my mind. »

Reggie, c'est parfois un con, qui ne connaît pas toujours ses limites. Il parle sans savoir que cela va blesser, ses intentions sont bonnes, enfin, parfois, pas tout le temps quoi. Il est content de la voir, elle est toujours aussi magnifique, bien qu'elle semble épuisée, il le voit, il le sent, il a déjà eu son odeur imprimée dans sa chair. Reggie se montre froid, pour se protéger. Il sait qu'entre eux, c'est mort, il n'y a rien, parce que c'est facile de dire cela, c'est plus convaincant. Enfin, pour eux, pas pour le mental, il ne suit pas toujours la même volonté. Il ne réagit même pas, il ne répond pas, à quoi bon ? Il ne veut pas être méchant, ni quitter sous une mauvaise note. Pourtant, il est muet, il transpire, son corps l'empêche d'avancer, de la prendre dans ses bras ou même de partir et retourner chez lui. Ses lèvres pourraient presque trembler, s'il ne les retenait pas serrer. Malheureusement, ils n'ont pas l'occasion d'en parler, d'emmener la discussion plus loin. Elvis, cet homme, qu'il a commencé à détester depuis déjà plus d'un mois, vient les interrompre. Ils n'ont pas les mêmes opinions, et même si, c'est le cas avec Shawn, ils ne viennent pas à se battre pour autant, mais lui. Lui, ce n'est pas la même chose, il est pire, aussi étrange que cela puisse paraître, il l'est. Il s'en prend à Jude, la goutte qui fait déborder le verre, qui arrive à inonder le terrain, à déclencher sa haine.

Il voit rouge, Reggie, il ne peut plus se contrôler, c'est aussi, qu'il ne le désire pas. Autant en finir, autant le détruire, mais le rebelle se prend un premier coup, un coup qui arrive à le déstabiliser pendant quelques secondes. Rien n'est perdu. Parce qu'il enchaîne à son tour les coups, il le frappe, il n'arrête plus. Le sang coule de partout, de son visage, mais également celui de l'adversaire. Il ne pense même pas au fait que cela va attirer l'attention, qu'on pourrait le renvoyer, le punir, il s'en fiche. C'est un homme. Un homme en colère. Il a toujours été impulsif, violent, moins, mais impulsif, ça oui, il l'était, il l'est encore. Personne ne semble vouloir intervenir, peut-être que ces gens ont peur. Ils ne veulent pas s'interposer, afin de ne pas finir au trou, expulser. Reggie a fait pareil à plusieurs reprises, parce qu'il a toujours voulu renverser le conseil, parce qu'il désire à tout prix avoir sa propre liberté, avec les autres rebelles. Alors, que Reggie pense avoir le dessus, il pense avoir gagné, du moins, l'avoir assez frappé pour que le combat s'arrête, alors, il se retourne vers Judith. Il prend conscience qu'elle n'est pas blessée, seulement sale.

Ses lèvres s'agitent doucement comme un tremblement, pour en faire un léger sourire. Sa peau frissonne, son cœur est le bord de frôler la crise cardiaque. Il peut sentir le sang lui couler sur le visage, sur sa chair trempée et sale. Mais Elvis a réussi à lui poignarder le bras. Chose que Reggie ne sent pas avec l'adrénaline. Il ne sent que l'organe vital débattre dans sa poitrine et la chaleur qui lui monte à la tête, au point que les bourdonnements n'ont jamais cessé. Il s'avance lentement vers la jeune femme. Il ne sent plus vraiment son bras, il est troué, les gens ont l'air effrayé, même celui de Judith. « Quoi ? » C'est la seule chose qu'il arrive à dire. Quoi. Est-il si laid que ça, que les gens ont peur de lui ? Il vient de faire preuve d'une certaine violence, lui, qui n'avait jamais osé faire cela devant tous ses gens, surtout pas devant elle.  
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MessageSujet: Re: (reggie) always on my mind.   Mer 3 Mai - 3:05

« always on my mind. »

Il lui est impossible de détourner les yeux pendant que les deux hommes s’affrontent violemment. Judith voit les coups qui pleuvent, les poings qui s’écorchent, le visage furieux de Reggie et l’éclat dans son regard. Elle ne l’a jamais vu ainsi, que ce soit dans cette démonstration de force ou dans la folie qui le fait frapper encore plus fort. Toujours plus fort. Elvis met rapidement un genou à terre, il se fait renvoyer d’où il est venu et le Nettoyeur se tient, quelque peu vacillant, sur sa récente victoire. Il a le souffle court, sa poitrine se soulève rapidement, il porte finalement le regard vers elle sans comprendre pourquoi elle le fixe aussi intensément. Ce n’est pas de la peur, ni de la frayeur qu’il lui inspire. Pas à cause de sa rage. Il l’interpelle ; Jude baisse ses orbes pâles le long de son bras, silencieuse. C’est une vilaine blessure, elle le devine malgré le sang qui obstrue sa vision. La plaie est difficile à cerner sous ce flot continu. La jeune femme se relève finalement, tirant ses muscles fatigués, luttant contre cette partie d’elle qui veut simplement fuir cette situation. La dernière fois qu’elle s’est retrouvée face à un blessé, elle n’a pas pu faire ce qui était nécessaire. Elle n’a pas pu… Judith passe les deux mains dans ses cheveux bruns, pour les ramener en arrière, s’avance d’un pas vers Reggie.

