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 (ash) oh, it's cold gin time again.

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MessageSujet: (ash) oh, it's cold gin time again.   Mar 4 Juil - 22:23



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Le crépuscule était stupéfiant de beauté ce soir-là. Les nuages nimbés de teintes flamboyantes contrastaient avec le bleu profond du ciel. La chaleur était retombée et l’air semblait enfin respirable. Ivy s’égarait dans les rues de la ville, le regard perdu dans le vide, caressant instinctivement la montre en argent qu’elle tenait entre ses doigts. Elle n’en avait que faire du spectacle de la nature, elle tentait seulement d’aérer son esprit embrumé. La sicilienne avait passé la journée à fuir ce foutu soleil qui lui brûlait les yeux. Elle s’était enfermée dans sa chambre et avait tenté de faire taire les angoisses qui l’envahissaient à grand renfort d’alcool, de cannabis et de benzodiazépines. Une fois par an. Elle ne se laissait submerger par ses émotions qu’une fois par an. Ivy détestait les anniversaires, qu’il s’agisse du sien, de celui de Jésus ou de celui des autres. L’anniversaire que l’on célébrait ce jour-là était toutefois celui qu’elle redoutait le plus. Quatre-mille trois-cent quatre vingt-trois jours. Cela faisait quatre-mille trois-cent quatre vingt-trois jours qu’elle n’était plus qu’une ombre, qu’un spectre, qu’un corps déshabité. Elle avait en quelque sorte passé un contrat avec sa psyché. Une fois par an, à cette date précise, elle laissait ses démons s’échapper de leur cage. Ses émotions les plus enfouies refaisaient surface et ses souvenirs les plus obscurs se ravivaient. Parfois même, elle s’octroyait le droit de pleurer. Elle savait qu’elle n’avait qu’à surmonter cette journée et qu’au petit matin, les ténèbres auraient sagement regagné les strates les plus profondes de son inconscient, jusqu’à l’année suivante. Il y a trois-cent soixante-cinq jours, les zombies avaient perturbé la fête et Ivy n’avait pas vu la journée passer. Cela expliquait probablement pourquoi, un an plus tard, les tourments que lui faisaient vivre les monstres qui se déchaînaient dans son esprit étaient particulièrement violents.

Etourdie par l’ivresse, elle ne prêtait pas attention au petit groupe qui la talonnait. On la bouscula soudain par derrière et la montre lui échappa des mains pour venir se briser sur le bitume. Le temps se suspendit et Ivy sentit son coeur se morceler. Elle se retourna vers le coupable, furieuse, et désigna les dégâts.  « HEY CONNARD ! REGARDE CE QUE T’AS FAIT ! » L’homme mis en cause esquissa un sourire tandis qu’elle ramassait la montre ainsi que les éclats de verre qu’elle glissa dans sa poche.  « C’est bon Ivy, calme-toi ! C’est qu’une montre ! » La sicilienne crispa sa mâchoire. La rage s’empara de son esprit, de son regard et de son corps. Quelques instants plus tard, son poing vint percuter la tempe de celui qui venait de détruire l’objet auquel elle tenait le plus au monde. Il en fallait peu pour déclencher un combat chez les Horsemen. Les copains du type attrapèrent la brune par les bras pour l’immobiliser et l’homme lui mit quelques coups dans les côtes et au visage. Ivy laissa échapper un rire cristallin puis le regarda dans les yeux. La vie était parfois dotée d’un humour redoutable. Il y a onze ans jour pour jour, elle se faisait refaire le portrait par son mari et ses cousins. Elle se souvenait qu’après avoir essuyé les premiers coups, elle avait relevé le menton et hurlé.  « VAS-Y ! TUE-MOI PUTAIN !! » La réalité se mêlait aux souvenirs. Son cri semblait avoir transpercé l’âme de son agresseur qui s’interrompit net. Il lança quelques regards interloqués, presque effrayés à ses acolytes avant de leur faire signe de déguerpir. La sicilienne les regarda s’éloigner, toujours enfermée dans l’épisode de son passé qui se jouait en boucle dans son esprit.  « Tue-moi Dino, s’il te plaît, tue-moi. » Elle laissa involontairement échapper à haute voix cette supplique qui avait franchi le seuil de ses lèvres juste avant que son mari ne lui écrase le visage d’un violent coup de chaussure. Juste avant qu’elle ne perde conscience. Juste avant qu’elle ne meure, pour la première fois.

Ivy prit une profonde inspiration. Ses perceptions étaient distordues, elle avait l’impression que le sol bougeait autour d’elle. Un filet de sang s’échappait d’une petite plaie au niveau de sa tempe droite mais elle ne sentait absolument rien. Elle était concentrée sur le mélange d’émotions poignantes qui lui opprimait le thorax et sur ses yeux qu’elle sentait s’embuer. Il ne fallait pas qu’elle craque, pas en public, pas en pleine rue. La sicilienne tituba jusqu’au premier bâtiment venu. Elle s’engagea dans une pièce obscure, referma à moitié la porte derrière elle puis s’élança vers un mur contre lequel elle se laissa glisser. Une fois au sol, elle récupéra sa bouteille de gin dans son sac et la posa sur le carrelage. Elle sortit ensuite la montre de sa poche puis déplia doucement ses doigts, dévoilant ainsi le cadran à la vitre brisée. Ses yeux se posèrent sur la trotteuse qui demeurait tragiquement statique. Elle la fixa avec intensité quelques secondes durant, comme si ses intentions avaient le pouvoir de faire reprendre à l’aiguille sa course. En vain, bien évidemment. Ivy leva les yeux au plafond et une larme vint s’échouer sur sa joue. Tout était terminé. Il ne lui restait plus qu’à boire jusqu’à ce que l’ivresse l’emporte au delà de cette journée maudite.







