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 Wise men say only fools rush in. ❥ Rue

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MessageSujet: Wise men say only fools rush in. ❥ Rue   Mer 21 Juin - 1:21

Take my hand, take my whole life too.
Rue & Levia

Le soleil était à son Zénith. Levia était assise contre un arbre, en dessous de leurs cabanes en hauteur. Elle dévorait la légende du Roi Arthur écrite par Tolkien. Son esprit était bien loin de la réalité, loin de tout et surtout du chagrin. Depuis qu’elle avait appris la mort d’Arthur et de ses parents : elle n’avait quasiment pas parlé. A quiconque. Elle n’en ressentait pas le besoin et n’en avait pas envie. Pourtant, elle partageait les repas en commun, elle écoutait, hochait sa tête et quelques mots sortaient de sa bouche de temps à autre : mais on était bien loin de la Levia habituelle. Quelque chose s’était brisée en elle. Quelque chose qui ne pourra jamais être réparé. Jamais. Elle allait raccommoder son cœur, tant bien que mal : avec du temps et de la patience. Mais plus jamais elle ne se sentira entière. Depuis l’apocalypse, elle ne s’était jamais sentie seule, n’avait même jamais ressentit le poids de la fin du monde. Jusqu’à aujourd’hui.
Pourtant, ils avaient trouvé un coin de paris. Ils étaient à l’abri des rôdeurs mais aussi des horsemen. Cacher dans la verdure ; il fallait regarder plusieurs fois pour discerner les contours. Ils avaient pris soin de les camoufler encore plus : la providence ayant même mis sur leur chemin des pots de peintures vertes. Disons que ce n’était pas le genre de choses que les survivants voulaient. Cela ne se mangeait pas. Mais pour Levia c’était un trésor. Elle avait pris la plus petite bâtisse qui constituait juste à une pièce. Cela lui suffisait amplement. Du groupe, elle était la plus petite. L’infirmier qui avait toujours pris soin d’elle était allé lui chercher d’autres couleurs et elle avait tapissé ses murs de dessins faits par ses propres soins. Dans un coin, dans l'ombre : à l'abri des regards de ceux qui ne cherchent pas le détail, elle avait dessiné le visage de Rue. Elle le contemplait le soir quand ce n’était pas son tour de garde en écoutant des mix tapes. Elle avait mis une bougie chauffe-plat sous les coups de crayon. Une lumière qui ne pouvait pas se voir dehors. Qui brillait que pour elle. Depuis la mort de ses parents elle ne l’avait pas revu. Étrangement… Cela la chagrinait. Elle se demandait comment elle allait. Si elle était en vie ou si elle en arrachait. Autant de questions sans réponses que de sentiments contradictoires. Levia ne savait pas quoi penser de Rue. Elle ne savait même pas si elle la reverrait de toute manière et elle ne pouvait pas compter sur elle.

Quand une des femmes la sortit de sa lecture pour lui demander si elle pouvait s’occuper de la lessive : Levia hocha la tête. Il faut dire que la brune qui se tenait devant elle était enceinte. Alors elle devait se ménager. L’infirmier du groupe veillait sur elle comme un lion. Le père de l’enfant ayant été dévoré. Elle se leva et jeta le livre dans le sac avec les vêtements sales puis le jeta sur son épaule pour aller vers le lac qui ne se trouvait pas loin. La zone était clean de rôdeur, mais elle avait toujours sa dague sur elle et puis son groupe n’était jamais loin. Depuis que les Horsemen les ont décimés : ils sont sur le qui-vive. Ils ne se feront plus jamais prendre par surprise. Plus jamais. Ils avaient appris de leurs erreurs. Quand ces enfoirés reviendront : ils seront prêts. Levia compris. Et pourtant, une partie d’elle était inquiète de savoir si elle serait capable de blesser Rue. Elle ne réussissait déjà pas à la détester alors lui faire du mal…
Il fait chaud, bien trop déjà même à l’ombre alors une fois les vêtements étendus sur les arbres et les buissons autour du point d’eau : Levia plonge dans le lac pour se rafraîchir. Elle ne s’était pas déshabillée : hors de questions de prendre le risque de se faire surprendre. Elle avait même gardé son couteau. Elle se laisse flotter et finit par se redresser. Quand elle voit des mouvements près de ses affaires, elle s’empresse de nager vers la rive : en essayant de rester discrète pour ne pas montrer à ce possible ennemi qu’elle l’avait remarqué. Quand elle a pied, elle se lève et pose sa main sur le pommeau de sa dague. Finalement, la personne sort de sa cachette et elle reste quelques instants interdits en voyant les cheveux blonds de Rue. Elle peut enfin respirer et range enlève sa main de son arme avant d’essorer ses longs cheveux :

« Tu m’as fait peur. » Elle les attache en un chignon lâche et s’approche d’elle : « Je ne pensais pas te revoir. » Dit-elle finalement. Elle avait toujours été franche : « Qu’est-ce que tu fais ici… ? » Elle regarde autour : « Tu es seule ? » Question légitime. Elle ne voulait pas tomber sur d’autres Horsemen. Elle se rend compte finalement qu'elle est froide alors elle souffle :  « Je te demande pardon, je ne devrais pas te parler comme ça. » Elle s'excusait oui, parce que Rue ne lui avait rien fait personnellement. Bien au contraire : elle lui avait permis de tenir après la mort de ses parents et même si Levia l'avait obligé ; la Horseman avait enterré ses parents et lui avait dit la vérité.
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MessageSujet: Re: Wise men say only fools rush in. ❥ Rue   Jeu 6 Juil - 12:10

MissingCette chaleur t'étouffait. Aujourd'hui le soleil n'était pas votre allié. Il n'était pas là pour servir de bouclier contre la nuit, contre l'obscurité, et la peur qui les accompagne. Non, ses rayons agressifs s'attaquaient à vous depuis l'aurore déjà. Tu les sentais sur chaque parcelle de ta peau blafarde ; tu étais de ceux qui gardaient éternellement leur teint pâle, presque maladif. Jamais ta peau ne se dorait sous les rayons du soleil. Elle rougissait uniquement, elle brûlait même. Et bizarrement, la crème soleil, ce n'était pas vraiment le genre de ressources dont vous disposiez sur le camp. Tu avais rarement eu aussi hâte que la nuit masque cette boule de feu sans pitié et apporte un peu de fraîcheur. Mais ce n'était pas pour tout de suite, le soleil était tout juste à son zénith - dans ce ciel sans nuances ni nuages - et ne semblait pas prêt à vous laisser un peu de répit. Il y avait un combat en plus ce midi. Les Horsemen étaient entassés les uns sur les autres pour assister au macabre spectacle. Cela rendait la chaleur plus insupportable encore. Tu ne pouvais pas rester là. Le soleil, la foule, l'excitation générale face au combat dans l'arène, cela te montait à la tête. Tu te faufilas entre les corps immenses et transpirants, à la recherche vitale d'accalmie. Tu pensais t'éloigner seulement un peu mais tes pas te menèrent hors du campement. Alors tu marchas. Sans savoir vers où, mais avec ce besoin bien présent de trouver un peu de calme. Rien que quelques instants de tranquillité, c'était tout ce que tu demandais. Depuis deux semaines, tu errais entre la volonté de se mêler plus que jamais aux Horsemen pour oublier les pensées qui te hantaient et entre l'envie étonnante de solitude. Bosser, manger, parler avec les Horsemen c'étaient les seuls moyens d'oublier ce qui te prenait la tête mais au fond tout ce que tu voulais, c'était qu'on te foute la paix. Insomnies, sauts d'humeur, tu n'étais pas au meilleur de ta forme. Cela te rendait plus impulsive, plus agressive. Exactement comme le petit chiwawa teigneux et mal dressé qu'on toutes les vieilles dames dans les films. Ouais c'était à cela que tu devais ressembler depuis deux semaines. Tu en avais conscience mais cela ne réglait pas le problème.

Soudainement, tu tapas rageusement dans une pauvre pierre qui ne t'avait rien demandé. Elle s'envola avant de s'écraser quelques mètres plus loin. Cela faisait seulement une dizaine de minutes que tu marchais, et tu étais au bout de tes forces. Tu avais toujours été particulièrement sportive, mais couplé à ton humeur lunatique, le soleil semblait absorber chaque once d'énergie que ton corps produit. En fait, tu ne voulais pas seulement du calme. Tu voulais de la fraîcheur. Mais il n'y avait de l'air nulle part, pas même à l'ombre. Tu tuerais pour pouvoir te baigner. Enfin non pas à ce point. Quoi que. Mais sentir l'eau te recouvrir et imprégner tes vêtements te faisait déjà rêver. Il y avait un lac à quelques minutes d'ici mais au vu de la chaleur, il devait être rempli de gens ayant eu la même idée que toi. Tu n'avais absolument pas envie de te mêler à des dizaines de personnes. À des étrangers qui plus est. Déjà que toute à l'heure tu supportais à peine la compagnie des Horsemen. Mais l'appel de l'eau était trop fort, alors tu décidas d'aller y jeter un œil discrètement. S'il y avait du monde, tu partirais aussitôt et rentrerais au camp. Frustrée et en ayant toujours aussi chaud. Quand tu arrivas près de l'étendue d'eau, tu fus surprise d'entendre aussi peu de bruit. Comme s'il n'y avait personne dans le lac. Ce serait étonnant. Les arbres et multiples buissons t'empêchaient de voir. Quoi qu'en y réfléchissant, c'était peut-être logique. Les Horsemen avaient massacré tellement de camps dans le coin qu'il ne devait plus rester grand monde désormais. Et les rares survivants ne devaient pas oser s'approcher aussi près de votre QG. S'il n'y avait personne, ce serait la première bonne nouvelle depuis de longs jours. Tu pourrais profiter à la fois de l'eau et de la solitude. Tu pourrais te laisser flotter, porter par le courant et t'arrêter de penser pendant quelques minutes. C'est exactement ce dont tu avais besoin. Tu avais toujours détesté te prendre la tête ou déprimer bêtement. Chaque jour est une nouvelle occasion de profiter de la vie, aussi difficile soit elle. Chaque jour où l'on est vivant est un miracle dans cette apocalypse. Et tout cela est bien trop précieux, bien trop fragile pour perdre son temps à pleurer sur son sort ou à se torturer soi-même mentalement. Il faut avancer, profiter, ne pas s’effondrer à chaque fois qu'un drame se produit.  C'est comme ça que tu avais toujours vu les choses, même avant l'épidémie. Mais pour la première fois depuis longtemps, tu semblais incapable de te tenir à ta propre philosophie. Tu ressassais les mêmes questions, les mêmes tracas et tu n'arrivais plus à t'en défaire. Cela te rendait dingue.

