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 Lost in time, on the edge of suffering. ¦¦ Primrose

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ADMIN ▴ KEYS TO THE KINGDOM.
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MessageSujet: Lost in time, on the edge of suffering. ¦¦ Primrose   Sam 29 Avr - 12:20

“Demetrius, on a besoin de toi.” Le médecin relève la tête en enlevant le stéthoscope. Il fronce les sourcils. ''Maintenant !” Il soupire et excuse auprès du patient. Il lui donne des plantes à faire infuser et des onguents à appliquer sur son torse pour soigner la bronchite puis sort. Le soleil l’éblouit, pas comme s’il y avait quelque chose à voir de toute façon. Lafayette devenait dangereuse. Il le sentait dans ses entrailles et se maudissait presque d’être revenu, d'avoir amené Sasha avec lui. Elle courrait un danger. Ils pouvaient maintenant l'utiliser contre lui. Demetrius était un étranger encore même s’il avait réussi à convaincre un bon nombre de personnes de part ses capacités médicales notamment pour les accouchements bien qu’une part de lui savait pertinemment que le jour où il n’arriverait pas à sauver l’enfant et la mère : on le brûlerait pour sorcellerie. À Lafayette on semblait mourir pour moins que ça de toute façon. Un mot de travers et vous disparaissez. Pas besoin d'être un génie pour comprendre. Sasha posait beaucoup de questions sur le sujet, il restait évasif, lui faisant comprendre à demi-mot qu'il fallait juste bien se tenir. Demetrius ne voulait pas terrifier encore plus Sasha qui pourtant était une jeune femme forte et intègre. Elle ressemblait bien trop à Ash pour son propre bien. Cela lui jouerait des tours certainement. Cependant, loin de ce dernier dans un environnement où elle est relativement libre : elle semble s'épanouis et cela suffit à Demetrius. Il ne veut que son bonheur. Cela a toujours été sa priorité. Il a tué pour elle et le referait. Le conseil devait s’en douter.
Demetrius monte dans la jeep : un homme est derrière, tête baissée.

“Il se passe quoi ? -T’occupe.”

Le docteur souffle et regarde dehors le paysage défiler. Ils s'arrêtent à la lisière d’un bois, tout son corps le prie de rester dans la voiture mais il suit le mouvement et descend. Le citoyen de Lafayette est mis à genoux devant une fosse, un gun est mis derrière son crâne. La suite est évidente et pourtant Demetrius ne ferme pas les yeux devant le spectacle. Joe se tourne vers lui.

“Va constater sa mort.” Demetrius est surpris. “Pardon ?” Liam sourit. “Dans la fosse. Maintenant.’’

Le docteur les regarde et s'exécute, il glisse ses doigts sous la gorge. Pas de pouls.

“Mort.’’ Demetrius va pour remonter mais Joe le pousse pour qu'il tombe sur les corps. “Comme toi si tu te tiens pas à carreau.”

Il n’avait ni les forces,ni les muscles ou bien l'autorité pour dire quoique ce soit alors il se relève et ravale sa fierté pourtant connu être mal placé. Il monte dans la voiture, cette fois-ci à l'arrière et garde le silence tout du long tandis que les deux miliciens semblaient satisfaits de leur blague. Arrivé au camp, il claque la porte de la jeep. “On t’a à l’oeil Doc !” Demetrius ne se retourne pas, il croise le regard de Primrose et ne peut s'empêcher de la fusiller. Il les détestait tous et il devait trouver un moyen de partir de ces hommes tarés ! D’un pas énervé il rentre dans l'infirmerie, finit rapidement de s'occuper de ses patients avant d’aller s’enfermer dans le cagibi qui lui servait de bureau. Il écrit ses observations dans les dossiers des patients avant de tout envoyer promener.

Les mains tremblantes il s’allume une cigarette et prend sa tête entre ses mains. Ash lui manquait tellement… Il n’arrivait plus à être fort sans sa présence et ça le tuait. Il imaginait déjà son aimé six pieds sous terre et lui encore vivant : condamné à survivre sans lui. Parce qu’il n'abandonnerait pas celle qui était leur fille. Quand sa porte s’ouvre, il ne prend même pas la peine de relever la tête.

“Pas le moment.” La porte se referme, pourtant il peut toujours entendre la respiration un être humain. Demetrius pose finalement son regard sur la jeune femme. “Docteur.”