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MessageSujet: Re: (ash) oh, it's cold gin time again.   Mer 5 Juil - 12:59

oh, it's cold gin time again.
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Tes doigts passent sur le visage endormi de Demetrius. Sa respiration régulière te rassure et sa présence t'apaise. Cela fait presque vingt-quatre heures qu'il se trouve ici, entre les murs sécurisés de ta chambre. Les recherches du "prisonnier enfui" n'ont pas mené jusqu'à toi. Certains ont arpenté les rues de Ruston mais ils n'ont pas été jusqu'à pénétrer à l’intérieur des maisons habitées. Pour une fois, tu as l'impression que la chance te sourit un minimum. Quand le médecin ira mieux, vous partirez loin de cet enfer pour ne plus jamais y revenir. Tu dois laisser derrière toi les souvenirs et cet arène qui a changé ta vie. Il n'y a que vous maintenant, et les Horsemen sont moins exigeants depuis le combat ayant coûté la vie de ta fille. Peut-être qu'ils ont pitié,peut-être qu'ils suivent simplement des ordres venant de plus haut. Tu t'en moques à vrai dire, tant qu'ils gardent leur distance. Mais tu sais pertinemment que tu dois continuer à sortir. Rester enfermé chez toi ne ferait qu'attirer la suspicion. Tu dois tenir encore quelques jours,même si ça veut dire laisser Demetrius seul ici. Tu déposes un léger baiser sur son front et remonte la couverture sur son torse avant de sortir en prenant soin de fermer la porte à clef derrière toi.

Tu glisses l'objet dans la poche de ton jean avant d'y fourrer ta main. Le contact du métal contre ta peau te rappelle que Demetrius est en sécurité chez toi. Tu ne sais pas vraiment vers où tu te diriges, tu veux simplement que l'ont te vois. Faire acte de présence comme depuis ton arrivée. Vivre parmi eux sans être l'un des leurs. Ecouter leur histoires sans jamais dévoiler la tienne. Mais c'est une voix qui attire ton attention, ou plutôt une supplication qui semble déchirer le ciel aux couleurs flamboyantes. Tu t'arrêtes une seconde, tournant la tête vers ton domicile pour y retourner. Trois hommes passent devant toi en courant, te bousculant au passage. Ils ne font même pas attention à toi et parlent comme si tu étais absent "Elle est complètement taré cette femme! Qu'est ce qui lui prend à la fin? Tout ça pour une montre?" L'un d'eux rigole nerveusement "C'est Ivy. Tu t'attends à quoi?". Il y a cette pointe d’inquiétude qui apparaît en toi. Tu ne devrais pas t'attacher à cette femme, elle ne le fera jamais. Tu te sens reconnaissant pour Sasha et quelque chose chez Ivy t'empêche simplement de tourner les talons. Alors tu continues ton chemin sans commenter les paroles des trois hommes. La silhouette de la brune  apparaît quelques seconde avant de s'infiltrer dans un bâtiment .

Tu devrais probablement la laisser tranquille et passer ton chemin, pourtant, tu pousses la porte qui grince sous ta main. 2 horsemen te regardent en riant "Tu vas retrouver ta copine ?" Ils trouvent ça drôle, tu ne réagis pas et lève les yeux au ciel. Après tout, si ça les empêche de faire le lien entre le prisonnier disparu et toi, c'est bénéfique.   "Ivy...?". Ton regard  se pose sur la bouteille de Gin et finalement remonte sur le corps de la brune, s’arrêtant sur son visage remplit de peine. Tu t'approches doucement et garde le silence et t’asseyant à côté d'elle. Pas trop près,pas trop loin, tu as compris la leçon. Tes yeux s’habituent à l'obscurité de la pièce et tu vois le liquide carmin sur son visage "Qui t'as fais ça?"  Le pire dans cette histoire,c'est que tu es vraiment inquiet. Ca s'entend dans le son de ta voix. Serait-ce les trois hommes que tu as croisé plus tôt ?  "C'est bien la première fois que je te vois perdre ton sang-froid..." Ce n'est pas un reproche , juste une remarque. "Je peux partir si tu préfères. Je voulais juste m'assurer que tu vas bien"



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MessageSujet: Re: (ash) oh, it's cold gin time again.   Jeu 6 Juil - 20:54



