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 There is hell, and there is another place below hell. ☠ Thalia

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MessageSujet: There is hell, and there is another place below hell. ☠ Thalia   Sam 24 Juin - 22:32

Demetrius à le regard perdu sur les murs qui barricadent et protègent la ville. Qui le séparent aussi d'Ash et des autres. Les bras croisés, il est assis sur sa chaise de son bureau de fortune qui n'avait rien à voir avec celui qu'il possédait avant l'apocalypse. Avant que l'Humanité entière décide de s'embraser. Le bon vieux temps où tout ne semblait pas désirer vous voir passer l'arme à gauche. Machinalement, il mâche des feuilles de menthes sauvages séchées, ce n'était pas un met délicieux : mais cela calmait ses pulsions et de sortir une cigarette. Demetrius n'avait aucun mal à manger moins, boire moins aussi, la seule chose qui lui manquait plus que tout c'est son café et des cigarettes. Il tuerait. Ni plus, ni moins pour des paquets. Chacun avait son vice, lui ce n'était pas l'alcool, mais le tabac. Une denrée rare, qui se vend chère et pour cause c'est une drogue. Le doc ferme doucement les yeux en révulsant sa tête : la nuit n'avait pas été reposante. Il ne dormait pas ou très mal son esprit toujours accablé par le poids que pouvait avoir certains fantômes du passé. Des visages qui hantaient ses nuits même les plus calmes. Qu'il aurait aimé avoir sa mère à ses côtés. Elle aurait survécu à tout cela, elle aurait été une des premières à prendre les armes voir la tête d'un groupe parce qu'elle était un leader né et c'est ce que son père détestait peut-être le plus chez elle. Tout le monde savait qu'elle portait la culotte dans le couple et que les catins qui partageaient le lit conjugal n'étaient que des passes-temps, des choses idiotes que la consanguinité sur plusieurs générations avaient rendue débiles et faibles. Il n'en était rien de Moyra qui reste encore aujourd'hui, aux yeux de l'homme qu'il est devenu : LA femme la plus admirable.
Il est sortit de ses pensées quand il entend dehors du remue-ménage. Les récupérateurs devaient être de retour et comme une fourmilière les ouvrières du clan se dépêchaient de les débarrasser des denrées qu'ils ont trouvés. Demetrius ne se lève pas pour autant. Il se contente de remettre sa tête en place. Si on a besoin de lui alors on l'appellerait. Ils étaient trois de toute façon et il savait que beaucoup d'habitants de Lafayette ne lui faisait pas encore confiance. Alors il préférait laisser ses deux compères féminines les ausculter. Mais voilà, aujourd'hui ils sont plus que prévus et il entend rapidement des pas dans le couloir suivis de coups contre la porte. Un grognement nonchalant sort de sa gorge tandis qu'il se lève d'un pas las. Sa main remet en place ses cheveux puis il ouvre la porte et laisse rentrer le patient. Ou plutôt la patiente.

Demetrius reste quelques instants à la regarder avant de refermer la porte derrière elle. Cela fait, il se retourne vers elle et la regarde de haut en bas.  Le destin faisait bien les choses : il comptait venir la voir bientôt. Ils devaient parler.

« Je suppose que tu connais le topo. » Il lui montre la table de massage reconvertit en table d'auscultation. Il enfile des gants et sort un coton qu'il imbibe d'alcool. « Je peux savoir comment tu t'es fait ça ? » Demetrius devait poser des questions basiques. « Tu as été mordu ? Contaminé d'une quelconque façon ? » Vu le sang sur ses vêtements et l'odeur : ce n'était certainement pas de l'hémoglobine humaine.

« Tu semblais me connaître quand on s'est vu la première fois. Mais moi je ne me souviens pas t'avoir rencontré. »

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MessageSujet: Re: There is hell, and there is another place below hell. ☠ Thalia   Dim 25 Juin - 16:04



THERE IS HELL, AND THERE
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Le soleil masqué par la grisaille plongeait doucement sous l’horizon tandis qu’une pluie épaisse et tiède faisait ruisseler sur mon visage marqué par l’épuisement quelques trainées de sang dilué. Les lourdes portes de Lafayette qui s’ouvraient dans un concert de grincements devant notre équipe de récupérateurs avaient à mes yeux les atours des bouches de l’enfer. Dix jours s’étaient écoulés depuis l’exécution de Pratt et l’atmosphère dans le camp était plus électrique que jamais. D’autres mises à mort sommaires avaient suivi et, autour de moi, rien n’avait changé. Sur son trône gravé dans la couardise et l’indifférence, le silence régnait. Il me semblait bien deviner à travers les regards, à travers les attitudes que les consciences n’étaient pas toutes à l’aise avec les récents événements et que le feu de la révolte prenait dans le coeur de certains survivants mais ce n’était guère suffisant pour transformer les intentions en actes. Depuis l’oraison funèbre que j’avais prononcée en hommage à Pratt, on venait parfois m’aborder dans les rues, me glissant quelques phrases lourdes de sous-entendus. Qu’attendaient-ils de moi ? Croyaient-ils vraiment que je n’aurais pas déjà brandi l’étendard de l'insurrection si j’en avait été capable ? J’étais comme eux, nous étions tous les mêmes. La peur avait raison de nos velléités.  Et il y avait le quotidien, ce quotidien si lourd qui consommait notre vitalité jusqu’à la dernière goutte. Entre mes harassantes missions de ravitaillement et les heures passées clandestinement hors du camp à chercher Glenn qui avait à nouveau disparu, je n’avais guère le temps ni l’énergie mentale d’organiser la révolte. Et peut-être qu’une partie de moi-même s’accommodait de ces excuses presque valables. Pourtant, lorsque je croisais à l’occasion des errances de mon esprit l’image psychique de Pratt, l’argument de la pyramide de Maslow ne tenait pas une seule seconde avant de fondre en poussières devant ses grands yeux bleus débordant d’indignation.

A peine avions nous franchi les barricades et délesté nos sacs de notre maigre butin de la journée que des miliciens fondirent sur nous afin de nous escorter à la décontamination. Je me mis difficilement en marche. Je m'étais foulée la cheville et chaque pas était une épreuve. Je peinais à masquer la colère qui bouillonnait en moi et se mêlait à la douleur qui crispait mon visage à chaque appui. Le bras d’un de ces soldats de la honte tenta de se glisser autour du mien, je le repoussai aussitôt. « Ca va, je vais m’en sortir, merci. » Un sourire nerveux vint se dessiner sur mon visage, il s’agissait de faire passer ma réaction pour de la fierté mal placée. En réalité,  je n’avais pas envie qu’il me touche. Je n’avais pas envie qu’il me salisse. Nous arrivâmes tant bien que mal jusqu’au cabinet du médecin. Une décharge d’adrénaline me traversa lorsque je vis la silhouette de Demetrius se dessiner derrière la porte. Demetrius Rosenbach, né le 22 juillet 1976, élevé en Géorgie dans la tradition amish, chirurgien au High River General Hospital d’Atlanta. En contact indirect avec le patient zéro. S’est enfui lors de son transfert pour Lafayette. Les données défilaient machinalement en arrière-plan de mon esprit tandis qu’une étrange sensation me traversa. J'avais l'espace d'un furtif instant eu impression d'être propulsée dans ma vie antérieure, de redevenir Thalia Davenport, l’analyste. Je m’approchais de mon colocataire que je m’efforçais habituellement d’éviter comme la peste, de peur de me compromette. Tandis que j’enlevai mon t-shirt déchiré et recouvert de sang, il m’interrogea sur l’origine de mes plaies. « Si un jour je me fais mordre, je ne vous ferais pas l’affront de revenir ici. » Je continuai de me dévêtir, dévoilant les quelques nouvelles blessures qui venaient rejoindre les lésions d’âges différents parsemant déjà mon corps : une plaie frontale gauche à la naissance de mes cheveux désormais emprisonnés dans un épais amas de sang coagulé. Un hématome sur ma cuisse droite, un autre en regard de mes côtes homolatérales. Une plaie parfaitement linéaire de dix centimètres sur mon bras gauche. Un oedème en oeuf de pigeon et quelques ecchymoses violettes en regard de ma malléole externe droite.

