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 pram > une charogne

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MessageSujet: pram > une charogne   Mar 9 Mai - 19:28



une charogne

pramrose

Laisse tomber Ram, tu vas crever ici, comme un chien, un point c'est tout. T'auras au moins fait quelque chose de bien avant de mourir. Si t'avais pas été le dernier maillon de ta lignée, on aurait pu se souvenir de toi comme étant un héros, qui sait, t'aurais bien aimé un peu de gloire. Mais non, t'as laissé personne derrière toi, et personne ne se souviendra de toi. T'as sauvé la vie à ces gamins, et tout ce que le karma a trouvé à t'adresser en retour, c'est une mort certaine dans d'atroces souffrances. Ah bah ça en valait le coup.

Après avoir sorti d'une situation plus que merdique trois adolescents avec la plus ou moins aimable compagnie d'un demi gringo, t'es rentré chez toi. T'as donné le peu que t'avais à ces gosses et à ton compère de la journée, puis tu l'as accompagné pour ramener les têtes blondes là où Silas les avaient vus pour la dernière fois en sécurité. Puis t'es rentré chez toi. T'étais loin de te douter de ce qui t'y attendais, pas vrai ? Tu pensais pas qu'ils allaient te remettre la main dessus, ces fils de pute. Faut dire que t'as pas été très malin, t'as pas cherché à brouiller les pistes, et deux mecs avec vos têtes et trois blondinets, ça passe pas forcément inaperçu. Le fait est qu'ils t'ont retrouvés, et ils étaient deux. Ils s'étaient servis dans tes placards, te dépouillant de toute ta nourriture, de tes réserves d'eau, et de la plus grosse partie du stock de munitions que tu avais le moins bien caché. Ils ont tout mis à sac. Et ils t'ont mis la raclée de ta vie. L'un t'as fait une clé de bras. Il te l'a brisé. Ils t'ont entraîné à l'extérieur, un peu plus loin. La douleur te paralysait déjà, tu pouvais rien faire. Un premier coup de poing dans la mâchoire. Un second. Puis un troisième. Un coup de genou dans les bijoux de famille. T'es au sol. Tu te tords de douleur. Tu saignes. Ils t'ont roué de coups de pieds. Dans les côtes. Au visage. Ils se sont acharnés sur toi, et t'a même pas pu te défendre. T'as rien. Rien du tout, ils t'ont laissé pour mort. Tu bougeais à peine quand ils sont partis.

T'as dormi un peu, ou peut-être que t'étais inconscient. Quand tu as ouvert les yeux, le soleil était en train de se coucher. Une chance qu'aucun infecté ne soit passé par là pendant que tu roupillais, et qu'aucun alligator n'ait encore était irrésistiblement attiré par l'odeur de sang qui s'échappe de tes blessures. T'es ouvert de partout. Ton visage est tout boursouflé et coloré d'un dégradé de rouge, violet et bleu qui te rend laid et pitoyable. Des filets de sang s'échappent de tes lèvres et de ton arcade entamées. Tu oses à peine soulever ton pull, tu sais que ton ventre ne t'a jamais fais aussi mal, et tu crains le pire. Et ton bras, impossible de le bouger, tu vas hurler. Et en le regardant, tu constates qu'il a une forme étrange. T'as mal partout, tu craches du sang, et t'es pas rassuré le moins du monde. Mais t'as pas le choix, faut que tu dégages d'ici, tu peux pas rester là. Tu essaies de te relever, tu serres les dents, mais c'est peine perdue, tu t'écroules à nouveau sur le sol boueux sans pouvoir retenir un cri de torpeur. Tant pis, tu vas essayer de ramper. Avec un seul bras et des abdos en vrac, tu vas douiller. Tu respires atrocement fort, mais tu y parviens tout de même. Tes soupirs traduisent ta peine, et annoncent tout le désespoir qui te gagne. Faut bien te faire une raison, Ram. Ça sert à rien tout ça. Tu vas mourir.