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Il n’y avait plus que la pénombre. Celle qui régnait dans cette pièce miteuse, celle qui avait jeté son voile tragique sur le destin de la sicilienne depuis le premier jour. La pénombre et le néant qui avait élu domicile au coeur de son âme et dont le vide absolu l’absorbait doucement. Elle les sentait ce jour-là, les crocs acérés de la fatalité qui la dévoraient de l’intérieur. Elle involuait. Ivy n’avait jamais fait son deuil. Elle avait fermé les vannes, verrouillé les portes à double-tour. Elle s’était réfugiée à l’abri, loin de ce combat qu’elle aurait dû mener des années auparavant. Sans surprise, lors de ses rares instants de vulnérabilité, elle réagissait à la mort de Finn comme au premier jour. Ses songes imbibés s’égarèrent un instant, elle en vint à penser au meurtre de son père. Elle n’était alors qu’une enfant mais elle n’avait pas le souvenir d’en avoir particulièrement souffert. Avait-elle versé ne serait-ce qu’une seule larme ? Elle ne s’en rappelait pas. S’agissait-il d’une saine et exceptionnelle résilience ? Probablement pas. Lorsqu’on se brûle au troisième degré, on ne sent plus rien. Il n’y a plus de douleur parce que tout est détruit, nécrosé, mort. Ivy reprit une gorgée de gin. Peut-être que Finn était le symbole de tous ses deuils, de tous ses traumatismes irrésolus. Son regard vint à nouveau se poser sur la montre. Elle caressait le cadran comme s’il s’agissait de l’entité la plus précieuse au monde. Elle n’était pas suffisamment forte pour vaincre ses démons, elle n’avait pas le courage de déterger la nécrose. Elle préférait attendre, attendre que la gangrène l’emporte enfin.

La brune n’entendit même pas la porte grincer. Elle releva les yeux lorsque son propre surnom fendit le silence. Une décharge d’adrénaline atténuée par l’ivresse qui l’enveloppait d’un manteau de coton se répandit dans son organisme lorsqu’elle reconnut les traits de l’homme se tenant devant elle. Nageait-elle en plein délire ? Le joint qu’elle avait fumé pour tenter de s’apaiser était peut-être un peu trop chargé. C’était Ash. Bien évidemment. La ressemblance physique entre cet homme et son père ne cessait de la surprendre, de la troubler à chacune de leurs rencontres. Elle ne parvenait pas à en faire abstraction, ce soir encore moins. La sicilienne passa ses mains sur son visage pour en chasser les larmes qui s’y étaient échouées. Lorsque, gamine, elle osait pleurer devant son père, ce dernier la pinçait jusqu’à ce qu’elle cesse. Les larmes étaient un signe de faiblesse indigne des Fontana. Elle avait honte d’exhiber sa vulnérabilité devant Ash mais elle était trop abattue pour se cacher, trop ivre pour se relever. C’est avec étonnement qu’elle le vit s’assoir à ses côtés. Elle ne comprenait absolument pas pourquoi il semblait consentir à lui tenir compagnie. Il devrait tourner les talons, il devrait fuir. Elle n’en valait pas la peine, elle n’en avait jamais valu la peine. Ivy avait toujours souffert seule, elle n’avait jamais su s’appuyer sur qui que ce soit. Excepté Finn.

Ivy jeta un énième regard sur le cadran brisé lorsqu’Ash lui demanda qui lui avait fait ça. Elle n’avait toujours pas remarqué sa blessure, il ne pouvait parler que de la montre. Elle resta silencieuse. Elle avait envie de lui dire que cela n’avait aucune importance car ceux qui avaient fait ça étaient déjà morts. On pouvait la blesser, la brimer, lui voler ou détruire ce à quoi, ceux à qui elle tenait, elle n’en avait que faire.  La vengeance aurait toujours le dernier mot. Elle savait pourtant qu’elle aurait beau tuer toutes les âmes errant sur la planète, cette foutue aiguille n’en reprendrait pas pour autant sa course. Habituellement, cette conclusion lucide la rendait littéralement folle de rage. Ce soir-là, elle se contentait de la plonger dans un profond désespoir.  Ash remarqua à haute voix qu’il ne l’avait jamais vue dans cet état. Ce ne fut pas le contenu de sa phrase mais le ton de sa voix sur lequel elle s’attarda. Il semblait véritablement, sincèrement préoccupé. Elle ne comprenait pas. Elle avait participé à détruire les quelques ruines que l’apocalypse avait daigné lui laisser. Sa fille était morte à cause des Horsemen. Son comportement n’avait aucun sens, il devrait la haïr. Ivy fronça les sourcils et regarda Ash dans les yeux d’un air suspicieux. Peut-être que là était sa vengeance. Peut-être qu’il avait guetté ce moment de faiblesse et qu’il s’engouffrait maintenant dans cette brèche béante qui s’offrait à lui pour la détruire de l’intérieur. Il n’y avait pourtant pas de vice dans ce regard et plus elle s’y accrochait, plus elle réalisait que la simple présence d’Ash à ses côtés l’apaisait. Probablement pour une raison obscure, tordue voire malsaine mais elle n’en avait que faire. Ainsi, lorsqu’il lui proposa de partir, elle répondit sans même réfléchir.  « Reste. »

La sicilienne ferma ses paupières l’espace d’un instant, emportée par un vertige écoeurant. Elle attrapa sa bouteille de gin, la porta maladroitement jusqu’à ses lèvres et laissa une énième gorgée glisser le long de son oesophage. Quelques secondes s’égrenèrent. Elle ouvrit soudain ses yeux qui vinrent à nouveau se poser sur le cadran brisé.  « Elle est cassée, Ash. » C’était comme si son coeur ne cessait de se déchirer de l’intérieur à chaque fois qu’elle osait regarder cette maudite montre dont elle n’avait pas su prendre soin. La torture lui semblait éternelle et le soleil n’était pas encore couché. Ivy releva les yeux vers l’homme, submergée par sa propre impuissance.  « Je ne peux pas la réparer. Personne ne peut. » Et la sicilienne envoya l’objet valser dans un coin de la pièce. Elle sentit son regard s’embuer à nouveau et tourna aussitôt la tête afin de masquer son émotion. La mémoire de sa peau se souvenait des doigts fermes de son père pinçant son délicat avant-bras, elle réprima une grimace. Elle était indigne des Fontana. Elle était indigne de Finn. Elle était indigne, tout simplement.







