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 Hatred is blind, as well as love. ☯ Rue

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MessageSujet: Hatred is blind, as well as love. ☯ Rue   Jeu 1 Juin - 0:03

Hatred is blind, as well as love.
Levia ft. Rue

Qu’est-ce qui avait poussé Levia ce jour-ci à pousser plus loin l’exploration ? Elle n’en avait aucune idée. Il y a quelques jours de cela, elle avait remarqué un camping perdu dans la forêt, elle avait voulu y aller mais son camarade l’en avait empêché. La nuit tombait et ils devaient rentrer.

Toujours est-il qu’elle n’avait pas attendu que les autres se réveillent pour partir en laissant un mot sur son oreiller pour ne pas inquiéter les autres. Il y avait des habitudes tenaces, qu’elle se refusait de perdre même à la fin de toute chose. Celle de laisser des petits bouts de papier partout avec des messages faisait partie de ce train-train quotidien instauré par ses parents. Quand ils ne pouvaient pas être là à son réveil après une opération ou un traitement ; ou bien quand elle se réveillait dans une maison vide la journée : c’est toujours avec des petits mots qu’elle était rassurée. Levia s’habilla et jeta son sac à dos sur son épaule avant de sortir. Ils avaient élu domicile dans des cabanes dans les cimes des arbres. Ils étaient ainsi protégés des Walkers et des autres humains. Pour ne pas dire les Horsemen. Bientôt, elle irait au point de rendez-vous pour voir Rue. Passer un peu de temps avec elle, lui faire la technique d’un pas en avant et dix en arrière pour qu’elle soit accro à elle jusqu’au moment où elle sera prête à bondir pour lui soutirer des informations. Des questions, elle en avait des tas. Elles étaient toutes soigneusement écrites dans un calepin à la couverture rouge.

Levia était bien décidée à aller visiter le campement qu’elle avait remarqué. Par curiosité, mais aussi parce qu’elle aimait ses aventures. Elle positivait, toujours, pour ne pas se lamenter sur son sort. Si elle n’avait pas vu le bon côté de la vie : elle serait probablement morte à l’heure qu’il est. Cependant, il était évident que par deux fois la leucémie à tenter de la supprimer, deux fois elle a échoué. Levia était confiante sur le fait que l’univers avait d’autre projet pour elle. Dans ses heures les plus mélancoliques elle se donnait même le luxe de penser qu’elle pourrait instaurer la justice dans ce nouveau monde. Et cela devait commencer par le jugement des Horsemen. Tous. Même Rue. Qu’importe que son cœur s’affole en sa présence ou bien qu’elle se surprenne à aimer sa présence : elle faisait partie de ces monstres qui détruisaient des vies pour la bienséance. Pour le fun, pour le sport. Levia les avait vus agir. Caché dans un buisson : tétanisé et incapable d’aider un pauvre couple de survivants exécutés sans pitié. De plus, il était impossible de se méprendre sur les auteurs des faits. Comme sur un des murs de la caserne de pompiers : ils prenaient un malin plaisir à signer les scènes de crimes avec une couronne. Comme celle tatouée sur le corps élancé de Rue.

L’ancienne étudiante se fait un passage à travers le grillage, elle voit des rôdeurs devant alors elle sort sa dague et se met entre deux bungalows avant de faire du bruit. Un à un, elle les tue avant de marcher sur leurs corps pour explorer les baraquements et autres mobiles homes. Elle ne trouve presque rien et pourtant elle découvre bien plus que de la nourriture ou des vêtements hormis les desseins sur les murs.

Dans une caravane, elle trouve deux corps qui se tiennent la main. L'odeur putride est presque insupporable et Levia se retient de ne pas vomir. Leurs crânes ont été défoncés : laissant un festin pour les mouches et pour les insectes rampants mais rendant impossible l'identification. Des larves blanches se nourrissaient des tripes de ce qui semblait être l’homme. Des scènes comme ça, Levia en avait vu tellement que cela ne lui faisait plus rien. Pourtant, quelque chose attire son attention, un détail. Les alliances autour de l’annulaire du second corps. Tremblante, elle se penche et les enlève du doigt décomposé. A l’intérieur, des noms et une date qu’elle ne connaît que trop bien.

Aodhan MacKenzie & Enora Dunbrog ; 22 Juillet 1985

Avec empressement, elle se jette sur le deuxième corps tombant à genoux dans la mare de sang séché. Elle arrache le doigt de l’homme et dans l’alliance retrouve les mêmes inscriptions. Son visage se déforme sous la douleur tandis qu’elle se recule vivement comme si elle venait de se prendre un coup de jus. Sa vision est rapidement brouillée par les larmes cherchait des indices pouvant prouver que ce n’est pas vrai. D’un bond, elle se met sur ses jambes et cherche mais chaque objet qu’elle trouve confirme la terrible nouvelle. Elle retrouve leurs livres favoris, les dessins qu’elle avait faits enfant, des photos de famille et puis son appareil pour mesurer ses globules blancs avec une lettre :

Ma chérie,

Si tu trouves cette lettre c’est que nous ne sommes plus là ou que nous avons dû partir. Ne t’en fais pas pour nous, tu es forte, tu as survécu à tant de choses que nous savons que ce n’est pas le contexte actuel qui va avoir raison de ton entêtement à vouloir vivre. Alors continue, avec ou sans nous. Tu sais mieux que quiconque de quoi tu es capable. Fais confiance à tes instincts et souviens-toi que nous t’aimons de tout notre cœur.

Love,

Mum & Dad


Ce sont ses parents allongés mains dans la main avec sur le mur de la cuisine une couronne rouge sombre. Un dessein fait avec du sang. Gémissant de douleur, elle sort pour tomber une nouvelle fois à genoux devant le petit escabeau qui menait à la caravane. Dans ses mains : les alliances de ses parents, la lettre, l’appareil médical, les photos et les deux livres. Elle avait tout pris car elle savait qu’elle n’aurait pas la force de retourner à l’intérieur. Levia entend des pas, elle sait que quelqu’un approche mais elle est dans un état bien trop léthargique pour bouger, pour s’enfuir : pour lever la tête et savoir l’identité de la personne. Pour la première fois de sa vie : elle voulait mourir tant le chagrin qui avait maintenant élu domicile était fort.
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MessageSujet: Re: Hatred is blind, as well as love. ☯ Rue   Ven 2 Juin - 0:50

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Ce soir aussi, le ciel safran brûle au fur et à mesure que le soleil décline. La disparition de l'astre, nommée crépuscule, signe la renaissance de l'obscurité. Les minutes passent tandis que la nuit couvre le monde de son velours noir. La lumière ne disparaît pourtant pas complètement. Il y a ce feu fier et ardent au milieu du campement. Cœur de chaleur et de lumière, des silhouettes humaines gravitent autour. Certaines de ces silhouettes semblent regarder avec avidité leur viande cuire sur le feu. D'autres préfèrent discuter bruyamment ou rire grassement. On entend à peine le crépitement exalté du feu. Les flammes dansent frénétiquement sous vos yeux encore éveillés. Oui, tu es là toi aussi. En pleine controverse animée avec Markus. N'être jamais d'accord vous permet chaque soir de parler, débattre et de vous agacer mutuellement.

Tu en profites également pour garder un œil sur Ash. Tu as cru, l'espace d'un instant, qu'il se ferait peut-être à cette vie mais au fond, tu sais que jamais ce ne sera le cas. Il parle peu, observe. Tu sens qu'il prépare quelque chose, qu'il est prêt à tout pour s'enfuir d'ici. Tu n'aimes pas l'idée qu'il soit prisonnier de vous, tu l'apprécies même si tu ne devrais pas, mais tu ne le laisseras pas s'en prendre à ton clan. Vous avez tué ses proches et détruit ce qu'il a construit, forcément qu'il ne sera jamais de votre côté. Tu n'es pas censée t'attacher à lui. Alors s'il tente quoi que ce soit contre vous, tu n'auras d'autre choix que de l'arrêter. Enfin, ce n'est pas le moment de penser à tout ça. Cette soirée est agréable, relativement calme si l'on compare à d'habitude. Tu savoures cette rare tranquillité.