Il prend une longue taffe et prétend ranger des dossiers. Il savait qu’elle était proche du conseil. Elle était aussi coupable à ses yeux que les autres. Il se sentait trahi en un sens. Il lui faisait confiance. Aveuglément. Primrose avait gagné son admiration. Une chose difficile pourtant. Il tombait de haut.

“Vous avez besoin de quelque chose ?” Il la vouvoyait. Pour mettre une distance entre eux et cacher la peine qui faisait rage dans son coeur.

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MessageSujet: Re: Lost in time, on the edge of suffering. ¦¦ Primrose   Ven 5 Mai - 17:12

C’était agréable de voir enfin poindre les rayons du soleil, quoique timidement, à travers les nuages. Les journées étaient plus chaudes, plus longues, et surtout, plus agréables maintenant que le printemps arrivait. Assise près de l’infirmerie sur une vieille chaise d’école, les pieds allongés vers l’avant, Primrose absorbe les rayons pourtant nocifs avec entrain, les mains dans les poches de son sarrau – la crème solaire était une denrée rare et somme toute inutile, considérant qu’elle avait plus de chance de mourir de ses conditions de vie que d’un cancer de la peau qui mettrait plusieurs années à se développer. C’est le bruit d’un véhicule qui rentre dans le camp qui lui fait rouvrir les yeux, par curiosité; elle ne pouvait pas s’en empêcher. Elle aimait observer les allées et venues des gens, les routines qu’ils s’imposaient, remarquer les nouvelles associations – ça lui donnait une impression de normalité malgré l’état hideux du monde qui se trouvait en dehors des murs de Lafayette. Des miliciens et l’un de ses docteurs descendent de la Jeep; à ce dernier, elle adresse un petit signe de main et un petit sourire qui s’efface aussitôt qu’elle perçoit le regard méprisant de Demetrius. Qu’est-ce qui lui était donc arrivé? Certes, ils n’étaient pas toujours sur la même longueur d’onde, mais même aux tout débuts de leur coopération professionnelle, l’homme ne lui avait jamais adressé un tel coup d’œil. Primrose le suit du regard alors qu’il entre dans la vieille maison des Fitzgerald, le perdant ainsi de vue.

Elle se lève d’un bond et rattrape en quelques foulées rapides les miliciens qui s’éloignaient en direction de la mairie. « Hey », les interpelle-t-elle. Ils se retournent et la reconnaissent aussitôt, lui adressant des salutations polies. Si elle ne se mêlait pas des affaires de la milice, elle n’en était pas moins conseillère. « Il s’est passé quoi avec Rosenbach? » Les deux hommes se regardent et haussent les épaules d’un même mouvement, presque synchronisé. « On sait pas, il est de mauvaise humeur aujourd’hui. Il est comme ça depuis ce matin. » Primrose plisse le nez, peu convaincue, mais faute de preuve, elle les laisse filer sans plus de remontrances. Un patient l’attendait et elle n’avait guère le temps de continuer à les harceler pour en savoir plus sur l’humeur de Demetrius.
La médecin en chef retourne donc à l’infirmerie, vaguement soucieuse, pour expédier son rendez-vous prévu – une simple contusion qui guérirait d’elle-même en quelques jours. Alors qu’elle salue sa jeune patiente, elle voit Demetrius s’enfermer dans la pièce de rangement où il avait élu domicile. De toute évidence, il était de mauvais poil, et sa distraction pouvait potentiellement le pousser à faire des erreurs. Si elle s’inquiétait aussi pour lui, elle n’en dirait rien, n’en laisserait rien paraître. Primrose traverse la clinique en quelques foulées, toquant deux petits coups à la porte avant de l’ouvrir. Les protestations de Demetrius ne lui font pas un pli alors qu’elle entre, s’appuyant contre la porte en la refermant.

