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 do me a favour (dim)

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MessageSujet: do me a favour (dim)   Lun 27 Fév - 14:36



do me a favour
Well, the morning was complete There was tears on the steering wheel, dripping on the seat Several hours or several weeks I'd have the cheek to say they're equally as bleak ! It's the beginning of the end; the car went up the hill And disappeared around the bend; ask anyone, they'll tell you that It's these times that it tends The start to breaking up, to start to fall apart. Oh ! Hold on to your heart, Do me a favor, break my nose ! Do me a favor, tell me to go away ! Do me a favor, stop asking questions ! She walked away while her shoes were untied And the eyes were all red You could see that we've cried, and I watched, and I waited Till she was inside, forcing a smile and waving goodbye, Curiosity becomes a heavy load. ~ do me a favour, arctic monkeys.


Le Little France était surtout bondé le soir – dans la journée, seuls ceux qui n'avaient pas forcément de préoccupations pressantes se permettaient d'y passer du temps. Emma tentait vaillamment de se tenir éveillée par la force des choses. Le café était désert et Dimitri Brown, son cousin, et elle essayaient de se tenir occupés comme ils le pouvaient. Ils passaient le balai, le repassaient même une seconde fois histoire d'être sûrs que tout était bel et bien propre, astiquaient le comptoir comme des forcenés. Armée de son torchon, Emma ne fut satisfaite du résultat que lorsqu'elle fut capable d'apercevoir son reflet projetée par la surface du comptoir. Mais ce n'était pas suffisant – elle devait faire plus, mais quoi ? Il n'y avait personne et elle était persuadée que les gens commenceraient à affluer avec le retour du prochain groupe de récupérateurs au sein du camp. Emma avait remarqué que les survivants qui résidaient à Lafayette aimaient la bouffe – et fêtaient donc l'arrivée des boîtes de conserve à grand renfort de café ignoble ou de limonade acide. Ils étaient heureux toutefois, c'était le principal, et c'était ce qui les faisait survivre véritablement.

« Dim » héla Emma « on peut se permettre de prendre une pause je pense, y a pas un chat. » elle laissa retomber son petit torchon sur le comptoir et défit la ceinture de son tablier qui se voulait d'un blanc immaculé mais qui ne parvenait qu'à être grisâtre. Elle enroula son bras autour de celui de son cousin et l'entraîna dans la salle, où elle choisit la table qu'elle préférait – près de la vitrine pour observer l'extérieur et les survivants qui s’affairaient. « On a vraiment un boulot pénard » concéda-t-elle, en se rappelant avec amertume tous les dangers qu'ils pouvaient rencontrer à l'extérieur de ces murs s'ils prenaient la peine d'en passer les portes « pas de rôdeurs, pas de gens trop chiants, rien, et du café à volonté qui plus est. » Ses prunelles se fixèrent un moment vers le haut des barricades qu'elle pouvait voir de là où elle était ; elle se souvint de son père, attaqué sous ses yeux en décembre dernier. Elle se souvint de ses hurlements. Elle se souvint du sang qui avait jailli en un éclair. « Tu crois qu'on est des inutiles ? » demanda-t-elle alors à son cousin, ses yeux se dirigeant vers ce dernier, son menton posé dans le creux de sa paume. Sa question était sérieuse – terriblement sérieuse. C'était facile de nettoyer les tables, de faire du café et de prétendre que tout se passait bien dans le meilleur des mondes. Mais le Little France était une façade, la façade d'une humanité qui semblait perdue à jamais mais que le camp, contre toute attente, souhaitait faire revivre. C'était une question délicate aussi, mais elle n'en avait cure, elle pouvait parler de tout avec Dimitri. Et il la comprenait, lui qui avait peur d'aller casser du rôdeur et qui traînait en sa compagnie au café toute la sainte journée. « J'ai parfois l'impression qu'on se démène pour pas grand chose, et qu'on ne fait qu'entretenir le rêve, tu vois ? Que tout ça, c'est pas vraiment vrai au fond et que notre rôle n'est pas essentiel – contrairement aux autres qui vont dehors pour aller chercher à manger ou se débarrasser des rôdeurs aux environs, eux qui risquent leur peau et nous qui bataillons avec des miettes sur le sol. » En parler lui faisait mal – elle avait quelque chose à faire, c'était déjà bien, elle n'aurait pas dû se laisser aller à trop penser. Qu'y avait-il de mal à entretenir le rêve, comme elle le disait ? Emma n'en savait trop rien mais elle voyait sa position comme un manque de bravoure. Une position qu'elle avait pourtant réclamée en décembre, à la suite de la mort de son père, incapable de retourner guetter les environs du haut des fortifications. Elle avait peur, c'était un fait, mais elle se haïssait d'être terrifiée de la sorte.
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MessageSujet: Re: do me a favour (dim)   Mar 28 Fév - 13:29