Je me hissai sur la table d’examen et laissai échapper un soupir. La journée avait été rude. Nous avions pris à l’aube la route vers le nord, en direction d’Alexandria. Nous avions cru mettre la main sur le Graal, un entrepôt de stockage appartenant à une entreprise d’agro-alimentaire spécialisée dans la viande séchée. « On a rencontré des pilleurs. » Ils étaient deux fois plus nombreux que nous, armés jusqu’aux dents et avides de sang. Ils ne s’étaient pas contentés de nous dérober nos armes à feu, ils en voulaient davantage. Je n’avais guère envie de relater les détails de ces souvenirs atroces qui s’imposeraient probablement à moi au soir, lorsque je tenterai de fermer les yeux. Je me contentais de revoir en boucle la manière dont la torture et l’humiliation semblaient raviver une lueur perverse dans leurs yeux malsains. Une horde de rôdeurs avait interrompu le supplice. « Pour une fois, les rôdeurs nous ont fait une faveur en débarquant. » La distraction nous avait permis, après un corps à corps intense avec ces soldats de la mort, de prendre la fuite et de rejoindre notre camion garé un kilomètre plus loin.

Demetrius évoqua notre première rencontre. Les souvenirs que j’avais de cette période étaient plus que flous et s’apparentaient plutôt à de confuses réminiscences. Je me rappelais de ses yeux bleus auxquels je m’accrochais parfois lorsque la fièvre et la morphine menaçaient de m’emporter vers l’inconscience. Sa question suscitait néanmoins en moi quelques interrogations. Qu’avais-je bien pu faire ou dire pour lui laisser penser que je le connaissais ? M’étais-je compromise ? Protéger mon identité et cacher mon appartenance au FBI était devenu un réflexe, un automatisme. Quelle importance avait cette information désormais, dans ce monde si différent ? Je me posais parfois la question. Néanmoins, dissimuler mon ancienne existence était tellement ancré dans mon instinct de survie que je ne parvenais pas à fonctionner différemment. J’étais programmée pour protéger ce secret. J’esquissai un sourire. « La première fois qu’on s’est vu j’étais encore plus perchée qu’à mon premier Burning Man... » Je le fixai quelques instants en fronçant les sourcils. « En y réfléchissant bien tu ressembles peut-être un peu à mon prof de littérature du lycée mais, non, je ne pense pas t’avoir rencontré avant Lafayette. » Si l’on s’attachait strictement aux mots, ce n’était pas un mensonge. La sémantique avait ceci de magique.


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MessageSujet: Re: There is hell, and there is another place below hell. ☠ Thalia   Lun 26 Juin - 1:11

Les tensions à Lafayette étaient palpables. Depuis que les exécutions gratuites ont commencé et Demetrius avait toujours l’impression d’être le prochain sur la liste. Quelque chose lui disait qu’il y en avait certain qui n’aimaient pas les intrus. Même s’ils sont utiles. Car contrairement à certains : eux ont vécu dehors. C’est d’ailleurs ces derniers qu’on envoyait en pâture, en run pour des provisions. Cela non plus n’avait pas échappé au Doc. Comme toujours à leur retour, ils devaient être checker. Pour vérifier qu’ils ne soient pas un danger. Demetrius n’était pas appelé pour ce genre de choses. Un jour peut-être, mais pas encore. La confiance des autres, il ne l’avait pas assez. Cependant, on lui envoya une jeune femme. Et qu'elle jeune femme. Celle-là même qui avait semé un peu plus le doute dans l’esprit de ceux qui l’ont entendu parler de sa vie avant qu'il n’arrive ici. Des souvenirs dont il ne voulait pas se souvenir mais qu’elle avait ravivés en quelques secondes. La question était de savoir comment elle le savait ? Demetrius était persuadé que ceux au courant étaient mort ou loin d’ici. Il se trompait. Lourdement.

La demoiselle se déshabille, Demetrius est professionnel et ne fait que regarder ses plaies. Il lui pose des questions, inspecte les blessures sans pour autant les toucher. “Sait-on jamais. Je préfère prévenir que guérir.” Le doc avait vu des morsures. Elle ne mentait pas. Elle était clean. Il allait pourtant nettoyer le sang sur son bras et vérifier la profondeur de la blessure. Thalia explique pendant ce temps-là qu’ils ont rencontré des pilleurs. Dans son ancien camp aussi ils devaient faire face à eux. L’homme était un loup pour l'homme. L’apocalypse avait vérifié à maintes reprises cet adage. “Ils avaient un signe particulier sur eux ?” Demande-t-il. “Quelques choses de distinctifs ?” Demetrius avait peur que cela soit le clan qui traînait près du leur. Qui ne laissait pas de survivants et des placards vide. “C’est la première fois que j'entends qu’ils ont servir à quelque chose.” Ironise-t-il. La plus grande menace était maintenant les autres survivants. C’était évident.

Demetrius ne passe pas par quatre-chemins et met fin au suspens. Il n’aimait pas laisser les choses trainer. Ils n’avaient plus le luxe d’avoir le temps. Il voulait la confronter avant qu'elle meure ou qu’il passe l’arme à gauche. Son regard se fait un peu plus dur quand elle prétend ne pas se souvenir. Il se concentre sur la blessure et s'éloigne pour aller chercher un onguent. “Et ton professeur était aussi sur le cas d’Alberta ?” Sa voix est sans appel. Il n’allait pas lui laisser une échappatoire. “Tu m’as regardé dans les yeux et tu as dit : ‘Je sais que tu étais à Alberta. Je sais que tu étais à la morgue quand c'est arrivé. Pourquoi étais-tu à la morgue ? Pourquoi Demetrius ?’ et après tu es retombée inconsciente.”

Le docteur approche la chaise et applique avec une spatule de bois la pâte blanche à base de plantes qu'il avait fait.

“Les seules personnes qui ont accès à ces informations sont l’armée ou le gouvernement. Qui es-tu vraiment Thalia ? Qu’est-ce que tu sais que moi ? Sur le cas Alberta ?”

Demetrius ne la laisserait pas partir tant qu’il n’aurait pas une réponse de sa part. Il voulait savoir si elle était un danger.