T'as finalement réussi à traîner ta carcasse au bord d'une route. Tu peux pas aller plus loin. Adossé au tronc d'un arbre penché, tu reprends ton souffle. Tes poumons se gonflent et se dégonflent, ça fait bouger tes côtes, et ça te fait un mal de chien. Tu grimaces. Tu pleures. Courage Ram. Ferme les yeux. Prie. Calme toi. Ça va bientôt se terminer.


Dernière édition par Ram Tendulkar le Sam 3 Juin - 22:08, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: pram > une charogne   Mar 30 Mai - 1:35

« J’aurais dû lui demander un dessin », maugrée-t-elle, les dents serrées, les doigts bien ancrés sur son arme de poing; le doigt loin de la gâchette, mais prêt à l’enfoncer au moindre danger. Primrose lève le regard vers le ciel qui se teinte d’un orangé distinct. Le soleil se couche et elle n’a toujours pas trouvé la plante que Demetrius lui avait promis qu’elle trouverait près d’un cours d’eau, ses feuilles distinctement rougeâtres, presque violacées, et ses racines odorantes parfaites pour soulager les boursouflures diverses. Si elle s’était montrée réticente à l’utilisation de ce qu’on pouvait trouver dans la nature pour soigner certaines blessures, il lui avait fallu se rendre à l’évidence : pour certains cas mineurs, ça faisait effet, ça fonctionnait, et elle se mordait les doigts de ne pas avoir écouté les conseils du médecin plus tôt.

Il n’en restait pas moins que si elle avait appris à appliquer les baumes et les onguents naturels concoctés par Demetrius, elle n’était pas faite pour trouver les plantes d’elle-même. Une petite sortie hors des fortifications avait suffi à alimenter son appétit pour l’extérieur, et la première raison qu’elle avait trouvé de sortir était pour rendre service à son collègue, une occasion sur laquelle elle s’était précipitée sans hésiter malgré son expertise lacunaire. Elle regrettait, maintenant, de ne pas avoir pris davantage de temps pour s’informer. Une description sommaire de ce qu’elle recherchait ne suffisait pas, et elle risquait désormais de devoir rentrer après le coucher du soleil, ce qu’elle aurait voulu éviter au maximum.

Résignée, elle retrouve la route qu’elle avait quittée, direction Lafayette, les mains résolument vides. Le grognement – ou était-ce un gémissement? – qu’elle entend, toutefois, la fait s’arrêter net, l’oreille tendue, le doigt sur le cran de sûreté de son arme. Elle craignait avoir fait trop de bruit, avoir attiré les cadavres ambulants qui les menaçaient constamment. Pourtant, elle n’entend rien d’autre. Pas de démarche irrégulière, lourde, traînante, pas de râles morbides qui faisaient courir des frissons sur sa peau hâlée. Juste un bruit sourd, comme un poids que l’on laisse tomber mollement au sol, puis plus rien. Primrose pince les lèvres. Elle n’ose pas interpeller l’âme potentiellement présente, de peur de se révéler, si ce n’est déjà fait. Attirer l’attention n’est jamais une bonne idée, lorsque l’extérieur est peuplé de morts-vivants et de Horsemen sans foi ni loi. La médecin fait quelques pas prudents, apercevant finalement une forme facilement reconnaissable : un corps humain, immobile, appuyé contre un arbre. Son instinct médical lui dit de se précipiter pour constater son état – son entraînement militaire lui dit de se méfier comme de la peste de cette présence inconnue et impossible à analyser. Alors elle demeure prudente, s’approchant avec méfiance, surprise de voir la poitrine se soulever lentement, comme péniblement. L’homme a les yeux fermés, mais semble encore en vie; elle appuie le bout de sa botte contre sa cuisse et y donne quelques petits coups, le canon pointé sur la silhouette.