do me a favor
Emma & Dimitri
Travailler au little France en ces temps troublés… C’était vraiment différent de son travail au Starbuck. La plupart des services relevaient du rush perpétuel. Il y avait toujours un tas de monde et c’était normal, le café était bon, en plus d’être populaire. Là, c’était calme. Surtout en journée. En même temps, beaucoup s’affairent en journée. C’était plus simple de survivre avec une visibilité totale, de ne pas avoir besoin de lampe pour y voir clair au risque d’attirer des rôdeurs. Donc ouais, le soleil, même dans un ciel grisâtre, était l’ami des vivants. Emma prit la parole. Le métis sourit lorsqu’elle évoqua la pause. Il ne pouvait pas la contredire sur le fait qu’il n’y avait pas foule. Heureusement, ils pouvaient discuter pour passer le temps. C’était une occupation qui convenait à Dimitri. Il écouta donc sa cousine sans la coupée, la laissant ainsi s’exprimer. Il fut d’ailleurs surpris d’entendre ses doutes et sa façon de culpabiliser. Il réfléchissait en même temps, en triturant son tablier. Il ne voyait pas les choses comme elle. De toute façon, il n’avait rien du mec badass qui pouvait aller poutrer du zombie en dehors des barricades… Et il était content de bosser avec Emma. Elle faisait partie des gens qu’il préférait savoir à l’intérieur… Enfin, en même temps, il était trop bisounours pour souhaiter à qui que ce soit d’être de mission à l’extérieur… Mais certaines personnes semblaient avoir besoin de sortir, de se défouler … Il pouvait le comprendre. Lafayette pouvait parfois ressembler à une mini dictature… mais c’était un endroit relativement safe quand on se pliait aux règles.

Il inspira longuement avant de répondre. « Je crois pas qu’on se démène pour rien, ni même qu’on entretient du rêve… je pense qu’on a seulement oublié comment c’était la vie avant l’époque contemporaine. Les chasseurs risquaient leur vie à la chasse et ceux qui n’étaient pas capables de chasser s’occuper de choses qu’ils pouvaient faire. C’est la même chose aujourd’hui. Et si on commence à penser que ça sert à rien… c’est justement à partir de ce moment-là, que ça sert à rien… Si Mozart s’était dit que ça servait à rien, on n’aurait jamais connu la flûte enchantée… enfin c’est valable pour tout. Je pense pas que Mozart se disait que son œuvre serait importante pour des siècles… Enfin c’est sur que notre boulot marquera pas le temps… » Il rit un peu. C’était assez drôle d’imaginer leur tronche dans les livres d’histoire en l’an 2984… mais non ça n’arriverait pas, ils n’étaient pas importants pour l’univers. Mais ils avaient quand même leur place ici. En tout cas, il était assez optimiste pour y croire. D’ailleurs il reprit la parole sur un ton plus léger. « Je crois – pour ma part – que je suis plus utile ici que dehors, je suis tellement pas doué que je pourrais mettre toute mon équipe en danger. Et puis tu sais, les gens ont besoin de cette illusion… de penser qu’après une journée à risquer leur vie, ils peuvent venir boire coup ici… » Il adressa un sourire à sa cousine. Il ne fallait pas qu’elle pense de façon si négative, ce n’était pas bon en ces temps moroses… Ceci dit, il devrait peut-être être un peu plus comme elle… lui, il était trop optimiste et pour rien, peut-être.
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MessageSujet: Re: do me a favour (dim)   Mar 28 Fév - 22:36