Quelques heures plutôt, une troupe de Horsemen a pillé un camping qu'ils ont repéré. Ils ont ramené énormément de nourriture, entre autre, d'où leur humeur festive. Mais apparemment, ils n'ont pas fait que voler. Ils en ont profité pour marquer leur territoire après avoir tuer tous ceux qui s'étaient installés là-bas. Pour une fois, tu n'as pas eu à participer à cela. Tu es restée au camp toute la journée, ce qui est suffisamment rare pour mériter d'être signalé. Il y a des jours où cette violence t'est presque insupportable. Tu cherches à la fuir, à t'isoler. Cela fait des années que tu ne côtoies que les plus sombres facettes de l'être humain. On s'habitue à tout. Mais parfois, un brève sursaut d'humanité te faisait prendre conscience de l'horreur de tout cela. Mais tu as appris à la faire taire. Les sentiments, la morale n'ont jamais eu vraiment leur place. Encore plus depuis l’apocalypse.  

Après plusieurs heures passées auprès du feu, la fatigue t'entraîne et a finalement raison de toi. Tu quittes les derniers traînards et retrouves avec plaisir ta modeste couchette. Malgré l'épuisement, tu peines à t'endormir et ta nuit se révèle bien trop agitée. Puis réveil difficile, retour brutal à la réalité. Une nouvelle journée commence, mais cette fois tu ne pourras pas rester au campement. En discutant brièvement avec un Horseman qui faisait partie de la troupe d'hier, tu comprends qu'ils ont été peu soigneux et qu'ils ont probablement laissé une tonne de ressources là-bas. Visiblement, ils ont préféré s'amuser avec leurs victimes plutôt que de récupérer un maximum de provisions et de médicaments. Ayant pris l'habitude de partir en expédition seule, tu décides d'aller là-bas. Tu es certaine que tu pourras largement remplir ton sac. Cela vaut le coup, depuis l'épidémie, chaque boîte de médicament, chaque provision de nourriture représente un trésor. Une garantie de pouvoir survivre au moins un jour de plus.

Tu ne devrais pas avoir à te battre, seulement à récupérer ce que les Horsemen ont laissé derrière-eux. Rien de compliquer. À moins que quelqu'un d'autre n'ait repéré ce camping perdu et ait emporté tout ce qu'il restait après le départ des Horsemen, il ne devrait pas y avoir le moindre problème. Sac à dos vide - pour optimiser la place - sur le dos, tu marches jusqu'au fameux lieu grâce aux indications qu'on t'a donné. Bizarrement, tu n'as jamais été là auparavant. Ça y est, tu vois les différents caravanes au loin. Il y a même des mobiles homes. Ensuite, il te faut quelques minutes pour atteindre enfin l'endroit. Tu entres dans le premier mobile home. Un corps déserté de toute vie y repose, recouvert de multiples bestioles. L'espace d'un après-midi, ce refuge est devenu un vulgaire cimetière. Œuvre macabre des Horsemen. Qui plus est, les insectes semblent bien plus féroces et affamés depuis l’apocalypse. Il se précipitent sur les cadavres comme si ces derniers étaient devenus leur seule source d'alimentation. Tu passes par dessus le macchabée et fouille dans les placards.

Ta recherche est plus ou moins fructueuse. Peut-être que des gens sont déjà passés dans le coin et se sont servis. En tout cas, impossible de ne pas remarquer que les responsables de toutes ces morts sont les Horsemen. Ils ont laissés leur symbole partout. Dans chaque habitation. Toi aussi tu portes ce symbole, cette terrible couronne. Tu continues ta quête et repère finalement une caravane un peu éloignée. Tu décides d'y jeter un œil avant de t'en aller. Tu trouveras peut-être là-bas de quoi remplir complètement ton sac. Tu n'as croisé personne jusqu'au moment où tu perçois une silhouette. Quelqu'un semble être au sol, à genoux. Que se passe-t-il ? Soudainement sur tes gardes, tes pas deviennent lents et vigilants. Il te faut peu de temps pour voir qu'il s'agit d'une femme. Puis pour remarquer que tu connais cette personne. Levia ? Cela suffit à te faire perdre ta prudence, tu te précipites vers elle sans réfléchir.

Il ne te faut qu'une poignée de secondes pour traverser la distance qui vous séparait. Tu es désormais là, près d'elle. Tes yeux la regardent, tu cherches à comprendre. Naturellement ta main gauche se pose sur son épaule tandis que tu t'accroupis à ses côtés. Son visage semble déchiré par la douleur et le chagrin. Ta voix tente de masquer ton inquiétude et se veut rassurante.  « Levia, c'est moi.... Qu'est-ce qu'il se passe ? » Tu lui épargnes la stupide question "ça va ?", tu vois que quelque chose ne va vraiment pas. On dirait le début d'un long cauchemar. Tu ne sais pas ce qu'elle fait ici, ni pourquoi elle semble si bouleversée et encore moins ce que sont tous ces objets autour d'elle. Des alliances, un étrange appareil, une lettre et...des photos. L'une d'elle représente un couple souriant, tenant par la main une fillette rayonnante. Magnifique. Tu reconnais Levia. Ton attention semble incapable de se détacher de cette photo. Tu tournes finalement la tête vers la caravane tandis que tes penses défilent à toute vitesse. Toujours accroupie, tu ne peux voir les corps à l'intérieur. Mais tu réalises lentement ce que tout cela signifie.  Tu refuses d'y croire. Pourtant, instinctivement tu recules d'un pas sans dire un mot.  


 
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MessageSujet: Re: Hatred is blind, as well as love. ☯ Rue   Ven 2 Juin - 16:27

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Ses iris dévisageaient les trois photographies, elle se souvient de chaque moment comme s’ils s’étaient passé la veille. La première était avant le premier diagnostic de la leucémie. Ils sont devant la bibliothèque : cela était le rêve de Levia d’y aller et à huit ans elle était assez grande pour pouvoir comprendre, savourer cet instant. La deuxième était à sa sortie d’hôpital, quand elle avait guéri : son crâne à nu et ses traits fatigués étaient tristes pourtant elle avait eu six années de sursis après la prise de la photographie. La deuxième a été prise lors de leur arrivée à la Nouvelle-Orléans, ses cheveux ont repoussés et elle avait retrouvé cet éclat dans son regard. Ses parents avaient traversé avec elle tant d’épreuves, surmonter tant de fois la mort que cela était tout bonnement injuste aux yeux de Levia qu’ils aient été tué de la sorte. Leurs alliances reposaient dans le sable, les doigts de la jeune femme caressaient le métal comme si ces objets étaient magiques. Telle la lampe dans Aladin, elle espérait presque que cela invoque un génie quelconque. Mais rien ne se passa et rapidement sa vue était bien trop brouillée pour voir quoique ce soit. Elle devrait probablement se ressaisir et chercher dans son sac une pile pour faire marcher l’appareil, mais elle n’a pas la force de bouger. Qu’importe qu’elle puisse faire marcher cet engin, peu importe si son taux de globules blancs est élevé : rien ne pourrait la sauver cette fois-ci. Pire encore, elle ne se battrait pas, elle laisserait la maladie se répandre dans son système et tuer chaque cellule saine. Parce qu’il valait mieux abdiquer et mourir comme ça plutôt que de se faire tuer par des horsemen. Oui. Levia préférait mourir dans d’atroce condition, être tué par son propre organisme plutôt que de faire plaisir à des barbares en expiant son dernier souffle de leurs mains.
On lui parle. Mais elle ne fait pas l’effort de comprendre les mots. N’y portant pas attention. Que cette personne la tue, pille son sac : elle n’en avait plus rien à faire. Elle ne réagit pas tout de suite au contact d’une main sur son épaule. Levia relève lentement son visage défiguré par le chagrin et la rage. Ses narines s’ouvrent et se ferment tant la colère remplie maintenant son cœur.