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MessageSujet: Re: (ash) oh, it's cold gin time again.   Lun 10 Juil - 22:38

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Malgré la pénombre de la pièce,tu perçois rapidement le mal être de la brune. C'est étrange de la voir si faible alors qu'elle porte toujours ce masque en ta présence. Tu te sens presque privilégiée d'avoir ainsi la vision de la "vraie" Ivy. Parce qu'une personne ne peut pas constamment se cacher derrière une carapace,aussi épaisse soit-elle. Mais elle détourne le regard, elle n'ose pas montrer ses émotions pourtant si naturelles. Tu as eu le même reflex alors que tu portais le corps de ta propre fille dans tes bras. Comment lui en vouloir alors que vous vivez maintenant dans un monde sans pitié ni compassion ? Montrer ses faiblesses peut être mortel désormais, et c'est un reflex humain de vouloir les cacher à de potentiels ennemis. Tu aimerais lui dire qu'elle n'a pas à te considérer comme un danger mais tu ne trouves pas les mots. Elle t'a entendu dire à Demetrius que ton plan était de les détruire. Elle sait que tu ne resteras pas et qu'il n'est qu'une question de temps avant que tu disparaisses. Pense-t-elle que la mort de Sasha à changé tes plans ? Le médecin est simplement ta nouvelle priorité,votre sécurité est essentielle.  

Tu te prépares déjà à te relever mais la réponse  d'Ivy -  et surtout la rapidité de ses mots -  te surprend. Tu pensais qu'elle te repousserait mais elle te demande au contraire de rester près d'elle. Alors tu hoches la tête et détends tes muscles en laissant le silence s'installer. Tes pensées se dirigent quelques secondes vers Demetrius et tes doigts caressent de nouveau le métal de la clé fourrée dans ta poche. Il se repose, il est en sécurité.

Alors que le Gin devient la boisson d'Ivy, tu te permets d'attraper la bouteille  pour prendre une gorgée du liquide alcoolisé. Ton regard se pose ensuite sur le cadran de la montre sans répondre. Tu sais qu'elle représente bien plus que tu ne pourrais le comprendre. Cet objet doit la ramener vers des souvenirs d'un passé plus heureux,d'une personne qui l'aimait peut-être. Par reflex, tu passes tes doigts sur la gourmette du médecin. Tu n'imagines pas ta peine si quelqu'un devait briser ce bijou. Il représente bien trop de chose pour que tu puisses t'en séparer. La voix d'Ivy est aussi brisée que le cadran, et c'est ça qui te fait froncer les sourcils. Alors que l'objet rencontre le mur de la pièce sombre, tu tournes le regard vers la Sicilienne. "Avant que les Horsemen arrivent dans ma chambre, j'ai jeté la photo de Sasha. C'était pour que son existence reste secrête, qu'elle soit en sécurité" Ce cliché est comme la montre, même attachement " L'objet disparaît, mais les souvenirs restent. Personne ne pourra briser ça Ivy. Quoi qu'elle représente...ce sera toujours en toi". Tu te lèves finalement, attrapes l'objet mais laisse les nombreux morceaux de verre au sol. Tes pas te ramènent rapidement vers Ivy et tu t'accroupis en face d'elle. Tu attrapes sa main pour poser la montre sur sa paume et refermer ses doigts autour, ayant  sa dextre dans la tienne. "Tu vas le regretter si tu l'a laisse ici. Gardes là dans un tiroir comme un objet précieux...Mais pas quelque chose qui te retiens dans un passé impossible à retrouver". Tout comme tu aimerais revoir Sasha,mais tu sais que c'est impossible. Alors que ses yeux s'embrument, tu tentent de lui lancer un petit sourire pour la réconforter. Tu sais qu'elle a besoin de soutient, tout comme tu avais besoin du sien pour enterrer le corps de ta fille. Tu lâches sa main pour caresser doucement son avant-bras dans un geste qui se veut réconfortant. "Verser une larme n'a rien de faible tu sais ? Je trouve ça courageux d'oser montrer ses sentiments de nos jours" C'est une façon comme une autre de lui dire que tu ne l'a jugera pas si les larmes inondent ses joues rosies par l'alcool. "Parfois, on a juste besoin d'une épaule à laquelle se raccrocher Ivy..."




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MessageSujet: Re: (ash) oh, it's cold gin time again.   Mer 12 Juil - 0:22