« Tu ne… » Le doute qui transpire d’entre ses lèvres suffit à mettre la puce à l’oreille de l’ancien flic. Ça, et le fait que ses yeux virevoltent entre son bras blessé et son visage. Elle ment très mal, la brunette. Reggie comprend, elle le voit baisser le regard, tressaillir et flancher. Elle a tout juste le temps de l’attraper par son autre bras, celui qui ne saigne pas, pour lui éviter de chuter totalement. « Hey ! Ça va aller, je suis là, attends… »

Sa première idée est de l’emmener jusqu’à l’infirmerie. Là-bas, il pourra être soigné par des gens plus que capables. Meilleurs qu’elle. Des personnes qui n’ont pas le sang de leur mère sur leurs mains. Qui ne sont pas des meurtriers en puissance. Mais elle se rend compte que d’autres survivants les regardent, elle, Reggie et Elvis, encore sonné. Si des miliciens leur tombaient dessus, ils risquaient d’être renvoyé sur-le-champ. Avec les récents événements, ils ne prendraient probablement pas le risque. Et elle ne peut pas perdre Reggie. Pas à cause d’une stupide rixe de mâles alphas. Quelqu’un s’approche, pour prendre le pouls de l’autre homme à terre, il jette un regard vers eux. Sans attendre une phrase de sa part, Judith passe le bras du Nettoyeur sur ses épaules et l’incite à lui emboîter le bas.

« Tu protesteras après. Il faut qu’on file. »

Elle parle entre ses dents, elle combat la petite voix qui lui dit qu’elle va tout faire foirer. Encore une fois. Si Elvis décide de balancer Reggie, de dire que c’est le flic qui s’est jeté sur lui en premier, ils iraient le chercher à l’infirmerie. Pour le moment, il faut simplement l’éloigner de là ; et le seul endroit qui lui vient à l’esprit, c’est chez elle. Il y a trop de monde dans la rue qui mène chez Reinhart, en plus la maison qu’il occupe est partagée entre plusieurs survivants. Ce serait prendre un risque inutile que de faire le chemin jusque là-bas. L’adrénaline redescend chez le bagarreur et monte en flèche chez l’infirmière. Elle se rend compte que le stress fait battre son cœur plus vite. La crainte d’échouer. La certitude qu’elle n’y arrivera pas. La blessure de Reggie est moins grave que celle de sa mère pourtant. Elle a déjà recousu des coupures, après tout. Ils s’engouffrent dans une ruelle, un raccourci jusqu’à Paris Street et finalement, elle pousse la porte de chez elle de l’épaule. Ça lui a paru interminable comme trajet – et affreusement court aussi, parce qu’elle n’a pas cessé de penser à tout ce qui pourrait mal se passer.

« Il faut qu’on s’occupe de ton bras, il faut… » Elle cherche du regard pendant qu’elle tire une chaise, l’incitant à s’asseoir. Ses yeux tombent sur un chiffon, dans la cuisine, et en quelques enjambées elle le ramène au blessé pour faire un garrot. Histoire de ralentir le flot sanguin. Ses gestes sont plus mécaniques qu’elle ne l’aurait pensé. Elle a beau dire qu’elle n’est pas faite pour guérir, son corps parle autrement. Le traumatisme est toujours là, hantant ses gestes et parasitant ses pensées ; elle a un léger tremblement qui brouille ses mouvements. Elle évite même de regarder la plaie. Est-ce qu’il voit qu’elle n’est pas dans son état normal ? « J’ai quelques trucs, à l’étage… »

Trois minutes. C’est le temps qu’il faut à Judith pour grimper, attraper la trousse de premiers soins qu’elle s’est fabriquée ces dernières quarante-huit heures et redescendre, pour s’arrêter devant Reggie. Elle n’a pas volé ce qui se trouve là-dedans. Quelques trucs appartenaient à Aspen, d’autres elle les a récoltés dans une dernière révision de sa maison. Bon, il y a bien ce flacon d’alcool fort – le genre qu’on trouve dans les minibars – qu’elle a échangé avec un rapporteur la veille, mais ce n’est pas du vol. C’est juste un troc. Elle relève les yeux vers le jeune homme, hésite. Ça doit se voir dans son regard, qu’elle a un fantôme qui la suit. Des ombres qui s’accrochent à ses pas. A ses gestes. Quelque chose qui la ronge.