“Comme toi, je suppose que tu veux garder ton petit secret. Il n’est pas bon d’attirer l’attention.”
Mais elle devait le savoir. “Échange de bon procédé. Si on tient chacun notre langue on peut survivre ici. C’est aussi simple que cela.’’ Demetrius attrape une bande de tissus et fait un bon bandage avant d’inspecter sa cheville.

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MessageSujet: Re: There is hell, and there is another place below hell. ☠ Thalia   Mar 27 Juin - 1:08



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Mon regard vint s’accrocher aux fissures qui craquelaient le plafond lorsque Demetrius m’interrogea sur le groupe de pilleurs. Il m’était douloureux d’évoquer ce souvenir encore frais. Il y avait le traumatisme, la mort que j’avais à nouveau frôlée, l’outrage, la douleur, l’intrusion dans mon intimité que j’avais subie. Et il y avait quelque chose de plus global, métaphysique, presque transcendant, en rapport avec cette cruauté des hommes qui continuait d’attiser en moi le feu d’une révolte qui me consumait de l’intérieur. Je savais qu’il n’y avait rien de sain à refouler les atrocités que nous affrontions au quotidien, je savais qu’extérioriser était la seule manière de ne pas sombrer dans la folie. Des psychologues, des psychiatres, des experts en tout genre, j’en avais rencontré. Essentiellement à l’occasion de formations professionnelles et au décours de mes missions au Moyen-Orient. Si je connaissais la théorie par coeur, je n’avais pas la force mentale de la mettre en pratique. Peut-être s’agissait-il d’une question de pudeur voire d’orgueil. Je préférais encaisser en silence et changer de sujet. Je me contentai donc de répondre au médecin de manière froide, détachée, lapidaire. « C’est un peu flou, je suis restée inconsciente pas mal de temps. Ils avaient des motos. Celui qui m’a tailladé le bras était recouvert de tatouages. Et il puait le whisky. »  Seul l’ongle de mon index vint s’enfoncer dans la peau de mon pouce.

Le bref regard que me lança Demetrius lorsque je tentais d’éluder sa dernière question fit naître en moi un malaise glaçant. Mon rythme cardiaque s’accéléra, je sentis mes paumes devenir moites. Je ne tardai pas à comprendre que même la meilleure performance d’actrice de l’univers n’aurait pas pu convaincre le médecin. Je n’en avais absolument aucun souvenir mais j’avais de toute évidence dévoilé suffisamment d’informations pour mettre en danger ma couverture plusieurs mois auparavant. Je laissai Rosenbach étaler son étrange mixture sur ma plaie tout en grimaçant en silence. Je m’en voulais d’avoir perdu le contrôle, je m’en voulais de m’être mise en danger. Je savais que ce n’était pas ma faute, je savais que ce n’était pas moi qui avais poussé cette fichue morphine dans mes veines. Je ne pouvais néanmoins m’empêcher d’être meurtrie de remords à l’idée de m’être compromise. Demetrius continuait à m’interroger, sa réaction était tout à fait légitime. Le mensonge cru n’était plus une option, il s’agissait de limiter la casse. Mon interlocuteur semblait intelligent, il n’allait pas se contenter d’une nouvelle histoire à dormir debout. Je n’étais néanmoins pas obligée de lui livrer toute la vérité. Il me demandait qui j’étais mais mon identité n’appartenait qu’à moi. A moi seule. Je tournai mon regard vers le sien. « Je sais juste que tu as assisté à l’agression du légiste et que tu t’es enfui pendant un transfert. Plusieurs membres du camp dans lequel j’étais au début de l’épidémie ont été envoyés à ta recherche. » Je me remémorais les heures passées à tenter de le localiser. Il n’était à cette époque qu’un nom inscrit au marqueur sur un tableau blanc, qu’un visage mal imprimé sur une feuille de papier. Affronter ainsi en chair et en os celui qui n'était à cette epoque qu'une image virtuelle était fort perturbant. Que serait-il advenu de lui si les forces spéciales étaient venues le cueillir ? Je préférais ne pas y penser.

Je penais à masquer l'anxiété qui s'était emparée de moi. Rosenbach ignorait tout des racines qui s’étaient enroulées autour de ce secret que je m'efforçais si ardemment de proteger. Il ignorait tout de la culpabilité qui lestait mon coeur, ma conscience, mon âme et que je tentais d’ensevelir sous le poids du silence et de l’oubli. Que je tentais de racheter en prononçant des foutues oraisons funèbres. Que j’avais indirectement suffisamment de sang sur les mains pour m’y noyer. J’avais fait partie du système. J’avais été le système. Je laissai échapper un soupir tout en étendant ma jambe. Je me hissai sur mes avant bras. Tous mes muscles étaient crispés. « Ecoute, je n’ai jamais voulu te mettre mal à l’aise. J’en ai rien à faire de tout ça. Ce qu’on a pu être, ce qu’on a pu faire à l’époque n’a plus aucune importance. » J’aurais presque pu y croire si les démons de mon passé ne restaient pas constamment accrochés à mon être, distillant dans mon esprit leur sinistre venin. Quoi qu’il en soi, je ne serai pas celle qui irai braquer les projecteurs sur le passé de Demetrius, je n’y avais résolument aucun intérêt. « Ton secret est en sécurité avec moi. » Une réplique prévisible en l’attente d’une promesse prévisible : la réciproque, et si possible en évitant le supplément de questions.


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MessageSujet: Re: There is hell, and there is another place below hell. ☠ Thalia   Ven 30 Juin - 0:41

Il l’écoute d’une oreille presque discrète. Ce genre de questions était purement et simplement destinées à détendre l’atmosphère, à rendre le tout plus humain et agréable pour le patient. Lui n’en avait strictement rien à faire bien qu’au fond il n’avait pas posé cette question d’une façon anodine. Demetrius voulait savoir si le groupe qui menaçait son ancien était toujours là. Histoire de savoir s’il pouvait définitivement faire une croix sur Ash et Sasha ou bien s’il restait un fol espoir : celui d’un jour revoir l’amour de sa vie, de le serrer dans ses bras et de le couvrir de baiser. De ce qu’elle en décrit : cela peut être n’importe qui. Demetrius n’est pas satisfait de cette réponse, mais il sait qu’il devra s’en contenter. La jeune femme semblait ne pas vouloir épiloguer sur le sujet et il n’était pas en droit de lui en réclamer plus. Ce n’était son job. Il devait juste la raccommoder et la remettre sur pied. C’était tout ce qu’on lui demandait.
Pourtant quand elle dévie sa deuxième question : il ne la laisse pas s’échapper. Il ne fallait pas non plus qu’elle ne prenne pour un idiot. Cela pourrait le rendre violent et il n’en avait nullement l’envie. Demetrius était calme est patient, mais il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin. Il préfère donc la réitérer : des fois qu’elle n’est pas comprise. On ne sait jamais. Puis il reprend les soins tout en restant aux aguets quant à sa réponse. Thalia allait devoir passer aux aveux où elle pourrait s’en tirer avec d’autres blessures qu’une vulgaire coupure et des hématomes. Le doc s’applique, il tente de ne pas être brusque pour ne pas lui faire de mal. Quand elle parle, quand elle ravive des souvenirs qu’il aurait préféré oublier il s’arrête dans ses gestes. Le regard perdu sur la blessure, il ne réagit pas tout de suite. Il est happé par le passé : il se souvient des cris, de la course folle qui s’en est suivi, de la panique et de la peur de se faire dévorer comme ses collègues. Il ne lui était pas difficile de se remémorer le sentiment d’impuissance suivis de celui de l’injustice quand on l’a balancé dans un camion militaire. Comme s’il était responsable de tout ça. Il n’était qu’un docteur qui avait fait son travail. Il n’aurait même pas dû être présent ce soir-là à l’hôpital. Son collègue avait appelé malade et il l’avait remplacé de bon cœur pour ne pas laisser ses coéquipiers dans la merde. On ne l’a plus jamais repris à aider les autres de cette façon. Thalia ne fait que confirmer ce dont il se doutait déjà : les saligauds l’ont cherché !