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Les vapeurs de l’alcool enrobaient la réalité d’un doux voile onirique. Assommée par la douleur et l’ivresse, Ivy observait Ash parler de la photographie de Sasha avec une certaine distance, comme s’il était le héros d’une des productions de son imagination. Ses perceptions avaient le goût du rêve et, après tout, toute autre théorie était hautement improbable. Dans quelle réalité étrange la redoutable Ivy pourrait-elle se retrouver à verser des larmes devant l’une des victimes de sa cruauté et, de surcroit, à provoquer chez cette personne un semblant de sympathie ? Le sommeil et ses folles chimères avaient dû l’emporter. Sasha. Le destin n’avait pas eu besoin de photographie pour la retrouver. La sicilienne roula des yeux puis médita quelques instants sur les paroles suivantes de celui qui semblait être venu visiter son esprit. Les souvenirs restent. C’était effectivement le cas, les quelques moments de bonheur qu’elle avait pu vivre resteraient gravés dans sa mémoire jusqu’à la fin et elle le savait. Ils étaient néanmoins infiltrés d’acide et de pourriture, gâchés par les regrets, le manque, le désir de vengeance. Les traits de son visage, le timbre de sa voix, la profondeur subjuguante de son regard se dissipaient et il ne  lui restait qu’un arrière goût amer, qu’elle chérissait pourtant. Quant à la montre, il ne s’agissait pas seulement d’une clé matérielle lui permettant d’accéder à ses souvenirs. Il s’agissait d’un objet d’attachement tout à fait précaire sur lequel elle avait grossièrement projeté ses foutus besoins affectifs Elle avait la sensation viscérale qu’un lien avait été rompu, arraché, irrémédiablement.

La sicilienne perdit quelques instants contact avec la réalité tandis que l’homme s’était levé pour ramasser la montre. Elle refit brutalement surface lorsqu’il lui attrapa la main pour y déposer l’objet brisé. Une sensation brutale, violente, intime se leva au creux de son ventre. Les éléments de cette scène revêtaient tous un tel symbolisme que son esprit en était profondément troublé. Ivy ne disait pas un mot, son corps semblait figé. Seul son regard s’agitait, s’accrochant à celui de l’homme et le fuyant tout aussitôt. Elle était parfaitement incapable de décrire ce qu'elle ressentait, elle était parfaitement incapable de se concentrer sur le sens des paroles d’Ash. Elle tentait d’apprivoiser ce contact dont son corps semblait avoir cruellement besoin mais que son esprit rejetait de toutes ses forces. Elle sentait cette tension interne, cette résistance qui l’incitait à fuir et qui, ce soir-là, semblait pourtant avoir été vaincue par quelques litres d’alcool. Lorsqu’elle sentit la chaleur de la main d’Ash sur son avant-bras, ce fut comme si la glace qui emprisonnait son coeur depuis tant d’années commençait à fondre. Il lui parlait de faiblesse, de courage. Ce qu’elle craignait le plus n’était pas de paraître faible mais de se montrer vulnérable et, par extension, d’être à nouveau blessée. S’appuyer sur quelqu’un, c’était baisser sa garde, c’était prendre un risque. La frontière entre le courage et l’inconscience était ténue et, étrangement, le sourire bienveillant de l’homme lui donnait presque envie de l’être. Inconsciente. Le fameux orgueil de la sicilienne était son armure, une armure de plomb qu’elle avait accepté de retirer.  Nue, elle se sentait terriblement mal à l’aise et un peu plus légère en même temps. Elle savait toutefois que les rayons les plus puissants du soleil le plus ardent ne parviendraient jamais à transformer en eau les neiges éternelles qui recouvraient son âme d'une pellicule lisse, adhérente, glacée.

Ivy sortit doucement de sa torpeur. Ses yeux se posèrent sur la montre et elle fronça les sourcils, repensant aux paroles prononcées par Ash, quelques secondes plus tôt.  « Ce n’est pas objet précieux. C’est un objet maudit. » Elle en était tellement persuadée que sa voix en tressaillit. Cette montre portait en elle une essence funeste et mortifère. Peut-être était-ce de bonne augure que la course de ses aiguilles se soit arrêtée. La sicilienne prit une grande inspiration. Le gin semblait avoir délié sa langue et, de toutes les manières, tout cela n’était qu’un rêve.  « Tu veux que je te raconte une histoire ? Il y a douze ans, un grand trafiquant de drogue de l’Irish Mob nommé Andrew "Trigger" Callaway reçoit cette montre en héritage. Quelques mois plus tard, on lui diagnostique une leucémie aiguë. Sur son lit de mort, il donne sa montre à son fils. Six mois plus tard, le fils est battu à mort et abandonné dans un fossé. » Ivy s'interrompit dans son discours dont la tonalité et le manque d'articulation trahissaient son taux d’alcoolémie. Evoquer ainsi la fin tragique de son ancien amant, bien qu’elle ne l’eut pas directement nommé, la perturbait profondément. Elle sentit un frisson la traverser. La dernière fois qu’elle avait partagé cette histoire avec un être humain, c’était à la table du Grand Forrester. Elle était probablement aussi ivre que ce soir-là. Elle poursuivit.  « Deux ans plus tard, un type me coince dans une ruelle et essaye de me tuer. Je lui mets une balle dans la tête. Il s’écroule par terre et qu’est-ce que je vois briller à son poignet sous l’éclat de la lune ? Cette putain de montre. Elle est maudite, je te le dis. » Ivy laissa filer quelques secondes puis un sourire se dessina sur ses lèvres rouges.  « Et tu veux savoir ce qui est le plus drôle dans cette histoire ? » La sicilienne haussa les sourcils tout en secouant la montre devant elle puis plongea son regard sombre dans celui de l’homme.  « Ca fait bientôt dix ans que je la porte et je suis toujours en vie. » Elle se laissa prendre par un fou-rire cynique, sinistre, irrépressible auquel vinrent se mêler quelques sanglots secs. Elle n’avait pas besoin d’une épaule à laquelle se raccrocher, elle avait besoin de tirer le rideau sur cette absurde mascarade qui lui servait d’existence. Elle avait besoin que tout s'arrête.