« Tu sais ce que je pense de fumer dans une clinique de santé. » Le reproche n’en est un qu’à moitié. Elle se sent contrainte de passer la remarque, mais n’insiste pas pour qu’il éteigne. Ce serait redoubler d’insultes à l’endroit d’un homme qui n’en avait clairement pas besoin. « J’ai besoin de contact social et d’une quinzaine de minutes de repos », fait-elle en osant lui décocher un sourire en coin. Elle demeure pourtant obstinément debout, contre la porte, les mains derrière le dos. « T’es sorti ce matin? J’étais pas au courant. J’aurais pu garder un œil sur la petite. »
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MessageSujet: Re: Lost in time, on the edge of suffering. ¦¦ Primrose   Sam 6 Mai - 13:54

Le regard jonglant entre la rage et l'inquiétude, ses yeux suivaient son écriture sur un quelconque papier. Était-ce le dossier un patient ? Il ne le savait pas et au fond n’en avait rien à faire. L'exécution repassait encore et encore dans sa tête comme un vinyle fendu qui repasse sans cesse le même morceau. Demetrius n’arrivait pas à y croire. C’était là le problème. Il se pensait en sécurité, tout du moins un peu. Plus certainement que la situation actuelle sans quoi il n'aurait jamais pris la peine d’amener Sasha avec lui. Il se serait enfuit. Il serait parti loin de ce clan de fou. Aujourd'hui il avait plus cette opportunité. Ils l'avaient à l’oeil. Tous. Et une part de lui n’arrivait pas à se défaire de l’idée quelque peu tenace que Primrose est de mèche avec eux. Il pensait cependant avoir prouvé la valeur de sa médecine. Les efforts : il les avait tous faits. Sans concession : courbant l'échine si cela était nécessaire. Pourtant il était toujours le paria.

Évidemment quand le docteur en chef rentre dans son bureau, il ne peut que montrer de l'hostilité envers celle qui pourtant avait gagné son respect. Tant qu’il n’était pas certain, il la traiterait comme coupable. Parce que c’était plus facile que de nier cette possibilité pour ensuite l’avaler. Primrose semblait particulièrement tenace aujourd'hui. Quand il lui demande de partir mais que malgré tout elle reste campée près de la porte : il se doute fortement que la confrontation est proche. Tant mieux. Autant crever l'abcès avant l'infection.

“Je ne suis pas près de patient, si ?” Réplique-t-il. “Je fais de mal à personne. Sauf à moi mais que je meurs d’une cigarette ou d’autre chose ça change rien n’est-ce pas ? Je trouve même que c'est mieux plutôt que de se faire exécuter.”

Dès lors il continue de fumer. Il aurait eut auparavant la courtoisie d’éteindre son bâton de nicotine. Pas cette fois-ci non. Il en avait trop besoin et les tremblements de ses mains qui ne se calmaient pas en étaient la preuve tangible. Prenant la vache par les cornes, il lui demande d’un ton froid ce qu’elle faisait ici. Probablement pas par courtoisie. On venait rarement le voir pour cette raison. Non pas que ça le dérange. Après tout : il se moquait bien de ce qu’on pense de lui. Demetrius se contente d’hocher la tête et de feindre être intéressé par sa lecture. Primrose explique finalement la raison de sa venue. Le docteur savait qu’il y avait baleine sous gravillons.

“Pas par choix. Tes amis sont venus m’arracher de mes visites quotidiennes.” Demetrius lève finalement ses yeux. Ses amis, dans sa bouche, c’était les miliciens. “En parlant de Sasha…” Il tire longuement sur sa cigarette. ''Si jamais il m’arrive quelque chose, tu peux me promettre de la protéger ? Suivre les lois, les règles elle est habituée elle ne causera jamais de problèmes. ”

Le tutoiement est rapidement revenu dans la bouche du docteur. La nicotine calmait ses nerfs. Il devait garder son sang froid s’il voulait allait au fond des choses.

“Les gens comme moi ne font pas long feu ici. Tes camarades me l’ont fait comprendre.” Et pour être plus clair il continue tout en portant la cigarette à ses lèvres. “Toi aussi ils te demandent de venir pour constater la mort ? Avec ta position je doute cependant qu'il te jette dans la fosse eh ?” Un sourire à la fois narquois et triste apparaît sur son visage. “Ils sont cons, ils devraient savoir qu’un crâne troué par une balle cause une mort instantané. Que des muscles et pas de cerveau. C'est moche. Je ne les envie pas.”

Fumant son cancer, il soutient le regard de Primrose. Il n'allait certainement pas mâcher ses mots malgré l'épée de Damoclès sur sa tête. Il était un homme intègre, probablement trop idiot pour tenir sa langue dans sa poche et avec sa franchise.