« Et toi ? Tu t’es mise aussi sur mes traces ? »
Une question logique. « Tu ne sais rien, Thalia. » Elle n’était pas là. A l’hôpital et il ne se souvenait pas l’avoir vu dans le campement militaire. « Soit je partais, soit il me tuait. J’ai vu ce qu’ils faisaient des gens qui en ont trop vu. » Ils les tuaient. Demetrius était non seulement parti pour retrouver Ash mais aussi pour sauver sa peau. Pouvait-on le blâmer. « Je suis certain que tes petits camarades ne voulaient pas me retrouver pour me proposer une tasse de thé. » Dit-il froidement.

La jeune femme n’était probablement pas coupable, n’avait rien à voir peut-être avec toute cette histoire, mais il ne pouvait pas s’empêcher de s’accrocher à l’idée qu’il y avait plus. Demetrius ne pouvait pas empêcher son instinct de le mettre en garde. Il ne pouvait pas lui faire confiance. Voilà ce qu’il se répétait alors qu’il commençait à inspecter la cheville. Il se lève à nouveau et va chercher un autre bocal en verre, un autre onguent pour les gonflements. Elle ne semblait pas casser cela était une bonne chose.

« Cela n’a plus d’importance jusqu’au jour où ça me retombe dessus au moment où je m’y attends le moins. » Souffle-t-il finalement las de ressasser le passé. Thalia avait peut-être raison. Oublier et pardonner. Il devait clairement apprendre à faire ça. Ou au moins l’un des deux. Sa vie serait plus simple et il pourrait garder son énergie pour autre chose. Il ne répond pas tout de suite à la dame allongée sur sa table. Se contentant de continuer les soins : « Est-ce que je peux vraiment croire que mon secret est bien gardé en sachant que tu bavasses dès que t’es sous antidouleurs ? » Demande-t-il finalement en la regardant dans les yeux. « Mais soit. Je tiendrai ma langue aussi. » Temps qu’elle ferait la même chose.

« Tes camarades sont encore en vie ? Je dois m’atteindre à les voir frapper à ma porte un jour où vous avez arrêté de suivre vos stupides ordres ? De prendre des vies inutilement ? »

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MessageSujet: Re: There is hell, and there is another place below hell. ☠ Thalia   Sam 1 Juil - 17:29



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Mon regard s’était drapé d’un voile sombre. Je préférais me braquer, me fermer, ériger autour de moi des parois de verre plutôt que de laisser échapper une réaction que je risquais de regretter, d’une façon ou d’une autre. Demetrius enchaînait les questions aiguisées et les remarques acerbes. J’encaissais en détournant le regard. Mes jours au sein de la task force semblaient appartenir à une autre ère. J’étais toutefois loin d’avoir fait la paix avec moi-même et je me blâmais toujours autant pour ces crimes qui n’étaient pas tout à fait les miens mais que j’avais trop longtemps cautionnés. Le médecin s’acharnait sans savoir mais ce dont il m’accusait faisait ressurgir des bas-fonds de mon inconscient cette culpabilité qui grouillait sans cesse en moi. J’étais toutefois furieuse, furieuse qu’il ne sache pas que j’avais risqué ma vie pour dénoncer l’injustice de la politique de Washington. J’avais envie de lui hurler que les êtres abjects à qui il m’assimilait étaient précisément ceux que j’avais combattus. Je tournai mon regard vers Demetrius. Pourquoi l’idée qu’il se faisait de moi m’importait-elle autant ? Pourquoi semblais-je avoir besoin de son assentiment ? Peut-être n’étais-je moi-même pas certaine d’être une bonne personne.

Et il jouait avec mon ego. Je me retenais de lui dire que si je l’avais vraiment cherché, je l’aurais trouvé. Depuis longtemps. Je n’avais eu que peu de certitudes tout au long de mon existence mais je savais que j’étais une analyste brillante, peut-être l’une des meilleures. Je me rappelais de cette sensation jouissive qui s’emparait de moi lorsque je trouvais enfin une réponse, une localisation, une information après des jours, des semaines de recherche. Je me rappelais également des douloureuse questions que je tentais de ne pas me poser lorsque je rentrais le soir dans mon appartement et que j’ouvrais une bouteille de vin. Avais-je réellement oeuvré pour le bien et la justice ? Quelles étaient les conséquences de ces succès professionnels si grisants ? Je savais que j’avais indirectement envoyé plusieurs personnes dans le couloir de la mort et ça me donnait clairement envie de vomir. Ces questionnements semblaient à des années-lumière de mes préoccupations actuelles mais les deux étaient en réalité intimement liés. Quoi qu’il en soit, si j’avais été en charge du dossier Rosenbach, il n’aurait probablement pas fui bien longtemps. Mieux valait que je garde ce genre de remarques pour moi si je voulais que l’orage passe. Quant à mes vraisemblables confidences sous morphine, je ne pouvais nier qu’elles m’intriguaient. Peut-être qu’une partie de moi souhaitait que Demetrius sache, que laisser échapper ce secret était en quelque sorte vital pour ma santé mentale et que mon cerveau attendait depuis des mois qu’une substance médicamenteuse vienne abaisser mes défenses pour se sauver lui-même.

J’opinai solennellement du chef lorsque le médecin s’engagea à tenir sa langue. Alors que je pensais que ce contrat verbal était parvenu à mettre un terme à cette conversation sensible, Rosenbach surenchérit en me demandant si mes camarades étaient encore à ses trousses. Je me redressai brusquement. L’entendre m’assimiler à ces raclures réveillait en moi une rage brûlante. Mes camarades avaient failli me tuer à plusieurs reprises. Sans l'aide de Luke, je n’aurais probablement pas vécu suffisamment longtemps pour avoir l’opportunité de tuer un de ces foutus rôdeurs. Quant au visage de mon ancien collègue scintillant dans la pénombre juste avant qu’il ne presse la détente et ne pulvérise mon artère humérale, il hantait encore mes nuits. « Sérieusement Demetrius, tu penses vraiment qu’on serait encore dans ce foutu camp toi et moi si j’étais en mission pour le gouvernement ? » Je descendis de la table d’examen, dissimulant une grimace lorsque mon pied vint toucher le sol puis attrapai mes vêtements. « Tu serais déjà mort depuis longtemps, Rosenbach. Mort ou pire encore. Et moi je serais en train de boire un verre de Château Margaux dans un bunker climatisé. » Je pensais avec dégoût à tous ces haut-dignitaires que j’avais participé à mettre à l’abri. Une part sadique de moi-même espérait que l’enfermement, l’isolement et l’ignorance les avait rendus fous. Un éclat rire s'échappa de mes lèvres. « Cela fait bien longtemps qu'il n'y a plus de gouvernement, qu'il n'y a plus d'armée. A part quelques cinglés qui jouent à la dictature militaire. » Je jetai un bref coup d'oeil à travers la fenêtre afin de clarifier mon allusion tout en enfilant mon t-shirt. Je plongeai ensuite mon regard dans celui Demetrius. « Peut-être que je ne sais rien, mais toi non plus. Tu n’as aucune idée de qui je suis. » Ni de ce que j’avais vécu, combattu, traversé. Il avait probablement souffert, il avait probablement été témoin d’atrocités, il avait probablement vécu mes confessions fébriles comme une intrusion dans son intimité mais cela ne lui donnait pas le droit de se comporter ainsi à mon égard. Je laissai échapper un soupir tout en balançant la tête. Je cherchais pas à revendiquer quoi que ce soit, simplement à mettre le passé derrière moi. Nous avions suffisamment de quoi occuper nos pensées, notre énergie et nos consciences dans le présent.  