do me a favour
Well, the morning was complete There was tears on the steering wheel, dripping on the seat Several hours or several weeks I'd have the cheek to say they're equally as bleak ! It's the beginning of the end; the car went up the hill And disappeared around the bend; ask anyone, they'll tell you that It's these times that it tends The start to breaking up, to start to fall apart. Oh ! Hold on to your heart, Do me a favor, break my nose ! Do me a favor, tell me to go away ! Do me a favor, stop asking questions ! She walked away while her shoes were untied And the eyes were all red You could see that we've cried, and I watched, and I waited Till she was inside, forcing a smile and waving goodbye, Curiosity becomes a heavy load. ~ do me a favour, arctic monkeys.


Il y avait en Emma cette fascination entourant ceux qui se prêtaient au jeu du danger, une admiration infinie mêlée de répugnance. Ils osaient. Ils se battaient. Ils ne laissaient pas la vie - ou la mort, au point où ils en étaient - les contrôler. Ils rendaient les coups, s'impliquaient tout naturellement au sein de la communauté. Il y avait quelque chose d'irrémédiablement vivant chez eux, et cette témérité était à la fois salvatrice et incroyablement périlleuse. La jeune fille considéra les quatre murs qui les entouraient, son cousin et elle, et n'y trouva que le reflet de leur ancienne vie. Little France ; un établissement crasseux qui avait perduré malgré tout, usant et abusant de mensonges et d'apparences, prétendant que tout allait bien dans le meilleur des mondes possibles, alors que le couvre-feu sonnait toujours à la même heure. Par inutilité, Emma sous-entendait absence de danger ; ils étaient en sécurité ici, le seul ennemi qu'ils affrontaient réellement  (et qui faisait d'ailleurs bien chier), ce n'était que la maudite et régulière panne d'électricité, les empêchant ainsi d'abreuver les clients de leur breuvage noir favori. Ils combattaient la poussière et nettoyaient des assiettes. Parfois, derrière leur grande vitre près de laquelle ils orchestraient leur environnement, ils voyaient des survivants partir pour ne plus jamais revenir. Ils étaient des spectateurs silencieux, à qui on ne demandait jamais l'opinion. Malgré tout ce qu'elle pouvait dire à ce propos, Emma avait déjà goûté à la vie sur les barricades, guettant l'horizon à s'en faire saigner les yeux, et jamais elle ne s'était sentie plus en paix qu'en tant que serveuse dans un bistrot post-apocalyptique. Ainsi la vie était faite ; elle n'était pas de ceux dont la bravoure crevait le plafond.