« Serre les dents. »

Et elle le fait. Elle verse une giclée d’alcool sur sa blessure, sans le quitter des yeux, juste avant que le doute ne l’empêche d’agir. Il faut s’occuper de cette blessure avant que ça ne revienne l’empoisonner. Avant qu’Aspen ne redevienne sa seule préoccupation.
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MessageSujet: Re: (reggie) always on my mind.   Sam 6 Mai - 22:53

« always on my mind. »

Les blessures, il en a connu à New York, à Los Angeles ou même dans les pays où l'aide de son équipe était requise, mais là, ce n'était pas pareil. Il avait une possibilité d'en mourir, si on ne soignait pas, les hôpitaux, ça ne court plus les rues. Et lui, le pauvre policier, il a été touché, son sang se déverse au sol, telle une pluie qui s'abat pour faire valoir sa rage. Il ne pouvait pas croire que ça lui arrivait, qu'il avait osé mettre sa rage en avant et risquer sa vie pour un crétin qui n'en vaut pas la peine. Il le sait, il le sait très bien, nombre de fois qu'on lui avait dit de ne rien faire, mais lui, Reggie, il ne pouvait pas se retenir. Elvis, il est mort. Il l'espère. Qu'on l'abatte d'une balle dans la tête et qu'on n'en parle plus. Mais on sait tous que cela va finir par faire du bruit, que ça va s'étendre comme une traînée de poudre. Sauf si les gens se taisent, ils feraient mieux se taire, parce qu'au fond, ils sont tous complices, ils sont tous témoins de la scène. Reggie n'arrive pas à reprendre une respiration normale, à retrouver ses esprits. Sa vue s'embrouille et son corps devient de plus en plus lourd, au point, qu'il n'a plus de contrôle sur lui-même. Un peu comme tout à l'heure, mais cette fois-ci, ses jambes ne veulent plus tenir correctement. Tout ce qu'il voit, c'est des gouttes de son propre sang qui s'envole au vent, que Judith arrive à l'aider, à le supporter et à l'entraîner loin de ce lieu maudit, ce bain de sang, qu'il a lui-même provoquer.

Ils arrivent chez elle, il tente d'être fort, c'est un dur à cuire. C'est un homme. Il pense soudainement à son père, l'homme qui l'a abandonné, à ce que serait sa vie présentement en sa présence. Et s'il n'avait pas quitté la maison où vivait sa mère, peut-être qu'elle serait encore vivante, qu'elle serait là, à ses côtés. Reggie secoue la tête. Ce n'est pas le temps de penser à tout cela. Il n'est qu'une vilaine petite blessure. Il veut se convaincre de ça et que sa Judith, elle va le soigner, elle sait s'y faire. Mais en la regardant, elle a l'air tout aussi paniqué, voir davantage. Il s'assoit sur cette fameuse chaise, il la regarde s'agiter d'un bord et de l'autre. « Fais vite.. » Finit-il par lui dire, lorsqu'elle monte à l'étage. Il en profite pour regarder sa blessure sous ce chiffon. Il la fixe cette vilaine blessure, elle est bien rouge, le sang, il continue de couler. Il espère sincèrement que le couteau n'était pas souillé, qu'il ne va pas se transformer en zombie dans les prochaines heures. Il en a des frissons, rien que d'y penser. Lorsqu'il entend les pas descendre les escaliers, il remet le garrot à sa place, mais ses doigts le trahissent, ils sont rouges. Ils dégoulinent sur le plancher. Il reste un instant à observer la scène qui se déroule sous ses yeux avant de les essuyer rapidement contre son débardeur déjà tout sale.

Reggie la regarde dans les yeux. Elle stresse et c'est normal, après tout, il la met presque en danger, dans une situation précaire. Elle est complice aussi. Elle l'aide. Il ne devrait pas la laisser faire, mais sa blessure, ça urge. Le jeune rebelle se met à pousser des grognements en serrant ses dents, ça brûle. Il aurait préféré boire la bouteille, la vider même. Mais rien ne se passe. Elle ne s'empresse pas de le soigner. « Tout va bien ? Parce que je ne sais pas, je n'ai pas envie de finir comme ses choses dehors. Sait-on jamais, si cela s'infecte et que j'en meurs. » Voilà, qu'il se met à délirer, à croire qu'il va finir comme les rôdeurs, comme sa propre mère, comme tous ses gens qu'il a vu mourir depuis le début de l'apocalypse. « Jude.. » Il pose sa main sur son bras en l'observant. Il pense à lui, mais elle est là, elle. Il s'est battu pour elle, mais aussi parce que l'autre con le méritait. « Tu es capable de le faire. Tu es forte. J'ai confiance en toi. » Finit-il par lui dire. Il l'a vu à l'œuvre durant les entraînements, quand elle était nettoyeuse à ses côtés. Ce n'est sûrement pas sa première blessure qu'elle voit. Il l'espère, du moins.
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MessageSujet: Re: (reggie) always on my mind.   Mar 9 Mai - 3:25

« always on my mind. »

