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 By the way... || Ivy

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ADMIN ▴ KEYS TO THE KINGDOM.
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MessageSujet: By the way... || Ivy   Ven 14 Avr - 19:57

Y'a une brioche dans le four
Ivy ft. Aliénor

C’était la énième fois qu’elle allait aux toilettes pour vomir. Rien de bien méchant, elle met ça sur un coup de froid qu’elle a attrapé lors d’un run derrière Sam sur sa moto. Aliénor ne voulait pas voir les signes qui sont distinctifs d’une condition réservée aux femmes. Elle avait pris de la poitrine, l’odeur de la viande la rendait malade et elle ne pouvait pas passer dans une pièce où des carcasses étaient. Elle avait déjà eu des maux de ce genre quand elle était enceinte de sa fille puis de Charles. Elle avait perdu ses deux enfants. Si elle n’était pas à blâmer dans le premier cas : elle portait sur ses épaules, au quotidien : le deuil de Charles. Elle se sentait responsable. C’était de sa faute s’il était mort et même si Lafayette avait fini de condamner la vie de la chair de son sang : elle était en premier lieu coupable de ne pas avoir été en mesure de le défendre plus. Pourtant, elle avait tout fait pour qu’il soit en sécurité. Avec Sam, ils ont veillé aux moindres détails pour que tout soit parfait. Pour que Charles ne manque de rien et ne souffre pas de la situation. Son aimé était un bien meilleur père que son enfoiré de mari et le petit garçon l’avaient adopté sans grande difficulté il faut dire qu’il rendait sa mère heureuse. Il était encore jeune quand son géniteur est mort pourtant elle l’a entendu parfois parler à Sam des pleurs qu’il entendait sortir de la chambre conjugale. Des informations qui avaient brisé le cœur d’Aliénor. Ce n’était pas à Charles de ressentir le poids des violences domestiques. Pas un jour se passe sans qu’elle ne pense à ses grands yeux bleus, à sa tignasse rousse foncée. Il lui manquait terriblement et elle n’avait pas encore tourné la page. Comment pouvait-elle donc avoir un nouvel enfant ? Niant l’évidence, elle sortit de la salle de bain pour passer de l’eau sur son visage et s’équiper pour partir en run avec Ivy et les autres femmes.
Aliénor vérifie une dernière fois que ses armes sont bien dans leurs étuis : elle n’aimait pas les armes à feu et avait jeté son dévolu en passant par l’armurerie d’un clan vaincu pour deux tonfas. Elle apprenait encore à s’en servir mais au bout d’un an d’entraînement elle se débrouillait plutôt bien. Ayant entendu parlé d’un nouvel arrivant qui savait manier l’arc, elle comptait aller le voir pour qu’il lui apprenne à manier cette arme qui la mettrait à une distance raisonnable du danger. Aliénor n’était pas une sportive ou bien une guerrière. Sa peau n’était plus aussi douce et tendres, pourtant, il ne fallait pas être Einstein pour comprendre qu’avant l’apocalypse elle ne faisait pas un métier manuel. On ne pouvait pas réellement dire de sa personne qu’elle était précieuse. Cependant, elle avait toujours été habituée à un certain confort ce qui n’a pas été le cas de tous les membres des Horsemen. C’est bien pour cela qu’elle se garde bien de parler de son passé. Ses cheveux attachés, elle sort pour rejoindre les filles. Elle regarde Ivy et sort de sa poche une liste :

« J’ai vu la dernière fois un magasin encore barricadé. Je suis certaine qu’on peut y trouver des merveilles en attendant de trouver un autre clan à piller. » Elle remet la liste dans son blouson puis enfile ses gants : « J’ai dit à Sam qu’on serait de retour avant la nuit. » Aliénor n’aimait pas de toute façon rester longtemps en dehors du camp. Par respect pour son compagnon : elle ne souhaitait pas l’inquiéter inutilement.

Aliénor pose sa main amicalement sur l’épaule d’Ivy qui était devenue sa meilleure amie. Non seulement parce qu’elle était une femme qu’elle admirait, qu’elle respectait, mais aussi parce qu’elle était au courant de ce qu’elle a fait. Un secret bien garder que Sam avait fini par dévoiler à la femme de son cœur. Ivy avait tué son mari et Aliénor estimait qu’elle avait une dette envers la jeune femme. Parce qu’elle avait été en mesure de faire ce que la chanteuse d’Opéra n’aurait jamais pu accomplir. Elle s’éloigne et monte dans le fourgon, elle met le contact, attends que les Horsemen désignés pour la mission soient montés avant de démarrer et de partir en direction de ce qu’elle espérait être la caverne d’Ali-Baba. Profitant qu’elles soient seules dans l’habitacle et que les soldats derrière ne puissent pas l’entendre à cause du bruit du moteur, elle confesse :

« Je crois que je suis enceinte Ivy… »
Et ça la stressait. Aliénor ne pouvait plus réellement fermer les yeux sur son état parce que si elle avait raison : alors ils allaient devoir se préparer à avoir un nouveau-né et elle ne savait pas comment Sam réagirait.
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La débauche et la mort ont deux aimables filles, prodigues de baisers et riches de santé, dont le flanc toujours vierge et drapé de guenilles sous l'éternel labeur n'a jamais enfanté. @excelsior
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MessageSujet: Re: By the way... || Ivy   Sam 15 Avr - 21:11



BY THE WAY...
aliénor & ivy






Un soleil encore froid perçait à travers les nuages, les habillant d’un délicat halo de lumière. Quelques rires s’élevaient dans les rues de Ruston, des bottes martelaient le sol, des moteurs rugissaient. Ivy détourna son regard sombre de la fenêtre sale et fixa son propre reflet dans le miroir accroché au mur de la pièce qui lui faisait office de chambre. Elle saisit le tube de rouge à lèvres posé sur la table, l’ouvrit avec délicatesse et appliqua une couche de pigments carmin sur le rose de ses lippes. Son geste était précis, assuré, presque instinctif. Il s’agissait d’un rituel que l’apocalypse n’était pas parvenu à lui voler. La jeune femme accordait une importance non négligeable à son image. Il ne s’agissait pas d’une futile affaire de coquetterie mais d’une question de survie. Son apparence physique avait toujours été l’une de ses armes les plus redoutables. Le noir intense habillant ses yeux, les teintes profondes ornant ses lèvres, le cuir qu’elle aimait porter étaient autant d’éléments voués à servir le personnage charismatique, puissant, redoutable dans lequel elle s’était glissée pour inspirer le respect, la peur, l’obéissance, pour prendre une certaine hauteur, imposer une certaine distance entre elle et ses congénères. Si le goût du pouvoir la grisait par moment, il s’agissait avant tout d’une stratégie visant à se protéger des autres. Une fois apprêtée, Ivy poussa la porte d’entrée et laissa l’air frais soulever sa chevelure sombre. Elle balaya les alentours de ses yeux pénétrants, s’efforçant de croiser le regard de quelques membres du camp afin de leur faire sentir sa position dominante. Elle descendit les quelques marches du perron puis s’engagea dans les rues, marchant d’un pas assuré jusqu’au point de départ de la mission au programme de sa journée. Aliénor ne tarda pas à la rejoindre. Les traits de la rousse semblaient quelque peu tirés et son teint plus pâle qu’à l’accoutumée. La jeune femme ne releva pas ces détails et laissa la horsewoman exposer le contexte et les objectifs de la mission. J’opinai du chef lorsqu’elle partagea sa volonté de rentrer avant la tombée de la nuit. « Hors de question que je rate le dîner, il parait que c’est Ash qui cuisine ce soir. » Un sourire imperceptible s’était affiché sur son visage.