« T'es venue terminer le travail ?! » Grogne-t-elle en serrant les dents. Elle range les photos : déniant ainsi à Rue le loisir de les regarder plus longtemps. « Je sais que tu fais partie de ce clan de barbare. » Elle replie la lettre, ses mains tremblantes rendant l’acte difficile. « J’ai vu la couronne tatouée sur ta peau. » Elle ouvre son sac et range les vestiges dedans. « Je t’ai sauvé la vie. Et... Et vous n'avez aucun respect pour elle ! Vous ne faites que semer la mort ! Comme ça ! Comme si c'était un jeu ! » Ses gestes sont précipités, brusques puis elle s’arrête et reporte son attention sur Rue. Jamais elle ne lui avait parlé comme ça. Mais aujourd'hui, Levia ne pouvait pas feindre, elle ne voulait pas faire d'effort. « Semblerait que les Horsemen n’aient aucun honneur ! »

Levia tente de se relever, mais ses jambes ne la portent pas et elle retombe lourdement au sol en pleurant de plus belle.

« Vous n’aviez pas le droit… Ils vous auraient donné leurs vivres ! Je le sais… Mon papa aurait convaincu les autres ! Pour sauver ma maman… Il aurait tout fait et elle aussi. » Elle essuie rageusement ses yeux : « Je n’ai même pas pu les voir une dernière fois » Souffle-t-elle dans un gémissement plaintif.  Ils avaient été si proche tout ce temps. A quelques kilomètres sans avoir eut le plaisir de se retrouver.
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MessageSujet: Re: Hatred is blind, as well as love. ☯ Rue   Sam 3 Juin - 11:55

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Tu aurais préféré ne pas croiser ce regard. Ne pas y lire cette détresse saisissante. Ne pas sentir ton cœur se serrer autant. Elle est à genoux, paralysée par le chagrin tandis que toi tu reste plantée là, frappée par l'impuissance. Tu aimerais l'enlacer et effacer toute cette peine mais tu réalises que c'est impossible. Pire même, tu es la plus mal placée pour l'aider. Tu es responsable de ce qu'il lui arrive. Tu l'a compris en voyant cette ancienne et joyeuse photo. Levia a dû la retrouver dans cette caravane, juste derrière. Peut-être que c'est là que s'est installée sa famille. Et si c'est le cas, alors ce que tu penses n'est pas juste un cauchemar, c'est bel et bien réel. Les Horsemen ont assassiné sa famille. Tu ne devrais pas être là. Par respect pour elle, tu ne peux pas rester là et t'excuser avec un ridicule "je suis désolée". Cela ne ramènera pas ses parents.

Jusqu'ici, tu n'as jamais regretté ton choix. Les rejoindre ne t'a jamais paru être une mauvaise décision. Ce fut dire adieu à cette insoutenable solitude et enfin faire partie d'un groupe.  Ce fut comme retrouver un semblant de famille. Se battre pour survivre retrouvait un sens. Tu es une vraie Horseman. Tu n'es pas moins coupable qu'eux. Alors ta main se retire doucement de son épaule. La culpabilité t'empêche de trop t'approcher. De peur de lui faire plus de mal encore que vous lui en avez fait. Tu te sens encore plus mal car elle ignore toute la vérité. Elle ignore que tu es l'une des leurs. Tu ne lui as jamais dit que tu es une Horseman. Impossible de la regarder en face. Tu fermes les yeux l'espace d'une seconde.  Tu sens la brise du vent dans tes cheveux ébouriffés. Aucun échappatoire n’apparaît.

Sa question pleine de colère te prend tellement par surprise qu'elle résonne plusieurs fois en toi. Finir le travail ? Tu comprends tout de suite son insinuation. Ses paroles le confirment. Barbare. Ton tatouage t'a trahi. Elle sait. Depuis combien de temps ? Tu étais persuadée qu'elle ignorait tout.  Car tout le monde haïssait et fuyait les Horsemen. Or, elle a toujours agit avec toi comme avec n'importe qui d'autre.  Quelque chose cloche. Tu as envie de comprendre mais ce n'est pas le moment. Ce n'est pas le moment de lui faire un interrogatoire. C'est le moment d'assumer tes responsabilités, tes choix. On ne fait pas partie d'un groupe de mercenaires sans jamais en payer le prix. Tu as choisis les Horsemen, tu auras dû savoir que tout lien avec d'autres personnes est impossible. « Je ne m'en prendrais jamais à toi.  » Tu ne peux t'empêcher de le préciser même si cela semble vide de sens désormais.

Tu la regardes ranger toutes les affaires dans son sac. Cette image se marque en toi, consciente que c'est probablement la dernière fois que tu vois Levia. « Tu as raison. On agit comme des barbares. Mais on est tous en sursis. Les blessures et les infections, les rôdeurs, le manque de ressources, ça finira par nous tuer. Plus le temps passe plus c'est dur. Toujours plus de rôdeurs, toujours moins de médicaments, moins de provisions. Si l'on se montre vulnérable, sentimental, on se fait tuer les premiers.  » Tableau sinistre. Tu ne peux ni nier ni excuser vos crimes. Vos jours sont comptés alors vous avez perdu depuis bien longtemps toutes foi et loi. « L'honneur est mort en même temps que l'épidémie s'est propagée. »

Chacune de ses larmes est le résultat de vos actes cruels. Si elle te demande de t'en aller, tu le feras mais tu ne peux te résoudre toi-même à la laisser ainsi. Elle est retombée au sol, toi tu t'accroupis de nouveau et t'approches finalement un peu plus. Gestes maladroits. Vous l'avez privée de sa famille. Inconsciemment, tu espères pouvoir porter une partie de ce poids avec elle. « Rien ne changera le fait que je suis aussi coupable qu'eux de ce qui arrive, mais... si, là ou à l'avenir, je peux faire quoi que ce soit, je le ferais. » Payer ta dette, est-ce vraiment possible ? Ton regard tente de capter le sien, de savoir ce que tu es censée dire ou faire. « Je suis désolée Levia. » Tu l'as dit en fin de compte. Excuses inutiles. Mais tu n'as pas pu t'en empêcher. Jamais tu n'as voulu que la situation dérape à ce point et qu'elle se retrouve mêlée à vos crimes. Elle ne méritait pas ça.


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MessageSujet: Re: Hatred is blind, as well as love. ☯ Rue   Sam 3 Juin - 18:04

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Rue la rassure, le conforte en lui disant que jamais elle ne s’en prenait à elle. Comment en être certaine ? Comment lui faire confiance alors même que la nature des Horsemen étaient de tromper, de tout détruire ? C’est bien pour cette raison que Levia faisait taire tout scrupule quand elle s’en voulait d’ainsi se rapprocher de Rue pour lui soutirer des informations. Et puis de toute façon, elle était déjà punie : elle s’était attachée à Rue. C’est peut-être pour cela qu’accepter la mort de ses parents de la main de son clan est aussi difficile. Parce que l’espace de quelques temps elle avait cru que Rue ne pouvait pas être comme eux.

« Tes petits copains se feront une joie je suis persuadée de tuer une innocente, ne t’en fais pas. Une de plus ou une de moins ne change rien n’est-ce pas ? Vos mains dégoulinent déjà de sang. »

Ces paroles sont dures, le ton encore plus. Et elle s’empresse de ranger ces précieux trésors. Elle n’avait plus que ça et des images dans sa tête. Des instants à tout jamais gravé au creux de sa rétine comme un film qu’on rejoue encore et encore tant on l’apprécie. La réponse de la Horseman ne se fait pas attendre. Tentait-elle réellement de plaidoyer sa cause alors qu’ils étaient coupables ?

« Cela ne justifie pas vos actes. » Réprimande-t-elle. « Mieux vaut mourir en premier en ne devenant pas un monstre plutôt qu’en vendant père et mère dans l’espoir de voir un autre jour ! » Sa mâchoire se crispe, ses larmes continuent de couler mais les sanglots semblent s’être arrêtés. « Il n’y a que les lâches qui utilisent la violence pour arriver à leur fin. » Et puis elle conclue sèchement : « A agir comme vous faites : personne ne viendra vous sauvez, vous aidez, personne ne viendra pleurer sur vos tombes. Et il n'y a rien de plus triste. »

Elle explique les faits sans pour autant les souhaiter à Rue ou bien à quiconque. Car cette pensée rendait triste Levi et elle était une femme assez altruiste pour ne pas souhaiter la mauvaise fortune sur les autres : même sur ceux qu’elle déteste. Quand bien même la personne est coupable. De toute façon, à ses yeux il y avait une justice sur terre et tôt ou tard le Karma punirait ceux qui le méritent. Être oublié était à ses yeux un châtiment terrible : car cela voulait dire mourir pour de bon. Même morts, ses parents continueraient de vivre. Dans un coin de sa tête et aussi longtemps que la vie coule dans ses veines.