“J’ai aussi besoin de savoir si tu cautionnes ces exécutions sommaires, injustes et immorales laissant des orphelins et des veufs ou veuves.’’ Sa réponse déciderait son choix de rester. Si le Doc était de son côté il resterait. Dans le cas contraire il partirait. “Je ne te ferais pas l'affront de te demander si tu étais au courant de ce que les miliciens voulaient faire de moi ce matin.’’

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MessageSujet: Re: Lost in time, on the edge of suffering. ¦¦ Primrose   Ven 26 Mai - 19:55

Primrose ne s’attendait pas à le voir obtempérer, éteindre sa cigarette, et s’était déjà résolue avant même de passer le commentaire à se faire piquer les yeux et les narines par la fumée nocive qui se répandait lentement dans la pièce mal ventilée. Si elle tente de paraître discrète, il semble que Demetrius la voit venir à des lieues à la ronde, et il répond à la question de façon quelque peu hostile, impatiente. Or, ce n’est pas le ton, mais le contenu de la réponse qui la surprend le plus. Il prétend avoir été arraché à sa routine par des amis de la conseillère; pourtant, elle avait peu d’amis, et surtout, aucun d’entre eux n’avait l’autorité de lui soutirer une précieuse ressource humaine sans lui en faire part d’avance. Elle cherche un instant dans le regard de Demetrius une réponse plus précise, quelques bribes d’informations supplémentaires, mais elle n’y voit rien qu’une certaine tristesse. Primrose laisse échapper un petit rire nerveux. « De quoi tu parles? » Bien sûr qu’elle prendrait soin de Sasha s’il arrivait malheur à Demetrius. Ça allait de soi, c’était l’évidence même; elle la protégerait comme s’il s’agissait de sa propre progéniture. Toutefois, elle avait du mal à suivre le train de paroles de son interlocuteur.

Plus il parle, cependant, plus elle semble mettre en place les pièces éparpillées du puzzle qu’il lui présente, la voix tremblante, les doigts agités. Primrose dévouait tout son temps à la clinique et à la médecine; elle ne gérait ni ne cautionnait aucune action milicienne, même si elle en avait techniquement l’autorité. Le récit de Demetrius se poursuit et elle serre les dents de plus en plus fort, crispant sa mâchoire, lorsqu’elle croit comprendre ce qui était finalement arrivé. De l’intimidation, pure et simple, à l’endroit d’un membre certes étranger, mais productif de leur communauté. Une personne qui avait réussi à lui faire accepter la possibilité d’une médecine plus douce, moins chimique, plus humaine, et qui lui avait ouvert les yeux, en tant que scientifique, à des aspects auxquels elle ne se serait jamais attardée. Primrose déplorait la fermeture d’esprit de ceux qui avaient cru bon faire peur à Demetrius par manque de foi. De même, elle était déçue par l’amalgame injuste de l’homme, qui la mettait dans le même panier que le reste de ses détracteurs.

« Si ce que tu me dis est vrai – et je n’ai aucune raison de ne pas te croire –, cette histoire n’en restera pas là », promet-elle, décrispant un poing qu’elle avait serré sans s’en rendre compte. Des miliciens qui agissaient ainsi de leur propre chef pour effrayer les réfugiés qui tentaient tant bien que mal de s’intégrer à la vie du camp ne laissaient rien présager de bon. « Ce n’est pas notre façon de faire. » Elle tenait à le lui préciser, même si elle aurait aimé qu’il le déduise lui-même. Elle n’était pas son adversaire, son ennemie : ensemble, ils étaient plus forts, et elle aurait aimé qu’il lui fasse davantage confiance. Il était toutefois aisé de comprendre pourquoi il était systématiquement sur ses gardes. Il poursuit et elle baisse les yeux. Elle n’était pas toujours d’accord avec les exécutions qu’ils étaient forcés de mener à bien, mais elle ne pouvait pas le dire tout haut; un conseil cohérent était une nécessité absolue, et elle n’aurait pas voulu que ses propos soient déformés, laissant croire à une conseillère dissidente. « Je crois que c’est parfois nécessaire », admet-elle finalement, fixant le bout de ses bottes. « Même si je n’y prends aucun plaisir. Par contre, ce que tu as vécu est inadmissible. Je te promets que j’en parlerai au reste du Conseil. Le fait qu’ils soient miliciens ne les exempte pas de faire preuve de respect; au contraire. »
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MessageSujet: Re: Lost in time, on the edge of suffering. ¦¦ Primrose   Sam 27 Mai - 17:21