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MessageSujet: Re: There is hell, and there is another place below hell. ☠ Thalia   Dim 2 Juil - 22:13

Pourquoi ne pouvait-il pas tout simplement lâcher l’affaire. La laissez en paix au lieu de l’accuser de tous les mots ? Demetrius n’était pas le genre d’homme à passer l’éponge. Pardonner, mais ne jamais oublier. Il ne pourrait pas ôter de son esprit, effacer de sa mémoire les cris et les images d’horreurs. Certes, il n’était pas le seul dans cette histoire, que bien d’autres personnes partageaient son fardeau mais il n’en avait cure des autres. Il était individualiste à la base : rester aussi longtemps dans un clan qui n’était pas dirigé par l’homme de sa vie était une prouesse qu’il fallait applaudir. Le docteur n’était pas un héros. Il ne le serait jamais et n’avait pas envie d’en devenir un. On mourrait seul de toute façon. Ne sachant pas si Ash ou bien Sasha étaient en vie : il préférait laisser son cœur se remplir de haine et être injuste envers tout, envers tout le monde. Peu de personnes l’ont bien traité au cours de sa vie. Cela lui était donc difficile d’être aimable, cordial et agir selon la bienséance quand la vie ne vous a jamais fait de cadeau. Sa patiente n’échapperait pas à ses réflexions acerbes et à sa misogynie.

« J’en sais rien, j’ai appris à me méfier de tout et de tout le monde. C’est ce qui m’a permis de tenir en vie. Tu pourrais bien cacher ton jeu, je l’ai fait durant la moitié de mon existence. » Quand il était chez les Amish et qu’il devait cacher son homosexualité. « Il est facile de duper l’esprit humain, il suffit de lui donner les réponses qui confortent l’autre, agir méticuleusement et tout le monde peut-être berner. » Même Demetrius et c’est pour cela qu’il évitait les contacts avec les autres. Heureusement ou malheureusement, il y avait des exceptions à la règle quelque chose lui disait que Thalia n’en ferait pas partie.

Le docteur se retourne une fois le bocal en mains et la regarde descendre en soupirant longuement puis il hoche négativement la tête. Pourquoi les femmes ne peuvent jamais rester tranquilles ? Pense-t-il intérieurement en se pinçant l’arête du nez.

« Ouais j’ai une vague idée du sort que vous réserviez à vos trouvailles ! Et ce n’est pas nouveau que les autorités ont profité de la cohue. Ils avaient les moyens eh ? Au lieu de sauver les gens ils se sont cachés. » Demetrius avait entendu des conversations aux talkies. Cela avait été une raison de plus pour partir. Même si sa vie était safe, qu’il ne lui aurait peut-être pas fait de mal : il ne voulait rien avoir à faire avec ces personnes abjectes.

Son allusion en même temps que son regard lui fait froncer les sourcils. Qu’est-ce qu’elle voulait dire ? Il y avait-il encore un camp militaire quelque part ? Demetrius commença alors à se poser mille et une question. Il se maudissait de ne pas être seul pour pouvoir les marquer sur son carnet. Quand il croisa le regard de Thalia : il redressa sa tête par réflexe.

« Il est plus facile pour moi de haïr ce que je ne connais pas. » C’était ce qu’il faisait de mieux. « Surtout quand j’ai devant moi une femme à qui on a confié des missions. » A ses yeux, cela était un travail d’homme. Point final. « Maintenant, ne fais pas ton idiote et viens te rasseoir que je soigne ta cheville. C’est qu’une entorse mais cela peut devenir une tendinite voir un déchirement. » Demetrius pose le bocal sur la table d’auscultation. « Écoute. » Commence-t-il d’une voix plus calme. « J’ai eu tort ok. Peut-être que t’es différente mais jusqu’à preuve du contraire quand quelqu’un est lié de près ou de loin à ceux qui ont été en charge après le premier accident je m’en méfie. C’est comme ça. Parce qu’il n’y a peut-être plus d’institutions comme tu dis, mais je sais qu’il y a des survivants rancuniers. S’ils ont survécu, je suis certain qu’ils se feront une joie d’accomplir la mission même si elle ne veut plus rien dire. Je veux simplement m’assurer que tu ne fais pas partie de cette catégorie. »

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MessageSujet: Re: There is hell, and there is another place below hell. ☠ Thalia   Jeu 6 Juil - 16:44



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Mon regard s’égara un instant vers les cyprès soulevés par la tempête qui se levait à travers la fenêtre. A l’intérieur de la pièce, l’atmosphère était tout aussi orageuse. Le visage crispé, je laissais Demetrius exprimer sa méfiance, ses accusations, la colère qu’il semblait pourtant tenter de contenir. J’étais dans une position tout à fait délicate. Sa rage était également mienne. Je partageais son aversion envers le gouvernement et l’armée, peut-être la ressentais-je au centuple. Le quotidien et cette bataille contre le Conseil dans laquelle je m’étais lancée parvenaient à détourner mes songes mais il m’arrivait souvent de repenser à cette nuit pluvieuse de février où j’avais vu Emerson lever son arme sur moi. Cet agent avec qui j’avais travaillé pendant plusieurs mois ne m’avait jamais exactement portée dans son coeur mais il ne me détestait pas suffisamment pour traverser les Etats-Unis dans le simple but de m’éliminer. J’avais longtemps cru que le gouvernement m’avait oubliée mais je ne pouvais faire taire cette voix qui me suggérait que, pour quelque absurde raison, on me pistait encore. Aux débuts de l’apocalypse, j’avais réussi à disparaître, à effacer mon identité, j’étais devenu un spectre foulant cette terre sans âme ni conscience. Le prix à payer avait été lourd. Le chemin pour regagner un semblant d’humanité long et douloureux. Je m’étais jurée de ne jamais retomber dans les écueils d’autrefois. Néanmoins, je savais que je serais peut-être amenée m’évaporer à nouveau et je n’avais aucune certitude concernant ma capacité à tenir ma promesse. Mon identité. Mon âme. Voilà ce que le gouvernement m’avait dérobé, après avoir piétiné les valeurs d’une institution que j’avais servie avec zèle pendant plus de sept ans. En conséquence, entendre Demetrius m’assimiler à ces personnes qui m’avaient tout volé me déchirait de l’intérieur.