Pourtant, toutes ces divagations ne lui ramèneraient pas ses parents et elle était toujours emprisonnée dans le présent : son cœur prit dans l’étau de la souffrance. Levia se sent faible, jamais encore elle ne s’était sentie aussi vide. Comme si elle avait trop pleuré ou peut-être pas assez : qui sait ? Certainement pas elle. Toujours est-il que Rue se tient près d’elle. La Horsemen n’a pas bougé. Qu’attend-elle au juste ? Levia serait bien incapable de le dire. C’est alors qu’elle explique à demi-mot qu’elle veut l’aider. Lentement, elle relève sa tête pour regarder sa comparse dans les yeux. Recevant alors une brève excuse de sa part.

« Très bien. »

Souffle-t-elle, elle enlève son sac de ses épaules et prend appui sur le sol pour se relever. D’un pas lent et lourd, elle s’approche d’une pile d’outil. Elle attrape deux pelles et reviens auprès de la blonde. Elle lui en tend une : les lèvres pincées pour tenter d’arrêter ses larmes.

« Tu vois, le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi tu creuses. » Dit-elle dans un souffle. The Good, the bad and the ugly, son film préféré. Celui de son père aussi. Ironie du sort quand tu nous tiens. « Moi j'ai un pistolet chargé, mais cela ne sert à rien que je te menace : je ne sais pas m’en servir et tu t’es portée volontaire. » Levia commence à s’éloigner pour s’approcher du chêne derrière la caravane : « Je veux leur creuser une tombe et tu vas m’aider. Je m'en fou que tu es des obligations ailleurs. » Ce n’était pas aussi simple. Elle avait quelque chose de précis en tête. « Elle doit être assez grande pour qu’ils soient l’un à côté de l’autre, main dans la main et à l’ombre parce que maman ne supporte pas le soleil. Après on ira quelque part. On a parlé toi et moi, mais pas en plein air. Et c’est seulement une fois qu’on aura parlé que ta dette sera payée. »

Puis elle creuse sans dire un mot de plus. Que Rue la prenne pour une folle, une hurluberlue si cela lui chantait. Mieux encore : qu’elle lui colle une balle dans la tête pendant qu’elle est de dos. Cela lui rendrait service. Parce que Levia ne voulait pas changer, elle ne voulait pas devenir un monstre : une personne qu’elle déteste. Elle serait intègre jusque dans la tombe. Si la maladie n’a pas tué le meilleur d’elle-même : ce n’est certainement pas l’apocalypse qui va le faire.
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MessageSujet: Re: Hatred is blind, as well as love. ☯ Rue   Dim 4 Juin - 23:43

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Tu gardes le silence. Faignant d'ignorer la dureté de ses paroles. Tes mains se serrent pourtant. Tu détestes l'idée que les Horsemen puissent s'en prendre à elle. Mais peux-tu vraiment prétendre que tu seras là pour empêcher que cela se produise ? Es-tu capable de la protéger de ton propre clan ? Rien n'est moins sûr. Les Horsemen ont toujours agi de manière libre et imprévisible, ce ne sont pas tes pauvres sentiments qui pourraient calmer leur soif de divertissement et de violence si jamais Levia tombait entre leurs mains. Toi qui te prétends d'une loyauté inébranlable aux Horsemen, quel choix ferais-tu ? Tu le sais déjà. Car au fond, tu n'as pas changé. Tu es toujours aussi faible.

Et toutes ces belles paroles, elles ont beau venir de Levia, elles te semblent bien trop irréelles. Utopiques. Est-ce vraiment possible de rester soi-même, de ne pas se salir les mains dans ce monde-ci ? Tu ignores comment mais il faut croire qu'elle y est parvenue. Elle semble si pure. Toi, tu as les mains sales depuis longtemps déjà. Bien avant l’apocalypse. Tu n'as jamais été le genre de personne morale et irréprochable comme l'est Levia. Comme l'étaient tes parents. Car oui ses paroles, c'est exactement le genre de choses qu'ils diraient. Mais eux aussi ne sont plus de ce monde, enfin c'est ce que tu présumes. Heureusement qu'ils ne sont pas là pour voir tout ça. En l'espace de quelques années, tu les avais déjà bien trop déçus et bien faits trop souffrir. La délinquance, puis le gang, et enfin la prison. S'ils étaient là, ils détesteraient absolument tout ce que représentait les Horsemen. L'idée de faire souffrir inutilement des animaux leur était déjà insupportable alors s'ils savaient que tu faisais partie d'un clan qui tue aussi souvent qu'il respire, tu serais incapable de supporter leur regard. Serais-tu un jour à la hauteur des espérances de quelqu'un ?

Au moins en ne vivant qu'aux côtés des Horsemen, les crimes et immoralité étaient la normalité. Pas question de culpabilité, pas besoin de se demander ce qui était bien et mal ni de penser à toute la souffrance que vous causiez à chacun de vos actes. C'est plus simple ainsi. Et aussi terriblement illusoire. Mais Levia... elle te rappele bien trop tes parents, elle te rappelle bien trop que tu as choisi le mauvais chemin et à quel point vous représentez les pires facettes de l'humanité. Comment a-t-elle pu te fréquenter tout ce temps ? Et surtout, pourquoi ?

Là, tu n'as pas d'autre choix que de faire face à la réalité. Ton clan est le bourreau de sa famille. Tu ne peux pas remonter le temps, réparer cela mais tu oses quand même proposer ton aide. Tu ne sais pas si tu peux lui être de la moindre utilité. Peut-être que la seule chose dont elle a besoin c'est de ne pas avoir une Horseman sous ses yeux. Mais elle semble accepter. Tu relèves la tête, la suit de regard. Elle rapporte deux pelles, tu ne comprends pas tout de suite. Malgré tout, tu attrapes la pelle avant d'entendre sa requête. Cela te surprend. Tu ne t'attendais pas à cela. En lui proposant de l'aider, quoi qu'elle te demande, tu avais imaginé plusieurs scénarios. Mais creuser une tombe pour ses parents n'en faisait pas partie. Comment as-tu pu penser qu'elle te demanderait de venger ses parents ? Contrairement à vous, elle ne tomberait pas si bas. Et tu as déjà entendu exactement ces mots. Une citation ? Probablement, mais tu es incapable de savoir d'où elle provient. Qu'importe. « Je creuserai autant qu'il le faudra. » Et elle n'aura nullement besoin de son arme pour cela. Tu la vois partir derrière la caravane. En quelques pas, tu la rejoins silencieusement.

Tu as à peine le temps de comprendre ses dernières paroles qu'elle a commencé à creuser. Un instant, tes pensées s'égarent, tes yeux papillonnent puis se posent enfin sur la pelle entre tes mains. Cet outil te fait brutalement prendre conscience du drame qui s'est produit. Combien d'innocents avaient retrouvé leurs proches morts à cause de vous ? À défaut d'avoir pu sauver ses parents, tu peux faire en sorte qu'ils soient enterrés dignement. Alors tu te mets à creuser aussi. Tu laisses le silence s'installer. Parce que dans un tel moment, les mots n'ont pas leur place. Alors tu continues ce geste sans t'arrêter. Tu gardes les yeux sur ta propre pelle, t'empêche de dévier le regard et reste concentrée sur ta tâche. Tu t’essouffles au fur et à mesure que le trou s'agrandit et que le tas de terre à côté croisse. Le silence s'éternise cela vous prend du temps. Mais le temps qui passe n'a aucune importance. Aucun rôdeur ne fait surface pendant que vous creusez. Finalement, tu t'arrêtes et observes votre ouvrage. « Je crois que c'est la bonne taille. » Maintenant il va falloir porter ses parents jusqu'ici.