La fatigue, le manque de son homme et ce qui s’était passé il y a quelques heures mettaient ses nerfs à rudes épreuves. Même la drogue entre ses doigts n’arrivait pas à le calmer. Demetrius avait peur. Clairement. Son cœur se déchirait à l’idée de laisser Sasha survivre seule et pire encore : ne pas avoir la chance de redire encore et encore à Ash au combien il l’aime. Des regrets, il commençait de plus en plus à en avoir. Pour avoir côtoyé des patients en phases terminales de cancer : il savait que c’était quelque chose de courant quand la mort n’était pas loin. Il allait de soi qu’il était hostile avec tous ceux qui l’approchaient. Et pourtant il appréciait Primrose. Plus qu’il ne l’avouerait jamais, mais au fil des semaines elle avait trouvé une place de choix dans son corps. Dès lors penser qu’elle pouvait être mêlée de près ou de loin à cette affaire brisait son âme.

« Je… » Il commence, puis se ravise. Pourtant Demetrius allait devoir parler si jamais il voulait que Primrose prenne soin de sa fille adoptive dans le pire des cas. Rien ne lui disait qu’Ash était encore en vie.

Après de longues minutes d’hésitation, il trouve la force d’expliquer à demi-mot ce qui s’est passé. Par peur qu’un milicien débarque et entend, il ne prend pas le luxe de raconter clairement et surtout en entière la mésaventure dont il était sorti vivant in extremis. Son regard quitte Primrose pour contempler ses mains tremblantes. Bon sang il ne comprenait pas ce qui lui arrivait, c’est comme si son corps avait décidé de n’en faire qu’à sa tête. Demetrius avait la désagréable impression de ne pas être maître de son corps, de ses émotions : et cela le rendait fou. Rajoutant une couche à son mal-être. Il regarde à nouveau le doc en chef, souffle quand elle dit que cela n’en restera pas là.

« Qu’est-ce que je peux faire eh ? Si je vais raconter ça à Randy ou à un autre : ils ne vont pas me croire. Dire que j’invente. Pour le peu qu’Aleksei partage à nouveau ce qu’il a trouvé dans mon bureau et je signe mon acte de décès maintenant devant toi pour que tu n’es pas à le faire plus tard. »

Demetrius souffle longuement et écrase la cigarette dans le cendrier de fortune qu’il s’était fait à partir d’une can de beans.

« Non… Vous préférez exécuter des gens sans bien fonder. » Il chuchote cette phrase, plus pour lui-même que pour le doc. Son regard se perd dans les papiers qu’il commence à ranger pour tenter de se calmer.

« Tu as raison, cela est peut-être nécessaire, pourtant il suffit d’ouvrir un livre d’histoire pour comprendre que cela n’a jamais servi à rien. Même avec la peine de mort les criminels ont fleurit, qu’importe l’époque ou le contexte. Toutes les sociétés et tout au long de l’Histoire il y a eu la peine capitale : pas pour autant qu’ils s’en sont mieux sortit eh ? Ce qui est moche à Lafayette c’est de savoir qu’un mot de travers et on est accusé avant de finir six pieds sous terre. Quand on presse la détente pour prendre une vie, il faut savoir si la personne est coupable. Trop de sang d’innocents a déjà coulé avec l’apocalypse. »

Conclut-il. Demetrius avait tout simplement des principes et il souffrait silencieusement de voir que l’Homme n’a pas appris de ses erreurs et qu’il reproduit encore et encore le même schéma. Primrose affirme qu’elle en parlerait en conseil, il prend une longue inspiration et pose son dos contre le dossier de la chaise.

« Je ne t’ai pas raconté cette histoire pour que tu ailles la crier sur les toits ou en parler au conseil. Je ne suis pas une pleureuse. » Et il ne leur faisait pas confiance. Le brun ferme les yeux, respire doucement et les tremblants se calment progressivement. « En rentrant à ton service, je t’ai promis que je serais sincère, que je ne te cacherais rien. Je n’ai qu’une parole et je te fais confiance. Je ne compte pas me laisser intimider. » Quand il rouvre ses paupières il lève son regard vers Primrose. « Je suis désolé d’avoir douté de toi. Je suis sur les nerfs en ce moment, mais tu ne devrais pas en subir les conséquences. Et... Et il ne faut pas que je devienne parano en voyant le mal partout. »

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