Judith ne sait pas combien de temps s’écoule pendant qu’elle fixe la blessure, se demandant comment une aussi petite chose peut saigner autant. Elle a les mains qui tremblent lorsqu’elles s’approchent du bras garroté, le souffle qui déraille et la vue qui flanche. Finalement, ce n’est pas si petit : ce n’est pas même une plaie bénigne. Ce coup de couteau a été fait en traître, mais de façon adroite – c’était si rapide que Reggie ne s’en est pas rendu compte, ce qui ne l’empêche pas de morfler maintenant. Il a mal et il serre les dents pour s’éviter de paraître faible. Elle n’a pas besoin de lever les yeux vers lui pour le savoir, c’est à peu près comme ça que réagissent tous les hommes. Ils n’aiment pas afficher leurs faiblesses, surtout face à des femmes. Fierté masculine totalement inappropriée. C’est sans doute ça qui motive le Nettoyeur à cracher quelques mots entre ses mâchoires contractées. Sa voix paraît ferme, teintée d’un humour noir ou des effluves d’un début d’hystérie. Cela a le mérite de faire réagir Jude qui frémit, cligne des yeux : elle ressemble à une machine qui se remet difficilement en marche. C’est quand il pose finalement sa main sur son bras qu’elle s’anime, ses prunelles scintillant brièvement avant qu’elle ne détourne le regard. Un demi-sourire soulève un coin de sa bouche.

« De toute façon, tu n’as pas le choix, » qu’elle lui fait remarquer, ses mains se mettant subitement à l’ouvrage sans lui laisser le temps de se crisper ou de protester. « Donne la patte, Reinhart. »

Ce n’est pas tellement pour lui arracher un sourire qu’elle dit ça, simplement pour tenter d’alléger l’atmosphère. Il va avoir mal pendant qu’elle le recoudra, mais c’est mieux que de le laisser se vider de son sang. Elle ne peut pas le perdre, pas lui aussi ; elle ne peut plus se permettre de perdre qui que ce soit, Jude. La mort d’Aspen lui pèse toujours sur le cœur, à la façon d’un cadavre sur son échine. Elle s’éveille en sueur de ses cauchemars, peine à regarder Elise dans les yeux, fuit véritablement son père et commence à rater des vacations à l’infirmerie sous prétexte… Non, ce n’est pas un prétexte. Elle est convaincue de ne pas être à sa place là-bas et en même temps, une partie d’elle sait qu’elle se trompe. C’est cette partie qui prend le dessus pendant les dix minutes qui suivent, pendant qu’elle s’affaire au-dessus d’une blessure en l’examinant soigneusement, en veillant à ce que les points soient suffisamment rapprochés. De temps à autres, elle éponge le surplus du sang qui s’échappe, reprend sa tâche sans sourciller. Elle est concentrée. Et pendant qu’elle endigue le mal chez Reggie, Judith oublie ce qui la ronge depuis quelques jours. La peine sera toujours là, néanmoins elle ne sera pas obligée de culpabiliser ou de douter de ses capacités. Pour la première fois, elle prend de profondes inspirations qui ne se bloquent pas dans sa cage thoracique. Elle agit machinalement, son corps se souvenant des préceptes piochés chez Primrose, chez Kara, auprès de ses anciens professeurs de médecine. Le temps s’écoule sans qu’elle ne lâche un mot, trop concentrée, puis finalement elle se redresse en papillonnant des yeux.

« C’est… » Un soupir. « C’est bon. » Jude relève le regard pour croiser celui de son patient, entrevoyant dans ses traits une réelle gratitude. « Tu n’avais pas à faire ça, Reggie. » Pendant l’opération, elle a tiré une chaise pour s’asseoir en face de lui, et maintenant elle se laisse reposer contre le dossier en remuant la tête. « T’es tiré d’affaire, alors je peux te faire remarquer à quel point c’était… » Elle pince les lèvres, ne sait plus trop où elle veut en venir. Fronce les sourcils, aussi, en s’essuyant nerveusement les mains sur une deuxième serviette qu’elle a ramené de sa salle de bain. « Il n’en valait pas la peine. »

Pourquoi est-ce que tu lui as donné cette occasion de te blesser ? Judith s’efforce de ne pas lâcher totalement la bonde aux sentiments impétueux qu’elle refoule, ceux qui lui disent de pleurer et de hurler pour évacuer ses démons intérieurs. Elle sait, par expérience, qu’une tempête de larmes ne chasse pas les cauchemars. Et elle en a assez de pleurer, la jeune femme. Le goût du sel l’a écœurée. Elle laisse passer une ou deux minutes avant de surenchérir, terminant à l'aide de quelques gestes de bander la blessure de Reggie pour éviter qu'elle ne soit exposée et ne s'infecte. Cela ne sera jamais aussi parfait qu'une visite à l'infirmerie, mais c'était mieux que rien. Et maintenant, son maigre stock d'en cas de dernier recours était totalement épuisé.