Ayant terminé votre tâche, tu te mets à te remémorer ce que Levia t'a dit. Tu ignores de quoi elle voudrait parler. Chez les Horsemen, on résout rarement les problèmes par la discussion. Et ta dette serait-elle vraiment payée ? Si toi même tu ne peux te pardonner pour ce qu'il s'est passé, comment Levia le pourrait elle ? Tu préfères ne pas espérer quoi que ce soit, tu sais que désormais il y aura toujours une barrière entre vous. Vous êtes de nouveau montées dans la caravane. Instinctivement ton regard descend vers le plancher. Ils sont là. Tu es habituée à voir des corps humains vides de toute vie mais tu gardes l’œil sur Levia. Peut-elle supporter la vision de ces cadavres en sachant qu'il s'agit de ses parents ? « On va leur offrir l'enterrement qu'ils méritent. »

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MessageSujet: Re: Hatred is blind, as well as love. ☯ Rue   Lun 5 Juin - 0:49

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Il était évident que les Horsemen se feraient une joie d’avoir de la chair fraîche sous leurs mains. Même Rue ne pouvait rien faire contre cela, mais Levia ne s’était pas rapprochée d’elle pour avoir sa protection. La seule qui pouvait l’aider : c’était elle-même. Elle l’avait compris au cours de ces longues années à combattre la maladie. Heureusement, elle ne cessait pas d’échapper à ce clan de barbare. La providence lui souriait. Mais aujourd’hui : le malheur la touchait personnellement. Certes, elle avait été triste en rentrant dans la caserne de pompiers après le passage des Horsemen. Elle se souvient encore du sol couvert de sang et de macchabée. Oui elle avait pleuré ce jour-là, elle avait hurlé de douleur en comprenant qu’ils lui avaient arraché son Arthur. Mais la douleur qui avait pris possession de son être, depuis que son regard s’était posé sur ses parents, était bien différente. Car cette fois-ci, il n’y avait pas d’espoirs. Ses parents étaient bels et bien morts, elle ne pouvait pas changer ça. Rue non plus. Pourtant, Levia s’évertue à perdre son temps en expliquant son point de vue : souhaitant montrer par a plus b que la Horsemen avait tort. Que tout finissait par se payer et un jour ils allaient tous souffrir pour leurs actes. Rien ne restait impuni et le monde avait sa propre justice. Cette idée permettait à Levia de tenir au fond.
En attendant, elle demandait l’impensable à Rue. Puisque son clan était responsable : il était juste qu’elle l’aide à creuser la dernière demeure de ses parents. Qu’elle assume les actes de sa prétendue famille. La blonde accepte et sans plus de cérémonies elle plante la pelle dans la terre pour la révéler. Elle répète le geste tout en gardant le silence : ne relevant la tête que pour s’essuyer le front et regarder autour histoire de ne pas se faire surprendre par des rôdeurs. Levia ne ressent pas le besoin de parler il faut dire. Elle n’en a tout simplement pas envie. Elles parleraient tout à l’heure. Échanger avant était une perte de temps et d’énergie. Quand le trou est assez profond et large : elle avale difficilement sa salive et hoche la tête pour confirmer les paroles de Rue. Elle remonte à la surface et regarde la caravane : laissant la blonde rentrer d’abord. Après une longue inspiration, elle pénètre à nouveau dans ce lieu profané par le sang de ses parents. Son regard reste longtemps sur les corps. Elle finit par les enjamber pour sortir de la chambre des draps. Elle va les éteindre au sol dehors pour leur faire des linceuls.

Levia entend Rue s’exprimer, mais elle ne répond pas. Elle sait que si elle ouvre la bouche : elle allait vomir. Délicatement, elle passe ses mains sous les épaules de sa maman et attend que la blonde prenne les pieds pour la soulever. Elle pouvait sentir la chair en décomposition à travers les vêtements noircit. Elle perd ses couleurs à chaque pas et une fois le corps posé sur le drap elle s’éloigne pour vomir. Levia pleure à nouveau, regardant ses mains avant de revenir pour prendre le corps de son père. Lentement, elle enlève les bijoux de sa maman et prend la montre de son père puis ferme les draps. Elle va chercher par la suite dans son sac des rubans pour les nouer autour du cou, de la taille et des pieds pour sceller les linceuls. Elle ne laisse dehors qu’une seule de leur main. Une fois les corps transportés dans la tombe, elle y reste pour entrelacer leurs doigts. Levia rejoint Rue et les regarde. Elle brise enfin le silence.

« Voilà. » Elle est satisfaite oui. « Ils peuvent reposer en paix maintenant. Je sais qu'importe où ils sont en ce moment : papa prendra soin d’elle. » Son cœur se serre et elle essuie avec son avant-bras les larmes qui roulaient à nouveau sur ses joues pâles. « Au revoir… » Souffle-t-elle avant de reprendre la pelle et de refermer le trou.

Quand la terre comble enfin la tombe, elle va chercher deux planches en bois. Une fois que la croix est faite, elle va la planter et accroche tant bien que mal la photo quand ils sont arrivés à la Nouvelle-Orléans. Levia se remet devant la tombe, attrape la main de Rue et entrelaçe ses doigts aux siens. Elle la serre doucement avant de poser sa tête sur son épaule. Qu’importe qu’elle soit une Horseman : elle ne voulait pas se sentir seule. Pas en cet instant et ce simple contact avait pour seul but de lui redonner un peu de force pour continuer.

« Merci. » Dit-elle en reniflant avant de s’éloigner pour refermer son sac. « Maintenant… La deuxième partie du marché. Il y a des maisons abandonnées pas loin. Allons-y. » Et sans se retourner avança vers le centre-ville.
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MessageSujet: Re: Hatred is blind, as well as love. ☯ Rue   Mar 6 Juin - 23:37

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Tu pensais partir une heure ou deux tout au plus. Une brève expédition afin de ramener quelques provisions et ressources supplémentaires. Tout ce que vous pouvez prendre, vous le prenez. Les temps sont durs. Bref, une quête nécessaire, mais rien de bien compliqué. Rien de bien dangereux non plus. En tout cas, ça l'est beaucoup moins que de chercher des combattants pour les rapporter à Samuel. Tu n'oses pas imaginer la réaction de Levia si elle avait vent de cette histoire de combats à mort. Car oui, Levia, c'est justement elle l'inconnue dans l'équation. Celle que tu n'avais pas prévue. Qui t'a sauvée la vie, et qui se retrouve aussi dans ce campement anéanti par ton clan. Celle qui vient de te faire réaliser que les Horsemen ont tué ses parents. Celle qui te fait douter de tes actes, et qui tente de défendre la voix du bien. De la moralité. La seule personne de ton entourage pas encore corrompue par la violence de ce monde. Tu peines à comprendre comment c'est possible. Toi il y a bien longtemps que les paroles du démon, perché sur ton épaule, l'ont emporté sur celles de l'ange. Jusqu'à ce que ce dernier disparaisse complètement. Toute cette violence te semble si banale désormais.

Vous faites partie de deux univers diamétralement opposés. Jamais cela ne se voit plus qu'aujourd'hui. Il y a ce vide, cette barrière qui en est le témoin. Levia sera toujours cette personne au cœur pur qui mérite le plus d'être sauvée parmi tous les survivants. Et toi, tu seras toujours une Horseman ; tu continueras de commettre des crimes c'est certain. Cette fois ce sont les parents de Levia qui en ont payé le prix. Qui seront les prochains ? C'est ce à quoi tu penses en voyant les deux corps sur le plancher de la caravane, dormant pour l'éternité. Un instant, tu es décontenancée. Te demandant si vous pouvez continuer de tuer ainsi sans jamais vous retournez, sans jamais n'éprouver le moindre remord, sans jamais n'en payer le prix. Tu te souviens de l'époque où tu prônais la justice à tout prix. Où tu te sentais prête à défendre la veuve et l'orphelin face à tous les gens sans pitié qui peuplaient la Terre. Tout a tellement changé.