Aliénor posa sa main sur son épaule; Ivy tourna alors son visage vers le sien et fixa un instant ses yeux bleus. La nature de ce qu’elle ressentait à son égard était tout à fait unique et complexe. Les deux femmes étaient liées par le sang, celui de l’ancien mari de la rousse assassiné par la tueuse à gages, dans une autre vie. Afin de trouver en elle la rage nécessaire à un tel acte, Ivy avait toujours eu besoin de créer une connexion intime avec le client qu’elle s’apprêtait à venger. Habituellement, il lui suffisait d’écouter la personne opprimée et de laisser ses émotions résonner en elle. Or, une fois n’est pas coutume, la brune n’avait avant l’homicide jamais rencontré Aliénor. Elle ne la connaissait qu’à travers le récit de Samuel, son amant. Ivy avait du broder, extrapoler, combler les lacunes. Afin de se mettre en condition, elle avait fait d’Aliénor son alter ego. Dans son esprit, plus que jamais, le bourreau de la rousse était devenu le sien.  Leurs histoires, leurs souffrances, leur noirceur s’étaient mêlées. Elle n’était jamais parvenue à déconstruire ce lien puissant. Et puis il y avait Samuel. Lorsqu’elle voyait le couple s’échanger des regards tendres et des gestes attentionnés, elle ne pouvait empêcher son coeur de se serrer. Elle pouvait bien s’évertuer à libérer toutes les femmes opprimées de la planète de la violences des hommes et à réunir tous les amants maudits de la terre, rien ne lui rendrait jamais celui qu’elle avait perdu. La vengeance était un plat fameux mais il lui laissait toujours un goût d’inachevé.

Elles embarquèrent à bord du fourgon et prirent enfin la route. Aliénor lui annonça soudain qu’elle pensait être enceinte. Ivy tourna son buste vers elle et resta figée un instant, abasourdie. Le choc provoqué par ce genre de nouvelles était bien plus important qu’autrefois. Il n’y avait rien de plus naturel et banal pourtant. Les survivants n’avaient plus accès aux moyens de contraception et avaient peut-être plus encore besoin de contact humain qu’auparavant. Une grossesse débutant sous le ciel ténébreux de l’apocalypse suscitait néanmoins énormément d’interrogations et d’angoisses. « Ali… » Elle esquissa un discret sourire, l’arrivée d’un enfant pouvait tout de même être considéré comme une nouvelle réjouissante. Elle ne savait guère comment la rousse envisageait une telle éventualité. Elle n’avait qu’une seule certitude, il fallait absolument trouver le moyen d’affirmer ou d’infirmer cette grossesse. Elle ne pouvait pas la laisser dans l’inconnu. « Je vais te trouver un test de grossesse. » Quelques secondes s’égrenèrent. Ivy pouvait lire l’inquiétude dans ses yeux. Elle posa sa main sur son bras. « Regarde-nous, Ali. Nous sommes les Horsemen, nous pouvons tout faire. Si jamais… Si tu veux le garder, on se débrouillera. Si tu ne veux pas, on trouvera une solution. Rien n’est impossible. » La jeune femme tentait également de se rassurer elle-même. L’arrivée d’un bébé dans leur clan serait inévitablement source de chamboulements insoupçonnés. En outre, elle ne pouvait s’empêcher de penser à toutes les complications susceptibles de se produire pendant la grossesse, pendant l’accouchement. Concrètement, les femmes avaient quasiment autant de chances de mourir en couches qu’au moyen-âge. Ivy prit une grande inspiration, une donnée primordiale manquait à son analyse de la situation. « Est-ce que Sam est au courant ? » Son intuition semblait lui murmurer qu’il ne l’était pas. Ce n’était pas la priorité, après tout. A ses yeux, il n’y avait qu’une  seule urgence : trouver un test de grossesse afin de pouvoir raisonner sur des certitudes.





Dernière édition par Ivy Albrizio le Mar 23 Mai - 22:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: By the way... || Ivy   Sam 15 Avr - 23:52

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Étrangement, elle s’était plutôt bien habituée à la vie des Horsemen. Peut-être parce qu’elle les avait connus avant tout ça et qu’elle avait en tête une image bien différente de celle qu’ils ont actuellement. Aliénor se souvenait des soirées dans le bar où elle chantait : Charles près de Sam ou bien endormis dans un coin. Des moments qu’elle chérissait et qui semblaient loin. Trop loin. A cette époque elle goûtait ses premiers instants de liberté, ses premiers pas dans une vie où elle était complètement maîtresse de ses actions. Le meilleur choix qu’elle est fait : tomber dans les bras de Sam pour ne plus jamais les quitter. Après tout : il avait été celui qui a demandé à Ivy de se débarrasser de son mari. Pourtant, ce n’était pas gagné : elle avait failli mourir des poings de son défunt mari quand son meilleur ami était venu la voir à un concert en catimini. Aujourd’hui, elle s’estimait chanceuse et quand son regard se posa sur la jeune femme responsable de son bonheur actuel dans un monde en perpétuelle dérive : un sourire sincère s’étira sur son visage. Le genre qu’elle n’offre qu’à une poignée de personnes : préférant généralement un regard noir qu’on ne lui connaissait pas avant l’apocalypse. Être au côté de Sam n’était pas seulement une partie de plaisir : elle avait changé pour lui. Non seulement elle s’était endurcie, mais elle était devenue fearless. Encore plus probablement depuis la mort de Charles qui avait noirci son cœur de rancune et de colère contre tout et tout le monde. Aujourd’hui, on la respectait certes parce qu’elle était la compagne de Samuel, mais aussi parce qu’elle avait collé une balle dans la tête d’un homme qui l’avait regardé de travers. Un moment de folie qu’elle regrette secrètement même si elle n’en a fait part à personne. Pas même à Ivy.
La liste sortit, elle vérifia que tout était marqué avant de la montrer brièvement à Ivy. Elles auraient tout le temps d’en discuter en route.

« Ash ? Le nouveau larbin ? Je pensais qu’il servait de pâture en éclaireur ? » Elle hausse les épaules : « Tant qu’il cuisine bien, je suppose qu’on peut le garder en vie. »

Aliénor monte dans le camion et met rapidement le contact pour ordonner aux hommes de monter. Ils n’avaient pas de temps à perdre. Et c’est pour cela qu’elle ne mit pas de temps à parler de ce qui l’empêchait de dormir la nuit. Même les bras sécurisants de Sam n’arrivaient pas à la renvoyer dans ceux de Morphée. Elle ne trouvait pas le repos et cela commençait à fatiguer son organisme. Concentrée sur la route, elle remarque du coin de l’œil qu’Ivy se tourne pour la regarder. Quand elle prononce son prénom, un soupire traverse ses lèvres. Ce ton n’annonçait rien de bon. Ne faisait que confirmer ses craintes et elle sentit ses entrailles se tordre. Elle avait peur. Voilà la vérité. Elle s’était presque faite à l’idée qu’elle ne méritait tout simplement pas d’être mère.