Je laissai échapper un soupir d’exaspération lorsque le médecin me pria de me rassoir et de me laisser faire. Il m’abreuvait de sarcasmes et de critiques, m’accusait des pires maux de l’humanité, laissait en outre entendre que mon appartenance à la gent féminine était en soi une raison suffisante pour me haïr et il espérait dans le même temps que je lui fasse suffisamment confiance pour le laisser continuer à me toucher ? Je balançai la tête et enfilai mon jean. Ces lieux n’auraient pas à tolérer mon indigne présence bien longtemps. Je m’apprêtais à les quitter lorsque le médecin reprit la parole. Il semblait s’être adouci, il tentait de justifier son comportement en invoquant la prudence. Je fronçai les sourcils. En dehors des membres du Conseil, rares étaient les habitants de Lafayette qui faisaient preuve d’une telle méfiance. J’avais plutôt eu à affronter ce type de comportement chez les solitaires, ceux qui dégainent leur arme avant de prononcer le moindre mot. Chez moi-même lorsque j’étais seule. A l’époque,  je considérais les autres comme des ennemis mortels jusqu’à preuve du contraire. Je commençais à comprendre l’attitude de Rosenbach et une certaine empathie s’engouffrait dans la brèche. Je pensais à l’image qu’il se faisait de moi, au fait qu’elle m’était bien plus délétère que pourrait l’être la vérité.

Toujours debout, le corps en appui sur mon pied sain et les bras croisés, je pris une grande inspiration. « Ecoute…  » J’ignorais si je faisais le bon choix. J’ignorais  si  les forces qui me retenaient de me dévoiler émanaient d’arguments objectifs ou simplement de ma propre pudeur. Je voulais que Demetrius garde mon secret. Pour ce faire, il fallait qu’il ressente ne serait-ce qu’une once de respect et de sympathie à mon égard. Par ailleurs, il ne s’agissait pas de tout déballer, simplement l’essentiel. Il y avait toutefois un risque, celui qu’il considère qu’ayant déjà attiré le FBI jusqu’à moi, je représentais un danger pour lui. Rien n’était simple, il fallait pourtant que je fasse un choix. Je poursuivis d’une voix douce, décidant d’abattre mes cartes. « J’étais à Washington quand tout a commencé. J’ai aidé le gouvernement au début, j’ai bossé pour eux. Merde, je faisais mon devoir de citoyen. Quand je me suis rendue compte de…. de tout ce qui n’allait pas, j’ai essayé de faire ce que j’estimais juste. J’ai essayé de me battre, j’ai essayé de les arrêter. » Mon rythme cardiaque s’accélérait et la nausée soulevait mon estomac. La colère que j’avais enfouie rejaillissait des profondeurs de mon esprit, elle allumait dans mes yeux un brasier ardent. J’en tremblais, presque. Je passai ma main sur la cicatrice gravée dans ma peau, juste sous mon épaule. « Celui qui m’a mis cette putain de balle dans le bras était un agent fédéral. »  Mon visage se crispa tandis que des sueurs froides me parcoururent. Cette fois-ci, j’avais réellement failli à y rester. « Entre nous, c’est personnel. Si quelqu’un dans cette pièce doit craindre ces salopards, c’est moi ». Haute trahison. Ces deux mots me glaçaient le sang. J’aurais pourtant cru qu’après la déliquescence des institutions, je n’aurais plus à craindre les représailles. J’avais eu tort. J’avais eu tort car il manquait à mon équation des données essentielles, j’en étais persuadée. Je levai mes yeux vers Demetrius, anxieuse à l’idée de savoir si mon coup de poker allait fonctionner.
 


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MessageSujet: Re: There is hell, and there is another place below hell. ☠ Thalia   Sam 8 Juil - 23:34

Les deux individus qui se faisaient face avaient à tout à perdre si l’autre venaient à baver. Aucun doute qu’ils attendaient cela. Lafayette accueillait oui, mais les conditions étaient strictes. Et ce n’était pas la seule contrainte. Le regard de certains étaient plus pesant et donnait toujours à Demetrius l’envie de déguerpir. Un luxe qu’il n’a pas pris. Il ne savait même pas où il irait de toute manière. Comment savoir où était Ash ? Et s’il était mort ? Le clan qui avait ravagé les autres a-t-il trouvé le leur ? Il avait peur. Et comme tous les êtres humains il le cachait en attaquant. En aboyant plutôt que de s’ouvrir et se confier. Partager ses souvenirs, d'où il venait avant Lafayette c’était à ses yeux perdre l’exclusivité sur ces moments qui sont probablement la seule chose qui lui reste.
Et puis il faisait partie de ces salopards égoïstes et misogynes. Intransigeant, qui ne pardonne sous aucun prétexte. Rancunier, il en voulait aux institutions censées les protéger. Depuis sa fuite, il n’avait rencontré aucun représentant. Sauf cette femme sur sa table qui avait eut le malheur de parler de son implication dans le premier cas.

Thalia voulait partir, mais Demetrius avait fait le serment d’Hippocrate et il le respectait. C’était bien la seule chose avec Ash et Sasha. De toute façon, les autres médecins sont occupés et sa cheville devait être soignée pour ne pas empirer. Elle n’avait donc pas le choix. De plus, il avait fait la promesse à Primrose de faire des efforts. De s'intégrer et de ne pas être le dernier des connards. Alors il commence à parler, reconnaître à demi-mot ses torts. Pas tous. Juste assez pour qu'elle vienne se rasseoir et qu’il finisse son job. Quand elle se retourne vers lui, il s’installe sur le tabouret. Attendant qu’elle parle ou qu'elle s’installe puisqu’elle ne semblait plus être désireuse de partir.
Le ton employé s’est adouci, comme le sien plus tôt. Ils faisaient tous les deux des efforts. C’était bien. Un bon commencement en somme. Elle parle de devoir de citoyen. Cela était non sans rappeler son propre service à l’hôpital. Il avait fait ce qu'il pensait être juste pour finalement payer le prix fort et perdre ses amis. Thalia à fait de la résistance. Elle s’est battue pour ne pas être un pion de plus. Pouvait-il, devait-il la croire ? Elle semblait sincère. Quelque chose de suffisant pour Demetrius.  Il l'a voit fébrile, mais ne bouge pas : se contentant de l’observer. Le mot pitié et compassion n’étaient pas dans son vocabulaire. De plus, il ne souhaite pas l’interrompre : trop désireux d’en savoir plus.