Elle prend finalement le risque de s’agenouiller, prête à se résoudre au fait qu’il s’agit peut-être d’un guet-apens élaboré, mais laisser à lui-même un blessé, elle ne peut s’y résoudre. Primrose donne de sa main gantée quelques tapes sur les joues de l’homme pour qu’il lui donne signe de vie. « Hey, ouvre les yeux. Allez », insiste-t-elle. Et lorsqu’elle sent qu’il revient à lui, elle poursuit : « Que s’est-il passé? Où est-ce que ça fait mal? » Partout, suppose-t-elle en constatant rapidement les dégâts, mais il fallait le faire parler, l’empêcher de s’évanouir, et qu’il ne puisse pas la guider.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: pram > une charogne   Sam 3 Juin - 23:03



une charogne

pramrose

Son corps lui avait enfin accordé un petit moment de répit. Pendant quelques minutes, il n’avait plus rien senti. Toutes ses douleurs, envolées. Plus  de craquements suspects dans son squelette. Plus de crachats de sang. Plus de blessures qui déchiraient sa peau. Plus d’hématomes qui teintaient sa peau brune d’un camaïeu de pourpre. Rien. Le vide. Il flottait dans une bulle noire, aux propriétés diaboliquement anesthésiantes, qui le maintenait en apesanteur entre la vie et la mort. Son teint était devenu atrocement pâle, et les battements de son cœur avaient considérablement ralenti leur cadence. L’indien était clairement en train de passer de l’autre côté.

Puis la bulle éclata. Une série de coups de talons dans la cuisse de Ram avait déjà fragilisé sa paroi de verre, et les quelques tapes sur ses joues avaient achevé de la fissurer. Si tous ses maux se réveillèrent instantanément et le foudroyèrent à nouveau avec au moins autant d’intensité qu’auparavant, ce ne fut pas le cas de son psyché. Tout doucement, et comme un rideau de théâtre, le voile noir devant les yeux de l’indien se levait progressivement pour faire place à un épais brouillard. Il distinguait les couleurs, mais les formes elles, lui apparaissaient comme on les apprécie sur une peinture à l’aquarelle, imparfaitement floutées. Il reconnut toutefois un visage devant lui. Il s’agissait à n’en pas douter d’une femme. Elle avait le teint plus foncé que la plupart des occidentaux, et des cheveux noirs tombaient sur ses épaules.

« Maman ? » lacha l'indien, la voix cassée, et d'un ton pratiquement inaudible. Sa vision était en train de s'éclaircir, tout comme ses esprits, et il se rendit vite compte de l'énormité qu'il venait de prononcer. Il se passa la main sur le visage et se gratta les yeux en lâchant un « Oh. Pardon. » presque déçu.

S'il revenait progressivement à lui, ses forces, elles, restaient au niveau le plus bas. Physiquement épuisé et émotionnellement vidé, même si les images défilaient dans sa tête, il ne trouverait ni l'envie ni le courage de lui raconter tout ce qui venait de se passer. Et au fond, derrière ses yeux visiblement attentifs, s'en souciait-elle réellement ? Quant à sa seconde question, vu l'état dans lequel se trouvait l'indien, constater qu'il avait mal à peu près partout ne relevait pas de la conclusion hâtive. Il se contenterait de lui donner la version courte.

« Les Horsemen. Ils m'ont mis la raclée du siècle. »

La version très courte même. Expliquer les circonstances de son passage à tabac, et le pourquoi du comment de ce dernier n'aurait aucun effet bénéfique sur lui, cela ne guérirait pas ses blessures et ne le calmerait nullement. Et la fille, quelle que soit sa quête, cela ne l'avancerait pas non plus. Elle tirerait peut-être de Ram un portrait héroïque, ou au moins un minimum élogieux, mais la recherche de la gloire était loin d'être la priorité de l'indien, là, tout de suite.