Dimitri pouvait lui prouver qu'elle n'avait pas raison et ce, pour X ou Y explication, elle savait que l'humanité qu'ils prétendaient apporter en ces lieux n'était que futile et prétentieuse. Sans la présence du café, le petit monde de Lafayette tournerait exactement de la même manière. C'était une illusion délicieuse certes, mais toujours prête à vous filer entre les doigts à la moindre occasion. Dimitri disait qu'il avait beau être plus utile entre ces quatre murs, une question indiscrète brûlait les lèvres roses de sa cousine. Une question qu'elle ravala afin de l'écouter finir sa phrase en paix. Emma se redressa, sourit, et se pencha légèrement en avant, comme prête à lui révéler un secret de la plus haute importance « Mais dis-moi, ça ne te plairait pas d'être capable de te battre ? De, j'sais pas moi, prendre une machette et de te la jouer Vendredi 13 en pétant le crâne de tout ce qui pourrait t'attaquer ? De ne compter finalement que sur toi-même ? » L'hypothèse de voir un jour Dimitri se comporter de cette manière lui plaisait plus qu'elle ne voulait bien l'admettre, pourtant son petit sourire en coin ne trompait personne. « Quoiqu'il en soit, je suppose que tu as raison, que les gens ont sans doute besoin de venir ici, que c'est important pour eux malgré tout. C'est juste qu'on ne met pas la main à la pâte comme les autres, c'est plutôt dérangeant parfois. Je veux dire.. t'en vois parfois le matin qui partent à l'extérieur et qui ne reviennent jamais. Et nous, on ne bouge pas. Est-ce que c'est juste ? » elle haussa les épaules, se mordit la lèvre inférieure et dirigea ses prunelles vers ses doigts croisés sur la table « Désolée d'être aussi barbante. On dirait que je ne m'entends pas parler. »
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MessageSujet: Re: do me a favour (dim)   Mer 8 Mar - 17:37

do me a favor
Emma & Dimitri
Le métis rit à la question et aux remarques de la blonde. Franchement, il avait toujours été pacifiste et même s’il avait vu des films d’horreur, ce n’était pas ce qu’il préférait. La violence, les effusions de sang, le côté grosbill des tueurs … Dimitri n’était pas fait pour devenir un mec badass comme ça. Il était sûr qu’Emma avait « plus de couilles » que lui pour ce genre de choses. Et puis, il avait cette poisse légendaire qui faisait de lui un danger public. Il était franchement plus utile dans un café désert qu’en dehors des murs de la ville. Ceci dit, s’il sortait, il aurait pu partir à la recherche de son père… Emma avait vraiment l’air de prendre à cœur le fait qu’elle ne mettait pas la main à la pâte… Pour le brun, ce n’était pas pareil. Certes, ce n’était pas juste que des gens ne reviennent jamais… Et franchement, ce serait bien de bâtir une ville de laquelle personne n’avait besoin de sortir. D’attendre que les zombies meurent tous et même que la maladie disparaisse d’elle-même… Pas sûr ce que ce soit possible, mais l’idée d’une autarcie, c’était faisable ça. Après tout, la vie des campagnes à l’époque était basée uniquement sur leurs récoltes et leurs élevages. Mais bon, il y avait d’autres problèmes… Ce n’était pas mieux ou pire, c’était différent. Dim’ se sentait quand même désolé que sa cousine ressente les choses comme ça. Et il ne pouvait pas la blâmer pour ça, c’était tellement compréhensible. Lui-même aurait aimé que son père ne quitte pas les murs de la ville.

« Je pense que si on partait, on ferait partie de ceux qui ne reviennent jamais sans aucun doute… C’est normal d’envoyer des gens capables de revenir… le risque zéro n’existe pas malheureusement… Mais à moins qu’un jour la ville décide de se débarrasser des faibles pour ne garder que les forts, il est logique de garder les gens comme nous à l’intérieur… On est au café, mais on pourrait être dans les réserves ou dans les jardins… si un jour le café est fermé, c’est dans ces trucs-là qu’on ira. Enfin, je pense. Mais tu peux demander à quelqu’un qu’il t’apprenne à te défendre, ce n'est pas une mauvaise idée. » Il marqua une pause hésitant à reprendre pour la suite, mais lâcha finalement ce qu’il avait à dire. « Moi je préfère te savoir à l’intérieur… je veux pas perdre encore des membres de ma famille… ça sonne un peu comme des paroles de gamins capricieux… Y a des gens qui ont perdu tellement plus que moi… » Il passa nerveusement une main dans ses cheveux bruns. C’était normal de ne pas souhaiter perdre ses proches. Ce n’était pas pour autant qu’il se fichait des pertes vécues par des gens qu’il ne connaissait pas… Il avait assez de compassion pour se sentir mal pour ces gens qui n’avaient plus personne… Emma, Olivia et Jessie… Elles avaient perdu tellement plus que lui… Mais ce n’était pas un concours de peine, ce n’était pas mesurable… Il s’estimait juste heureux d’avoir encore sa mère et ses cousines.
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MessageSujet: Re: do me a favour (dim)   Mar 14 Mar - 22:50