« Merci Ivy. » Cela venait du fond du cœur. « Je dois être certaine, tu as raison. Avant de faire des plans sur la comète et m’inquiéter. Si ça se trouve, ce n’est réellement qu’un coup de froid. » Un timide sourire apparaît au coin de ses lèvres et elle tourne la tête pour la regarder brièvement : « Oui, on est les Horsemen. On peut tout faire. » Pourquoi cette idée la réconfortait ? Elle n’était pas encore en mesure de donner une réponse à cette question. Aliénor enlève une de ses mains sur le volant pour la poser sur celle de son amie. « Je ne sais pas encore ce que je vais faire si… Si j’ai raison. La décision ne me revient pas seulement. » Elle la prendrait, avec Sam parce qu’elle n’était pas toute seule. Elle ne lui avait pas encore dit. « Non, je veux être certaine. Je… Je sais qu’il veut un enfant. Il ne me l’a jamais dit… Mais j’ai vu comment il regardait Charles qui pourtant n’était pas la chair de son sang. » L’ancienne chanteuse d’Opéra regarde les paysages abandonnés défiler. « Même si je ne suis pas dupe… Une grossesse ce n’est pas seulement la possible promesse d’une nouvelle vie. » Un million de questions se poseraient une fois que le verdict tombera. Mais Sam n'était pas comme son défunt époux. Il la traiterai avec respect et elle voulait croire qu'ils parleraient à coeur ouvert de leurs craintes respectives.

Aliénor attrape la carte et suivit la route avec son doigt : au loin se formaient déjà les lignes du centre-ville. Elle accélère et se gare au milieu de la route. Pas comme s’ils avaient des comptes à rendre à quiconque. Elle coupe le contact et sort. Les hommes viennent les voir. Elle leur donne une liste et s’éloigne avec Ivy vers le magasin barricadé.

« Je ne sais pas ce qu’on va trouver là-dedans... Mais faut avouer que c'est tentant. »

Mais elle était curieuse. Ce n’était pas une qualité, mais elle s’en moquait. Elle prend déjà le petit chemin pour rentrer par la porte de service qui ne semblait pas couverte de planche en bois.
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MessageSujet: Re: By the way... || Ivy   Lun 1 Mai - 16:48



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Ivy regardait la route défiler, laissant les dernières paroles d’Aliénor résonner dans son esprit. Bien évidemment qu’elle pensait au pire, elle se surprenait même à le redouter avec une effrayante sincérité. La sicilienne laissa le poids du silence lui lester le coeur. Elle se demandait par quels mécanismes sournois elle en était venue à ressentir ce qui avait tout l’être d’être de l’attachement pour Aliénor et Samuel, elle qui avait fait voeu d’égoïsme et s’était jurée de ne plus jamais donner à une relation le pouvoir de l’anéantir. Or, lorsqu’elle regardait les silhouettes de ses comparses danser derrière les flammes lors de ces soirées qui s’éternisaient sous le ciel noir de Louisiane, elle éprouvait l’étrange envie de bâtir autour d’eux une espèce de famille dysfonctionnelle, un clan d’âmes torturées au nom duquel ils seraient prêts à mourir, prêts à se compromettre, prêts à tuer. Peut-être s’agissait-il simplement de reproduire le schéma mafieux qui l’avait toujours structurée, celui qui était susceptible de la rassurer dans ce monde hostile, peut-être était-il question d’autres rouages qui la dépassaient. Quoi qu’il en soit, la situation la perturbait et l’arrivée potentielle d’un nouveau-né complexifiait encore davantage le tableau. Néanmoins, malgré les doutes et les paradoxes qu’elle gardait dissimulés derrière ses yeux sombres, elle avait la certitude d’être prête à soulever des montagnes pour que l’éventuelle grossesse se passe au mieux. Quant à Samuel, Ivy savait qu’il était capable de tout pour Aliénor. Il lui avait déjà prouvé. « On fera ce qu’il y a à faire. Et je suis sûre que Sam va assurer, quoi qu’il arrive. » Les yeux toujours rivés sur la route, la jeune femme esquissa un petit sourire, espérant que le couple serait sur la même longueur d’onde concernant la décision à prendre en cas d’effective grossesse.

Le véhicule s’arrêta au beau milieu de la chaussée et le ronronnement du moteur cessa brusquement. Les deux jeunes femmes sortirent de l’habitacle avec assurance, comme si elles s’apprêtaient à conquérir le monde. Après avoir donné les consignes aux hommes les accompagnant, elles se dirigèrent vers le magasin qu’elles avaient prévu d’explorer. Le bâtiment se dressa devant elles, au bout d’un petit chemin. Les issues étaient recouvertes de planches de bois probablement clouées par le propriétaire des lieux. Sans doute espérait-il que son départ ne serait que temporaire et qu’il retrouverait rapidement ses richesses intactes. Peut-être au contraire s’était-il barricadé à l’intérieur, peut-être retrouveraient-elles son cadavre en putréfaction en train de se mouvoir entre les étalages. Elles ne tardèrent pas à arriver au bout de l’allée qui menait à l’entrée de service. Ivy passa devant et posa sa main sur la poignée qu’elle tourna délicatement. Ressentant une certaine résistance alors qu’elle tentait de faire pivoter le battant, elle n’insista pas et la relâcha doucement. Elle s’agenouilla et posa son sac à terre. Elle en sortit une petite boîte en métal qui contenait entre autre deux épingles à cheveux coupées aux extrémités et pliées de manière différente. Elle s’en saisit puis s’attaqua calmement à la serrure. Elle ne prit pas la peine de demander à Aliénor de la couvrir, son alliée savait très bien ce qu’elle avait à faire.