« T’attendais que je revienne pour devenir un crétin, c’est ça ? »

Elle lève un sourcil, lui jette un coup d’œil d’une moquerie sans nom, se levant en même temps pour ranger les affaires dans sa trousse. Malgré son apparente confiance retrouvée, la brunette s’efforçait de ne pas fixer le sang qui maculait ses dextres – qui faisait remonter trop de mauvais souvenirs – et s’empressait de dissimuler les preuves du crime. C’était soit ça, soit elle perdait pied. Or il n’y avait pas que les hommes qui refusaient de laisser voir leurs faiblesses.
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MessageSujet: Re: (reggie) always on my mind.   Ven 19 Mai - 4:45

« always on my mind. »

Son état le rend dingue, ça le perturbe, il ne pensait pas que cela lui arriverait. Lui, il pensait juste à s'en sortir, à vivre, il s'était déjà promis de ne pas intervenir dans ce genre de disputes, dans des bagarres et le voilà, impliqué dans l'une entre elles. C'était impensable. Il n'avait pas prédit que cela lui arriverait, si c'était le cas, il aurait passé son chemin. Reggie n'est pas vraiment d'humeur à rire, en fait, son cerveau s'actif de plus en plus, il pense à tellement de choses, qu'il oublie qu'elle est en train de le recoudre. Il sent ce pincement, cette douleur, mais elle est un peu invisible. Il tourne la tête, il jette un coup d’œil à l'endroit, l'endroit qui semble être plus féminin que son appartement avec Shawn. Qui est plus vide, masculine, neutre ? Il sourit légèrement en imaginant Judith le matin, se réveillant, en légère tenue. Ça le fait sourire, il imagine le tout sans rôdeurs, dans une vie paisible et tranquille. Mais la réalité continue de frapper tout le monde, compris lui. Il sent les dernières gouttes couler sur sa chair, ça le sort de ses pensées, de ses rêves impossibles. Ses paroles résonnent dans ses tympans, elle a terminé. Il prend deux secondes à réaliser puis il tourne la tête vers sa blessure fraîchement pansée. « Merci pour ce chef-d'oeuvre. » Il est encore un peu secoué. Même à son boulot, il n'a jamais été blessé, pas de la sorte. Et pourtant, il avait souvent affaire à ses dealers, des drogués, des enragés.

Reggie l'écoute parler. C'est vrai qu'il n'avait pas besoin de se mettre en danger, pourtant, il est trop tard pour avoir des regrets, ce qui est fait, ne peut être défait. Il va devoir s'y faire et elle aussi, elle va devoir vivre avec cela. De toute manière, elle n'est pas tant en danger, qu'il peut s'avérer l'être. Il espère seulement que l'on ne vienne pas le chercher, qu'une chasse à l'homme ne sera pas ordonnée. Il presse le pansement avec le bout des doigts. « Il n'en fallait pas la peine. Certes. Sauf que toi.. toi, tu en vaux la peine. » C'est pour cela qui s'est battu, pas juste parce qu'il avait une dent contre cet Elvis, ce minable. « Je ne voulais pas t'impliquer dans cela. Je.. suis désolé. » Il s'excuse. Les excuses, ce n'est pas vraiment sa tasse de thé. Il fait quand même l'effort. Il lève le regard vers elle et sourit légèrement. « C'est ça, je voulais me faire remarquer. » Dit-il d'un ton sarcastique. Reggie, le rebelle, secoue légèrement la tête. Il y a plein de choses qui lui traversent l'esprit. Mais elle, comment va-t-elle ? Il n'ose pas lui poser la question pour qu'elle ne lui raconte pas des mensonges. Il se dit qu'il vaut mieux se taire dans ce cas, mais il n'est pas aveugle, il a vu son visage, ses tremblements, un truc se passe et ce n'est sûrement pas à cause de sa blessure. Il se tourne vers Jude. Quelques secondes, son regard se pose sur elle, il se fixe puis il se décide à prendre la parole. « Qu'est-ce qui te tracasses ? Et ne sors pas de conneries. » Il tire sa chaise pour la rapprocher de cette dernière. Il ne veut pas la laisser partir, alors, il la coince un peu, sans étouffer son espace vital pour autant. « Je me suis quand même battu pour toi, j'ai le droit de savoir comment tu vas et surtout, la vérité. » Reggie la regarde, insistant, voulant la réconforter, s'il le peut, il le souhaite plus que tout, mais avant tout, il doit savoir ce qui se passe dans sa vie.
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MessageSujet: Re: (reggie) always on my mind.   Jeu 25 Mai - 11:07

« always on my mind. »

Quand il qualifie ses points de suture par « chef-d’œuvre », Jude ne peut retenir un reniflement amusé, qu’elle agrémente en secouant la tête ; elle est loin de l’art, même si elle commence à se débrouiller. La dernière fois qu’elle a vu Primrose refermer une blessure, elle a été littéralement scotchée par la minutie dont elle faisait preuve, sans même avoir l’air de se concentrer. C’était intuitif chez la médecin, grâce à des années d’expérience en la matière. Et puis il fallait avouer qu’elle en avait probablement vu d’autres en servant auprès de militaires. Ici, le choix est plus rapidement fait : soit on ampute, soit ça se guérit facilement. Les morsures ne laissent généralement guère de temps pour décider. Jusque-là, Judith n’a vu aucun mordu s’en sortir.