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Well, the morning was complete There was tears on the steering wheel, dripping on the seat Several hours or several weeks I'd have the cheek to say they're equally as bleak ! It's the beginning of the end; the car went up the hill And disappeared around the bend; ask anyone, they'll tell you that It's these times that it tends The start to breaking up, to start to fall apart. Oh ! Hold on to your heart, Do me a favor, break my nose ! Do me a favor, tell me to go away ! Do me a favor, stop asking questions ! She walked away while her shoes were untied And the eyes were all red You could see that we've cried, and I watched, and I waited Till she was inside, forcing a smile and waving goodbye, Curiosity becomes a heavy load. ~ do me a favour, arctic monkeys.


Emma baissa les yeux tandis que Dimitri parlait, et releva ses prunelles vers lui lorsqu'il passa sa main dans ses cheveux noirs d’ébène, comme s'il semblait passablement embarrassé. Elle parvint toutefois à capter l'intensité de ses dernières paroles, comme s'il ouvrait finalement à elle, préférant lui faire savoir qu'il ne préférait pas la perdre elle aussi. C'était l'évidence même, Emma n'avait jamais douté de l'amour qu'ils se portaient l'un et l'autre – pourtant, cela n'avait jamais été aussi clairement exprimé qu'à ce moment-là. La blondinette esquissa un petit sourire qu'elle fut obligée de cacher derrière ses doigts, tachant de garder une attitude sérieuse, une attitude se mariant parfaitement avec les circonstances dans lesquelles ils évoluaient jour après jour. Mais elle était heureuse de savoir que son cousin l'aimait encore, qu'il était là pour la conseiller et la rassurer. Cette sensation n'était pas innée et semblait s'être tarie avec le temps et la mort de son père ; mais que c'était bon d'se savoir entourée, avec une présence familière à ses côtés. Emma se souvenait avec tendresse de ce qu'ils partageaient lorsqu'ils étaient petits, et surtout de tous les barbecues gigantesques durant lesquels ils se retrouvaient. Des moments qui constituaient aujourd'hui des souvenirs précieux, qu'elle chérissait sans vraiment l'avouer, de paraître plus faible qu'elle ne l'était réellement. Mais c'était comme ça qu'elle était Emma ; fragile, émotionnellement détruite, le cœur en miettes et l'esprit alterné par des pensées ahurissantes. C'était comme ça qu'elle était, et Dimitri l'aidait à sa manière.

« Oh... J'espère que le café ne fermera jamais. » avoua alors Emma d'une voix blanche, soudain effrayée à l'idée de perdre cette zone de confort alors qu'elle venait de militer en sa défaveur quelques minutes plus tôt en soulignant sa médiocrité et son inutilité frappante. Elle sautait d'un problème à un autre sans vraiment prendre le temps de réfléchir, de faire fonctionner ses neurones dans l'bon sens. Non, réfléchir, c'était très loin d'elle ça maintenant. « Enfin j'veux dire... tu nous vois en train de faire l'inventaire ? Ou en train de traire les vaches ? » elle prit son temps, réfléchit deux s'condes, fronça les sourcils « on a même pas de vaches ici en fait, alors qu'est-ce qu'on pourrait bien traire ? » question rhétorique – plutôt crever que de poser ses doigts sur des pis d'où giclerait du lait. Elle préférait tirer le café d'la machine plutôt que du liquide blanc de mamelles animales. « Enfin ça n'a aucune importance, parce que crois-le ou non » souffla-t-elle en tendant la main et en la posant sur celle de son cousin « j'ai pas envie de sortir. Alors fais-moi plaisir et ne te découvre pas l'âme d'un héro demain, ne me laisse pas tomber toi aussi. » Elle contracta un peu ses doigts autour de la peau de son vis-à-vis et sa main reprit sa place initiale, comme si rien ne s'était passé, comme si tout était normal et tranquille. Rien n'était normal, rien ne semblait tranquille.
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MessageSujet: Re: do me a favour (dim)   Lun 20 Mar - 18:10

