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 (rue) ▬ if looks could kill...

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MEMBER ▴ EVERYTHING DIES.
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MessageSujet: (rue) ▬ if looks could kill...   Mar 21 Nov - 0:44



IF LOOKS COULD KILL...
RUE & IVY




Ivy en avait suffisamment entendu. Le discours que prononçait Rue devant l’essentiel des Horsemen lui était insoutenable, elle ne pouvait en souffrir un mot de plus. Ses paumes vinrent se plaquer contre la table en bois avec la brutalité nécessaire pour attirer l’attention de l’assemblée. Elle se leva lentement, drapée de sa théâtrale superbe et autour d’elle, le silence se fit. Seul le grincement de sa chaise contre le parquet vint déchirer l’atmosphère électrique de ces adieux interrompus, suspendus par la puissance de son charisme. Son regard brûlant d’une rage froide balaya l’auditoire, s’attardant sur les hautes figures de la communauté puis vint pendant d’interminables secondes soutenir avec une dérangeante intensité celui de Rue. De ses yeux de braise émanait une noirceur si profonde qu’elle aurait suffi à corroder toutes les âmes foulant encore cette terre maudite. Elle fit enfin volte-face avec la grâce d’une tragédienne puis quitta la pièce, claquant violemment la porte derrière elle si bien que son écho sembla s’éterniser dans l’air. A peine eut-elle rejoint les rues désertes de Ruston qu’elle fut saisie par la fraîcheur de l’automne mais même le blizzard le plus polaire n’aurait pu tempérer l’émotion destructrice qui bouillonnait en elle. Ivy marcha d’un pas lourd jusqu’à sa maison et se laissa tomber sur le rocking chair qui habillait le porche. Elle se balança quelques instants avant de s’emparer de la bouteille de gin cachée derrière une colonne blanche. Elle dévissa le bouchon et s’enfila une gorgée d’alcool transparent, à la santé de l’éphémère et de l’immuable. Tout se délitait.

La jeune femme sentait le venin amer de la trahison se répandre en elle. N’y avait-il plus rien de sacré dans ce triste monde ? On ne quitte pas les Horsemen, on ne quitte pas son clan. Cette règle fondamentale était ancrée dans ses gènes depuis toujours. Les groupes puissants et stables dont elle avait fait partie avaient tous été soudés par le ciment que représentait la loyauté indéfectible des membres à la communauté. Certes, dans son expérience, celle-ci trouvait bien souvent ses racines dans la crainte des meneurs, davantage que dans un authentique respect. Néanmoins, elle avait permis de bâtir des empires. Si Ivy s’était elle-même soustraite au joug pesant de sa famille, une part enfouie d’elle-même s’était toujours considérée comme déviante et il lui arrivait parfois d’estimer qu’elle avait partiellement mérité les châtiments barbares dont elle avait fait l’objet. Quoi qu’il en soit, sans la folie inconsciente de l’amour, sans la furie brûlante de la haine, jamais elle n’aurait trouvé en elle la force de se révolter. Ivy reprit une gorgée de gin. Eclairer la problématique actuelle à la lumière du poids de son héritage était fascinant mais la jeune femme se doutait que l’essentiel se trouvait ailleurs, dans une strate plus profonde, plus intime de sa personne.

Il y avait eu Ash. Il avait disparu sous une pluie de cendres, laissant derrière lui un vide qu’elle se refusait de ressentir ou qu’elle jugeait tout au plus parfaitement illégitime. Il y avait eu les Forrester qui paraissaient lui attacher bien moins d’importance désormais que l’héritier au trône était sur le point de voir le jour. Il y avait eu Aliénor et leur lien si particulier qui semblait s’étioler à l’épreuve de leurs différences, du contraste entre la lumière de l’une et les ténèbres de l’autre. Et il y avait Rue. La blonde avait su se montrer digne de l’intérêt de la sicilienne qui était rentrée en interaction avec elle à sa manière, à travers des jeux malsains mêlant provocations subtiles et fine manipulation. Ivy pensait avoir l’ascendant sur sa comparse; or, son départ et la facilité avec laquelle sa décision semblait avoir été prise blessait l’ego de la sicilienne sur qui pesait ces derniers jours davantage qu’à l’accoutumée le poids de la solitude et de la vanité. Prise d’un accès de rage, Ivy dégaina sa dague tout en se relevant et la lança avec force devant elle. Sa lame fendit l’air et vint se planter dans l’écorce d’un arbre décorant le trottoir. Il lui était douloureux de se voir rappeler par le destin que l’étendue de son pouvoir certes colossal s’arrêtait aux frontières de ce monde qui lui semblait désormais inaccessible et interdit, celui de l’amour, de la sincérité, de la vulnérabilité. Elle avait beau avoir du jeu, les atouts les plus puissants n'étaient pas dans sa main.




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