Parfaitement concentrée, la sicilienne aligna une à une les goupilles sur la ligne de césure à l’aide de la première épingle puis déplaça une ultime fois la seconde afin de libérer la serrure. Elle se releva, remit son sac à dos et entrouvrit la porte. Une odeur pestilentielle envahit aussitôt ses fosses nasales, elle referma instinctivement le battant tout en plaquant sa main libre sur le bas de son visage. « Putain, ça pue à faire crever un rat mort là-dedans… » Il lui semblait que les femmes enceintes étaient particulièrement sensibles aux odeurs, elle osait espérer qu’Aliénor échappe à cette statistique. Ivy sortit de son sac un foulard qu’elle enroula autour de son cou puis masqua son nez à l'aide du tissu. Elle prit une grande inspiration avant d'ouvrir à nouveau la porte et de s’engager à l’intérieur de la première pièce qui faisait vraisemblablement office de vestiaire et de salle d’archivage. Quelques cartons jonchaient le sol, des feuilles de papier et du matériel de papeterie s’étalaient sur le bureau. Une tasse de café trônait en haut d’un casier. Au fond de la pièce, une porte ouverte débouchait sur ce qui semblait être un petit couloir. Il n’y avait pour le moment aucun signe d’une quelconque présence dans le bâtiment. La puanteur ambiante devait néanmoins émaner d’une source située à l’intérieur du magasin, il pouvait très bien s’agir de viande périmée mais prudence était mère de sûreté. La brune se retourna vers sa comparse. « Tu survis ? » Tout laissait à croire que les stocks du magasin n’avaient pas été pillés ce qui était exceptionnel tant de mois après l’apocalypse. Il leur fallait absolument continuer. La brune aurait pu suggérer à son acolyte de rester humer l'air frais à l'extérieur tandis qu'elle explorait les lieux mais elle trouvait le principe d'une telle proposition extrêmement insultant. Enceinte ou non, Aliénor restait une horseman à part entière. Si les rôles avaient été inversés, Ivy n'aurait jamais supporté d'être reléguée sur le banc de touche sous prétexte qu'un hypothétique embryon aurait pu élire domicile dans son utérus.





Dernière édition par Ivy Albrizio le Mar 23 Mai - 22:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: By the way... || Ivy   Mer 3 Mai - 11:37

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Aliénor ne pouvait pas empêcher ses paumes de serrer le volant du camion. Nerveuse elle l’était et ce n’était pas le run qui la mettait dans cet état. C’était bel et bien l’alien qui pouvait être dans son ventre. Tant qu’elle ne savait pas : elle ne voulait pas faire des plans sur la comète et s’imaginer déjà avec un nouveau-né. La vision était aussi exaltante que douloureuse ramenant avec elle les souvenirs de ses maternités précédentes. Sa fille et Charles n’étaient plus. On lui a arraché et rien ne lui prouvait que si elle mettait au monde un autre enfant elle serait en mesure de le protéger. Ce n’était pas tant la possibilité de mourir dans l’acte de donner naissance, c’était l’après. Une fois que l’être n’est plus dans son ventre, qu’il est susceptible de se faire tuer par un agent tiers. Aliénor était bien trop maternelle pour son propre bien. Il n’y avait qu’à voir sa relation avec Rue pour comprendre qu’elle avait ce besoin presque viscérale de protéger les plus jeunes. Dans un monde de brute, dans leur monde : il n’y avait probablement pas de places pour ce genre de sentiments et pourtant elle n’avait jamais vu d’Horsemen faire du mal à un enfant ou bien ils se cachaient vraiment bien. En effet, elle n’était pas certaine que Sam laisserait passer une telle chose. Son père non plus d’ailleurs. Les paroles d’Ivy finissent de soulager un tant soit peu son cœur et quand elle tourne sa tête une dernière fois pour la regarder : elle comprendre que les paroles de la brune ne sont pas en l’air. Elle pense sincèrement les paroles qu’elle venait de dire et ça la rassurait. Aliénor avait tellement à apprendre d’Ivy, de cette femme extraordinaire. Elle était son modèle et l’ancienne chanteuse d’Opéra se saurait chanceuse si elle pouvait un jour lui ressembler un peu. Elle avait déjà tant appris de cette redoutable Horsewoman qui faisait peur à tous et surtout aux hommes.

Arrivé à destination, elle sortit avec ses armes et les rangea soigneusement pour finalement sortir son m9. Ce n’était pas une arme de guerre, mais elle était légère et elle se débrouillait plutôt bien avec cette dernière. Aliénor n’était certes pas une femme valeureuse, une pro des armes mais elle avait fait quelques années de Wing Chung et apprenait à manier les armes. A feu et blanches. Aller sur le terrain était le meilleur entrainement possible selon elle. S’endurcir et apprendre. Une pierre deux coups. Elle laisse Ivy faire son travail : montant la garde attentivement jusqu’à attendre le cliquetis distinctif que le verrou était maté. Impressionnée comme toujours, elle regarda avec admiration la jeune femme qui ouvrit la porte. L’odeur qui s’échappait du bâtiment était tout bonnement insupportable. Elle tousse plusieurs fois d’ailleurs : se retenant de vomir une nouvelle fois. Si elle n’était pas enceinte… Elle en avait définitivement tous les symptômes !

« Je pense que les rats n’ont jamais été aussi heureux de cette apocalypse. Nourriture à volonté et pas d’humains pour les exterminer : juste des rôdeurs pour les manger je suppose mais ils sont rapides et petits : ils peuvent leur échapper. »

Commente-t-elle tout bas. Elle suit l’exemple d’Ivy et met un foulard sur son nez avant de la suivre à l’intérieur. Arme en main, elle glisse près de cette dernière une lampe torche comme faisait les policiers dans les séries qu’elle regardait en rentrant le soir et quand son époux n’était pas là. Aliénor regarde rapidement dans le bureau ce qui pouvait être utile mais il n’y avait rien. Alors elle continue de s’avancer derrière celle qu’elle considérait comme son amie. Quand elle lui demande si elle survit : elle hoche la tête.

« Rien ne vaut une bonne odeur de putréfaction pour se réveiller eh ? » Taquine-t-elle alors qu’elles arrivent dans la pièce centrale du magasin. Aliénor remarque avec enthousiasme que rien n’a été touché. « Regarde-moi ça… » Elle est surprise et en un sens presque émerveillée. D’une elle avait toujours apprécié l’exploration bien que le danger attendait à chaque coin de rayons ; de deux il y avait beaucoup de nourritures. Se souvenant des conseils de Sam, elle range son arme à feu et sort sa dague. .Le bruit attirait les choses. « Des endroits qui ne sont pas touchés comme ça… C’est extra ! » Mais cela pouvait aussi cacher des dangers alors elle ne s’emballe pas plus que cela et tape contre l’étagère en métal pour attirer des possibles rôdeurs : mais il n’y a pas un bruit. C’était trop calme. Elle s’avance dans les rayons et après quelques minutes ouvre son sac pour prendre les conserves et tout ce qui pouvait se garder longtemps. Arrivée au rayon sanitaire elle attrape un test de grossesse et le regarde longuement. Elle regarde Ivy :« Ça m’a toujours fait rire que ça soit à côté des préservatifs. »

Ironique. Elle le glisse dans sa ceinture et continue de prendre ce qu’elle juge utile comme des produits féminins. Fuck les hommes après tout ! Elle va pour prendre une boite de tampon quand elle entend des grognements significatifs. Aliénor se retourne vers Ivy quand sa cheville est saisit et tirer. Poussant un cri de surprise, elle tombe au sol : sa tête vient frapper l’étagère derrière la sonnant un peu. Elle ne s'attendait vraiment pas à ça. Au sol cependant, elle voit tout de suite les deux yeux blancs que sa lampe torse met en valeur. C’était un enfant. Son cœur s’arrête et elle panique. Un adulte ne la dérangeait pas, mais elle n’avait pas encore vu des enfants en rôdeurs et cela lui glaçait le sang. Elle cherche nerveusement sa lame et la plante par réflexe dans le poignet de l’enfant qui lâche prise lui permettant de se reculer vivement en haletant.
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MessageSujet: Re: By the way... || Ivy   Sam 13 Mai - 16:04