En attrapant avec précaution le corps de ce qui semble être sa mère, tu peux sentir que la chair a déjà commencé à se détériorer. Mais à vrai dire ce qui te préoccupe le plus est la pâleur sur le visage de Levia. Elle vient à peine de découvrir qu'elle n'a plus de famille, a-t-elle vraiment la force d'enterrer ses parents maintenant ? Tu ne peux pas prétendre comprendre parfaitement sa peine mais tu peux l'imaginer. Tu n'as jamais su ni vu ce qu'étaient devenus tes propres parents, mais à vrai dire tu préfères cela que de vivre la même chose que Levia. L'intérieur de la caravane est saccagé. Même en n'y restant que quelques secondes, tu as le temps de voir cette couronne peinte au milieu du mur. Signe officiel des Horsemen, peint.... avec du sang ? Tu détournes le regard. Incapable pour une fois d'assumer la barbarie de vos actes. Heureusement vous descendez, et menez le corps jusqu'à un drap prêt de la tombe que vous avez creusée. Avant de faire de même pour son père, tu vois Levia s’éloigner. Son corps ne peut supporter plus longtemps ce spectacle d'horreur. Tu restes immobile, mords tes ongles, unique moyen d'évacuer les pensées qui t'assaillent.

Les deux sont finalement en place. Dans ce drap, puis cette tombe, où ils séjourneront à jamais. Tu n'interviens plus, Levia les prépare à sa façon. Bijoux, rubans, on dirait presque une véritable cérémonie. Ils méritent sûrement au moins ça. Une fois qu'ils sont dans cette tombe, main dans la main, tu la laisses faire ses adieux. Le seul enterrement auquel tu as assisté était celui d'une tante alcoolique que tu ne voyais pratiquement pas. Ici cela n'a rien avoir. Tu ne les connais pas et pourtant les émotions te tordent le ventre au point d'être douloureuses. Ta gorge est serrée et aucun mot ne sort. Es-tu censée dire quelque chose ? Leur dire adieu, trouver des mots réconfortants pour Levia ou bien t'excuser une nouvelle fois ? Quoi qu'il aurait fallu faire, tu ne dis rien. Mais lorsque Levia ferme la tombe en remettant la terre, tu fais intérieurement la promesse à ses parents de protéger leur fille quoi qu'il arrive. Quoi qu'il en coûte.

Après avoir installé une croix, elle revient à tes côtés, face à la tombe. Elle a probablement besoin de rester là encore quelques temps. Tu t'apprêtes enfin à parler, mais tu sens soudainement ses doigts se mêler au sien. Tu tressailles.  Un simple contact physique, suffisant pour te troubler. Comme si ce qui vient de se passer ne vous a pas séparées pour toujours mais au contraire vous a rapproché bien plus qu'aucune de vos discussions ne l'avait fait. Sauf que c'est impossible, tu le sais. Tu ne peux pas te bercer d'illusions. Jamais elle n'oubliera que tu es une Horseman. Pourtant, tu sens sa tête se poser doucement sur ton épaule. Tu aimerais rester comme ça le plus longtemps possible. Un instant, tu oublies tes peurs et profite de ce moment d'apaisement. Tu respires profondément.

Même si tu ne le mérites pas, elle te remercie avant de s'éloigner. Retour à la réalité, tu l'écoutes puis la suit. Alors elle est vraiment déterminée à parler avec toi ? Tu ne sais sur quel pied danser, ni ce qui va suivre. «  Qu'est-ce que tu attends de moi ? Je suis une Horseman, comment peux-tu encore vouloir m'adresser la parole ? » Tu ne t'attends pas vraiment à ce qu'elle te réponde, du moins pas tout de suite. Mais quelle idée Levia a-t-elle en tête ? Tu ne sais d'ailleurs toujours pas pourquoi elle ne t'a jamais dit qu'elle savait ta vraie identité. Que tu fais partie de ce clan qui terrifie tous les survivants. Mais chaque question en son temps. Tu marches prudemment en direction du centre de la ville. Tu jettes régulièrement des regards furtifs en direction de chaque ruelle devant laquelle vous passez. « Fais attention à toi, j'ai cru apercevoir un rôdeur au loin. » Mais lui ne vous a pas repéré apparemment car sinon il vous aurait déjà attaquées. Ses instincts le poussent inexorablement à vouloir de la chaire humaine et à en être jamais rassasié. Tu n’espères jamais finir comme ça. Pourtant c'est sûrement ce qui vous attend tous. Quelle fin abominable. Tu continues de suivre Levia, pendant quelques minutes seulement. Elle semble chercher un endroit où vous pourriez vous installer. Tu prends les devants, et finis par trouver quelque chose. À quelques dizaines de mètres se trouve un parc pour enfants. Pas très luxueux mais parfait pour se poser. Tu lui fais signe de te suivre cette fois. Vous y êtes. « Désolée de t'annoncer ça mais nous voilà face à un choix cornélien, doit-on se mettre sur le banc ou sur la balançoire ? Je compte sur toi pour prendre la bonne décision. » Un sourire léger éclaire ton visage pour la première fois de la journée.
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MessageSujet: Re: Hatred is blind, as well as love. ☯ Rue   Mer 7 Juin - 22:35

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Il y avait beaucoup de pensées contradictoires qui faisaient rage dans sa tête. Levia ne savait pas ce qu’elle devait faire. Elle repoussait l’échéance quant à la décision qu’elle devrait prendre concernant Rue. En attendant, il y avait plus important comme enterrer ses parents. Quand la tombe est refermée, elle la regarde et sent le besoin grandissant de toucher quelque chose de vivant. Alors, elle prend la main de Rue pour entrelacer ses doigts aux siens. Ce n’était pas grand-chose mais la jeune femme n’avait jamais eu besoin de beaucoup pour être heureuse. Ses parents l’ont élevé avec simplicité, l’ont poussé à savourer les petits instants de la vie : jamais demander trop pour ne pas être déçu. Levia avait tellement appris d’eux et elle était le parfait mélange de ces deux caractères forts. Sa tête se pose contre l’épaule de la Horsemen. Non. Elle n’avait définitivement pas besoin de plus. Là, près de la jeune femme elle se sentait à sa place même si elles évoluaient dans deux mondes différents. Jamais peut-être elles n’arriveraient à se comprendre. Ce moment de paix, leur appartenait. Cependant, elle le rompt en s’éloignant pour trouver un endroit où parler. Rue n’en avait pas encore fini avec elle. Levia avait encore une dernière chose à lui demander. Cela semble la surprendre d'ailleurs.

« Il est facile de détester, de remplir son cœur de colère et de rage. Mais si je fais ça : je rentre dans une spirale infernale et au fond je ne vaudrais pas mieux que les Horsemen. C'est une perte de temps, d'énergie. Il est plus difficile de pardonner, d’apprendre à connaître quelqu’un qui semble en tout point différent. Je n’ai jamais choisi le chemin de la faciliter. » Se contente-t-elle de répondre en haussant les épaules. « Je peux te condamner maintenant, t’insulter, te frapper : mais ça ne changera rien. Cela ne ramènera pas mes parents. »

Levia serre les sangles de son sac pour que ce dernier soit au plus près de son dos et commence à s’avancer vers le centre-ville. Elle ne s’était pas retournée vers Rue une seule fois. Elle est sur ses gardes tandis qu’elle avance dans les rues désertes de la ville. Elle voit le walker et sort immédiatement sa dague par réflexe. Ce dernier vagabond sans les remarquer. La réflexion de la blonde attire son regard :

« Si on ne fait pas de bruit, il ne viendra pas. »

Elle avait été assez maligne jusque-là pour ne jamais se trouver en mauvaise posture avec eux. C’est Rue qui trouve le parc, Levia ne bronche pas et rentre dans l’air de jeux. Le sourire que lui offre sa camarade est beau. Comme quoi… Même des tueurs peuvent être séduisants. Pense-t-elle silencieusement.

« Balançoires, quelle question ! » Elle laisse tomber son sac près de la balançoire et se glisse dessus. « Mes parents ne me laissaient jamais en faire, ils avaient peur que je me blesse. » Il faut dire qu’elle était une enfante chétive, pour ne pas dire constamment malade.