Dernière édition par Ivy Albrizio le Jeu 26 Oct - 0:50, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: (ash) oh, it's cold gin time again.   Jeu 13 Juil - 12:36

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Ivyft. Ash


Accroupie en face de la Sicilienne, tu te perds quelques secondes dans tes pensées. Pourquoi l'état d'âme d'Ivy te concerne tant ? Depuis quand as-tu cessé de la considérer comme une simple Horsewoman? En arrivant dans ce camps, ton premier reflex a été d'observer chaque membres, de trouver qui avait le plus de pouvoir. L'ancienne tueuse à gage à rapidement été placée sur le podium, a côté des Forrester. Froide avec chacun des hommes - ou même des femmes - elle a pourtant gardé ses distances avec toi. C'est une chose que tu n'as jamais compris. Tu as beau retourner la situation dans tout les sens, il est impossible de comprendre pourquoi Ivy se comporte différemment en ta présence. Les regards et sourires des Horsemen prouvent d'ailleurs que tu n'es pas le seul à l'avoir remarqué. Certains ne se gênent pas pour commenter ce lien si particulier qui semble s'être tissé entre la Sicilienne et toi. Et depuis l'épisode tragique de l'arène, emportant pour toujours ta fille, tu ne sembles plus pouvoir t'éloigner de la brune. Comme lorsqu'on ne peut pas détourner le regard face à un accident de voiture, tu es incapable de prendre tes distances avec celle qui a enterré Sasha à tes côtés.

Tes yeux se posent sur la montre alors qu'Ivy prononce le mot "maudit". Tes doigts quittent son avant bras pour reprendre place à côté d'elle,appuyé contre le mur de pierre. Tu écoutes ses paroles sans l'interrompre. Tu sais que ce genre de mots ne passent pas souvent la barrière de ses lèvres. Ivy conserve son image sous une couche de mystère, ne dévoilant que très peu son passé. Tu aimerais cependant savoir qui est cet homme abattu dans un fossé. Son frère ? Ou alors un homme qu'elle aimait ? Comme beaucoup de monde ici, Ivy ne semble pas avoir de famille. Mais celle-ci a pu être emporté par le virus ou les dangers du monde actuelle. Tu l'as laisse cependant continuer,ne voulant pas couper son élan de sincérité. Ton père disait que tu étais plutôt bon pour cerner les gens,mais Ivy est une exception.

Elle plonge son regard noir dans tes yeux bleu avant de parler d'ironie. Son rire te glace le sang, il te pénètre jusqu'aux tripes, te mettant dans un mal être que tu as rarement connu auparavant. Ce rire sinistre cache bien plus de sentiments qu'elle est probablement incapable de déchiffrer elle même. "Alors c'est pas l'objet qui est maudit. C'est eux" Tu hausses les épaules comme si c'était quelque chose de logique. Si elle est toujours en vie après tant d'années, malgré la fin du monde et la race humaine, c'est une preuve que la montre n'apporte pas que le malheur. Tu hésites quelques secondes avant de lui demander, ne lâchant pas son regard "Qu'est ce que j'ai de différent Ivy?" Tu as besoin de savoir. Tu as besoin de comprendre. "Tu aurais du me tuer. Tu aurais pu dévoiler mes secrets...et pourtant tu n'as rien fais. Pourquoi ?" Tu profites peut-être de sa torpeur du à l'alcool,mais l'occasion est trop bonne pour la laisser passer.



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MessageSujet: Re: (ash) oh, it's cold gin time again.   Sam 22 Juil - 20:11



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Le rire de la brune se tarit doucement pour se fondre en un sourire sarcastique qui restait gravé sur son visage comme une empreinte. La réplique d’Ash était pleine d’esprit mais elle fusait à quelques années lumières de la trajectoire que prenaient ses pensées. Ce n’était pas la montre qui était maudite, c’était elle. Elle était une meurtrière, un soldat de la mort, une funeste faucheuse. Les faucheuses sont immortelles. Ivy marchait parmi ses congénères telle une déesse désabusée, elle surplombait ses hommes du haut de sa superbe, vouée à l’isolement dans sa strate faite de fer et de plomb. A l’exception de ce jour où, entre deux aubes glaciales, elle était redevenue humaine, sensible, algique. Il se passait quelque chose dans le regard de celui qui ne la lâchait pas des yeux. Ce fut une question qu’il fit éclore. La question, celle qu’elle redoutait de voir posée. Celle dont la réponse était parfaitement évidente et profondément obscure à la fois. La sicilienne lança à l’homme un regard noir tout en rangeant la montre dans son sac, hors de sa vue.  « Oui, j’aurais dû te tuer. J’aurais dû te tuer pour que tu évites de poser ce genre de questions stupides. » Elle avait parlé d’une voix sèche et polaire comme si elle s’était furtivement drapée de ce voile d’acier qui la protégeait si bien, portée par un brutal sursaut de son instinct de survie. Telle une plante carnivore desséchée, elle avait fini par mordre avant de se laisser à nouveau happer par sa léthargie.