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Les yeux sombres d’Ivy brillaient d’une joie artificielle devant la caverne d’Ali Baba dont les trésors se dévoilaient sous la lumière crue de sa lampe de poche. Les survivants étaient bien plus habitués à la tristesse des étals vides qu’à la profusion de denrées telles que celles qui s’amoncelaient devant elle si bien que la sicilienne en était presque éblouie. Un sourire se dessina au coin de ses lèvres tandis qu’elle attrapait quelques tablettes de chocolat noir exhibées sur un présentoir pour les ranger dans son sac à dos. « Je prends ça comme notre récompense céleste pour continuer à supporter cette odeur de mort sans gerber. » Son nez semblait commencer à s’habituer à cette infâme puanteur mais la brune continuait à s’interroger sur son origine. Elle se dirigea vers le rayon boucherie. Quelques steaks et autres escalopes de dinde sous vide arboraient une couleur fort suspecte mais l’emballage permettait de limiter toute propagation olfactive. Quant à un éventuel rayon poissonnerie, le magasin ne semblait pas en être doté. L’alimentation n’était de toute évidence pas à la source de la redoutable pestilence qui envahissait les lieux.

Ivy rejoint Aliénor qui contemplait les préservatifs, un test de grossesse à la main.  Elle sourit en réaction à sa remarque tout en vidant l’étagère consacrée au matériel de premier secours située juste à côté. « Quand j’étais petite, ma mère n’achetait jamais ses pansements au supermarché. Elle préférait les payer trois fois plus cher à la pharmacie plutôt que de passer par le rayon de Satan. » La bigoterie de sa mère n’avait pourtant jamais protégé la jeune femme du côté obscur, bien au contraire. Le diable, il s’était subrepticement insinué en elle à chaque coup de rein de ces hommes qui n’avaient jamais jugé utile de lui demander son avis avant de prendre possession de son corps. A cause du règne du patriarcat tout puissant, à cause du tabou qui avait toujours plané autour des questions relatives au sexe au sein de sa famille, il lui avait fallu du temps pour réaliser que son corps lui appartenait, que son consentement avait une importance, qu’elle avait le droit de se refuser à quelqu’un. Trop de temps, suffisamment pour qu’on lui vole son âme. Cette lacune, ce defect, ce vide, il lui semblait l'avoir reconnu fut un temps dans le regard de la chanteuse. Elle le reconnaissait dans le regard de bien trop de femmes.

Le cri de son amie la sortit de ses songes. Elle se retourna aussitôt et vit Aliénor au sol, la cheville prisonnière des griffes d’un minuscule rôdeur. Il s’agissait vraisemblablement d’un enfant. Sa coupe au bol et ses lunettes rondes donnaient àson visage un air presque poupin. La sicilienne dégaina son couteau tandis que la rousse vint planter le sien dans le poignet du petit assaillant. Ivy fronça les sourcils. Elle concevait tout à fait qu’Aliénor puisse perdre ses moyens face à un zombie de cet âge, surtout dans le contexte actuel. La brune quant à elle n’avait jamais réellement éprouvé de difficultés à refroidir les petits rôdeurs qui avaient eu le malheur de croiser sa route. Elle les trouvait particulièrement étranges, presque inhumains, comme s’ils n’appartenaient pas à la même planète et, en un sens, cela lui facilitait la tâche. Ivy contourna le gamin et vint planter proprement sa lame dans la base de son crâne.« Repose en paix, Zombie Potter… » La jeune femme racla son couteau sur le coin d’une étagère et tendit sa main à Aliénor pour l’aider à se relever. « Ca va ? »

Alors qu’elle attendait la réponse de son amie, le regard de la sicilienne fut attiré par une paire de bottes qui semblait dépasser d’une allée, une dizaine de mètres plus loin. Les doigts crispés autour du manche de son couteau, la brune s’approcha. Le cadavre d’un géant bedonnant gisait sur le sol, entre les paquets de céréales et les pots de confiture. Ses viscères était répandus à l’extérieur de son abdomen, une partie de son intestin grêle avait glissé sur le carrelage. Des millions d’asticots grignotaient ses entrailles. L’effroi s’était rigidifié sur son visage blême, un couteau était planté au beau milieu de son front. Ivy remonta son foulard au dessus de son nez. « Je crois que j’ai trouvé Hagrid. » Elle s’approcha du cadavre pour lui faire les poches. Rien, comme si l’insoutenable spectacle qui s’était dévoilé à ses yeux ne méritait pas une petite récompense céleste. Foutu destin.





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MessageSujet: Re: By the way... || Ivy   Dim 14 Mai - 19:54

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Les étagères pleines étaient vraiment quelque chose d’inespéré. Cela était même trop beau pour être vrai et Aliénor ne pouvait pas s’empêcher de croire qu’il y avait un piège. Ce n’était pas possible autrement. Comment se faisait-il que tout soit intouché ? Le chocolat trouva sa place dans le chocolat de son amie ce qui la fit rire : « Hell yeah ! Aliénor en profite à son tour pour prendre des sucreries dont les bonbons favoris de Sam. Elle lui ferait la surprise ce soir en rentrant. L’odeur nauséabonde qui semblait s’incruster dans les vêtements donnait la nausée à l’ancienne chanteuse d’Opéra. Ce genre d’endroit contrastait avec tout ce qu’avait été sa vie avant la mort de son époux ne côtoyant que le luxe et les milieux huppés de la société. Rien n’indiquait la provenance de cette odeur, mais Aliénor ne s’attarda pas sur ce détail : elle préférait se concentrer sur les vivres nécessaires. Elle trouva un test de grossesse, se permit de faire une réflexion sur les préservatifs, mais ne s’attendait pas à ce qu’Ivy parle un peu de sa vie privée.

« Le rayon de Satan eh ? En voilà une idée mal reçue. » Elle sourit : « Je pense que mes parents n’ont jamais eu en tête d’utiliser des préservatifs après ma naissance étant donné qu’ils ne côtoyaient plus le même lit. » Les joies des mariages arrangés entre autres.

Tout s’est passé vite, bien trop vite. En l’espace de quelques instants elle se retrouvait au sol : sa cheville serrée fermement par une main en décomposition. Celle d’un enfant. Aliénor n’en avait encore jamais vu et elle était perturbée par cette vision complètement surréaliste à ses yeux. Ce n’était pas possible non. Ce n’était pas une chose imaginable… Charles serait-il devenu comme ça ? Elle n’a pas réellement le temps d’y penser : elle lève son bras et plante son arme dans le poignet de la chose. Ivy ne tarde pas à arriver et à mettre un terme à la souffrance du mort-vivant. Un millier de questions s’entrechoquent alors dans sa tête. Elle est sourde à ce qu’il l’entoure, aux paroles adressées au cadavre et ne réagit pas tout de suite en voyant la main d’Ivy. Complètement déconnectée de la réalité, Aliénor à réellement du mal à reprendre ses esprits. Pourtant, elle lève son bras et se hisse sur ses deux jambes fébriles.