Quand elle finit son récit, il la regarde et comprends qu’elle attendait sa réaction verbale : son corps ne laissant aucun indice quant à son état d’âme. Il croise ses bras. ''Viens te rasseoir. Je vais te raconter mon histoire.” Il ne servait à rien qu’elle reste debout. “Je n’aurais jamais dû être sur le cas. Je remplaçais un collègue. Facile de faire des heures supplémentaires quand on n’a pas de famille.” Il n’en avait pas encore à cet époque. “On n’a rien pu faire pour la sauver. Elle était presque morte en arrivant aux urgences.” Il reprends les soins. “J’ai été invité à l'autopsie pour aider le légiste à avoir toutes les pièces du puzzle.  Comme tu le sais… Rien ne s'est passé comme prévu.” C’est à son tour d’avoir des tremblements qu'il arrête en serrant ses poings. “J’ai vu les collègues se faire dévorer et j’ai échappé de justesse. Ils n’ont même pas essayé de sauver ceux qui étaient derrière moi. Ils les ont enfermés.” Demetrius à le regard baissé, il avale difficilement sa salive. “Par la suite j'ai compris qu'ils ne comptaient pas nous garder en vie ou sans tirer avantage de nous alors je me suis enfuit. Parce que les collègues qui ont survécu avec moi disparaissaient un à un.” Le docteur prit une longue inspiration. “Je n’oublierais jamais.” Il se racle la gorge et secoue sa tête pour se ressaisir et terminer le pansement.

“Je ne dirais rien. Ne t’en fais pas. Si je peux t’aider le jour où ils arrivent, je le ferais.” Et ça, c'était une promesse. “Puis on semble être dans le même bateau. Autant survivre ensemble.” Un rire narquois sort de sa gorge. “À condition qui nous laisse vivre d’ici-là.”

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MessageSujet: Re: There is hell, and there is another place below hell. ☠ Thalia   Dim 9 Juil - 21:17



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Le climat s’était apaisé et je sentais déjà mes muscles endoloris se relaxer. Je parvenais à lire dans le regard de Demetrius qu’il était réceptif à mon discours, j’y devinais même une certaine curiosité. Il cessait doucement de me considérer comme son ennemie et je n’en demandais pas davantage. Un cessez-le-feu et le silence. Mes confidences semblèrent l’inspirer puisqu’il fut pris de l’envie de me raconter son histoire. Celle du début, celle des prémices. Celle que je n’aurais jamais pu lire dans les dossiers du gouvernement. Comme un symbole de trêve, j’acceptai de m’installer à nouveau sur la table lorsque j’y fus invitée. Je savais être diplomate et faire des concessions lorsque j’y trouvais mon intérêt. Je le laissai donc parler, l’écoutant avec attention. J’esquissai un discret sourire en réaction à sa remarque sur les heures supplémentaires, repensant aux nuits blanches que j’avais pu passer au bureau. Je me rembrunis aussitôt lorsqu’il relata la nuit d’horreur qu’il avait vécue. Le traumatisme semblait encore vif, son langage non-verbal le trahissait. Je n’osais imaginer ce qui avait pu se passer dans son esprit ce soir-là. Je me souvenais précisément de ma première rencontre avec un rôdeur, je me rappelais de manière vivide de la première fois où j’avais vu l’une de ces créatures funestes dévorer un être vivant. Les images, les cris, l’odeur étaient gravés dans ma mémoire, ils m’accompagneraient jusqu’à mon dernier souffle. Je savais, néanmoins.  Grâce à mon travail, je savais que les zombies existaient. Je savais les reconnaître, je savais ce dont ils étaient capables, je savais comment les tuer. Demetrius ne savait pas. Il avait probablement été envahi par une frayeur extrême, il avait probablement cru devenir fou. Ma mâchoire se crispa en même temps que ses poings et cette tension nerveuse ne me quitta pas lorsqu’il évoqua le traitement auquel lui et ses compagnons d’infortune avaient eu droit. Je n’avais pas eu à l’époque la primeur de ces détails sordides. Je n’étais à qu’une analyste, qu’une employée, qu’une exécutante. Je n’avais que peu côtoyé le haut de la hiérarchie avant d’être intégrée à la task-force. J’avais ensuite vu la réalité en face et ce que me racontait Rosenbach ne me surprenait absolument pas. « Je… je suis désolée pour tes collègues. » Qu’il place sous cette sincère politesse ce que bon lui semblerait. « Pour ce que ça vaut, je pense que tu as eu raison de t’enfuir. »

Le vent sifflait à travers la fenêtre mal isolée et l’on entendait les lourdes percussions de la pluie s’abattant sur le toit. Je laissai le médecin terminer le bandage et reprendre ses esprits, orientant quelques instants mon attention vers la rue déserte, à travers la vitre. Je tournai à nouveau mon visage vers Demetrius lorsqu’il reprit la parole, m’assurant de son silence et de son soutien. J’esquissai un discret sourire reconnaissant puis lui lançai un regard de connivence lorsqu’il évoqua ceux avaient le pouvoir de nous laisser vivre ou non. Rosenbach avait-il l’âme d’un résistant ? Il ne me semblait pas l’avoir vu à la veillée et il ne s’impliquait que peu dans la politique du camp. Je gardais néanmoins cette ouverture en mémoire, il se pourrait que la question de la révolte fasse l’objet d’une conversation future. J’étais prudente, néanmoins. J’aurais besoin d’autres indices avant de me dévoiler. Je laissai quelques secondes filer lorsque Demetrius se tut puis me redressai sur la table, laissant pendre mes jambes dans le vide.« Merci. » Pour les soins, pour la promesse. J’étais soulagée de m’être fait un allié à l’issue de cet échange qui avait fort mal commencé. Même si cela n’avait aucune logique dans ce contexte de déliquescence des institutions, j’avais l’intime conviction que le spectre du gouvernement n’avait pas fini de me hanter. Emerson avait eu suffisamment d’obstination pour me chasser pendant plus d’un an. Je l’avais vu à l’oeuvre, ce type était un bon petit soldat. Il suivait les ordres avec zèle et persévérance. Il parvenait à intégrer les objectifs de ses supérieurs et à les prendre à coeur par patriotisme exacerbé. Et, pour quelques raisons personnelles, il me détestait. Il était de ceux qui ne laissaient guère que la mort le détourner d’une mission, alors peut-être. Peut-être que ma stupide intuition était fondée. Quoi qu’il en soit, je vivais quotidiennement avec cette épée de Damoclès au dessus de moi. J’implorais parfois le destin de mettre à nouveau Wayne sur ma route, pour que je puisse en finir. Je fixai Demetrius, une redoutable détermination dans le regard. « S’ils reviennent un jour, je serais prête. » Prête à lui mettre une balle dans la tête.
 


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MessageSujet: Re: There is hell, and there is another place below hell. ☠ Thalia   Dim 16 Juil - 21:27

Il y avait toujours un moment dans un conflit où l’un des deux baissaient les armes en premier. Thalias avait fait l’effort de se confier. Qui était-il pour cracher sur cette initiative ? Il était un salaud. Certes. Mais tout de même ! Alors il décide de se montrer conciliant. Plus probablement qu’il ne le devrait. Un jour, il le regretterait. Mais pas aujourd'hui. Demetrius se confia sans plus de cérémonies. Il voulait qu'elle comprenne. Qu’elle sache pourquoi il détestait ses collègues à ce point. Il avait toutes les raisons du monde. Trop probablement pour toutes les énumérés. Il le fait cependant, tentant de résumer le mieux possible les épreuves traversées pour survivre. Naturellement, pour cela, elle devait s'asseoir et rester calme alors qu’il la soignait. Il ne pourrait pas sinon l’aider. Elle avait besoin de soin et il pouvait les prodiguer.
Chaque mot ne faisait que réveiller le souvenir vivace du déclin de la société. Du monde qui n'avait jamais été sien. Demetrius se doutait bien que sa communauté à été décimée il ne pouvait pas en être autrement. Il était mort à leurs yeux de toute façon. Alors cela ne changeait rien. Il s’était raccroché à son travail et son désir d’être médecin, de vivre libre et aujourd'hui cela n’avait plus de sens. Si Thalia ne semblait pas être responsable directement de ce qui lui était arrivé après l'hôpital : elle devait être de mèche avec eux. Mais il avait décidé de mettre de côté cela. D’autant plus qu’elle semble approuver ses paroles. Il appréciait fortement cela.