Alors ce lac, il t’apparaît comme un oasis en plein désert. Il te rafraîchirait mais surtout t'apaiserait pendant un moment éphémère mais indispensable. En plus tu avais toujours adoré nager. Sans réfléchir plus longtemps, tu oublias ta prudence et t'approchas trop rapidement. Tu fis remuer plusieurs buissons tandis que ton regard aperçu une présence dans l'eau. Et ce n'était pas n'importe qui. Levia. Il y avait même son sac à quelques mètres de toi. Ton instinct t'ordonna de fuir immédiatement. Avant qu'elle ne te remarque. Tu ne l'avais pas vu depuis... Vous savez toutes les deux parfaitement depuis quand. Et tu avais volontairement évité de retourner à votre point de rendez-vous habituel. Tu avais fait en sorte que vos chemins ne se croisent plus à nouveau, et tu y étais parvenue. Jusqu'à aujourd'hui. Tu fis un pas en arrière mais c'était trop tard. Les buissons te cachaient pour l'instant mais elle était déjà sortie de l'eau. Elle finirait par te voir alors tu sortis toi-même de ces feuillage épais.  Ton regard se perdit, contemplant les vêtements trempés de la belle brune. « Je ne t'ai pas suivie, si c'est ce que tu crois. J'essaye d'échapper à cette chaleur insupportable. » Après tout, c'était le lac le plus près de Ruston. « Mais toi, tu ne devrais pas être ici. C'est beaucoup trop risqué. » Qu'aurait-elle fait si ce n'était pas toi, mais un autre Horseman qui aurait débarqué ici ? Saurait-elle vraiment se défendre en cas de danger ? Ta remarque trahit ton inquiétude bien réelle pour elle. Mais sa méfiance et sa froideur te surprirent douloureusement. Pensait-elle que tu lui avais tendu un piège avec d'autres Horsemen ? C'était exactement pour cela que tu l'avais évitée tout ce temps. Tu ne voulais pas sentir cette distance infranchissable entre vous. Tu ne voulais pas réaliser à quel point tu l'avais perdue. « Oui, je suis seule. » soupires-tu sans pouvoir contenir ce ton meurtri. Mais finalement elle s'excusa, ce qui t'embrouilla encore plus. Pourquoi fallait-il qu'elle ait l'air encore si bienveillante à ton égard ? Au final, ce serait bien plus simple si elle te détestait et qu'elle avait tiré un trait sur toi. « Tu en as pourtant le droit. C'est même parfaitement justifié. Tu n'as pas à me traiter différemment des autres Horsemen, eux et moi c'est pareil. » Tu ferais mieux de t'en aller maintenant. Si tu ne le faisais pas là, tu n'aurais plus la force de partir après. « C'est mieux que je je parte. » Tu fuis son regard et commenças à te retourner. Finalement, c'était toi qui te montrait distante. « Mais fais attention et ne reste pas trop longtemps dans le coin. » Tu ne pus t'empêcher de la mettre en garde à nouveau, inquiète à l'idée que d'autres Horsemen aient la même idée que toi et se pointent là. Et ce fut exactement à ce moment là que tu entendis les voix fortes et soudaines de plusieurs de ton clan. Merde, ils arrivaient. « Cache toi ! Ils ne doivent pas te voir. »
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MessageSujet: Re: Wise men say only fools rush in. ❥ Rue   Sam 8 Juil - 23:25

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Levia ne voulait pas croire que sous ses yeux se tenaient Rue. Elle était encore plus jolie que sur son portrait dessiné sur le mur de sa modeste cabane. Bon sang qu’elle lui avait manqué. Pouvoir se connecter à une personne après l’apocalypse était un petit plaisir pour la demoiselle. La vie continuait. Les gens changeaient mais restaient les mêmes. Elle voulait croire de tout son cœur que l'humanité ne connaissait pas ses dernières heures. Tant pis si on la pense niaise et idiote. Elle porterait l’espoir dans son coeur pour ceux qui n’en ont pas. Pourtant, cela n’était pas facile au quotidien. D’autant plus depuis la mort de ses parents et l'annonce de celle d'Arthur. Trouver la force de positiver, de voir le bon côté des choses étaient  à pour ne pas dire impossible. Ses réflexions contre l'espèce des Horsemen, comme elle les appelle dans son journal, sont haineuses bien malgré elle. Cependant même avec toute la volonté du monde : elle ne pouvait pas détester Rue. Oui, elle faisait partie de ceux qui ont tué ses parents et elle s’est rapprochée d’elle dans un premier temps pour pouvoir savoir où était Arthur. Cependant, un réel attachement s’était créé. Levia ne trouvait pas les mots. Elle qui pourtant avait toujours une réflexion à faire ou un adage à partager : elle se retrouvait muette. La dernière fois que ses iris s’étaient posés sur la jolie femme devant elle : c’était lors de l'enterrement de ses parents suivis de l’annonce tant attendu. Arthur était mort. En étant loyal à lui-même. Comme William aurait aimé.
La dernière fois que Rue et elle s’étaient vues : Levia voulait crever tant la douleur dans son sein était pesante. La situation n’avait guère évolué. C’est pourtant sa présence qu’elle avait cherchée au cours de ces deux semaines en allant à leur point de rendez-vous dans l’espoir de la voir.

Voilà chose faite. Rue se tenait devant elle. Leur ton est froid. Distant. Comme si elles n’étaient maintenant que de vieilles ennemies. La faute à Levia de cracher au lieu de parler. Cela était tellement plus facile… Elle se contente de hocher la tête quand elle explique qu’elle est là pour se rafraîchir. Cela voulait-il dire que le clan des Horsemen était proche.

“Je peux me débrouiller.”

Réplique-t-il au lieu de s’attendre sur l'inquiétude que pouvait avoir Rue à son égard. Alors elle s'empressa de lui demander si elle était seule ou si la cavalerie attendait quelque part. C’est alors qu’elle se rendit compte au combien elle était dure avec la blonde. Alors, Levia s’excusa.

“Oui mais je n’ai pas envie de le prendre.” Cela était catégorique. Elle devait trouver la force. Parce qu’elle était une des plus belles rencontres qu’elle ait faite. “Non. Tu n’es pas comme eux.” Elle fait un pas en avant et commence à ranger le linge. “Tu vaux mieux qu’eux. T’es mon amie.” Ou tout du moins ce qui y ressemble. Après tout : elle ne l’avait pas encore tué.

Quand Rue l’informe qu’elle devrait partir, elle l'a rattrape pour glisser sa main dans la sienne. “Reste s'il te plaît.” Souffle-t-elle, faisant fit des mises en garde.

Mais les éclats de voix la raidissent immédiatement. Se cacher ? Où ? Elle grogne de frustration et s’éloigne pour attraper son sac quand elle bute contre une imposante carrure lui arrachant un cri.

“Well, well, well….” L’Homme glisse sa main sur sa joue et passe l’autre dans son dos pour l’attirer. Elle se mit à trembler sans le contrôler. “Quelle belle femme tu nous a trouvé Rue !” Levia serre les dents et regard noir l’individu. “Oh oh elle est encore plus mignonne quand elle fait ses gros yeux noir.” Il se mit à rire, bientôt joint par un autre. Le Horsemen qui la maintenait contre lui migra sa main dans son cou alors qu’une mine de dégoût déformait le visage de Levia qui paniquait. “Pourquoi tu ne l’as pas ramené plus tôt eh ?” Demande le second homme. Quand la brune sentit la main trop aventureuse dans son pantalon, elle décida d’agir. Elle ne se laisserait pas violer ! Tout allait vite. Trop vite. Elle était désemparée et était sourde à toute autre chose. Alors par instinct plus que par initiative : elle donna un coup de tête au molosse qui était à sa hauteur en voulant déposer ses lèvres immondes dans son cou. Sonnée, elle arriva à le repousser cependant et tituba tout en s'éloignant quand il l’attrapa violemment par les cheveux pour la jeter à terre. Levia poussa un hurlement en tombant suivit de plaintes quand le premier individu se pose sur elle avec rage en arrachant son haut par la même occasion.


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MessageSujet: Re: Wise men say only fools rush in. ❥ Rue   Lun 17 Juil - 1:21

MissingLorsqu'on rejoignait les Horsemen, on leur jurait fidélité. On se marquait à vie. Cette couronne n'était pas seulement gravée sur ton ventre, elle l'était aussi dans ton esprit. Levia refusait de l'admettre mais eux, toi, c'était la même chose. Ils t'avaient intégré, nourrie, traitée comme une des leurs. Quoi qu'il arrive, les Horsemen seraient toujours là. Prêts à se battre contre les rôdeurs, et même contre Lafayette s'il le fallait. Les menaces étaient partout. Alors vous en étiez devenus une vous aussi. Vos actes étaient semblables à ceux de barbares, mais tu te fiais à eux plus qu'à n'importe qui. Tu avais sauvé la vie de plusieurs d'entre eux, comme eux avaient parfois sauvé la tienne. Comme la dernière étoile au milieu d'une nuit noire et inquiétante, ils étaient ton unique repère. Tu ne les abandonnerais pas, ni ne les trahirait. Parce que tu avais toujours été d'une loyauté (presque) sans faille, et parce que la solitude te faisait beaucoup trop peur. Mais tu n'aurais jamais dû t'attacher à Levia. Une étrangère. Une innocente, qui finirait forcément par être victime de la violence des Horsemen. Sa famille, son petit-ami. Tu ne voulais pas qu'elle subisse le même sort. Tout aurait été plus simple si tu ne t'étais pas laissée envoûter par ses yeux aimants et intelligents, si tu n'avais pas été captivée par son sourire désarmant. Ses somptueux cheveux, sa voix chaleureuse, ses paroles pleines de sagesse, tu pourrais citer tant de raisons qui font d'elle un être à part. Quelques fois, tu avais pensé à partir loin de tout ça, à emmener Levia avec toi. La mettre à l'abri et pouvoir profiter pour toujours de sa présence. Sans avoir à t'inquiéter de ce que les Horsemen pourraient lui faire. Tout ton être te réclame sa présence. Mais la réalité finit toujours par rattraper tes espoirs absurdes. Le vile crapaud ne pouvait pas finir avec la belle colombe. Ou sinon il la corromprait, la tirerait vers le bas jusqu'à l'emmener dans sa propre dépravation. De même que si le blanc se mélange au noir, il perd sa pureté en prenant une teinte triste et grisâtre. Tu n'infligerais pas cela à Levia. Tant qu'elle restait loin de toi, elle pouvait rester ce qu'elle avait toujours été. Elle n'avait ainsi pas besoin d'assumer tes crimes, de porter le poids de tes secrets.