« Je… Oui. »
Elle se racle la gorge et prends une longue inspiration. Comme elle aimerait que ça soit de l’air frais, mais ce n’est absolument pas le cas et elle doit poser sa main devant sa bouche pour retenir le contenu de son estomac.

Aliénor voit les muscles d’Ivy se tendre à nouveau alors elle reprend ses esprits et serre son arme : le poing levé prêt à aider sa camarade. Mais le danger semblait déjà mort. Elle se redresse et range son arme avant de soupirer longuement : détournant le regard devant ce spectacle. Elle n’arrivait décidément pas à se faire à ces choses. Trop sensible peut-être ou tout simplement pas encore assez forte pour accepter ce quotidien morbide. C’est pour cela qu’elle se forçait à sortir des murs du camp. Pour se confronter au monde extérieur et s’endurcir. Elle aimait croire qu’elle avait été déroutée à cause de l’enfant et non de sa condition. Elle avait abattu des adultes sans problèmes. Son instinct maternel, cependant, supportait extrêmement mal, voir par du tout en l’occurrence, de voir des rôdeurs enfants. Ivy s’approche du corps et le fouille. Aliénor retourne sur ses pas pour glisser le test de grossesse sortit de sa boîte dans sa poche arrière et revient dans le rayon où ‘Hagrid’ gisait. Elle prend les céréales.

« On pourra dire aux mecs de venir prendre le reste, mieux vaut prendre tout ce qu’on peut. Sait-on jamais ce que l’avenir nous réserve ! » Aliénor était toujours prévoyante. Son sac rempli à ras le bord, elle fait un dernier tour. « Je suis désolée pour tout à l’heure. Je n’aurais pas dû paniquer comme ça, je sais que c’est dangereux. » Sam lui avait répété encore et encore. « Je… Je n’avais jamais vu un enfant transformé. » Et on peut dire que cela a été un choc pour elle. « Je pense que j’aurais mieux réagi si Charles était encore en vie. »

Mais cela était une autre histoire, elle pose le sac près de l’entrée : au cas où elles devraient partir en urgence et va chercher une bouteille d’eau chaude mais mieux que rien. Elle en boit plusieurs gorgées puis regarde Ivy :

« Je reviens… »

A peine sa camarade prévenue qu’elle sort sa lame et pousse la porte d’un débarras. Le cagibi est vide. Elle cherche un sceau du regard et se déshabille pour uriner rapidement sur le test avant de se reculotter fissa. Aliénor peureuse n’avait pas envie de rester seule trop longtemps bien que le danger semblait être écarté à l’intérieur de la supérette. Son affaire fait, elle revient vers Ivy.

« Y’a plus qu’à attendre. »
Elle ne veut pas voir tout de suite le résultat, alors elle re glisse le teste dans la poche arrière de son jeans. Les Horsemen arrivent, il regarde tour à tour Ivy puis Aliénor :

« WOW ! C’est incroyable ! » La compagne de Sam hoche la tête, elle laisse Ivy donner les ordres et remet son sac sur le dos.  
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MessageSujet: Re: By the way... || Ivy   Mar 16 Mai - 0:41



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Ivy se releva et son regard resta posé quelques secondes sur le cadavre en décomposition. La mort n’était pas inerte, elle n’était pas immobile, elle n’était pas statique. La mort grouillait, elle excitait les sens, elle engendrait la vie. Tout était une question d’échelle, de perspective. La brune décrocha une banderole vantant les mérites d’une promotion sur les haricots verts et cacha la dépouille aux yeux du monde. Elle hocha la tête lorsqu’Aliénor proposa de vider le magasin jusqu’à la dernière boîte de conserve.  Les Horsemen n’étaient pas du genre à laisser le moindre bien de consommation derrière eux, les autres survivants n’avaient qu’à être plus performants et les devancer sur le terrain. Il n’y avait pas à discuter, ils prendraient tout, comme à leur habitude.

Les deux équipières firent un dernier tour de repérage avant de lâcher les hommes. Aliénor était préoccupée par sa réaction face à l’enfant rôdeur, elle semblait faire le lien entre cette dernière et la fin tragique qu’avait connu son fils Charles. La sicilienne ne prétendait pas pouvoir comprendre l’enfer qu’avait traversé son amie. Néanmoins, elle ne connaissait que trop bien cette violente et abominable douleur qui déchire les entrailles, qui tord la poitrine, qui collabe la trachée, celle d’une figure d’attachement, d’un amour fusionnel qu’on vous arrache. Lorsque la brune avait perdu son bien aimé, elle avait cru mourir, elle avait cru mourir mille fois. Elle avait cru être morte, comme si le deuil l’avait vidée de tout élan vital, qu’il ne restait plus rien, plus que les ténèbres d’un néant abyssal. La plaie ne s’était jamais refermée, elle était encore à vif et entre ses berges infectées avaient germés les bourgeons de cette rage, de cette vengeance malsaine qui dirigeait encore souvent ses actes, ses pensées, ses émotions. La perte de son premier amour l’avait dévastée, marquée à jamais. Ce n’était pourtant pas sa chair dont elle avait dû faire le deuil. Ivy esquissa un sourire. « T’en fais pas ma belle, on a tous un talon d’Achille. » Ivy ne comptait pas s’étendre sur le sujet, elle n’aimait pas parler de Charles. Elle n’avait jamais su trouver les bons mots pour évoquer le drame. En bonne barmaid, elle s’était contentée d’écouter Aliénor en serrant les dents et de remplir son verre de whisky.

La sicilienne profita de la brève absence de sa partenaire pour glisser une bouteille de gin dans son sac à dos. Sa comparse ne tarda pas à sortir du placard à balai et les renforts débarquèrent quelques secondes plus tard. Ivy leva le regard au ciel devant les yeux de merlans frits attardés avec lesquels les hommes détaillaient les produits entreposés dans le magasin. « Ce qui est incroyable c’est ce que vous allez prendre si vous continuez à rester les bras croisés. Chargez-moi tout ça dans le camion et si j’en vois un seul s’ouvrir une canette de bière vous aurez tous affaire à moi. » La brune croisa les bras. Elle avait bien conscience qu’elle penchait quelque peu vers l’excès en matière d’autorité. Ce n’était néanmoins pas une question de plaisir personnel mais une nécessité. Se montrer trop douce et maternante reviendrait à rappeler aux hommes le statut qu’ils avaient bien trop tendance à attribuer aux membres du sexe opposé, celui d’être inférieur voué à être dominé, protégé, utilisé. Sa réputation, Ivy l’avait durement acquise. Elle ne pouvait se permettre d’y faillir, quitte à paraître sèche et impitoyable aux yeux des membres de sa propre communauté. La sicilienne haussa les sourcils. « On vous attend dans le fourgon, faites-nous signe quand vous avez fini. »

La jeune femme prit la direction de la sortie, attrapant un tube de rouge à lèvres accroché en tête de gondole au passage puis rejoignis la cabine du camion et attendit qu’Aliénor prenne place à côté d’elle. Une fois les portières closes, elle se tourna vers la rousse. « Je crois qu’il est temps de rompre le suspense. » Pendant son bref mariage, Ivy avait eu l’occasion de passer à plusieurs reprises l’épreuve du test de grossesse. Il arrivait à la jeune femme de ne pas pouvoir prendre sa pilule contraceptive qu’elle se procurait clandestinement et, son mari ayant un appétit sexuel insatiable, elle avait eu droit à quelques belles frayeurs. Etrangement, Ivy n’était jamais tombée enceinte, comme si son utérus s’était de lui-même décrété hostile à l'implantation de tout embryon héritier du patrimoine génétique du salopard qui partageait sa couche. Quoi qu’il en soit, elle savait que les résultats de ces tests se faussaient au bout de quelques minutes, il était de ce fait impossible de remettre l’échéance à plus tard. Le moment de vérité était venu.  