do me a favor
Emma & Dimitri
Il partageait cette espérance. La fermeture du café, ce ne serait vraiment pas super pour le boulet qu’il était. S’il avait eu le temps d’aller en cours, d’apprendre beaucoup de choses à l’université, il aurait pu devenir prof… mais là, on lui avait arraché ses rêves de culture bien trop tôt… Il lui restait la lecture pour se cultiver, mais hélas, ce n’était pas ce qu’on ramenait en priorité des missions de ravitaillement et il aurait bientôt fini toutes ses lectures en cours. Les bandes dessinées, les jeux vidéo, la télévision, les livres, la musique… tout ça, c’était son quotidien avant et il ne lui restait plus grand-chose. Juste sa guitare pour jouer et chanter, mais ce n’était pas la peine d’espérer écouter les nouveautés de spotify. Il rit lorsque la blonde évoqua la traite de vaches fictives. Ouais ben il préférait bosser au café que traire des vaches… ça semblait assez technique et fatiguait comme activité. Aussi, il fut assez touché de la demande de sa cousine. Si une partie de leurs proches étaient morts ou disparus, ils étaient toujours là eux. Ils pouvaient compter l’un sur l’autre. Dimitri aimait sa famille, il était un naturel conciliant et n’avait aucun mal à s’entendre avec ses oncles, tantes, cousins, cousines… Alors non, il ne voulait pas perdre Emma. Ni Jessie ou Olivia. Dire que du côté de Jessie, ils étaient tellement plus nombreux… et il ne restait qu’elles deux. L’avantage d’être fils unique, c’était ça faisait moins de pertes potentielles… mais à défaut d’avoir des frères ou sœur, ils avaient une relation assez fraternelle avec ses cousins et cousines.

« Dans ce cas tout va bien, on va continuer à faire tourner ce café comme des pros –les héros du café même–, on n’ira pas dehors et on pourra toujours compter l’un sur l’autre. » Qu’il lança enthousiaste en posant sa main sur l’épaule de la blondinette. « Et pour ce qui est de traire… j’ai croisé madame Gibson, tu sais la prof d’anglais… elle est en vie et elle a toujours des pis de vache à la place de la poitrine… » Il rit un peu. C’était méchant sans doute. Mais bon, venant de Dimitri, c’était juste de l’humour maladroit, il n’était pas du genre à être volontairement méchant. Il laissait ça aux gens populaires du lycée. Au bahut, ça vannait souvent les profs comme Madame Gibson, mais au fond, la plupart des gosses l’appréciaient, c’était le genre d’enseignant qui n’aimait pas mettre de sale note et qui faisait des devoirs de rattrapage pour ceux qui n’avaient pas la moyenne. « Et puis, peut-être qu’un jour on aura de vraies vaches, des fermes, des ressources qui pourront durer… on aura fondé une famille avec des enfants warriors qui n’auront aucun mal à poutrer les zombies… le genre humain s’adapte aux catastrophes depuis la nuit des temps. » Termina-t-il confiant. Dimitri n’était pas très doué pour s’adapter, mais il avait la chance d’avoir une bonne dose d’optimisme et une certaine capacité à voir le côté positif des choses pour en faire profiter les autres. Tout le monde n’était pas réceptif à ses paroles, mais au moins, il essayait de communiquer sa bonne humeur !
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MessageSujet: Re: do me a favour (dim)   Mer 12 Avr - 11:35