Impulsive, faible face à tes émotions et sentiments, tu l'avais toujours été mais pour une fois, tu tentais de te contrôler. Tu ne pouvais agir en te moquant des conséquences lorsque cela concernait Levia. Alors ces deux dernières semaines, tu essayais de faire en sorte que la raison soit l'unique maître de ton âme. Mais dès l'instant où tu yeux l'avaient aperçue, dans cette eau claire, les battements irréguliers de ton cœur avaient repris aussitôt. Comme si tous tes efforts avaient été inutiles. Ne pas la revoir, fuir, essayer de l'oublier, au final cela paraissait si vain. Mais tu luttas encore. Désespérément. C'était pour cela que tu voulus partir. T'éloigner de cet ange sublime et perdu. Mais ses mots te retinrent quelques secondes de plus. Elle pensait que tu étais différente des Horsemen. Elle avait tort. Elle ignorait tant de choses. Tu n'étais pas folle, ni assoiffée de sang, mais ce sont bel et bien les actes qui déterminent qui on est.  Tu n'avais jamais fait quoi que ce soit bien dans ta vie. De simples délits au départ, puis de vrais crimes. Des vols, des trafics. Des meurtres... Tu avais même fait partie d'un gang. Levia n'imaginait pas à quel point tu ne valais pas mieux que tous les Horsemen. Alors oui, tu ne voulais pas qu'elle te connaisse mieux. Tu ne voulais pas qu'elle finisse par réaliser quel genre de personne tu as toujours été et tu seras toujours. Levia était la seule personne, hormis tes parents, qui te faisait regretter de ne pas être quelqu'un de meilleur. « Une amie responsable de la mort de tes parents et de ton copain ? Ce n'est pas ce que j'appelle être une amie. » Pourquoi refusait-elle de comprendre que plus elle resterait éloignée de toi, mieux elle se porterait ? Tu pris les dernières forces qu'il te restait pour t'éloigner et lui dire qu'il vaut mieux que tu y ailles. Mais sa main se logea dans la tienne. Tu sentis ton courage s'évanouir. Tu perdais pied. Tes beaux discours, tes résolutions, font pâle figure face à ce que tu ressentis à ce moment précis. Un simple contact physique qui te donne envie de te damner pour elle.

Mais heureusement, ou malheureusement, cela ne dura pas. Tu avais perçu la voix de plusieurs Horsemen. Ce que tu avais toujours redouté allait se produire. Tu alarmas aussitôt Levia. Espérant qu'elle avait une chance de s'échapper. Mais c'était déjà trop tard. Tu la vis se cogner contre l'un de ton clan. Il fait quasiment deux fois sa taille. Et le regard qu'il posa sur elle te fit froid dans le dos. Tu prias pour que Marcus soit ici. Lui il t'écouterait. Il était redoutable mais pas sadique. En plus, au fond, il t'appréciait. Tu pourrais sûrement le convaincre de laisser Levia partir, et lui se chargerait de convaincre les autres Horsemen. Mais il n'était pas là. Le deuxième Horsemen qui venait de sortir des feuillages, tu le connaissais de vue seulement. Le premier, Kayle, passa sa sale main sur le corps de Levia. Tes poings se serrèrent violemment. Tu mourrais d'envie de lui faire regretter son geste. Sauf que tu ne faisais pas le poids. Ils étaient deux géants armés, et un troisième, voire un quatrième, Horsemen allait sûrement débarquer d'une minute à l'autre. « Parce qu'elle est à moi. » grognas-tu agressivement Tu n'avais jamais considéré Levia comme ton objet, mais tu ne laisserais pas les Horsemen poser leur sales pattes sur elle. Pourtant c'était exactement ce qu'ils étaient en train de faire. C'était maintenant que le cauchemar commençait. Le sentiment d'impuissante te paralysait, t'empêchait de faire le moindre mouvement alors que Levia se battait pour se sortir de là. Elle avait frappé le premier Horsemen, mais il la rattrapa aussitôt. Elle fut mise à terre, le deuxième s’intailla sur elle, des vêtements se voient être arrachés. Tout se passa si rapidement. Enfin tu reprends le contrôle de ton corps et tu te jettes sur le Horsemen. Pris par surprise, il tomba à la renverse. Tu te relevas aussitôt et le menaça de ton pistolet chargé. « Bouge pas ou je te jure que je tire. » Mais derrière, un cri féminin résonna. Ta tête se tourna instinctivement pour te montrer une vision d'horreur.  Kayle avait de nouveau Levia entre les mains. Mais cette fois, il avait une lame acérée pointée sur sa gorge. Tu lis l'effroi dans le regard de ta précieuse amie. Elle n'avait d'ailleurs même plus de haut. L'Horsemen que tu menaçais de ton arme le lui avait enlevé. « Tu me déçois Rue, je te pensais plus partageuse que cela. Menacer un des tiens avec ton flingue, c'est moche. T'es pire qu'un cabot avec son os. » Kayle savait qu'il avait toutes les cartes en main. Le deuxième Horsemen quant à lui était toujours au sol mais il ne craignait absolument pas ton arme pointée sur lui. Il savait que tu ne pouvais pas tirer. Tu ne tuerais pas un Horseman. Et puis si tu tirais, Kayle pouvait égorgée Levia sur le champ. « Je suis sûr qu'elle peut nous satisfaire tous les trois à la fois, n'est-ce pas ma belle ? Ou même tous les quatre. Qu'est-ce que t'en dis, Liam ?  » Kayle caressa de nouveau le visage prisonnier de Levia, avec un air malsain qui n'annonçait rien de bon. Et pour répondre à ses paroles, un nouvel Horsemen sortit des buissons. Liam. Comme Kayle, il ne faisait pas vraiment partie de la catégorie ami. Liam était calme et mystérieux, mais tu avais eu l'occasion de voir à quel point il pouvait avoir des idées tordues et abominables. Il n'avait encore rien dit mais tu le craignais déjà bien plus que Kayle et que le Horsemen à terre.  « Je te sortirais de là. Quoi qu'il m'en coûte, je vais régler tout ça. » Tu profitas que l'attention de tout le monde soit porté sur l'arrivée de Liam, pour chuchoter ces mots à destination de Levia. Tu ignorais si elle les entendrait, mais c'était aussi comme une promesse pour toi-même. Tu appartenais aux Horsemen mais tu savais ce que tu ferais. Sauver Levia, c'était tout ce qui comptait.
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MessageSujet: Re: Wise men say only fools rush in. ❥ Rue   Sam 22 Juil - 14:58

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Levia avait bien du mal à réaliser que Rue était une Horsemen. Parce qu’elle ne lui avait jamais fait de mal. Jamais. Ce n’était pas elle qui a éclaté le crâne de ses parents. Elle n’avait pas dessiné la couronne sur le mur de la caravane. Quand Levia lui a demandé, elle a même aidé à enterrer les corps. Combien de Horsemen aurait-il fait une chose pareille ? Très peu probablement. C’est pour cela que lui en vouloir, la détester était impossible. De toute façon, elle ne mangeait pas de ce pain-là. Elle valait mieux que cela. Elle était plus intelligente et comme son père lui a appris : elle aimerait ses ennemis. Il n’y avait rien de pire pour eux après tout. Rue affirmait, voulait probablement être détestée, mais est-ce que cela ne voulait pas cacher autre chose ? Levia aimait croise que la demoiselle voulait le contraire. Elle voulait être aimée. Naturellement, la jeune femme pouvait très certainement se tromper, cependant, cette pensée lui faisait réaliser au combien elle ne pouvait tout simplement pas la détester.

“Je n’ai pas dit que tu étais parfaite.” Réplique-t-elle presque du tac au tac. “Mais tu as été là quand j’ai enterré mes parents. Tu aurais très bien pu me tuer, comme l’aurait fait ton clan. Au lieu de cela tu as pris une pelle et tu as creusé. Tu savais très bien que je n’aurais pas utilisé mon arme. Même si j’en avais le courage, je ne pourrais jamais te faire du mal.” Ces paroles dites d’une seule traite puaient la sincérité.

Bon sang ce qu’elle lui avait manqué. Sa simple présence lui permettait de tenir, lui permettait de finalement voir la fin de sa mélancolie. Parce qu’au fil des rencontres elle avait trouvé en Rue une personne incroyable. Une femme qui gagnait à être connue et non jugée aux premiers abords. Certes, elle était une Horsemen, mais elle était plus que cela aux yeux de Levia. Elle le serait toujours. Que la blonde le souhaite ou non. Alors cela est naturellement qu’elle la rattrapa pour serrer sa main et l’obliger à rester. Quelques secondes, quelques minutes : le temps que Levia retrouve ses forces. Cependant, cela fut de courte durée. Rapidement, des hommes arrivèrent pour briser cet instant : obligeant Levia à partir. Cela est sans compter la force de ces derniers et il ne faut que quelques instants pour qu’elle se retrouve au sol avec un homme sur elle à lui arracher ses vêtements. Cet Horsemen comptait bel et bien abusé d’elle et elle ne pouvait rien faire pour empêcher ça. Elle est sourde aux autres bruits aux alentours, elle n’entend que la respiration chaude de l’animal qu’est devenu l’être humain sur elle. Son souffle chaud sur sa peau la dégoûte, lui donne envie de vomir.
Contre toute attente et alors que Levia se préparait au pire : la pression sur elle s’enleva et elle réalisa que Rue tenait en joue celui qui voulait l’agresser. L’espoir mourra rapidement quand le premier assaillant se remit sur elle : avec cette fois-ci une lame sur sa gorge. Elle préférait mourir que de se faire violer alors elle se redressa légèrement pour que la lame soit au plus proche de sa  peau. Les paroles du Horsemen lui font froid dans le dos. Elle ne savait pas quoi faire. L’idée de se faire abuser par les hommes présents, devant Rue qui plus est lui donnait de plus en plus la nausée.  La caresse du mâle sur sa joue est insupportable et dégradante. Par tous les Saints, qu’on me vienne en aide. Priait-elle silencieusement regrettant soudainement de ne pas avoir son crucifix. Quand un nouvel Horsemen rentra dans son champ de vision, elle comprit que cela en était fini de sa personne. Elle allait se faire violer et crevée. Deux ans elle avait tenu dans son monde qui de fous. Elle, l’enfante chétive et malade les trois-quarts de sa vie. Levia espérait juste qu’ils abusent de son cadavre. Au moins elle ne subirait pas la honte et la douleur avant d’expier. Elle ferma les yeux en  voyant que le dernier arrivant se déshabillait tout comme Kayle qui continuait de la maintenir au sol.

Liam arriva. “STOP !” Beugle-t-il en s’approchant de la Horsewoman. “Rue l’a trouvé en première. Elle a la priorité. Elle a clâmé qu’elle était sienne.” Il se tourna vers Rue. ”Mais étant donné qu’elle a frapper un des nôtres, je crains que n’est plus que deux options.” Il sorta sa dague. “Soit tu lui graves la couronne et t’écris ton prénom en dessous pour qu'elle soit tienne  ou ils la violent en rétribution. Mais ils lui laisseront la vie sauve.”