La sicilienne se tut quelques secondes puis fixa encore le visage d’Ashton, détaillant pour la centième fois peut-être ces traits si familiers. Cette sensation de connexion intime l’envahit à nouveau. De tous les hommes que le destin aurait pu mettre sur son chemin, pourquoi avait-il fallu que ce soit lui qui croise sa route ? Devait-elle y voir un signe ? Plus elle le regardait, plus avait l’impression irrationnelle et probablement délirante que son père pouvait la voir à travers ses iris, l’entendre à travers ses tympans. Qu’il était là, quelque part, à quelques dimensions parallèles d’ici, à l’observer au delà du temps et de l’espace, s’accrochant à cette constante morphologique si perturbante. Peut-être que l’univers lui offrait la possibilité de clore un chapitre, de communiquer à travers les frontières de la mort avec cet homme qu’elle avait à peine connu et qui l’avait tant façonnée. L’univers, ou, dans l’éventualité où tout ceci ne soit qu’un rêve ou un délire, sa chère et tendre psyché. Ivy attrapa la bouteille et se leva d’une manière étonnamment leste pour son niveau d’alcoolémie. Elle fit volte face et fixa le mur, y posant son bras afin de ne pas perdre l’équilibre. Un écoeurant vertige s’empara d’elle, le monde tournait tout autour. Retenant un haut-le-coeur, elle ingurgita une longue gorgée de gin.

Ivy se retourna. Les quelques rayons du soleil couchant qui s’infiltraient dans l’entrebâillement de la porte venaient éclairer son visage pâle maculé de quelques stries de sang séché. Ses yeux noircis de khôl se posèrent sur Ash. A cette distance, dans la pénombre, la ressemblance était encore plus troublante. Elle regardait l’homme non pas comme une gamine mais à la manière d’une adolescente, cette adolescente qu’elle n’avait jamais pu devenir. Elle ne s’était jamais retrouvée dans une telle position face à son père. Plus haute, plus grande. Ivy haussa les sourcils. On lui avait appris à croire à la vie après la mort, aux esprits, à l’éternel. Une chance infinitésimale restait une chance et, lorsque l’ivresse dominait sa pensée, la raison avait tendance à s’incliner. En dépit de tout bon sens, elle sentait qu’elle avait besoin de lui parler. Même si c’était illogique, même si la rhétorique viendrait à lui manquer, même si cela ne refermerait pas ses blessures. Ivy fit deux pas en avant, serrant le goulot de la bouteille entre ses doigts.  « Malgré tout ce que tu as fait, malgré tout ce que tu es, je ne te haïrai jamais. Tu es la seule personne sur cette foutue planète que je ne haïrai jamais, et, crois-moi, ça me rend folle. » Sans haine, point de feu. Ivy n’était pas une tueuse de sang froid, c’était la rage brûlante en elle qui pressait la gâchette. Sans cette énergie destructrice et mortifère, sans ce carburant toxique qui lui permettait d’avancer depuis toujours ou presque, la sicilienne n’était qu’une gamine inoffensive et désemparée. C’était ainsi qu’elle se sentait face à son père et ses incarnations. C’était ainsi qu’elle se sentait à l’instant présent. Inoffensive et désemparée.  « Félicitations Ash, tu es libre ! » Et son rire retentit à nouveau dans la  pièce.  « Tu es libre. Je crois que ça s’arrose. ». Ses lèvres vinrent épouser le goulot de sa bouteille. Il pouvait partir, il pouvait rester, il pouvait tuer, il pouvait même la tuer. Il pouvait faire ce que bon lui semblait. Aucun horseman ne lui ferait jamais de mal car telle était sa volonté.







Dernière édition par Ivy Albrizio le Sam 18 Nov - 2:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (ash) oh, it's cold gin time again.   Mer 2 Aoû - 11:40

oh, it's cold gin time again.
Ivyft. Ash


Tu ne l'a lâches pas du regard alors que le sien devient plus froid, plus noir. Le ton de sa voix témoigne de son mal être. Et alors qu'elle crache son venin, tu te contentes de soupirer. Ta main glisse dans tes cheveux pour les tirer en arrière. Tu pourrais être avec Demetrius à cet instant, et si elle commence à te parler ainsi, tu peux simplement la laisser en tête à tête avec sa mélancolie. Rien ne t'oblige à rester et pourtant tu es le seul qui a pris la peine de le faire. "Je ne sais pas ce qui se passe dans ta tête Ivy. Mais à force de repousser tout le monde, tu vas finir par être toute seule. Et tu as beau prétendre que c'est ce que tu cherches, ton comportement prouve le contraire". Parce qu'au fond, tu sais qu'elle est attachée à toi, ne serait-ce qu'un minimum. Tu serais mort depuis longtemps sinon, tu aurais lâché ton dernier souffle dans cette forêt. Et puis elle t'a demandé de lui tenir compagnie, elle a spécifiquement prononcé le mot "reste".

La sicilienne te domine de plusieurs centimètres,mais tu restes tout de même assit contre le mur de la pièce. Tu prends le temps d'observer son visage sans parler, la laissant dans ses pensées probablement obscures. La suite te surprends d'autant plus. Tu n'es même pas certain qu'elle te parle à toi. Qu'est ce que tu aurais bien pu faire ? Tu avais toutes les raisons de tuer les Horsemen, de lui faire personnellement du mal et pourtant tu sa choisis de jouer les pacifistes.