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Dimitri – Dieu soit loué – était d’un optimisme rare. Emma se souvenait du temps où elle pensait au bon côté des choses, où rien ne pouvait entacher la petite flamme qui dansait dans son ventre. A présent, elle rouspétait, et arquait les sourcils de manière à provoquer des débats qui s’éterniserait inlassablement. Avec Dimitri, il n’en était vraiment rien – à vrai dire, plus elle l’écoutait, plus la commissure de ses lèvres se soulevait légèrement. Elle avait l’impression d’être projetée des années en arrière, à un moment où tout semblait beau. Sans la moindre éraflure. L’apocalypse avait changé bien des choses, mais elle n’avait pas touché au caractère flamboyant, bien que maladroit, de son cousin. Sa présence lui réchauffait le cœur mais, plus ils se parlaient, plus la jeune fille se rendait compte que son ancienne personnalité lui manquait cruellement. En y réfléchissant, elle aurait sûrement été plus légère, encline à rire après une blague ou deux, prête à détendre l’atmosphère malgré la tension régnant dans ses membres. Elle avait mal, oui. Elle souffrait plus que d’ordinaire, et ses poings se serraient tant que la marque de ses ongles avait trouvé une forme dans le creux de ses mains. Des demi-lunes rougeâtres parcouraient sa peau, ses dents étaient serrées, ses mâchoires lui faisaient mal. Tout n’était qu’une succession de problèmes aléatoires, plus ou moins importants, plus ou moins factices aussi. Emma posa ses coudes sur la table, ses mains soupesant son menton, le regard plongé dans le vague, ses prunelles n’étant fixées sur rien de bien précis. Lorsque Dimitri évoqua Madame Gibson, la jeune fille éclata d’un rire franc et tonitruant qui la surprit. Ce fut brusque, mais agréable. Elle cacha ses lippes amusées derrière ses doigts, ses paupières plissées sous l’amusement. Son cousin lui présenta alors un monde idyllique, fait de vaches, de nombreuses fermes et de ressources illimitées. Mais la mention d’enfants susceptibles de poutrer des zombies, puisqu’ils ont été élevés pour ce faire, calma son hilarité. Il y avait quelque chose de malheureux dans cette idée-là, quelque chose d’affreux presque dans cette vision des faits – elle oubliait parfois le monde dans lequel ils vivaient, le monde qui lui avait arraché son père.

« Je ne sais pas si c’est bien, ou pas. D’élever des enfants dans le but de tuer des rôdeurs, je veux dire. » elle arqua un sourcil, essaya d’y réfléchir plus posément plutôt qu’être aveuglée par le sentiments désagréables qui jalonnaient l’intégralité de son corps. Elle renifla et posa ses bras croisés sur la table. Pourquoi était-elle obligée d’agir de la sorte ? Pourquoi se sentait-elle forcée de ne jamais suivre l’enthousiasme de son vaillant interlocuteur ? « Enfin, je suppose que ça doit être… normal, finalement, de s’adapter à son environnement comme tu dis. Et quand j’y pense… je trouve ça triste, de savoir que les gosses qui naîtront dans quelques mois n’iront jamais à l’école, et risqueront leur peau à tout moment. » enfin, à ses yeux, en période apocalyptique les gens devaient très certainement avoir d’autres aspirations que la baise. Mais elle avait vu une femme enceinte récemment, qui avait accouché quelques jours auparavant d’ailleurs, du nom d’Evalia Costello ; celle-là avait eu d’autres aspirations que les siennes et, en soi, peut-être qu’Emma la jalousait un peu. « Peut-être que dans dix ans, tous les êtres humains seront morts. » lâcha-t-elle froidement, avant de se reprendre, un peu gênée « ..oh shit, pardon de dire ce genre de truc, c’est vraiment pas..c’est vraiment pas ce à quoi on devrait penser maintenant. » et elle était sincère dans ses excuses, cruellement sincère. Mais elle n’pouvait pas s’en empêcher de parler comme ça, d’être aussi froide dans sa manière de penser – avant de s’effondrer comme une pauvre minable. Tour à tour, elle se perdait dans des émotions qui lui tordaient l’estomac.
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MessageSujet: Re: do me a favour (dim)   Mar 18 Avr - 17:31