Avec la pointe de ses pieds, elle tourne sur elle-même pour entortiller la chaîne au-dessus de sa tête. Levia gonfle ses poumons d’air frais avant de se jeter à l’eau. Plus vite elle parlait, plus vite elle pourrait rentrer dans son abri.

« Quand je t’ai sauvé, je ne savais pas que tu étais une horsemen. En le découvrant : j’ai eu la mauvaise idée de me rapprocher de toi. Je ne sais pas à quoi j’ai pensé… Peut-être que je ne tomberais pas dans le piège de m’attacher à toi. J’ai échoué pourtant j’en ai lu des livres nian nian avec ce genre d’intrigue, j’aurai du le savoir. J’en assume aujourd’hui les conséquences. » Elle mordit sa lèvre, pour réfléchir à ce qu’elle devait dire : « Mais je devais prendre le risque, parce que tu es la seule personne qui pouvait m’aider. Qui savait peut-être où était Arthur. Et il mérite qu'on se batte pour lui. Il ne m'a jamais abandonné. Jamais. »

La jeune femme ne voulait rien cacher à Rue. Si elle voulait des informations, elle croyait que jouer la carte de la sincérité pourrait aider. Et puis comme disait son père : il n’y avait rien de gênant à dire la vérité.

« L’année dernière, vous avez attaqué une caserne de pompier. » Commence-t-elle sans regarder Rue. « Je ne sais pas si tu faisais partie des assassins, mais… Vous avez tué notre petit groupe. Vous avez aussi kidnappé quatre hommes, pas de bol pour vous : on le sait grâce à une survivante du massacre. » Elle arrivait à la partie la plus difficile. « L’un d’entre eux s’appelle Arthur. Grand, des yeux bleu foncé, les cheveux bruns et frisés. Il a une tâche de naissance sur son bras droit et la même tatouée de l’autre côté en l’honneur de son jumeau : William. » Parler de ces amis étaient difficile. « Je le connais depuis des années, dix ans exactement et… Il est aujourd’hui la seule chose qui me reste. »

Levia lève ses pieds du sol et laisse la chaîne se désentortiller : la faisant tourner sur elle-même avant de se stabiliser. Le regard rivé dans le sable, elle avale sa salive :

« Je ne veux même pas savoir comment le libérer ou autre… Je veux juste savoir s’il est en vie. J’en ai besoin. Aujourd’hui, c’est tout ce que je demande. »
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MessageSujet: Re: Hatred is blind, as well as love. ☯ Rue   Mer 14 Juin - 0:53

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Elle marche devant toi alors tu la suis, sans l'atteindre. Tes yeux suivent rêveusement le mouvement de ses longs cheveux, qui se balancent à chacun de ses pas. Ce n'est pas le moment pour ça mais tu admires leurs boucles élégantes et leurs nuances automnales. Elle est parfaite ainsi. D'aussi loin que tu te souviennes, tu as toujours eu les cheveux courts. C'est dans ce style androgyne que tu te reconnais, encore aujourd'hui. Maintes et maintes fois, on t'a pris pour un homme et à vrai dire, cela ne t'a jamais dérangée. Parfois même tu en as joué. Tu n'as jamais compris pourquoi les gens attendaient de toi que tu caches cette part évidente de masculinité. Ils clament tous que le plus important c'est d'être soi-même alors que ce qu'ils veulent vraiment, c'est que tu sois comme eux il l'attendent. Petite fille déjà, certains te regardaient de travers. D'après eux, c'étaient les garçons qui jouaient dehors, qui grimpaient aux arbres, qui se salissaient les mains et se bagarraient. Pourtant, c'était exactement ce que tu faisais aussi. Au lieu de rester sagement à l'intérieur, entourée de poupées ridicules. Et même en grandissant, tu ne devins jamais un symbole de féminité et de douceur. Tu préfères laisser cela à des personnes comme Levia. Dont la beauté prend le source dans le naturel. Aucune comédie, aucun artifice. Elle est comme elle et tu espères que personne ne la changera.

En plus de cela, sa maturité te surprend de nouveau. Parfois on dirait presque qu'un sage pacifiste et mystérieux parle à sa place. Ses paroles sont si justes, si responsables que c'en est troublant. Elle a raison évidemment, ni la haine et la vengeance ne ramèneront ses parents et elles ne l'aideront pas non plus à aller mieux. Au contraire. Mais tu te demandes si un jour tu seras capable de penser aussi sagement. Tes parents auraient adoré avoir une fille comme elle. Tout aurait été tellement plus simple pour eux. En tout cas, tu peux t'estimer chanceuse. Peut-être que ta rédemption est possible finalement. Peut-être qu'avec le temps et sa sagesse, tu finiras par être pardonnée. En voyant cette photo au sol, en comprenant ce qu'il s'était passé, tu as véritablement cru que c'était la fin. Que l'horreur était trop grande pour que Levia supporte encore ta présence à ses côtés. Mais finalement elle est toujours là et toi aussi, et tu commences à te dire que ce n'est peut-être pas la dernière fois que tu la vois.

À part ce rôdeur que vous apercevez au loin, entre deux grandes bâtisses, mais qui ne vous remarque pas, aucun élément ne perturba votre excursion. Comme si un instant tu retombais en enfance, tu ne pus t'empêcher de te réjouir en remarquant ce parc, dont les multiples arbres et buissons étaient les seules traces de vie. Au centre trônaient un tourniquet et un toboggan abîmes par les aléas du climat et du temps qui passe. Ces deux uniques jeux étaient encerclés par quelques bancs, vides de toute présence humaine. Mais vous avez d'autres projets en tête, Levia fait le choix de la balançoire. Située au fond de ce petit parc, vous la rejoignez aussitôt. Il y a deux sièges alors toi aussi, tu te laisses tomber sur sur l'un d'eux. La confidence de Levia retient ton attention. Tu sais que la maladie a gâché une grande partie de son enfance et de son adolescence. Elle te l'avait confié au milieu d'une de vos nombreuses discussions. C'est difficile à imaginer quand on la voit si forte et si pleine de vie. Et c'est sûrement de ça qu'elle tire désormais toute sa résilience. La vie ne lui a jamais fait de cadeaux mais elle continue de la croquer à pleine dents. « J'y jouais à chaque fois que je pouvais. Dans ces moments, j'avais l'impression de voler et d'atteindre les nuages. » Un petit sourire moqueur, envers toi-même, accompagne tes mots. Qu'est-ce qu'on peut-être rêveur et naïf lorsqu'on est gamin. « En tout cas tu peux profitez du temps perdu : aujourd'hui cette balançoire n'est rien qu'à nous deux ! »

Tu apprécies et instant rare de légèreté, te balançant doucement d'avant en arrière, même si tu sais que vous n'êtes initialement pas venu ici pour jouer. Levia souhaitait, enfin souhaite, te parler. Tu ne sais pas ce qui t'attend, alors tu gardes le silence et t'apprête à l'écouter. Heureusement qu'au fil des années, tu as appris à contrôler ton hyperactivité qui a presque fini par disparaître totalement. En tout cas, tu sais désormais rester calme et posée lorsqu'il le faut. Mais tu ne t'es pas vraiment préparée à cela. Tes yeux incrédule la fixent sans ne pouvoir rien faire d'autre. Levia sait tout... depuis le début ? Tu craignais tant qu'elle apprenne que tu étais une Horseman, alors qu'en réalité, c'était uniquement cela qui l'intéressait chez toi. Ta gorge se serre. Elle dit que malgré tout, elle s'est attachée à toi. Est-ce vraiment le cas ? Apparemment, tu n'es de toute façon pas en mesure de savoir ce qui est vrai ou faux. Tu t'es fais utilisée après tout, et tu étais bien trop aveuglée pour remarquer quoi que ce soit. Elle s'est jouée de toi, mais dans le but honorable sauver un proche. Vous les Horsemen, vous avez assassiné sa famille. Sans raison. Et elle ne t'a fait aucun reproche, rien. Alors tu n'as aucun droit de lui en vouloir. Pourtant, tu te sens stupide et trompée. Tu comprends que tu t'es faite des films, toute seule.