Elle pince les lèvres quand il réplique qu’elle en vaut la peine, une partie d’elle veut juste qu’il se taise. Parce que ce n’est pas ce qu’elle veut entendre à son sujet ; elle veut qu’on lui reproche la mort de sa mère, elle veut qu’on lui dise qu’elle n’arrête pas de se comporter comme une gamine. Saul y arrive très bien, d’ailleurs, à la faire culpabiliser. Mais il y a une différence entre ce qu’on veut et dont on a besoin. Et peut-être que les mots de Reggie sont exactement ce qu’il lui faut.

« Sois pas ridicule, Reggie, » qu’elle marmonne en détournant le regard. Elle s’est impliquée toute seule, comme une grande. Elle aurait pu tourner des talons et elle ne l’a pas fait. « La prochaine fois, essaie juste d’enlever ton tee-shirt si tu veux te faire remarquer. C’est moins sanglant. »

Elle ironise, blague un peu maladroitement en essayant de forcer les schémas habituels. Jude ne va pas bien, même si elle va mieux qu’il y a quelques jours. Et il le voit, Reinhart. Elle-même le devine, mais elle se dit que si elle ne le regarde pas, il va laisser tomber. Tous les deux, ils n’ont jamais été très doués pour parler. S’entraîner, prendre du bon temps, s’envoyer des vannes, c’est facile. Discuter de ce qui se passe dans leurs caboches, c’est autre chose. C’est atroce, surtout. Et quand il reprend la parole, elle se mord les lèvres, refusant obstinément de tourner le menton vers lui – même quand il se rapproche d’un raclement de sa chaise.

« C’est… » pas important, qu’elle allait lui dire. Sauf qu’il a exigé ‘pas de conneries’ et que du coup, ça reste coincé derrière ses lippes blanchies par le pincement. Il lui dit qu’il s’est battu pour elle, et machinalement, elle a un début de rire moqueur. Un reniflement qui veut dire : sérieusement, c’est la carte que tu veux jouer ? « Pour moi ? » Il n’y a plus rien à rassembler sur la table, elle aimerait bien se lever pour aller ranger le reste, mais il la bloque. Juste assez pour qu’elle reste assise. Juste assez pour qu’elle puisse respirer. « Je me souviens pas t’avoir demandé d’aller te battre avec un abruti comme lui. Même si c’était pour défendre mon honneur de jouvencelle. » Elle lève les yeux au ciel, soupire, ose enfin le regarder. « L’honneur, c’est surfait. »

L’honneur, ça n’a pas empêché son père de perdre sa femme et son fils. L’honneur, ça n’a pas sauvé Aspen Sykes quand elle a assisté au meurtre de Luis. Elle reste silencieuse un instant, pose ses pieds sur les barres de la chaise en lui jetant quelques coups d’œil, reconnaissant dans l’éclat de son regard une détermination à ne pas la lâcher tant qu’elle ne lui aura pas donné la vérité.

« T’es pire qu’un molosse, tu sais ça ? » Elle grogne, croise les bras sous sa poitrine, envisage très sérieusement l’idée de le planter là. Mais elle reste. Dix secondes, vingt secondes, une minute. Le masque de Jude se fendille un peu. Juste assez. « Je sais pas. Si tu veux la vérité, c’est ça. Je ne sais pas. » Elle sait pas comment lui dévoiler tout, alors elle balance tout, de bloc, en espérant que ça lui suffise. « Je suis sortie, il y a quelques jours. » Sans autorisation. « J’ai retrouvé ma mère, elle avait survécu pendant tout ce temps. » Pas son petit frère, qui était pourtant avec elle depuis le début. « Elle était blessée, alors j’ai fait de mon mieux. » Mais c’était pas assez. Clairement. « Donc je ne sais pas comment je suis supposée aller, Reggie. Mal. Mieux ? »

Judith a toujours ce trou dans la poitrine, cette certitude qu’elle n’est pas faite pour guérir, qu’elle a tué sa mère. Et quand elle croise le regard du Nettoyeur, elle frissonne devant l’intérêt qu’il lui porte. Il s’inquiète sincèrement, elle n’est pas aveugle. Et quelque part, ça l’effraie autant que les cauchemars dont elle ne cesse de s’éveiller.