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MessageSujet: Re: By the way... || Ivy   Ven 19 Mai - 2:07

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La chanteuse d’Opéra était surprise de voir Ivy recouvrir le corps du malheureux avec une banderole. Elle ne s’attendait pas à ça et ce simple geste suffit à étirer un sourire sincèrement sur son visage fatigué et pâle bien que caché par son bandana. Un hommage peut-être inutile, très certainement même, mais pour Aliénor il y avait des petits gestes comme ça qui permettaient aux survivants d’avoir un semblant de civilité. En attendant, les Horsemen devaient s’assurer que toutes les richesses qui se trouvaient dans le magasin leur reviennent. Ils devaient se préparer aux pires, c’est seulement comme cela qu’ils pourraient survivre. Aliénor en était convaincue et aujourd’hui elle devait protéger sa nouvelle famille et son aimé. La sienne étant morte lorsque Charles a rendu son dernier souffle : la jeune femme devait se concentrer sur le futur qui résidait peut-être dans son ventre. Les mots d’Ivy lui étaient chers et son regard traduisait sa gratitude ainsi que la tendresse qu’elle éprouvait pour elle. La Horsewoman était une amie à ses yeux. Elle s’éclipsa finalement pour utiliser le test de grossesse. Il ne servait à rien de tourner autour du pot. Dans le pire des cas : deux mois suffiraient pour confirmer sa possible condition.
En revenant, elle eut le loisir d’admirer Ivy donné ses ordres et remettre à leurs places la testostérone. Le visage d’Aliénor est fermé, elle toise du regard les hommes et emboîte le pas de la jeune femme. Une fois dehors : elle prit une longue inspiration pour respirer l’air frais. Elle enlève le morceau de tissu tout en regardant le ciel. Il n’y avait aucun nuage. Tout était calme, pas de mouvements alors elle contourne le camion pour monter derrière le volant. La réflexion d’Ivy la fit doucement sourire. Tremblante, elle se redresse légèrement pour tirer le test de sa poche arrière. Elle avait soigneusement glissé la chose pour que quand elle la retire : elle ne constate pas tout de suite le résultat. Aliénor prend une longue inspiration et retourne le test pour voir deux barres roses. Elle sourit et le montre à Ivy :

« Il semblerait que les Horsemen vont avoir leur premier bébé. » Elle était heureuse… Sincèrement ! Aliénor n’en revient pas. Elle se laisse complètement tombé dans le siège conducteur. Elle se met à rire. Puis elle reprend son sérieux : « Il semblerait que maintenant il me reste à l’annoncer au papa. » Aliénor tortille nerveusement ses doigts : « C’est la première fois que je vais attendre un enfant qui est désiré par les deux partis. » Même si Charles avait été comme une bénédiction après qu’on lui ait arraché sa fille. Elle grommelle d’ailleurs : « Et personne ne me l’arrachera cette fois-ci. » Sa voix était dure, elle était déterminée. « Je ne laisserais rien arriver à cet enfant ! »

Les hommes sortent les bras chargés de vivres, Aliénor les regarde avant de faire une requête à la femme à côté d’elle : « Tu m’apprendrais à tirer ? » Elle se tourne vers elle. « A manier les armes à feu ? » Elle repose son regard sur les hommes : « Je veux être en mesure de protéger mon enfant et de m’imposer près de Sam, près des autres Horsemen aussi. » Son regard glisse à nouveau sur la brune : « Et tu es à mes yeux l’une des personnes les mieux placés pour ça. » Elle ne disait pas ça pour la flatter, elle le pensait vraiment. « J’ai arrêté de compter le nombre de fois où je me dis que j’aimerais avoir ta trempe et ton courage. »
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MessageSujet: Re: By the way... || Ivy   Mar 23 Mai - 22:52



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C’était un grand moment de l’histoire des Horsemen qui s’écrivait. Aliénor était bel et bien enceinte et elle semblait sincèrement ravie. Un large sourire se dessina sur les lèvres de la sicilienne. Ses sourcils s’étaient haussés et ses yeux exprimaient une joie profondément factice mais tout à fait crédible. « Félicitations ma belle ! » Ivy jouait un rôle, comme à son habitude. Cette fois pourtant, elle le faisait non pas pour servir ses propres intérêts mais pour ne pas heurter son amie. Ivy aurait aimé partager la jubilation de la future mère mais cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas éprouvé la moindre once de réel bonheur. Elle avait appris à devenir sourde et hermétique aux émotions qui émanaient du plus profond de son être, celles qu’elle ne pouvait contrôler, celles qu’elle refusait d’affronter. Cette profonde tristesse, cette peur qui la dévorait, cette colère crue qu’elle avait sublimée mais dont l’essence pure, ardente, ignoble avait le pouvoir de la faire crever de douleur, la jeune femme était parvenue à les étouffer, à les réduire au silence mais à un terrible prix. Elle avait été contrainte de sacrifier tout le reste dans la bataille. Dont la joie, dont l’amour. Ivy était tellement bonne actrice que les émotions qu’elle jouait faisaient parfois trembler les parois de son âme, elle-même se laissait de temps à autre embarquer par sa propre interprétation mais elle savait pertinemment qu’au fond, elle n’était qu’un imposteur.