Mais tu tentes de rester de marbre et l'écoute parler de ce dénommé Arthur. Un jeune homme important pour elle apparemment. Vraiment très important... Mais qu'importe ce que tu peux penser ou ressentir en cet instant même, elle mérite une réponse. Vous avez eu nombre de prisonniers alors tu réfléchis silencieusement. En même temps, tu réalises que les Horsemen ont tué tous ses proches. Pas seulement ses parents, mais aussi le groupe avec lequel elle survivait il y a un an. Le plus horrible, c'est que tu es incapable de dire si tu as participé à ce massacre ou pas. Il s'est passé tellement de choses. Dont des crimes que tu as préféré effacer de ta mémoire. Mais Arthur... tu sais que ce nom ne t'est pas inconnu. Les souvenirs te reviennent lentement tandis que tu as repris tes légers balancements. Bouger t'aide à avoir les idées claires. Arthur, tu te rappelles enfin. Tu l'as côtoyer à quelques reprises. Son histoire tragique est restée ancrée dans tes souvenirs. Mais comment annoncer cela à Levia ? Tu aurais tant aimé pouvoir lui dire qu'il va bien. « Je vois de qui tu parles. Il est resté deux ou trois mois avec nous. Je crois qu'il a vraiment essayé de se faire à cette vie, et je l'ai vu se lier d'amitié avec un autre prisonnier. Mais ce dernier a fini par devenir l'un des nôtres, et à même devenir plus sanguinaire que beaucoup d'entre nous. J'imagine que Arthur a eu peur de finir comme son ami et que c'est pour cela qu'un jour, il a tenté de s'enfuir. Il y est parvenu mais... des Horsemen l'ont poursuivi. » Tu aurais préféré ne pas être celle qui lui annonçait ces mots. « Les Horsemen qui le poursuivaient l'ont vu se faire attaquer par un rôdeur.  Il est mort. » Lui aussi. Tu te souviens de cela car Marcus était l'un des trois Horsemen à la poursuite de Arthur. Il t'a conté cette histoire plusieurs fois tant il avait été pris par surprise en voyant au loin ce rôdeur surgir soudainement et s'attaquer au jeune prisonnier en fuite. « Je ne l'ai pas bien connu, mais tu dois savoir qu'il est resté lui-même jusqu’au bout. Il a préféré prendre le risque de fuir, plutôt que de finir par devenir un Horsemen. » Comme si l'horreur n'était pas suffisante toute à l'heure, tu viens d'apprendre à Levia qu'elle a aussi perdu ce garçon auquel elle tient tant. Elle se retrouve seule par votre faute, tu détestes cette idée. Avec toutes ces morts dont les Horsemen sont responsables, et le fait que Levia n'a plus besoin de toi maintenant qu'elle sait ce la vérité sur Arthur, tu ignores ce qu'il adviendra de vous deux. Pourtant, tu tends le bras vers Levia et lui présente ta main. Ton espoir précédent et ta bonne humeur en entrant dans ce parc ont tous deux disparus, mais si elle a de nouveau besoin d'un contact physique, d'une présence pour se réconforter, alors tu es là. Elle peut te prendre la main, la serrer autant qu'elle veut. Toi même tu cherches quelque chose auquel te raccrocher.


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MessageSujet: Re: Hatred is blind, as well as love. ☯ Rue   Jeu 15 Juin - 0:51

Hatred is blind, as well as love.
Levia ft. Rue

Une guerre sans merci faisait rage en son sein. Levia ne voulait pas céder à la rage et à la colère. Il était hors de questions qu’elle soit faible. Si elle commençait à marcher sur le chemin de la haine : elle savait qu’il n’y avait pas de retour possible. Elle avait vu ces sentiments nocifs emportés beaucoup de survivants. Cela marquait le début de la fin. Aux dernières nouvelles, Levia souhaitait encore vivre. Alors elle devait rester intègre. Mais pour cela… Elle devait être honnête. C’est Rue qui trouva le parc pour enfant qui semblait avoir éé déserté depuis le début à en juger par les feuilles mortes sur les jeux. Elles étaient belles et bien seules. Même les rôdeurs semblaient se tenir loin d'elles pour pouvoir les laisser en tête-à-tête. Ce que devait avouer Levia n’était absolument pas facile et si elle s’écoutait : elle prendrait les jambes à son cou. En faisant cela cependant, elle ne pourrait jamais savoir si Arthur est encore en vie. Non. Son ami n’aurait pas baissé les bras alors elle ne peut pas être une trouillarde.

Avant le grand saut, elles partagent quelques confessions de dernières minutes. Il serait probablement trop tard après pour avoir une discussion de la sorte. Levia en avait conscience. Etait-ce pour cela qu’elle avait repoussé jusqu’au maximum l’échéance de la confrontation ? Parce que les faits étaient indéniables. Quand elle regardait Rue elle sentait ses entrailles se serrer, son sourire valait toutes les œuvres d’art qu’elle avait vu avec son père et sa façon de rire toutes les cassettes qu’elle avait accumulé. La nuit elle ne rêvait plus des yeux d’Arthur mais des cheveux blonds de la Horsemen. Des rêveries perturbantes qui la laissaient toujours esseuler et sur sa faim à chaque réveil.

« Il faut bien que l’apocalypse est des avantages après tout hein ? »


Son ton léger contraste avec son visage fatigué et marqué par le chagrin. La risette qu’elle arborait disparaît finalement alors qu’elle commençait à entortiller la chaîne de la balançoire. Levia a le cœur au bord des lèvres quand elle prend la parole. Elle ne veut rien cacher à Rue. Elle veut lui dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Chaque mots qui sortent de sa bouche lui brûlent la langue, déchire son cœur et sonne le glas de cette amitié naissante. Levia s’attendait à ce que la Horsemen parte à l’instant où elle comprendrait qu’au début cela était purement pour avoir des informations qu’elle s’était rapprochée d’elle. Pourtant, la jeune femme restait campée sur la balançoire. Alors elle continua, elle expliqua qui était Arthur, comment il était tombé entre les mains des Horsemen. Elle tentait de se souvenir de tout pour que Rue ait le plus possible d’information. Vient alors le silence.

Levia a arrêté de tourner, mais elle était bien incapable de regarder Rue dans les yeux. Elle se sentait honteuse et aussi impuissante. Parce qu’elle avait depuis longtemps compris que le destin d’Arthur était scellé. Elle avait été idiote de croire ces longs mois qu’il pouvait encore être en vie. Quand Rue prend la parole, elle releva sa tête et la regarda pleins d’espoirs. Elle était idiote, naïve aussi et bien trop sensible. Pourtant, quand elle l’informa que les Horsemen l’ont rattrapé : son regard se remplissait à nouveau de larmes et elle détourna la tête cacher visage. Les paroles de Rue la réconfortent un peu, oui… Il avait préféré tenter sa chance quitte à mourir plutôt que de devenir un Horsemen. Cela voulait tout dire. Quoique lui réserve le destin : elle ne devrait pas céder. Elle devrait rester fidèle à elle-même alors quand elle remarqua la main de Rue : Levia se leva. A peine sur ses deux jambes qu’elle passa ses bras autour de son cou pour se coller contre Rue avant de pleurer à chaudes larmes. Se moquant bien de savoir ce que la horsemen pourrait penser. Si cela se trouvait… Elle ne la reverrait jamais alors autant en profiter. Elle ne ressent pas le besoin de parler, se contentant de serrer contre elle Rue. Pourtant, elle finit par articulerd entre deux sanglots :

« Merci... » Elle s’éloigna et à travers ses larmes offrit un bien maigre sourire à la blonde. « Je… Maintenant je peux tourner la page. » Elle admire les traits de son visage et se recule finalement avant de reprendre son sac. « J’espère qu’on se reverra. » Elle était sincère : « Mon instinct me dit que… Que le destin nous remettra sur la route de l’autre. Prends soin de toi en attendant. » Levia la regarde une dernière fois avant de rapidement s’en aller en pleurant à nouveau dès qu’elle fut hors du champ de vision de la Horsemen.
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avec le temps, à la phase finale de l’acceptation. Le sujet accepte que ce qu’il a perdu ne pourra lui revenir, mais que sa vie continue malgré tout quand bien même elle sera très différente.
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Hatred is blind, as well as love. ☯ Rue

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