Il avait sa place à la Table, sa parole était d’or. Ils savaient que les trois autres se plieraient à sa décision. Il chercha son briquet dans sa poche et le sortit pour commencer à chauffer la lame : la préparant dans le cas où Rue choisirait de blesser Levia pour lui épargner le viol.

“Si tu la marques, tu auras même le droit de la ramener à la maison ou bien la laisser en liberté. Parce qu’on n’est pas si inhumain et tu ne menacerais pas un autre Horsemen si tu ne tenais pas à elle. Sauf si tu nous caches un coeur tendre.”

Liam lui faisait une proposition qu’elle ne pouvait pas refuser. Il n'était pour la violence et le viol. Il avait mieux que ça mais ne pourrait pas empêcher les trois hommes d’abuser de la jeune femme.
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MessageSujet: Re: Wise men say only fools rush in. ❥ Rue   Lun 31 Juil - 2:09

MissingLevia semblait croire que tu étais quelqu'un de bien. Que tu méritais son affection. Mais ne pas l'avoir tuée ce jour là, l'avoir aidée, cela ne faisait pas de toi une bonne personne. Cela faisait juste de toi quelqu'un d'humain. Avec des failles béantes, des sentiments irrépressibles. Et même si vous vous sortiez de cette situation... tu ne pourrais plus faire semblant. Tu ne pourrais plus te contenter de cette amitié et tu finirais par déraper. Rester simplement l'amie que Levia voyait en toi, c'était trop te demander. Tu rêvais de pouvoir l'admirer pendant des heures, de jouer gracieusement avec ses cheveux, de goûter à ces lèvres interdites et à ce corps affriolant. Tu savais bien trop ce que ces pensées signifiaient.  C'était bien plus que juste de l'affection, c'était bien plus que juste du désir. Mais cela ne valait rien quand c'était  à sens unique. Tes sentiments étaient bons à jeter à la poubelle, il n'y avait rien à en faire d'autre.

« Jamais je te ferais de mal non plus. » C'est ce que tu lui avais répondue. Il y avait au moins cette chose dont tu étais sûre et qui était réelle. Ah, si seulement c'était vrai... Les événements dérapèrent si vite. Tu t'apprêtais à lui tourner le dos, elle te prit la main, des Horsemen débarquèrent avant de s'en prendre à elle. Vous étiez coincées. Tu tenais l'un des tiens par le bout de ton flingue, mais la lame pointée sur la gorge de Levia t'empêchait de faire quoi que ce soit. Tu détestais te sentir dans une telle situation de faiblesse. Sauf que là c'était pas une question de saleté d'ego, de fierté mais de la vie de Levia. Tu ferais n'importe quoi pour les Horsemen ne souillent pas son corps et ne détruisent pas son âme. Ton clan lui avait déjà fait tant pris. Tu ne les laisserais pas lui retirer sa dignité, son innocence, sa vie. Tes yeux clairs n'avaient jamais autant perçu l'horreur de ce monde. Tu méritais probablement de morfler pour tous tes crimes, mais Levia n'avait pas en payer le prix.


Dès que Liam se manifesta, tu sus à quoi t'en tenir. Était-ce pire que ce tu avais imaginé ? Pas vraiment, mais ça n'en restait pas moins aussi inconcevable qu'effroyable. « Hors de question » Tu ne pus t'empêcher de lui cracher ces mots au visage.  Les sourcils de Liam se arquèrent d'incrédulité. Les autres semblaient aussi surpris que lui. Cet air agressif et indocile qui te collait au visage, cette lueur de rage bien trop menaçante qui brûlait dans ton regard, cela leur semblait surréaliste. Aucun d'eux n'avaient imaginé que tu aurais la bêtise de t'attacher autant à une étrangère, que tu te retournerais contre les tiens. Comme quoi, tu finissais toujours par décevoir ceux qui t'entouraient. Kayle s'apprêtait à enfoncer légèrement sa lame dans la gorge blême de Levia en guise de représailles, mais Liam lui intima de ne rien faire et s'adressa à toi. « J'en fais déjà beaucoup en t'offrant ce choix Rue, alors assume et fais ce qu'il s'impose. C'est pas le moment de jouer à la gamine rebelle et capricieuse. Tu la marques pour qu'elle soit tienne, ou bien...» Pas besoin d'en dire plus. Tu savais que si tu ne faisais rien, ils la violeraient autant de fois qu'ils le voudraient. Même s'ils ne la tuaient pas après cela, comme Liam l'avait promis, ce serait du pareil au même. Elle serait brisée.

La dague de Liam se retrouva dans ta main. Tes yeux se perdirent de longue secondes sur la lame affûtée. Et immaculée. Tu le haïssais pour ce qu'il te faisait faire mais tu savais que Liam avait commis moins de crimes que toi. Il n'aimait pas la violence. Toi tu ne l'aimais, ni la détestais. Elle faisait simplement partie de ton monde depuis bien trop longtemps. Alors tu t'étais habituée à elle. Croyant que la vie, c'était cela. Oublier la morale, résister toujours en groupe, attaquer pour se défendre. Existait-il un autre moyen de survivre ? Mais blesser Levia, la marquer comme si elle n'était que du vulgaire bétail, ça, cela ne pouvait se produire. Depuis plusieurs minutes, tu évitais tout contact visuel avec elle mais à ce moment là, ton regard dériva vers Levia. Rempli de détresse. De questions. Pourquoi vous ? Il y avait-il un moyen d'échapper à tout ça ? Était-elle prête à ce tu lui fasses subir une telle atrocité ? Tu semblais presque attendre un signe de sa part. Comme si tu avais besoin de savoir qu'elle comprenait que tu n'avais jamais voulu tout cela. Que tu pensais vraiment pouvoir la protéger mais que tu avais échoué involontairement et lamentablement. Mais n'était-ce pas ridicule d'attendre qu'elle te donne son accord pour que tu lui enfonces cette dague dans le corps et que tu la marques pour toujours ?

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MessageSujet: Re: Wise men say only fools rush in. ❥ Rue   Sam 5 Aoû - 19:24

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Rue & Levia

La situation allait de mal en pis. Levia était ballottée par la vie : une nouvelle fois dans sa vie elle était impuissante. A la merci des affres du destin. Rien de bon ne pouvait sortir de cette situation. Dans le pire des cas elle finissait violée ou bien mutilée. Dans le meilleur : ils la tuaient. Par deux fois elle s’est jouée de la mort ; par deux fois elle avait vaincu la maladie et défier les prédictions clouant le clou au corps médical qui pensait qu’elle ne survivrait jamais. Pourtant, aujourd’hui elle avait survécu plus que toutes les personnes qu’elle a aimées un jour. Si tel devait être la fin de son histoire : alors elle embrasserait la mort. Elle pourrait rejoindre ses parents ainsi que les jumeaux. Elle retrouverait leur illustre compagnie après avoir tant souffert. Mais mourir signifiait également laisser Rue et une part d’elle-même n’était pas prête à lui dire au revoir. C’est pour cela qu’elle se battait, qu’elle eut l’audace de braver ses agresseurs.
Le plus raisonné des Horsemen arriva. La lame sous sa gorge, la sueur de l’homme sur elle tombait dans son cou nu pour couler le long de son torse. Elle pouvait sentir la virilité de l’homme entre ses cuisses et cela la dégoûtait. Il était si prêt, si proche de la souiller que Levia s’était mise à prier. Encore plus lorsque l’alternative fut proposée à Rue. Ils étaient des monstres. Quoique que la blonde choisisse : elle perdrait la Horsewoman. Lorsqu’elle refusa, la brune souffla et redressa sa tête pour ne pas assister à la scène. Elle plongea ses yeux dans le ciel, les laissant délibérer quant à son avenir et probablement celui de Rue. Levia ne savait pas beaucoup de choses sur eux : mais elle savait ou plutôt se doutait qu’on ne disait pas non. La pression sur son cou se fit plus forte et elle sentait déjà le tranchant couper sa peau. L’homme fut arrêté et elle entendit clairement ce qui semblait être leur supérieur réitéré sa question. Ces paroles sonnaient réellement comme un ultimatum, une dernière et unique chance pour que Rue se plie à leur volonté.

Du coin de l’œil, elle vit la blonde se tourner pour la regarder. Pas besoin d’être devin pour savoir la raison. Levia pivota aussi sa tête pour se plonger dans ses iris. Qu’attendait-elle ? Le choix était-il si difficile ? Elle préférait se faire marquer plutôt que violer. Elle n’avait pas envie qu’un autre homme rentre en elle et souille les derniers souvenirs qu’elle avait avec Arthur. Il en était hors de questions. La vie, ou plutôt, la survie était déjà assez difficile comme ça. La détresse dans le regard de Rue brisa le cœur de la jeune femme qui comprit en quelques secondes qu’elle ne voulait pas. Elle prouvait à nouveau qu’elle n’était pas comme eux. Qu’elle était plus intelligente et qu’elle valait mieux. Alors, elle hocha discrètement la tête pour que seule Rue comprenne. Elle l’autorisait. Cependant, ce geste qui se voulait intime fut moqué.

« Oh regarde comme c’est mignon Liam ! » L’homme sur elle se mit à rire gras tout comme les autres. Seul le commanditaire de cet acte ne semblait pas trouver la scène risible. « Taisez-vous et tenez-là ! » Un ordre dit sèchement, à contre cœur : Kayle rangea son attirail et se redressa. Il attrapa le visage de Levia entre ses doigts pour le serrer : « T’as de la chance, je l’ai vu à l’œuvre elle sait bien manier la dague. » Il déposa un baiser sur ses lèvres avant de fermement la bloquer pour laisser le bras de la jeune femme à découvert.

A la seconde où la lame se posa sur sa peau : le corps de Levia se raidit. Elle ferma les yeux et attendit que la douleur arrive. La souffrance qui s’ensuivit ne mit pas de temps à se répandre dans son corps : lui arrachant un cri rapidement stoppé par l’homme qui avait été menacé par Rue en la bâillonnant fermement.

« Plus tu bouges, plus elle va mettre du temps et ça va faire mal. » Dit Liam en croisant ses bras pour admirer le spectacle. Mais Levia ne l’écoutait pas, elle ne pouvait tout simplement pas rationaliser et prendre de la distance avec la douleur qui s’insinuait dans son être. De lourdes larmes coulaient de ses yeux avant qu’elle ne perde finalement connaissance : son corps frêle ne pouvant plus supporter la torture.