Aliénor paraissait trop absorbée par les pensées qui commençaient à l’assaillir pour remettre en question l’authenticité de la réaction de la sicilienne. Le passé et le futur commençaient à la rattraper. Ivy lisait en elle la terrible peur de voir l’histoire se reproduire mêlée à cette sorte de défi qu’elle lançait au destin, comme pour conjurer la malédiction qui semblait la poursuivre.  La brune appuya son dos contre son dossier et lança son regard au delà du pare-brise. La réalité dans laquelle cet enfant allait voir le jour était impitoyable. Aliénor allait devoir se battre pour mener sa grossesse à terme, elle allait devoir se battre pour le mettre au monde, elle allait devoir se battre pour qu’il survivre. Une montagne d’épreuves et d’obstacles se dressait devant elle. La future mère semblait en être parfaitement consciente puisqu’elle ne tarda pas à demander à l’ex mafieuse de lui apprendre à se défendre. Elle poursuivit en évoquant son prétendu courage. Elle avait envie d’éclater de rire. Elle n’avait rien de courageux, bien au contraire. Elle avançait constamment masquée, dissimulée derrière le faux personnage qu’elle s’était construit. Le seul courage qu’elle avait était celui d’assumer être une mauvaise personne. Ivy prit une grande inspiration tout en levant doucement les yeux au plafond. « Ne t’inquiète pas, je serai toujours là pour te protéger. »

La brune marqua quelques secondes de silence puis laissa échapper un éclat de rire cristallin. « C’est ce qu’ils disent tous. Tous, même les gars comme Sam. » Tous, sauf son père. Ivy avait appris à appuyer sur une détente avant même de savoir tenir correctement un stylo.  C’était probablement grâce à cela qu'elle était encore en vie. Elle se tourna vers Aliénor et la fixa dans les yeux d’un air grave. « La vérité c’est que la seule personne capable de te protéger, de protéger ton enfant, c’est toi. » Ivy eut une pensée cynique pour tous ceux qui avaient juré sur leur vie qu’ils ne laisseraient jamais personne lui faire du mal. Où étaient-ils lorsque sa mâchoire volait en éclats sous les coups des hommes de son oncle ? Où étaient-ils lorsqu’elle se faisait violer chaque soir par son propre mari ? Où était-ils lorsque Reaper la traquait comme une bête ? Certains d’entre eux se cachaient derrière les poings avides de sang, derrière le membre forçant jour après jour son intimité, derrière le contrat mis sur sa tête. La jeune femme esquissa un sourire. « Alors oui, je t’apprendrai. » Manier les armes était une chose, apprendre à survivre à tout prix en était une autre.  L’expression n’était pas neutre. Blesser n’était pas anodin, tuer n’était pas anodin trancher la gorge d’une gamine de douze ans pour une boîte d’antibiotiques n’était pas anodin. L’ignominie des actes qu’Aliénor pourrait commettre pour protéger cet enfant serait à la mesure de l’amour qu’elle lui porterait. Ivy aurait beau lui apprendre toutes les techniques de combat de l’univers, elle ne pourrait jamais la préparer à l’horreur des crimes que la force du lien maternel pourrait l’amener à perpétrer. La brune jeta un oeil aux hommes qui s’activaient à travers la fenêtre, les sommant d’aller plus vite. Il était hors de question de rater le dîner. « On commence quand tu veux. Sam n’a pas besoin d’être au courant si tu préfères que ce soit notre petit secret. » Ivy esquissa un discret sourire. Malgré le discours qu’elle venait de lui tenir,  il était clair que la sicilienne ne laisserait personne tirer avantage de sa condition de femme enceinte pour lui faire le moindre mal. Ajouter une nouvelle ligne à sa liste de victimes ne lui faisait pas peur.



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MessageSujet: Re: By the way... || Ivy   Jeu 25 Mai - 0:55

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Une femme pouvait-elle ne pas être heureuse de cette nouvelle ? Alors que la mort déambulait autour d’eux : voilà qu’ironiquement elle portait la vie. Pire encore, elle allait devoir mener à bien cette grossesse entourée d’hommes et femmes violents, vils et manipulateurs. Autant dire qu’Aliénor redoutait cela. Peut-être bien plus qu’avoir un enfant. Tant de questions venaient tambouriner dans son esprit, il y avait tant de choses à penser, à prévoir… Chaque détail devait être pensé et anticipé. Ces deux barres voulaient dire tellement et pourtant… Rien. Tant que Sam n’était pas mis au courant : elle ne pouvait rien faire si ce n’est soufflé longuement. Est-ce qu’Ivy était réellement heureuse pour elle ? Pour eux ? Aliénor ne pourrait pas la blâmer si ce n’était pas le cas. Parce qu’après tout elle aussi avait des sentiments contradictoires. Il était encore temps après tout de ne rien dire. De trouver un moyen d’avorter et de terminer à jamais cette histoire. Seule Ivy était au courant de cette nouvelle. Personne d’autre. Il n’y avait aucun doute sur le fait que si elle lui demandait là tout de suite : elle l’aiderait et elles trouveraient un moyen d’effacer ça. Un secret entre elles. Aliénor en serait-elle seulement capable ? Si elle n’était plus croyante : une part de sa personnalité s’accrochait à la foi donné par ses parents. Il était donc impossible de faire une telle chose.
Et pourtant, ne serait-il pas une bénédiction pour cet enfant à naître de faire une telle chose. Quelle vie pouvaient-ils offrir à leur enfant ? Pensa Aliénor en serrant les dents. Et puis, les Horsemen à agir comme ça allaient avoir des ennemis à la longue. Leur enfant pourrait être un point faible pour Sam et pour son père. Evidemment, cela le serait pour elle aussi. Alors elle devait agir, elle devait apprendre à montrer les crocs et les griffes. Ivy était la meilleure personne pour ça. Quand elle affirme qu’elle sera toujours là pour protéger sa personne : elle lève à son tour ses yeux et passe sa main dans ses cheveux :

« Je croirais entendre Sam. » Elle était agacée en un sens et le claquement de sa langue contre son palais en était le témoin. « Vous ne serez pas tout le temps-là et quand ça arrivera… Ma foi je dois être en mesure de prendre soin de moi et maintenant de lui ou elle... » Aliénor avale difficilement sa salive.

Sa comparse avait raison. Elle hoche la tête et son regard dans le sien est sans équivoque. Elle ne fait que dire à haute voix ses pensées. Bien sûr qu’Aliénor est au courant de ça. La jeune femme avait eu de tout temps les pieds sur terre. Et elle avait compris depuis longtemps que personne ne viendrait se mettre entre la ceinture de son père et son corps frêle ; ou l’épargner des poings de son défunt époux et ses coups de bassins plus violents les uns que les autres : l’engrossant par deux fois. Cette enfant… Il avait été conçu avec amour et non avec brutalité. Aliénor ne savait pas grand-chose au final de cette femme, de son passé : mais son instinct lui disait qu’Ivy aussi avait souffert.

« Merci. » C’était sincère.

Avec les conseils de son amie et son désir de protéger la vie qui grandissait en elle : Aliénor se sentit soudainement un peu plus légère comme si enfin il y avait un peu d’espoir au final même si le combat n’était pas gagné. Il ne faisait que commencer. Son regard se posa sur les hommes dehors qui chargeaient le camion.

« Je lui dirai. En temps et en heure. Probablement en même temps que… » Elle montre son ventre encore plat. « Plus tôt j’apprends à me défendre, à protéger ceux que j’aime : mieux ça sera. » Aliénor voit des silhouettes approchées dans l’horizon, le pas lent qui se traîne : des rôdeurs. Elle arque un sourcil et regarde en coin Ivy : « Rentrons, paraît que les nouveaux larbins savent bien cuisiner. » Aliénor avait toujours de l’assurance près de son amie alors elle ouvre la fenêtre et ordonne aux hommes de se dépêcher s'ils ne voulaient pas se faire bouffer. Ils avaient bien fait leur travail et rentraient au bercail avec un camion plein. Que demander de plus ?
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