« T’es pas obligé de faire ça. »

De t’inquiéter pour moi. Elle n’attend rien de personne, Jude, c’est plus facile à gérer que la déception. Sans doute aussi que comme ça, elle ne se sentait pas forcée de renvoyer l’ascenseur. Se soucier des autres fait pourtant partie d'elle. Ce n'est pas parce qu'elle fuit les engagements romantiques qu'elle est incapable d'éprouver de l'empathie, bien au contraire. Mais autoriser quelqu'un à s'approcher autant d'elle, quelqu'un qu'elle a connu intimement, c'est toujours délicat. Parce que ces personnes sont les plus à même de la blesser réellement.[/color]
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Dernière édition par Judith Sykes le Mer 31 Mai - 1:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (reggie) always on my mind.   Mar 30 Mai - 20:37

« always on my mind. »

« Tu aimerais bien que je le retire hein. » Lance-t-il soudainement pour la taquiner. Ils avaient droit au bonheur, aux rires, le droit de pouvoir élargir les lèvres afin d'afficher un sourire. Les larmes, le sang, la colère, cela ressemblait à un drôle de quotidien pour les gens de Lafayette et pas qu'eux. Reggie n'avait pas pleuré depuis très longtemps, la dernière fois, c'était au domicile de sa mère, lorsqu'il a dû la tuer, parce qu'elle s'était transformée en une chose monstrueuse à la peau décomposée.

Reggie n'est pas du genre à s'étaler, il pourrait la remercier une nouvelle fois et partir comme rien n'était. Mais il n'est pas con à ce point, il ne veut pas la laisser seule, il voit bien qu'elle ne semble pas joyeuse, qu'il y a quelque chose qui se passe. Jude, ce n'est pas la fille du coin, c'est quand même quelqu'un qui apprécie grandement, qu'il n'a pas envie de perdre. « Ne change pas de sujet. » Oui, il se fait plus froid. Parce que sa bagarre, c'est un chapitre du passé déjà, parce qu'elle n'a plus rien à voir avec ce qui suivra, s'il y a suite avec le conseil. Il ne veut plus s'attarder sur ce sujet. Sa blessure, elle continue de chauffer, de lui ronger l'intérieur des entrailles, c'est un moyen de ne plus y penser, pour le moment. C'est un tenace, il ne va pas sortir d'ici tant qu'il n'aurait pas d'explications, de réponses et une histoire de sa part. « Bien évidemment que je veux la vérité, je n'attends que ça. » Il ne veut pas la forcer, même si cela y ressemble, mais en même temps, il ne veut pas s'inquiéter davantage, surtout si c'est pour rien. Finalement, elle commence à parler, il la regarde dans les yeux, l'écoutant, l'analysant tel un psychologue, une chose qu'il ne sera jamais. Il n'arrive même pas à régler lui-même ses propres problèmes.

Son regard ne change pas, mais son état d'esprit lui. Il rentre dans une sorte d'absence. Physiquement, il est encore là, il n'a pas disparu, mais mentalement. La scène de meurtre de sa mère se déroule dans sa tête, son cerveau l'empêche de réagir, de parler. Il était seulement parti chercher des médicaments, la laissant seule, dans un état tout à fait normal, rien ne laissait présager ce qui allait se produire. À son retour, il croyait qu'elle avait fait une crise, que ses douleurs commençaient à la tuer à petit feu, mais non, elle s'est réveillée, en se relevant, comme si elle attendait son retour pour mieux l'effrayer, le traumatiser à vie. Tout s'est déroulé rapidement, mais il se souvient de chaque détail, du sang qui coulait de sa tête, de son regard, de ses bras qui tentaient de l'attraper, de le dévorer. Il a dû l'enfermer dans une pièce, se refusant de la tuer, d'achever sa propre mère, le même sang coulant dans ses veines. Cela a pris un moment, même en ouvrant la porte, il ne s'était pas résolu à le faire. Pourtant, c'était trop tard, la gâchette habituellement facile, cette fois-ci, ce ne fut pas la même chose. Il a toujours cette mort sur la conscience, même si ce n'est pas récent, comparé à Jude, mais reste que cela l'a bien traumatisé. Il est dans une absence totale, sans pouvoir réagir, il est prisonnier de l'intérieur.  
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MessageSujet: Re: (reggie) always on my mind.   Ven 2 Juin - 4:47

« always on my mind. »

C’est facile avec Reggie, d’oublier et de sourire. Même dans son état, Jude sent ses lèvres se soulever face à sa remarque ; ouais, elle aimerait bien qu’il le retire son tee-shirt, surtout si ça peut lui éviter les questions gênantes du « comment tu vas » qui suivent. Et puis même sans ça, elle aurait bien aimé passer à autre chose, sentir autre chose que ce truc qui la dévore depuis deux jours. Deux jours. C’est si peu et tellement à la fois. A quel moment est-ce qu’on est supposé faire le deuil ? A partir de quand est-ce acceptable de vouloir arrêter cette souffrance ? Elle se souvient de Saul qui lui disait qu’elle avait le droit de pleurer. Et elle ne l’a pas fait. Pas avec lui, pas seule. C’est juste devant Elise et son père que sa vision s’est brouillée. Mais elle n’a pas sombré comme le premier soir. C’est peut-être parce que son deuil, elle l’a déjà fait. Des mois avant, quand elle savait pas où étaient Aspen et Luis. Elle se disait qu’elle gardait espoir, mais peut-être bien qu’elle avait baissé les bras après tout.