Quand elle reprit connaissance, elle était allongée au même endroit. Son bras engourdis : elle pouvait cependant sentir le sang couler encore. Levia ouvrit les yeux et tourna sa tête pour regarder Rue. Elles étaient seules. « Ramène-moi… A mon clan s’il te plaît. Tobias peut me soigner. » Oui, l’infirmier qui avait pris soin d’elle serait capable de soigner la plaie. « J’espère que tu avais de bonnes notes en dessin… » Une boutade, pour dérider la situation. Le mal était fait. Au moins : elle n’avait pas été violée et gardait un tant soit peu un honneur intact. Levia referme ses yeux, elle se sentait faible et nauséeuse. « Le clan se trouve à cinq cent mètres à peu près à l’Ouest. Ce sont des maisons dans les arbres. »
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MessageSujet: Re: Wise men say only fools rush in. ❥ Rue   Mer 6 Sep - 0:48

MissingComme plongée dans un autre univers, les moqueries des Horsemen t'étaient désormais à peine plus audibles que le vulgaire battement d'un papillon. Ils parlaient, riaient, se délectaient de la situation. Ils avaient eu ce qu'ils voulaient. Tu allais le faire. Sous leurs yeux assoiffés d'horreur et de dépravation. Une dernière fois, dans l'attente de son approbation, ton regard s'ancra dans celui de Levia. Unique repère. En train de disparaître. L'un des tiens l'embrassa. Ce qu'il cherchait ? Pousser le vice à son paroxysme. Tu devais réagir. Peut-être lui planter cette lame acérée plutôt que d'abîmer la douce peau de ton amie. Mais tu n'avais plus la force de lutter. Ton esprit était en train de se perdre. Loin de tout ça. Rompre tout contact avec la réalité, c'était ton seul échappatoire. Âme envolée, incapable d'assumer ce qui allait suivre. Être vide, devenu quasiment robotique. Tu ne pensais plus. Tu ne ressentais plus. Tu oublias qu'ils étaient là. Vous guettant comme deux proies prises au piège. Tu oublias que c'était Levia juste en face de toi. Cette fille innocente qui te bouleversait par un simple contact, un simple sourire. Tu oublias qu'au final, l'unique responsable de tout cela...c'était toi. Il n'y avait plus que cette dague et sa lame qui s'enfonça lentement dans la peau juvénile. Ton regard concentré n'avait plus vraiment l'air humain. Oui, il t'avait fallu enterrer ton humanité pendant cette torture. Seul moyen pour supporter les cris de douleurs de Levia. Elle fut bâillonnée, mais dans les méandres de ton esprit en fuite, tu les entendais encore. Cette froideur sur ton visage donnait presque l'impression que rien de tout cela ne t’atteignait. Alors que tu étais simplement hors de toi-même. Réfugiée dans un endroit où la souffrance que tu infligeais à Levia n'était que le fruit de ton imagination. Qu'un simple cauchemar, rien de plus. De toute façon, dessiner la couronne était instinctif. Tu la connaissais bien trop pour avoir besoin de réfléchir. Chaque seconde de ce supplice, des perles de sang gouttaient le long de la lame avant de s'écraser et de tâcher le sol verdoyant.

De longues et effroyables minutes, voilà ce que ce calvaire dura. C'était suffisant pour que tu perdes pied et pour que la conscience de Levia s'évanouisse. Sa vie n'était pas en danger, tu le savais mais cela n'avait rien d'une consolation. La couronne sanguinolente ornait maintenant son corps. Ton prénom y était aussi gravé, comme l'avait exigé Liam. Vision d'horreur qui te ramena brutalement à la réalité. Tu pouvais contempler le spectacle macabre qui s'offrait à toi. C'était ton œuvre. L'envie de gerber te saisit, la culpabilité qui s’immisça te fit l'effet d'une bombe. « Dégagez. J'ai fais ce que vous vouliez, alors laissez-nous. Sinon je vous jure que... » « C'est bon, on rentre. » C'est lui qui t'a dit de faire ça, pourtant Liam a presque l'air désolé. Tu te fichais de sa compassion. Rien ne pourrait réparer ce qui venait de se produire. Le corps de Levia était marqué à vie. Tu ne pourrais dire combien de temps passa, pendant lequel tu restas immobile près de Levia. Allongée et inconsciente. Tu avais posé sa tête sur tes jambes. Pour la première fois depuis longtemps, tes yeux étaient rouges comme si tu luttais contre toi-même pour retenir tes larmes. Larmes de honte, de rage et de remords. C'était Levia la victime, et pourtant c'était toi qui t’apitoyais sur ton sort. Plus vraiment une Horseman, plus vraiment une amie, mais toujours un bourreau. Attendre qu'elle se réveille et l'emmener chez elle, tu ne pouvais faire que cela. Tout ce qui comptait, c'était qu'elle rentre parmi les siens. En sécurité, loin de ce lac, des Horsemen. Et de toi.

Tu avançais lentement entre les obstacles que formaient les branchages et les racines, tenant solidement Levia. Évidemment, la perte de sang l'avait considérablement affaiblie. Tu ne disais mot mais ton regard avait retrouvé sa détermination. Cachant toute trace de tes émotions destructrices. Tu suivais les indications qu'elle t'avait donnée. Jamais tu n'avais été chez elle, car c'était prendre le risque de conduire les Horsemen ici aussi. À son réveil, elle avait encore voulu plaisanter. Comment pouvait-elle se montrer si forte ? Tu flirtais avec le mal depuis bien trop longtemps, tu maniais les armes ainsi que les poings, tu avais vu le sang couler un nombre incalculable de fois et pourtant, tu ne ferais jamais preuve de la force et du courage qu'avait Levia. Avant de la rencontrer, tu ignorais qu'il existait des personnes comme elle. Après plusieurs minutes, dissimulées par le feuillage immense et épais des nombreux arbres, tu crus apercevoir quelques habitations. Mais aucun bruit, ni trace de vie. Peut-être se cachaient-ils tous de peur que tu sois une menace et que Levia soit ta prisonnière. « Je cherche Tobias ! Levia a besoin de soins, c'est urgent. » Tu jetas ton flingue par terre en tant que signe pacifique. « S'il vous plaît, elle a besoin de vous ! » Plusieurs personnes sortirent de l'ombre, dont un homme à l'air sage et bienveillant. Inquiet, il s'approcha immédiatement de Levia. Puis il la prit en charge ; tu le laissas faire à contrecœur. Tu ne pouvais partir sans t'assurer que tout allait bien pour elle, alors tu attendis un long moment devant leur infirmerie. Finalement, Tobias sortit et te lança un regard, hésitant entre méfiance et curiosité. « Qui êtes-vous ? Et que lui est-il arrivé ?» Tu te contentas de répondre à la deuxième question. Après tout, tu ne savais pas qui tu étais non plus. « Elle est devenue amie avec la mauvaise personne... » Tu lui tournas le dos et entras dans l'infirmerie. Levia était allongée, dans un lit cette fois. Aussitôt, son regard se posa sur toi tandis que tu t'asseyais près d'elle. « Je suis mal placée pour te poser la question mais...comment tu te sens ? » Ta voix ne prenait une intonation si douce que lorsque tu t'adressais à Levia. « Je veux que tu saches que je suis désolée. Dès que je me suis attachée à toi, j'ai su que je te mettrais en danger. Mais j'arrivais pas à... renoncer à toi, alors toutes ces fois, j'ai continué de te voir. Je suis désolée. » Tu triturais maladroitement tes doigts en parlant. Tu n'étais pas à l'aise face à tant d'émotions et d'horreurs commises qui te revenaient en mémoire. « Je vais arrêter d'être aussi égoïste, de jouer avec ta vie. Tu n'auras plus de problèmes avec les Horsemen et moi. Je te le promets, Levia. » Une vraie promesse cette fois. Qui résonnait presque comme un adieu.


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MessageSujet: Re: Wise men say only fools rush in. ❥ Rue   Dim 10 Sep - 21:56

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La déité de la miséricorde existait. Levia n’eut pas le loisir de souffrir bien longtemps : elle qui pourtant avait combattu par deux fois la maladie n’avait pas pu résister à cette torture. Cela lui avait épargné également le spectacle et le regard vide de Rue sur elle. En reprenant connaissance sur les genoux de la jeune femme : une boutade était sortie de ses lèvres. Pouvait-elle faire autre chose d’autres ? En vue de la douleur dans le haut de son bras : elle savait que ce n’était pas un mauvais rêve. Elle avait bien été marquée comme du bétail. Elle qui était végétalienne découvrait une nouvelle raison de ne pas manger de viande ! Pourtant, elle savait qu’elle ne pouvait pas se laisser aller à la haine et à la colère. Parce que ces deux sentiments combinés ensemble créaient une spirale infernale dont on ne sortait jamais et en embrassant cette folie vengeresse : elle deviendrait comme les Horsemen. Une chose qui était impossible aux yeux de Levia. Elle valait mieux que ces rustres et ses sadiques dans le sens littéral et figuré du terme. Elle était éduquée, elle avait des valeurs qu’eux avaient perdues peut-être. L’apocalypse la corromprait, l’avait corrompu en un sens : mais elle voulait tout de même espérer de rester fidèle à elle-même. Quitte à mourir : devenir une autre personne ne changera pas la donne. Et puis Rue n’était pas la personne à punir. Levia remarqua ses yeux humides prouvant qu’elle avait bel et bien un cœur si ce n’est une conscience. Dans une supplique, elle lui demanda de la ramener chez elle. Tobias pourrait la rafistoler.
Elle n’avait pas la force de lutter alors elle se laissa complètement faire. Rue suivait ses instructions. Elle avait confiance en elle. Si elle avait voulu la tuer : elle n’aurait pas autant argumenté avec les siens pour la protéger. La Horseman était différente des autres et Levia l’avait tout de suite remarqué. Hors de questions de la mettre dans la même catégorie que les personnes de son entourage. Elles valaient mieux que cela. Toutes les deux. Et puis soudainement elle entendit Rue appeler les siens et en quelques secondes elle changea de bras. Tobias la chargea sur son dos et monta pour atteindre les hauteurs et leurs logements. Une fois allongée, Levia lui expliqua que c’est Rue. LA fameuse Rue. Cela ne plaisait évidemment pas à celui qui s’était proclamé chef par la force des choses, mais il avait toujours écouté Levia et il comptait encore s'en remettre à elle. Elle avait toujours sût ce qui était bon pour sa personne. Si elle pensait qu’elle n’était pas une menace : alors il la laisserait. Même si en lui expliquant l'accident près du lac il eut plus envie de la tuer qu'autre chose. Une fois le bandage fait et son taux de globules blancs vérifiés : il ressortit. Levia l’entendit demander son identité et elle soupira. Elle ne mentait pas.