do me a favor
Emma & Dimitri
Il avait réussi à arracher un rire à Emma, c’était une bonne chose. Sa cousine d’ordinaire joviale était devenue avare en sourires et plus encore en rire. Chose qu’il pouvait comprendre. Rares étaient ceux qui arrivaient à rire dans un monde fait de survie et de mort. Sans doute, devait-il paraître bizarre pour être encore capable de s’amuser alors que son père avait disparu. Mais d’une part, il pensait vraiment qu’il reviendrait et d’autre part, s’il déprimait comme tout le monde, il aurait l’impression de laisser gagner… les ténèbres. Bon c’était un peu moins compliqué que ça, il lisait trop de bandes dessinées et s’imaginait la morosité et la survie comme les grands méchants de son histoire. Mais en gros, il ne voulait pas juste survivre quel qu’en soit le prix. Il voulait continuer de vivre. Se laisser abattre, c’était admettre qu’il n’y avait plus d’espoir. Or, tant qu’il y avait de la vie, il y avait de l’espoir. N’était-ce pas ce que l’on avait l’habitude de dire ? Puis la blonde redevint sombre. À nouveau. Ce n’était pas le but premier, d’élever des enfants pour en faire des tueurs de zombies… C’était plutôt la condition du monde qui voulait qu’on apprenne aux enfants à se défendre pour survivre face aux zombies. En tout cas, c’était comme ça que le brun voyait les choses. Encore une fois, il écoutait ce qu’elle disait. Désolé qu’elle pense comme ça. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Sa réaction était sans aucun doute plus logique que sa façon de relativiser.

Il rit doucement à ses excuses. « On devrait pas, en effet. Mais j’imagine que c’est normal. C’est clair qu’il y a peu de chances que les choses redeviennent comme avant. Mais je crois sincèrement que le genre humain est capable de s’en sortir. Un jour, dans le meilleur des cas, le virus aura disparu ou sera soignable, un peu comme la peste ou la rage. Mais si ce n’est pas le cas, l’humain aura rebâti une société nouvelle et saura régler le problème zombie chaque fois qu’il se présentera. » Il marqua une pause. Cherchant ses mots. « Et tu sais… pour l’école… ce n’est pas indispensable. Mieux vaut être en vie qu’être instruit. C’est quoi le dicton déjà ? Un idiot qui marche ira toujours plus loin que deux sages assis ? » Il rit à nouveau à cause de l’inexactitude de sa citation. Mais il la trouvait plutôt juste ici. Pourtant, il était loin d’être un partisan du manque d’éducation, lui qui aspirait à faire de longues études… mais la société actuelle n’avait pas besoin d’intellectuels, elle avait besoin d’hommes et de femmes assez fortes pour survivre. « En fait, on pourrait se dire qu’on est comme revenu au temps de la préhistoire. Pour le moment, on doit comprendre le monde, réapprendre à survivre. Quand ce sera fait, nous bâtirons de nouveaux empires, l’éducation pour les élites et les peuple aux champs et aux usines… c’est la fin du monde comme on le connaissait… mais puisque je suis dans les dictons pseudos savants : quand une porte se ferme, une autre s’ouvre. » S’il fallait quelqu’un pour donner des cours d’optimiste, Dimitri serait le prof idéal. Il ne manquait pas de ressource pour essayer de contredire le pessimisme de sa cousine.
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