« Ça va passer, t'inquiète pas, rentre chez toi et ne dis à personne que tu m'as croisé, surtout pas à un médecin, j'ai vraiment pas besoin de ça. »

Comme pour se persuader lui-même qu'il ne venait pas de sortir un mensonge plus gros que lui, il tenta de se redresser. Mais en s'appuyant sur le sol, la douleur dans son bras probablement cassé lui rappela aussitôt qu'il en était incapable. Il ne manqua pas de s'écrouler, pouvant à peine retenir son cri en crispant tous ses traits et en serrant les dents. Ram n'est pas un homme douillet, il détestait cette position, au moins autant que cette souffrance, plus forte que lui, qui le forçait à montrer qu'il n'était pas infaillible. On dit souvent que les médecins font les pires patients, c'est peut-être vrai.. les pires après les indiens.
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MessageSujet: Re: pram > une charogne   Mer 7 Juin - 15:26

Elle ne peut réprimer un petit sourire inquiet lorsqu’elle entend le nom qu’il lui donne. Amusée par l’aspect cocasse du surnom, mais inquiète pour la confusion potentielle de l’esprit de son plus récent patient, elle se voit rassurée lorsqu’il s’excuse, recouvrant visiblement ses esprits après une petite incartade dans le néant. Laissé à moitié mort par les Horsemen, qu’il dit, et Primrose réprime un frisson. Elle n’avait entendu que des histoires à leur propos, ces voyous qui faisaient la loi en dehors des murs de Lafayette, mais elle se jurait d’éviter par tous les moyens d’avoir à les côtoyer un jour. Quiconque arrivait à faire ça à quelqu’un avait de sérieux problèmes de gestion de la colère – ou pire. La médecin inspecte visuellement l’homme affalé contre l’arbre, notant les hématomes, la peau brisée, les accumulations de sang sous-cutanées qui laissent présager des fractures qu’elle n’était pas en mesure de réparer, là, avec les moyens limités de la forêt et du contenu de ses poches. Quoiqu’elle avait fait avec pire, dans son temps, à créer des attelles avec des bouts de pare-chocs brisés par le feu de la bataille, à recoudre des plaies béantes avec du fil dentaire et une aiguille à broder émoussée.

Primrose retire son sac de son dos, le balançant sans ménagement dans les feuilles mortes qui jonchent le sol, peu soucieuse de le voir s’imbiber d’humidité. Elle avait d’autres soucis. « Trop tard », signale-t-elle, laissant ainsi savoir à son interlocuteur qu’elle était exactement ce qu’il aurait préféré éviter : un médecin, un foutu toubib qui ferait tout pour le remettre en état de marcher, au moins. En état de se mettre en sûreté, s’il refusait d’entrer à Lafayette; encore fallait-il qu’il puisse s’y rendre sans mourir, le cas échéant. « C’est quoi ton nom? » demande-t-elle, dans le simple but de lui activer les neurones, de le faire penser à autre chose qu’au mal qui le ronge. « Moi c’est Primrose. Je suis de Lafayette. » Forcément, sinon elle n’aurait pas pris le risque de s’arrêter pour ce blessé afin d’éviter une embuscade des Horsemen. S’assurant qu’il est bien appuyé sur le tronc, Primrose saisit doucement la main de son patient, constatant les doigts brisés, bleuis par les coups répétés. « On va commencer par ce qui fait mal. » Pas spécialement rassurant. Elle attrape une branche assez solide, mais plutôt mince qui traîne non loin d’elle et la sectionne en petits tronçons, puis extirpe de son sac un rouleau de bandage étrangement trop blanc pour les circonstances – pas qu’il garderait sa couleur immaculée bien longtemps. « À trois, je les remets en place, OK? » Elle n’attend guère l’approbation de l’homme, commençant un compte factice qu’elle arrête à un, alors qu’elle presse sur les os de l’annulaire avant même qu’elle ne puisse prononcer le deux. Généralement, les patients avaient droit à une anesthésie locale faible avant ce genre de procédure; ils n’avaient malheureusement pas ce luxe. En utilisant les branches et le bandage, elle crée une attelle improvisée qui aurait au moins pour mérite de ne pas empirer son cas. « Estime-toi chanceux que ça ne soit pas une jambe au complet », plaisante-t-elle, consciente qu’il risquait de ne pas voir le verre à moitié plein comme elle.
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