La jeune femme revenait à la réalité en sentant qu’on s’asseyait à côté d’elle. Le visage de Rue apparut et elle lui offrit un petit sourire : elle n’était pas capable de faire plus.

« J’ai connu mieux… Mais pire aussi. » Elle chercha la main de Rue et la serra doucement. « Ne t’excuse pas… Cela voudrait dire que tu regrettes de m'avoir rencontré... » Le cœur de Levia se serra : « On a bien trop vécu je crois pour ça. On a dépassé ce stade depuis longtemps… » Elle ne pouvait pas se résigner à la laisser partir. « Tu ne pourras pas toujours me protéger… C’est une des nouvelles caractéristiques de notre monde. » Elle l’avait accepté. « Reste… S’il te plaît. Ne retourne pas avec eux… Tu vaux mieux que ces gens. Je le vois. Je le sais. Je me trompe rarement sur les gens. » Fatiguée, elle ferma les yeux : « Reste… Je t’en prie… » Supplia-t-elle avant de retomber inconsciente.

Tobias rentra et posa sa main sur le front de Levia en poussant un long soupire. « Elle est brûlante… » Une réflexion plus pour lui-même que pour Rue. Il regarda la jeune femme : « Tu vas rester ici ce soir. Une horde approche de toute façon : tu ne pourras pas les éviter même si tu pars maintenant. Je vais devoir monter la garde toute la nuit : je ne pourrais pas veiller sur elle en même temps. Je vais devoir te la confier. » Il passa ses bras sous sa protégée et ressortit pour l’emmener dans une cabane plus loin : au calme. C’était son domaine. Les desseins sur les murs marquaient le territoire de Levia. Il l’allongea sur sa couche et chercha dans un tiroir de la table de chevet un flacon. « Elle est malade. » Finit-il par avouer. « Elle s’est battue toute sa vie contre la leucémie. Son taux de globules blancs est bas : cela peut mener à une septicémie. » Il sortit une seringue propre et une fois pleine injecta le produit dans le bras de la patiente. Tobias se leva : « Elle a foi et confiance en toi. Ne la déçois pas. Je reviendrais tout à l’heure apporter le repas et checker sur elle. Si son état empire : préviens-moi. » Puis il partit en laissant un homme à l’extérieur au cas où.
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MessageSujet: Re: Wise men say only fools rush in. ❥ Rue   Ven 29 Sep - 19:48

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Tu étais près d'elle. Tu ignorais si tu en avais encore le droit mais tu avais besoin de la voir. D'être sûr qu'elle soit saine et sauve. Et inconsciemment, de t'assurer qu'elle ne te haïssait pas pour ce qu'il venait de se passer. Lire la haine dans son regard te serait insupportable. Mais elle semblait...contente de te voir ? Soulagement inestimable. Incompréhension face à sa capacité de te pardonner, malgré toutes les horreurs dont tu étais responsable. Sa main serra la tienne et te fit frissonner. Tu la serras légèrement en retour. Sentiment doux et cruel à la fois qui imprégnait ton cœur. « Jamais. Te rencontrer est la meilleure chose qu'il me soit arrivé depuis...bien trop longtemps. » C'était terminé les mensonges, les faux-semblants. Tu tenais bien trop à elle pour pouvoir continuer de le cacher. Il était temps d'être honnête avec toi-même et avec ce que tu ressentais vraiment. « Je sais... » soupiras-tu difficilement. « Je voulais tellement te préserver de tout cela. Cette obscurité, cette violence, tu n'aurais jamais dû en être victime. Les gens comme toi méritent tellement mieux. » L'injustice, tu avais voulu te battre contre elle lorsque tu étais qu'une ado naïve mais tu avais évidemment échouée. Aujourd'hui encore, tu réalisais que la vie était injuste et que tu ne pouvais lutter contre cela. « Les gens biens n'ont pas autant de sang sur les mains. » Tu caressas tendrement son front. Non sans remarquer qu'elle était fiévreuse. « Je suis là. Je m'en vais nulle part, je reste là. Près de toi. » Voix qui se voulait rassurante, mais Levia avait de nouveau perdu conscience. Tu t'inquiétas aussitôt, était-elle vraiment sortie d'affaire ? Et si tu étais sur le point de la perdre ? Non, non, non... Par chance, Tobias arriva dans la cabane. Lui il saurait quoi faire. Enfin tu l'espérais. Tu l'écoutas avec attention, sans émettre la moindre objection. Ce n'était pas le moment de jouer à l'ado rebelle. Il prit Levia dans ses bras et tu le laissas faire, bien qu'une stupide pointe de jalousie faisait surface. Tu le suivis et entra dans une cabane. Celle de Levia apparemment. C'étaient ses dessins qui ornaient les murs. Cela ne faisait aucun doute. Mais ce n'était pas le moment de les contempler. Tobias s'adressait à toi. C'était sérieux. Il t'évoqua la leucémie de Levia. Tu étais au courant. Elle t'en avait déjà parlé. Tu admirais le courage avec lequel elle s'en était sortie. Mais tu croyais que tout cela s'était derrière-elle, sauf qu'évidemment ce genre de maladie, ça laissait des traces. Elle n'était pas aussi en forme qu'elle le paraissait. Tu répondis aux directives de Tobias par un hochement de tête et un air grave. Levia pouvait compter sur toi.


Il te fallait veiller près d'elle. Quelle ironie. Ce qui s'était passé aujourd'hui prouvait que tu étais incapable de la protéger. Mais partir et l'abandonnée dans cet état, cela t'était impossible. Tu resterais autant qu'il le faudrait. Jusqu'à temps que tu sois sûre qu'elle était hors de danger. Et puis, Tobias t'avait mis en garde. Une horde de rôdeurs traînait dans les environs. Personne n'avait la moindre chance de survie, seul, face à une horde entière. Tu resterais au moins cette nuit ici. Mais après ? Qu'adviendrait-il de toi ? Avais-tu encore ta place chez les Horsemen ? Et même s'ils acceptaient que tu restes parmi eux, en avais-tu envie ? Ceux qui avaient toujours été comme ta famille depuis apocalypse te semblaient désormais si étrangers. Tu avais eu la chance d'avoir une vraie famille. Deux parents aimants, honnêtes, présents quoi qu'il arrive. Mais tu avais tout gâché. Ils avaient fini par découvrir une facette de toi qu'ils n'avaient jamais soupçonnée. Impossible de ne pas voir le mal que cela leur avait fait. Tu avais aussi eu l'illusion de faire partie d'un vrai groupe, d'une communauté. Mais cette mafia que tu avais rejoins à cause d'un amour aveugle, elle avait causé ta perte. Tu fus piégée, jetée en prison pour porter le chapeau d'une sombre affaire. Un stratagème causée par celle qui prétendait t'aimer, mais qui n'avait fait que t'utiliser jusqu'au jour où tu étais devenue un poids pour elle. L’apocalypse fut une sorte de seconde chance. Tu pouvais retrouver ta liberté, tout recommencer. Tu sauvas la vie d'un Horsemen qui su te convaincre de les rejoindre. Tu croyais que tu pouvais oublier ton passé, que tu prenais un nouveau départ, que tu devenais de nouveau toi-même, alors qu'en fait, tu refaisais encore les mêmes erreurs. En famille, avec tes amis, dans la mafia, parmi les Horsemen : chaque fois que tu pensais être là où tu devais être, cela se soldait par un échec. Te faisant perdre tout ce que tu avais tenté de construire. Tes relations, tes habitudes, tes certitudes. Finirais-tu par avoir ta place quelque part ?


Le temps défilait sans que tu ne t'en aperçoives. Levia. Les Horsemen. Tout tournait dans ta tête. C'était presque un supplice. Tu détestais te poser autant de questions. Surtout sans avoir les réponses. D'ordinaire, tu ignorais les doutes et les craintes, tu te contentais d'agir. De vivre le moment présent sans penser au reste. Ni au passé, et encore moins à l'avenir. C'était le meilleur moyen de ne pas perdre la tête dans ce monde de tarés. Alors tu tentas de te reprendre. Tu improviserais comme tu l'avais toujours fait. Si les Horsemen ne te considéraient plus comme l'une des leurs, ou si toi, tu ne supportais plus de vivre parmi eux, tu te débrouillerais. Tu te trouverais un coin caché, isolé, éloigné de tout. Où tu n'aurais plus à torturer ni à tuer.  En attendant, la seule chose qui comptait c'était la santé de Levia. La fatigue, ou plutôt l'épuisement tant mental que physique, commençait à se faire ressentir. Mais, assise sur un solide tabouret près du lit, tes yeux restaient bien ouverts. Guettant le moindre signe anormal. Tu ignorais ce que Tobias lui avait injecté mais cela semblait efficace. Enfin, cela ne dura qu'un temps. Levia commençait à gémir dans son sommeil. Comme si elle était en plein cauchemar. Tu essayais de lui murmurer quelques mots pour l'apaiser sans la réveiller, en vain. Elle s'agitait de plus en plus, prononçant des paroles incompréhensibles et toujours profondément endormie. Tu compris que ce n'était pas qu'un simple cauchemar lorsqu'elle fut prise de violents tremblements. Tu bondis aussitôt de ton tabouret et sortis de la cabane. Tu t'adressas à l'homme chargé de veiller ici. « Où est Tobias ? Y a un problème, Levia, elle... ça ne va pas, elle a besoin d'aide ! Tobias, il faut qu'il vienne. » Tu ne parvenais plus à aligner des pensées cohérentes, les mots sortaient précipitamment de ta bouche. Tu scandas son nom dans le campement jusqu'à ce qu'il t’entende et  fonce dans la cabane de Levia. Tu y entras de nouveau toi aussi, plus paniquée que jamais. « Sauvez-là, je vous en supplie.  »

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MessageSujet: Re: Wise men say only fools rush in. ❥ Rue   Jeu 5 Oct - 20:44

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Rue & Levia

Levia tentait de garder ses yeux ouverts, elle se battait contre elle-même pour ne pas sombrer dans l’inconscience. Elle voulait voir Rue tout simplement. Non pas celle qu’elle était avec les Horsemen : mais le visage qu’elle lui offrait quand elles étaient toutes les deux. Sa main dans la sienne, elle sentit une douce chaleur l’enlacer tendrement. La réconfortant, lui prouvant qu’elle avait raison de s’obstiner à vouloir la blonde dans sa vie. Finalement, il y avait bien de l’espoir pour Rue. Pour toutes ces personnes qui pensent qu’il n’y a pas de marche arrière ou bien d’autres chemins que celui de la haine ou de la souffrance.