“Bien sûr que j’ai eu raison. Je n’allais pas me faire abattre comme un animal.” Son ton était sans appel. De plus cet acte lui avait permis de retrouver Ash. Pour mieux le perdre malheureusement.

Demetrius continue de prendre soin de sa cheville, ses gestes s'était adoucis et il faisait maintenant attention de ne pas faire de mal à sa patiente pour ne pas dire allié. Ils étaient dans le même bateau, les seuls dans ce clan à savoir leur passé respectif. Cela imposait forcément des civilités plus poussées. Il n’avait pas peur de lui dire que Lafayette avait quelque chose de louche. Il ne s’y était jamais senti le bienvenue et cela semblait aller de pire en pire. Si le docteur gardait ses pensées pour lui-même, n’importe qui verrait qu'il n’est pas loyal envers eux même s’il est redevable. Ils l’avaient soignés et sauvés à son arrivée. Il fallait rendre à César ce qui était à César. Primrose était une femme incroyable qui avait son respect et d’autres comme Judith et Thalia le gagnait. Il voulait croire que les membres du conseil n’étaient pas aussi pourris qui voulaient le faire croire. Un jour, il partirait. Pour retrouver son clan, son Ash et sa fille.
Il ne peut s'empêcher de sourire en l’entends dire avec conviction qu'elle serait prête quand ils viendront. Demetrius range tout.

“Je n’en doute pas un instant.” Il avait bien vu que c'était une coriace. “Je ne suis pas fort ou doué en combats, mais si je peux : je t’aiderai.”

Demetrius n’était pas un Rocky, un super athlète qui a une force Herculienne. Il était un scientifique. Un homme d'intérieur et non de terrain. Tout le contraire de Thalia qui elle n'hésitait pas à sortir pour aller leur chercher des vivres.

“Si tu as besoin, tu sais où me trouver. Sinon viens me voir en fin de semaine ok ? Que je change le pansement. Évite de faire trop d’efforts et je déconseille vivement d’aller dehors tu n’es pas en état. Si tu forces trop ça va claquer.” Son diagnostic était simple, net et précis. Il ne l’obligeait pas cependant. Les femmes étaient bornées, têtues et sottes. Seul un fou voudrait les forcer à quoique ce soit.

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MessageSujet: Re: There is hell, and there is another place below hell. ☠ Thalia   Sam 22 Juil - 19:58



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demetrius & thalia






Un rayon de soleil perça enfin par la fenêtre, venant sublimer d’un halo presque sacré l’alliance insoupçonnée qui venait de voir le jour. Il me prêterait main forte, dans la mesure du possible. Je n’en demandais pas tant. J’étais de ceux qui ne savent pas demander de l’aide. Par fierté, certes, mais essentiellement par peur de nuir, de déranger. Je considérais qu’il était de mon devoir d’affronter mes problèmes seule, de ne pas y mêler mes congénères. Cette tendance m’avait souvent valu de rester engluée bien plus longtemps que nécessaire dans des situations complexes, douloureuses voire dangereuses. Je savais pourtant que, sans les autres, je serais sans aucun doute une tout autre personne et probablement plus personne du tout. Ils avaient su me tendre la main sans que je ne la réclame, ils m’avaient parfois forcée à la saisir. J’eus une pensée pour ma grand-mère maternelle. Cette femme m’avait sauvée avec une subtilité déconcertante. Psychologiquement, intellectuellement, moralement, matériellement, sans jamais ou presque écorcher mon ego. Depuis le début de l’épidémie, dans un contexte où n'avais jamais eu autant besoin de l’aide d’autrui, j’avais dû me faire davantage violence. Partager ne serait-ce qu'un morceau de pain n’avait plus la même signification qu’autrefois. Le fait que Luke ait risqué la peine de mort en commettant un acte haute trahison pour m’éviter d’affronter les conséquences de mes propres choix me restait encore au travers de la gorge. De tels exemples, j’en avais à revendre et, même si une partie de moi était heureuse d’avoir son soutien, je n’avais guère envie que Demetrius finisse sur la liste des dommages collatéraux de mes combats. Personne ne le méritait. Tout cela, il n’avait guère besoin de le savoir. L’essentiel était que nous ayons trouvé un terrain d’entente autour de nos secrets respectifs.

J’esquissai un sourire tout en hochant la tête puis descendis pour la seconde fois de la table d’examen. Je faisais mine de prêter attention au discours du médecin qui m’assenait de conseils dont je savais que je ne ne tiendrais pas compte. Il m’était impossible de rester plus de quelques jours d’affilée confinée entre les murs d’enceinte du camp. J’avais besoin d’air. J’avais besoin d’être en contact avec le monde réel, avec le danger, avec l’action. Je savais que mes jours à Lafayette étaient comptés, il ne fallait pas que je m’accoutume. Il fallait que je reste sauvage. Je finis de me rhabiller, nouai mes longs cheveux ondulés à l’aide de l’élastique qui se trouvait à mon poignet puis remis mon sac à dos sur mes épaules. « Très bien. Merci doc. » Je me dirigeai vers la sortie puis m’arrêtai dans l’entrebâillement de la porte. Je jetai un ultime regard à Demetrius par dessus mon épaule. « Ils ne pourront pas s’en sortir éternellement, ils finiront par payer. On récolte ce que l’on sème. » Ces mots résonnèrent dans mon esprit tandis que je m’éloignais du cabinet. Il s’adressaient autant au médecin qu’à ma propre personne. Ils s’adressaient à l’univers, à cet ordre cosmique dont me parlait ma grand-mère lorsque j’étais plus jeune et auquel j’avais envie, auquel j’avais besoin de croire. Ce n’était pas le désir de vengeance qui me consumait mais l’aversion de l’injustice. Le témoignage de Rosenbach n’avait fait que la raviver. L’armée, le gouvernement, la milice, les gangs de pilleurs sans pitié, la figure de l’ennemi n’avait guère d’importance. Ils incarnaient tous le côté obscur dans ce combat incessant entre le bien et le mal et il était plus que temps pour moi de prendre les armes. Pas pour sauver le monde, pas pour sauver Lafayette. Pour me sauver moi-même.

Je poussai enfin la porte d’entrée et laissai la pluie s’abattre sur ma peau. J’esquissai un sourire à la vue du pâle arc-en-ciel qui s’était dessiné par dessus la grisaille. Je pris une profonde inspiration. J’étais sortie la tête haut de deux batailles de plus ce jour. L’une impliquait les poings, la seconde l’esprit. J’avais survécu et peut-être même vécu. Je me sentais vivante, humaine, forte et il fallait que je me batte pour le rester, pour mériter de le rester. Tant que je trouverai un semblant de sens au milieu de cette folie.
 


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There is hell, and there is another place below hell. ☠ Thalia

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