Libre ? Ton rire devrait se joindre au sien mais tu restes silencieux. Tu te sens encore plus enchaîné qu'avant. Entravé par le poids de la culpabilité et du lien si étrange entre Ivy et toi même. Tu ne seras jamais libre, tu as perdu ta fille entre les murs de ce camps et c'est une image qui ne disparaîtra pas. Peut-être deviendra t-elle un peu plus floue au fil des années, mais tu en doute. Alors que la brune s’apprête à boire de nouveau, tu te lèves pour prendre la bouteille. "Tu as assez bu pour ce soir". Aucune remarque faite sur ta prétendue liberté. Tu ne peux pas partir de toute manière, Demetrius est encore trop faible, alité en ce moment même dans ta chambre. Mais ça, tu ne peux pas lui dire, personne ne doit savoir. "Je te raccompagne chez toi". Ce n'est pas une proposition mais un fait. Si tu pars maintenant, elle passera la nuit dans cette pièce humide. Tu soupires en passant ton index sur le sang séché décorant son visage "Et faudra nettoyer ça". Prendre soin des gens est comme une seconde nature. Autrefois, avant même que les rôdeurs ne fassent leur apparition sur cette terre, tu réglais les problèmes de la communauté. Les gens venaient vers toi et rapidement ton rôle a été de prendre soin d'eux. Ton père te répétais souvent de ne pas devenir trop empathique,mais comme la plupart de ses conseils, tu ne les a pas suivis.



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MessageSujet: Re: (ash) oh, it's cold gin time again.   Jeu 3 Aoû - 1:48



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Ivy sentit les ronces vénéneuses de ses propres ténèbres se resserrer autour d’elle lorsqu’Ash releva l’une de ses contradictions. Sa remarque lui arracha un sourire triste et désabusé.  « Je suis déjà seule, Ash. » C’était un fait, un simple fait, un fait indéniable. Sa solitude n’avait jamais été un objectif de vie ni une fierté. Elle s’était isolée pour se protéger, elle s’était isolée pour survivre. Ivy avait toujours ressenti et analysé avec lucidité ce manque qui la rongeait, qui ce soir se révélait à la faveur de l’alcool et que la présence d’Ash semblait apaiser. C’est probablement pour cela qu’elle ne résista pas lorsqu’il lui confisqua sa bouteille de gin, qu’elle ne protesta pas lorsqu’il lui proposa de la raccompagner, qu’elle ne fit pas le moindre mouvement lorsqu’il effleura son visage blessé. Elle ne saisissait toujours pas les raisons de sa bienveillance et ne pouvait empêcher la méfiance et le doute de s’immiscer en elle. Elle refusait d’y prêter attention, pourtant. Pas ce soir.

Ils prirent alors la route, s’extirpant de l’espace lugubre qui avait été le théâtre d’un bien étrange moment. La trajet se fit dans le silence le plus parfait. La vision troublée par l’ivresse et l’équilibre précaire, la sicilienne se concentrait sur ses pas. Son esprit était vide et ses pensées absentes. Ils arrivèrent enfin sur le perron orné de colonnes de la belle maison blanche où la brune avait élu domicile. Ivy posa sa lampe de poche encore allumée sur la rambarde, attrapa ses clés puis les fit tourner dans la serrure. Alors que sa main caressait déjà la poignée, elle se retourna vers Ash et fronça les sourcils, pensive. Sa compagnie, elle la désirait. Elle la désirait tellement qu'elle l'avait réclamée. Cependant, la voix de l'empirisme, celle de l'expérience était plus forte que tout. Il lui était impossible d'oublier le poids de ses souffrances, il lui était impensable de baisser sa garde. Elle était maudite après tout, condamnée à être trahie, meurtrie, blessée par tous ceux dont elle avait le malheur de s'approcher. Une part d'elle-même aurait aimé qu'il sache tandis qu'une autre la vouait au silence.  « Ce que je veux et ce qui est bon pour moi sont deux choses différentes. » La sicilienne releva le menton et fixa l’homme dans les yeux pendant quelques longs instants. Son regard exprimait une certaine résignation, témoin de son abandon face au destin.

Doucement, elle ôta sa veste en cuir qu’elle laissa tomber sur un vieux rocking chair puis elle enleva son haut qui glissa jusqu’au sol. La lumière crue de la lampe torche vint exposer les multiples stigmates d’âges différents qui marquaient son corps, ceux laissés par les coups, les brûlures, les orifices des drains, les voies d’abord chirurgicales. Elle qui n’avait pas su dévoiler les cicatrices de son âme avait souhaité montrer à l’homme celles de son corps. Ces balafres racontaient son histoire de manière plus éloquente qu’elle ne pourrait probablement jamais le faire. A chacune d’entre elles correspondait un être qui avait abusé de sa confiance, un être qu’elle avait laissé approcher, à tort. Elle n’avait pas toujours été seule. Or, elle n’avait jamais été moins en sécurité qu’à ces périodes de sa vie. La sicilienne laissa un sourire imperceptible se dessiner sur son visage grave.  « Ma peau me le rappelle tous les jours. J’ai appris ma leçon. » La brune glissa sa main derrière elle, la posa sur la poignée et ouvrit délicatement la porte, sans quitter l’homme du regard.  « Je suis seule, Ash. C’est comme ça que je survis. » Ivy fit gracieusement volte-face, exposant son dos strié de larges marques avant de disparaître dans l’obscurité de la maison qui serait le sanctuaire de ses ultimes états d’âme, jusqu’à l’aube qui viendrait enfin la délivrer de son supplice. Elle renaîtrait alors de ses cendres, vêtue de son habit de glace et de fer, l’âme plus légère peut-être.





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