« Moi aussi… » Souffla-t-elle en ne décrochant pas une seule seconde ses yeux d’elle. La mort, la destruction, le désolement avaient bien trop longtemps prit possession de sa vie. « Le principal… C’est qu’on soit toutes les deux en vie non ? » Levia était persuadée que Rue ne pouvait pas se détourner d’elle. Elles avaient trop vécu de choses. « Tobias en a… Pour me protéger… Il a tué. » Confessa-t-elle avant de sourire délicatement tout en fermant les yeux : appréciant le contact de sa main sur son front. « Ne me quitte pas… Jamais… »

Voilà les derniers mots qu’elle prononça avant de perdre connaissance. Tobias prit soin d’elle et l’emmena dans son univers comme elle appelait sa cabane. Il expliqua à Rue qu’elle était malade n’ayant aucune idée de la nature de cette relation dont il n’avait entendu que des brides. Il savait juste que Levia l’aimait. Que celle femme aux cheveux courts lui avait retourné le cerveau et qu’elle ne souhaitait pas l’abandonner. Elle avait tout simplement foi en cette personne qui pourtant avait causé de la désolation en plus de faire partie du groupe qui avait causé tant de malheur à leur communauté. Pourtant, comme sur beaucoup de sujets, Tobias et les autres faisaient confiance au jugement de la cadette du groupe. Elle savait avant tout le monde ce qu’il fallait faire. Laissant Rue au chevet de sa protégée : l’infirmier repartit en patrouille non sans laisser un ami derrière la porte. Au cas où. Les Horsemen ne lui inspiraient pas confiance et il ne voulait pas prendre de risque.
Quand on l’appela, il comprit que quelque chose n’allait pas. Laissant son poste à celle qui était son bras droit : il s’élança pour rentrer dans la cabane de Levia. La voix de Rue lui semble lointaine, il devait agir et vite. Il posa sa main sur le front brûlant de sa patiente et soupira en marmonnant dans sa barbe de quelques jours des paroles incompréhensibles. Il lui fallut une demi-heure pour stabiliser la brune : la perfusant pour éviter une rechute. En sueur, il essuya la sueur sur son front et regarda Rue :

« Ça devrait aller maintenant. » Tobias enlevait soigneusement le sang de ses mains : « J’irais demain à l’hôpital, je sais où ils ont mis les médocs. » Hors de questions qu’il la laisse périr : « De toute façon, j’ai des poches de chimio mais sans tests sanguins je ne sais pas le dosage. » Il allait trouver un moyen. Tobias se tourna vers Rue : « Tu as l’air fatigué, essayes de te reposer. Il n’y a rien que l’on puisse faire jusqu’à ce qu’elle se réveille de toute façon. » Puis il sortit.

Les premiers rayons du soleil perçaient les rideaux de la cabane. Levia ouvrit un œil, puis deux : elle se sentait mal mais la vue de Rue endormie sur le tabouret la fit sourire. La fièvre était tombée, la perfusion était vide. D’un geste lent, elle l’arracha pour pouvoir attraper la main de la blonde.

« Viens… »
Demanda-t-elle d’une toute petite voix. Elle ne se sentait pas encore assez forte pour se lever et même se redresser mais elle avait envie de l’avoir près d’elle. « Il est encore tôt. » Personne ne viendrait les déranger. « Je suis contente que tu sois restée… » Levia avait été surprise. Agréable cela allait de soi. Cependant elle avait l’impression que tout ceci était un rêve. Que Rue n’était pas là. « Et puis… Si c’est une hallucination : elle est bien agréable. » Et sur ces mots, elle attendit que la Horseman soit assez proche pour l’embrasser. Par désir. Par envie. D’abord timidement et puis avec plus d’assurance. Parce qu’elle ne savait pas ce que le destin leur réservait. « Pardon… » Son cœur s’était emballé, elle n’avait pas réfléchi pour une fois et elle avait agi par instinct. « Je… Je n’aurais pas dû. »

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MessageSujet: Re: Wise men say only fools rush in. ❥ Rue   Sam 21 Oct - 23:37

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La quitter ? Impossible. Maintenant tu le savais, maintenant tu l'avouais. On ne peut pas fuir éternellement. Il était temps de faire face à tes sentiments, à tes peurs. Risqué ? Sans aucun doute. Mais dans ce monde qui courrait à sa perte, mieux valait en profiter tant que tu le pouvais. Pourquoi perdre son temps à éviter Levia ? Désormais les Horsemen connaissaient le lien qui vous unissait. Il était vain de prétendre qu'elle ne comptait pas pour toi. Il suffisait de voir la façon dont tu la regardais, la façon dont tu lui parlais. Tout te trahissait. Dès le jour où tu l'avais vue, ses charmes t'avaient envoûtée et ne t'avaient jamais lâché. Elle n'était pas seulement magnifique. Elle était joyeuse, sincère, altruiste, sensible, courageuse. Et tant d'autres choses. Tant de qualités en une seule personne. Tu avais envie d'être à sa hauteur. De quitter toute cette barbarie dans laquelle tu t'étais empêtrée depuis si longtemps. Était-ce possible ? Méritais-tu ta rédemption ? Tu ferais tout pour. Levia sombra de nouveau dans l'inconscience sans se douter de tout ce qu'elle bouleversait en toi. Elle venait de faire entrer l'espoir dans ta vie. Et tu t'accrocherais à cet espoir coûte que coûte. Tu avais beaucoup de trop chose à te faire pardonner. Il était temps de si mettre pour ne pas perdre contact avec les restes de ton humanité.

Sauf que tout ne se passa pas aussi bien que prévu. À cause de la blessure que tu avais dû lui infliger, elle reposait dans son lit dans un état inquiétant. Et cela s'empira. Tout s'emballa, tout dérapa. Te voilà en train de t'agiter au milieu du campement, à la recherche désespérée de Tobias. Levia, c'était comme si elle était en pleine crise. Il fallait la sauver. Sa vie semblait soudainement si fragile. Tu n'aurais jamais dû la marquer. Elle avait perdu trop de sang. Et si elle ne s'en remettait pas ? Non, non, non. Tu ne pouvais pas la perdre. Pas là, pas comme ça. Tous les moments avec elle brûlaient plus que jamais dans ta mémoire. Tu tenais tant à elle. Tu sentis ton cœur s'accélérer, ton vendre se tordre de peur, tes jambes fléchir. Ce n'était pas le moment de flancher, il fallait trouver Tobias. C'était tout ce qui comptait. Après une trentaine de secondes qui te parut infinie, tu le vis enfin. Il avait compris. Il fonça immédiatement dans la cabane. Allais-tu être témoin de la mort de Levia ? Non... elle s'était tellement battue pour survivre, ce n'était pas ça qui l'arrêterait. Elle allait s'en sortir, forcément. Il ne pouvait pas en être autrement. Sa vie ne pouvait pas s'arrêter là. Tu ne pouvais pas la perdre. Tu regardas Tobias se démener pendant plus d'une demi-heure pour la sauver. Toi t'étais plantée là. Totalement impuissante. Rongée par l'inquiétude. Tu essayais de te rassurer sans y parvenir. Tu voulais croire en Levia, en sa force mais jamais tu ne l'avais vue dans cet état. Pourquoi elle ? Pourquoi toi il ne t'arrivait jamais rien malgré tous tes crimes ? Mais enfin, le cauchemar prend fin. Ou plutôt s'atténue. Tobias a réussi. Elle n'est pas encore hors de danger, mais elle est sauve. Tu as eu si peur...

Pendant quelques secondes seulement, tu détournas ton attentionde Levia. Tobias était encore là près d'elle. « Merci...merci tellement. J'ai une dette envers toi. » Tes yeux bleus s'animent un instant, brillant de reconnaissance et de respect. « Pour quoi que ce soit, si tu as besoin de moi, il suffira de me le dire. » Des médicaments, tu remuerais ciel et terre pour en trouver s'il le fallait. Quitte même à voler les réserves des Horsemen si un jour Tobias était à court de médicaments. Tu déposas un doux baiser sur le front encore chaud de Levia, avant de te rasseoir sur le tabouret. Tu fis tout pour garder les yeux grands ouverts, tu voulais veiller sur elle. Mais au bout d'une ou deux, tu sentis toute ton énergie te quitter. Impossible de tenir plus longtemps après une journée si éprouvante. Contre ta volonté, tes yeux se fermèrent lentement et le sommeil t'engloutit.

Une voix... Levia ? Oui, tu la reconnaissais. Ta conscience revint, tes yeux s'ouvrirent. Aussitôt tu te rappelas de tout. Tu t'étais endormie, mais heureusement il ne lui était rien arrivé d'autre cette nuit. Elle semblait encore faible mais elle était là, vivante, consciente, sublime. Un rayon matinal éclaira son visage. Un léger sourire franchit tes lèvres.« Tu croyais que j'allais t'abandonner dans cet état ? » Ça ne t'aurait même pas traversé l'esprit. «Tant que tu auras besoin de moi, je serais là. » Évidemment. Elle pourrait toujours compter sur toi. « Si c'est une hallucination, j'espère qu'elle ne prendra jamais fin. » Tu t'avanças doucement, car tu voulais sentir qu'elle était bien là, que tu ne l'avais pas perdue. Mais Levia fit quelque chose d'inattendu. Tu n'aurais jamais cru que cela arriverait. Tu sentis ses lèvres s'emparer des tiennes avec douceur avant d'approfondir le baiser, comme si la passion l'emportait. Ta surprise te cloua sur place, à tel point que tu n'eus quasiment aucune réaction. Levia venait de t'embrasser ? Tu peinais à y croire. Tu y avais pensé tant de fois. Tu avais tellement tout fait pour te contenir et noyer ton désir en te persuadant que tu ne serais jamais rien d'autre qu'une amie pour elle. Mais lorsque ses lèvres quittèrent les tiennes, tu ressentis aussitôt le manque. « Bien sûr que si tu as bien fait...» Tes yeux la dévorèrent sans se cacher. « C'est moi qui aurait dû le faire bien avant. » Ta main droite se glissa dans sa nuque, caressant ses cheveux soyeux. Tu t'approchas de la même manière qu'elle venait de le faire, pour toi aussi lui voler un baiser. La peur, le désir, la frustration et... l'amour se mélangèrent pour former un combo explosif. Le monde s'effaçait autour de vous, seul comptait ce moment renversant. Digne d'une comédie romantique. Mais c'était bien réel. « Fais attention, je crois que je risque de vite devenir accro... »
 
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MessageSujet: Re: Wise men say only fools rush in. ❥ Rue   Jeu 26 Oct - 20:39

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Rue & Levia

Levia ne savait plus vraiment si cela était réel ou non. Si Rue se trouvait bel et bien à ses côtés ou si cela était une illusion. Si une part d’elle espérait que la Horseman soit ici ; elle espérait également que cela ne soit pas le cas. Elles ne venaient pas du même monde, ne pourraient probablement jamais être ensemble alors pourquoi s’accrocher à l’impossible ? Était-ce réellement son destin de devoir braver le destin et prouver à tous qu’ils ont tort ? Après les médecins qui ne la pensaient pas capable de survivre à une rechute : il était temps de montrer à Tobias qu’il se trompait sur le compte de Rue. Cependant, elle n’eut pas le temps de convaincre celui qui était devenu par la force des choses le chef du petit groupe qu’ils formaient. Elle sombra à nouveau dans une inconscience sans rêve. Sans espoir. Sans douleur non plus.