Et puisque Reggie veut la vérité, elle la lui balance, toute crue. Moche et cruelle. Elle garde le plus sanglant pour elle, pour qu’en relevant le regard elle ne se retrouve pas confrontée à de la pitié. C’est pas ça qu’elle mérite. C’est pas ça qu’elle veut. A la fin, Judith prend le temps d’une ou deux respiration avant d’oser poser les prunelles sur le Nettoyeur. C’est  comme un jugement qu’elle attendrait. Seulement, il n’y a rien que le vide qui lui répond. Reggie est là, Reggie n’est pas vraiment là. Il lui faut quelques secondes pour réaliser qu’il ne réfléchit pas à la meilleure façon de la réconforter. Il est ailleurs. A des lieux d’elle. A des mois, des années sans doute. Elle pince les lèvres sans avoir la moindre foutue idée de ce qu’il faut dire, ou faire dans ces circonstances. Le laisser émerger seul ? En profiter pour disparaître ? Ce serait facile de céder à la fuite. Il la regarde sans la voir. Mais elle reste sur sa chaise, Jude, elle l’observe et finalement, elle tend la main pour effleurer son avant-bras. Son coude. Une caresse légère et maladroite.

« Reggie ? » L’infirmière l’appelle doucement, mais fermement. Les rôles se sont inversés il semblerait. « Reggie, ça va ? »

Dieux, qu’elle déteste cette question depuis quelques jours. Seulement, elle s’intéresse vraiment à sa réponse. Judith ne sait pas les épreuves qu’il a pu traverser par le passé. Elle ne se doute pas que son aveu a pu ramener autant de souvenirs chez lui. Penchée vers lui, elle le scrute avec attention, n’osant pas porter sa main ailleurs que sur son bras valide. Ses doigts glissent, remontent, apaisent, interpellent ; la texture de sa peau sous la pulpe sensible, le battement de son cœur qu’elle perçoit au niveau de son poignet. Où est-ce que t’es parti, Reinhart ?
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MessageSujet: Re: (reggie) always on my mind.   Dim 25 Juin - 1:18

« always on my mind. »

Le temps semble passer si rapidement. Le coup de poignard, le sang, l'évanouissement, se retrouver dans une maison, se faire soigner puis tomber dans une absence totale. Tout semble n'être que fictif, imaginatif, rien n'est réel. Il se retrouve quelques années plus tôt, ça ne fait pas si longtemps, le souvenir est tellement frais, comme si c'était hier ou même aujourd'hui. Les mains pleines de sang, le visage en panique, les membres du corps qui tremblent et un zombie devant lui, le corps inanimé de sa mère, sa première victime, un moment qu'il ne pourra jamais oublier.  Il ne sent pas la main de Judith. Il est perdu dans son monde, dans ses plus sombres passés. Sombre, comme les fois où il volait pour mieux dormir, pour mieux se sentir avec ses médicaments, ses pilules de drogues. Les fois où il a menti aux gens qui l'entourent tel un pro. Aujourd'hui, il ment encore, il cache ses plans, son envie de quitter tout ça, son envie de diriger les autres, d'être au-dessus de tout, des lois, comme il a déjà fait, il a été au-dessus des lois à l'époque, aujourd'hui, rien n'est bien différent. Si ce n'est que les ressources ne sont plus accessibles comme le monde le souhaiterait, que les rôdeurs ont pris les commandes, mais il reste que ce n'est pas leur univers, ils ne sont que des divertissements, des bêtes que l'on a ajoutées pour mettre du piquant dans la vie des personnes.

C'est le néant, c'est le noir total, avant qu'il se retrouve aux côtés de sa mère, vivante, en pleine santé, comme elle ne pourrait jamais l'être dorénavant. Elle passe sa main sur le fils de son fils, Reggie, ferme les yeux, pour être mieux apaisé, il est bien, c'est ce qu'il veut, se sentir bien et puis une voix résonne, c'est sa mère. Elle l'appelle par son prénom pour qu'il se réveille, mais lorsque tout cela prend fin, le pauvre, il se rend compte qu'il est revenu à la réalité, dans le monde réel. Un monde monstrueux et sans pitié. Son cœur se déchaîne dans sa poitrine, au point de lui donner la nausée et lorsqu'il se lève d'un bond, c'est le vertige qui s'y met. Reggie regarde alentour de lui, il n'y a qu'eux. Tout lui revient, ce n'était pas un rêve, seulement un cauchemar. Il se tourne vers cette dernière, perturbé, perdu et en sueur. « Je vais y aller. C'est préférable. Je dois juste partir.. » Il doit s'éloigner, se retrouver seul, avec sa douleur, ses sombres souvenirs. Sa mère, il n'arrête pas d'y penser. Le jeune homme se recule de quelques pas, il cherche la sortie, alors qu'elle n'est pas très loin. Il doit fuir.
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(reggie) always on my mind.

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