Tobias soupira longuement quand Rue se mit à le remercier chaleureusement. « Ce n’est pas pour toi que je l’ai fait. » Il la regarda : « On verra ce qu’on décide de ton cas demain matin. » Il n’était pas un hypocrite, il demanderait l’avis du groupe : il savait qu’elle était une horsemen.

Evidemment, le doc remarqua le baiser sur le front de la belle mais il ne dit rien et sortit sans plus de cérémonie. Le réveil de Levia fut plus doux qu’elle ne l’avait escompté. Ouvrant ses yeux dans une pièce baignée d’une lumière pittoresque : ses yeux ne mirent pas de temps à trouver l’objet de leur désir. Rue, endormie sur un tabouret, était encore à ses côtés : veillant patiemment sur sa personne. Doucement, l’ancienne étudiante en droit parla. D’abord d’une petite voix avant de monter le volume pour réveiller la belle.

« Je ne crois que ce que je vois… » Souffle-t-elle avec un sourire malicieux au coin des lèvres. « J’espère… » Qu’elle serait là en cas de besoin. Il ne servait plus à rien d’avoir un masque d’indifférence : aujourd’hui Levia avait eu peur et elle avait appris la leçon. « Moi non plus… » Parce que si cela était une hallucination alors cela voudrait dire que Rue n’est pas ici.

Quel drame d’être entichée d’une personne qui a été votre bourreau. Le syndrome de Stockholm ? Peut-être oui. La Horseman représentait tout ce que Levia ne serait jamais et elle était fascinée par cela. Quitte à se brûler les ailes : autant que cela soit aux côtés d’un professionnel n’est-ce pas ? Sur le chemin de l’enfer, Rue pourrait la guider, l’aider : faire en sorte qu’elle survive. Les gentils comme elle étaient les premiers à partir bien que dans son cas la mort lui déniait les portes du repos. Qu’importent les étapes dans sa vie : elle relevait la tête et continuait de vivre. Contre vents et marées, contre les augures. Par envie, par désir : elle attendit que la blonde soit proche d’elle pour l’embrasser. Levia pouvait mourir à tout instant : elle n’avait jamais laissé sa timidité et son insécurité se mettre en travers de ses désirs ; l’apocalypse n’avait pas changé cet aspect de sa personnalité. Une douce chaleur enflamma le creux de ses reins : comme si cela était naturel. Jamais encore elle n’avait embrassé une femme. Elle était surprise de la douceur, de la délicatesse de ces lèvres qui appartenaient à une personne qu’on pourrait blâmer d’être sans cœur. Mais Rue en avait un et Levia escomptait bien le conquérir. A la fin de toute chose : il fallait savoir se trouver des alliés puissants et dans son cas elle s’était éprise de celle qui pouvait lui apprendre à survivre dans ce nouveau monde. Pourtant, égale à elle-même, elle s’excusa auprès d’elle de l’avoir embrassé. Cela ne se faisait pas après tout et bien que ses parents soient ouverts d’esprits ils auraient vu d’un très mauvais œil cet acte. Le regard que lui lança Rue la fit rougir sans qu’elle ne cherche à se cacher. Frissonnante au contact de sa main dans sa nuque, elle répondit passionnément au baiser : en souhaitant plus. Quand Rue s’éloigna d’elle, ce fut à son tour de la dévorer du regard. Glissant maladroitement et en tremblant ses mains sous le haut de la blonde, elle caressa sa peau :

« Je le suis déjà… » Elle laissa ses doigts découvrir les imperfections de sa peau : faisant fi de la douleur à son bras. « Si… Enfin tu sais … Si tu veux rester ici… Je pourrais m’arranger, parler avec Tobias et ramener un lit pour mettre ici… A côté…. » Dormir avec elle ? Voilà ce qu’elle insinuait sans pour autant oser le dire clairement : « Enfin… Si tu veux et… » Levia se mit à bredouiller, le rouge était maintenant monté à ses joues. Le regard fuyant tout du long, elle le remonte finalement vers Rue elle avoua : « Je n’ai pas envie que tu partes… » Parce qu’elle voulait en apprendre plus, elle voulait apprendre, elle voulait découvrir ce que la vie avait encore à offrir.

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MessageSujet: Re: Wise men say only fools rush in. ❥ Rue   Ven 3 Nov - 20:10

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Levia est vivante. Belle et bien vivante. Un miracle ? Non. C'est Tobias qui l'a sauvée. Tu ne pourras jamais le remercier assez. En tout cas une chose était sûre, jamais tu ne t'en prendrais à lui. Il avait gagné ton respect et ta reconnaissance de manière certaine. Malgré tous tes mauvais côtés, tu avais un sens de la loyauté auquel tu n'avais jamais renoncé. Et avoir sauvé Levia méritait toute la loyauté qu'il était possible de donner. Mais ce n'était pas seulement l’œuvre de Tobias et de ses médicaments. Ce n'était pas suffisant. Tu savais que si Levia avait survécu, c'était parce qu'elle était une battante. Pas comme les Horsemen qui pensaient que leur force et leurs actes impitoyables faisaient d'eux des survivants méritants, des guerriers. Non, une vraie battante. Tu la contemplais tendrement, tandis que Tobias venait de sortir. Ni sa maladie, ni cette blessure, ne l'empêcherait de vivre sa vie. Quoi qu'il arrive, elle faisait face. Avec un courage que tu n'avais jamais vu chez qui que ce soit. Comme si elle avait une foi inébranlable en la vie. Et elle s'en sortait plus forte qu'auparavant. Toi aussi tu te battais pour survivre. Mais pas comme elle. Au lieu d'utiliser l'espoir comme arme de survie, tu utilisais de vraies armes. Tu avais blessé, tué. Beaucoup trop. Est-ce que tu arriverais à survivre autrement ? Tu avais dû mal à l'imaginer...

C'était sur ces pensées que tu t'endormis, installée sur le tabouret. Le réveil qui suivit fut plus doux que tous les autres. Voir Levia si près de toi, dans cette cabane qui était votre bulle pour quelques heures, tu oubliais presque tout ce qui se passait à l'extérieur. Il fallait l'admettre, le monde n'avait plus rien à voir avec ce qu'il était avant. Il était devenu bien plus sombre. Bien plus imprévisible, bien plus individuel. La violence et la mort étaient devenus les impératrices de cette Terre. C'était irréaliste pour toi que malgré cela, il restait des gens comme Levia. Des gens qui n'avaient pas de sang sur les mains et qui continuaient de penser que les choses finiraient par s'arranger. Tu côtoyais déjà la misère, la violence avant cette apocalypse. Tu avais sombré bien avant tout cela. Dès le début quelque chose clochait chez toi. Enfant, c'était ton bonheur qui t'avait rendue si fragile. Quand ton père a tout perdu, que ta famille a chuté, quelque chose s'était brisé. Tu croyais ta famille invincible. Tu pensais que tu passerais ta vie dans ce garage sacré. Cela aurait dû être si simple. Mais l'argent, ça ravageait tout. Soit vous finissiez riche et corrompu, soit ruiné et misérable. Mais cela n'excusait rien. Chaque personne avait ses malheurs et ne devenait pas des criminels pour autant. C'étaient tes propres décisions qui t'avaient menée vers de mauvais chemins. Tu savais que tu étais l'unique responsable. Et maintenant que tu côtoyais Levia, tu commençais à te demander si tu pouvais changer. Si tu pouvais quitter cette violence et chercher à te repentir. Tu ne pourrais pas faire revenir toutes les victimes des Horsemen à la vie, mais tu pouvais te mettre à aider plutôt que tuer. Tu ne cherchais pas le pardon car c'était impossible, mais tu avais espoir qu'un jour, tu mériterais Levia.

En attendant, tu ne parvenais plus à te tenir éloignée d'elle. Tes sentiments avaient raison de toi, surtout lorsque tu sentis les lèvres de Levia sur les tiennes. Tu n'étais probablement pas la personne idéale pour elle, mais au moins, tu savais que tu pourrais lui être utile. Tu lui apprendrais à être encore plus forte. Elle l'était déjà bien plus qu'elle ne le paraissait mais le monde était chaque jour un peu plus nombreux. Chaque jours des gens mourraient. Cela signifiaient des rôdeurs en plus, et de moins en moins de survivants. Bientôt il y aurait bien plus de rôdeurs que d'humains encore vivants. Tu lui enseignerais à utiliser les armes face aux rôdeurs à éviter les Horsemen et tout ce qu'elle voudra. Parce que sa peau contre la tienne en ce moment-même, ces baisers, c'était comme une nouvelle promesse. Celle que dorénavant vous serez toujours là l'une pour l'autre et que jamais vous ne vous lâcherez. Tu te rendais compte à quel point tu avais besoin d'elle. L'une de tes mains jouait avec sa sublime chevelure. Tu venais à peine de mettre fin au baiser que tu mourrais déjà d'envie de recommencer. Sa main se glissa sous ton T-shirt pour caresser ta peau blafarde et t'envoya une décharge intense qui se rependit dans tout ton corps. Comment pourrais-tu résister à tes pulsions si elle agissait ainsi ? Elle te rendait dingue. C'était un miracle que tu ais pu tenir aussi longtemps. Tu étais persuadée que plus tu serais loin d'elle, mieux ce serait, mais c'était l'exact contraire que tu pensais maintenant. Tu ne pouvais pas la quitter. L'entendre te proposer de rester créa un sentiment de bien-être indescriptible. Levia voulait de toi à ses côtés. C'était plus que ce tu n'avais osé espéré. « J'adorerais rester... » lui murmuras-tu. « Je ne veux plus être celle que je suis quand je suis avec les Horsemen. » Levia te donnait envie de croire qu'un nouveau départ était possible. Et elle ignorait à quel point elle était adorable, le rouge aux joues, en te demandant de rester. « Si ton clan décide de m'accepter, je ne te quitterais plus...J'espère que tu seras capable de me supporter. » Air taquin, presque insouciant. Comme si tu redécouvrais la vie. « J'irais en parler à Tobias plus tard. Pour l'instant tout ce que je veux, c'est toi. » Tu fis le tour du lit et t’allongea aussi dessus pour te coller à Levia. Tu ne cherchais pas à faire quoi que ce soit, tu voulais simplement rester un moment comme ça. L'une contre l'autre. Juste elle et toi.


THE END

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