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 why can't I hold on ? (sean)

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MessageSujet: why can't I hold on ? (sean)   Dim 26 Fév - 21:31



why can't i hold on ?
There is a swelling storm And I'm caught up in the middle of it all And it takes control Of the person that I thought I was, the boy I used to know. There is a light in the dark and I feel its warmth In my hands, in my heart, why can't I hold on ? It comes and goes in waves, It always does, it always does. We watched as our young hearts fade into the flood, into the flood. Freedom, falling, the feeling that I thought was set in stone Slip through my fingers, trying hard to let go. It comes and goes in waves, It comes and goes in waves, It carries us away. Though the wind, down to the place We used to lay when we were kids, Memories of a stolen place Caught in silence, like I lost in space. ~ waves, dean lewis.


I still have time. Peu à peu, les rues se vidaient, l'appel du couvre-feu se faisant de plus en plus oppressant. Le front collé à sa fenêtre de chambre, Emma observait les survivants se saluer une dernière fois ou faire un bout de chemin ensemble avant de se quitter. Elle avait encore un peu de temps devant elle, c'était la seule idée à laquelle elle était capable de s'accrocher. Assez de temps pour rejoindre Marie-Antoinette Street. Suffisamment de temps pour aller chez Sean Briggs et y passer la nuit. L'idée la bouffait tant elle était tentante, et salvatrice à bien des égards. Elle voulait s'accrocher à Sean, ressentir la chaleur de son corps tout contre le sien. Elle y pensait, elle en rêvait. Cette présence nocturne, en plus d'apaiser ses tourments, l'emplissait d'un désir curieux. Douloureux et délicieux, à base de fourmillements trépignant inlassablement dans son bas-ventre, tandis qu'elle se reposait contre lui, fermement serrée entre ses bras. Elle pensait à ce qui se passerait si la situation dérapait, s'il glissait ses phalanges sous son t-shirt, si elle posait ses lèvres fermes dans le creux de son cou. Le spectre de son père flottait toutefois à ses côtés et, dès qu'un élan de désir charnel la prenait à la gorge, le chagrin ne tardait jamais bien longtemps à surpasser cette envie qu'elle imaginait être momentanée mais qui revenait inlassablement la hanter. Alors, elle ne faisait rien et pleurait, les sanglots secouant sa gorge représentant encore toute la saveur qu'elle était capable de goûter durant ces longues nuits qui étaient pourtant toujours trop courtes à ses yeux. Sans compter qu'elle se savait au bord du grouffre à l'heure où le couvre-feu n'allait pas tarder à sonner, soumise à des émotions qu'elle ne se sentait plus en mesure de contrôler à mesure que la nuit s'avançait. Ainsi, rejoindre Sean alors qu'elle se savait instable et prête à craquer n'était certainement pas la meilleure des idées.

I still have time, se dit-elle, I still have time and I need to see him. Elle oubliait sa condition de deuil qui la rendait susceptible, prête à hurler, à pleurer, çà cracher des choses qu'elle regretterait assurément le lendemain. Elle oubliait qu'elle se tenait au bord du vide, en équilibre sur une corde et presque déséquilibrée par une légère brise. Elle choisissait de tout oublier au profit d'une satisfaction à demi-teinte : jamais vraiment avortée, jamais vraiment efficace. Elle n'en avait cure ; elle pouvait vivre avec des espoirs vains, tant que Sean l'acceptait malgré tout à ses côtés. Emme replaça une mèche de ses cheveux blonds derrière son oreille et observa brièvement le reflet tremblant, presque invisible, que la vitre de sa fenêtre lui renvoyait. I still have time.

Emme se détourna de la fenêtre, attrapa une veste chaude et disparut dans le couloir étroit, les murs lui renvoyant l'écho de ses pas précipités. En ces lieux, tout lui rappelait son père et dès qu'elle le pouvait, elle n'hésitait pas à échapper à tous ces souvenirs qui affluaient aux portes de sa mémoire. Elle n'avait pas l'envie, ni le temps, de souffrir davantage. Parfois, cela dépendait souvent de son humeur, elle allait chez Patty et dormait aux pieds de son lieu. Chez Sean, elle prétendait vouloir dormir seule, lui assurer que tout irait bien – mais elle ne pouvait pas s'empêcher de quitter les draps qui lui avaient été donnés afin de rejoindre ceux de son comparse de toujours. Elle se glissait à ses côtés en silence, les joues baignées de larmes, et se collait à lui. Ils n'en parlaient jamais le lendemain, comme tous les deux gardiens d'un secret dont ils étaient les propriétaires. Emma ne savait pas s'il s'agissait là de quelque chose de commun, ou si elle avait outrepassé ses droits en tant que meilleure amie. Elle n'aurait jamais autant réfléchi si elle s'était surprise à dormir dans le même lit que Patty, mais ce n'était pas pareil – c'était différent. Elle ne désirait pas Patty. Elle ne voulait pas franchir les limites de leur lien, et leur intensité amicale lui suffisait amplement pour être heureuse de ce qu'elles partageaient. Elle voulait plus avec Sean et, si dormir à ses côtés semblait tirailler son âme de mille et une façons délicieuses, la frustration était aussi de la partie. Terrible, douloureuse et sans préavis. Il y avait en elle un esprit farouche qui en redemandait, sans jamais parvenir à frôler des doigts ce que son corps exigeait. Et Emma se sentait idiote, confuse, face à l'apparition de cette libido dérisoire qu'elle voulait abreuver alors que son monde s'était effondré sous ses pieds. Elle pensait au corps de Sean, elle l'imaginait contre le sien, ses doigts parcourant ses cheveux sombres et les monts et vallées dont son épiderme regorgeait. Elle le voulait. C'était intense et brutal, et ça la prenait d'un écœurement vif lorsqu'elle repensait aux dents du rôdeur se refermant sur la peau pâle de son père, ses lunettes glissant le long de son nez tandis qu'il lui hurlait de s'enfuir, de ne pas se retourner. Comment pouvait-elle penser à ça, à lui, à eux, alors que James Brown n'était plus ?

Les derniers survivants rentraient au bercail. Emma courrait dans les rues, la respiration sifflante et la panique prenant possession de son cœur désœuvré. I need to see him, I need to see him, I need to see him. Elle parvenait parfois à se contrôler. Elle parvenait parfois à ne pas passer le seuil de son appartement. Mais l'envie, ou le besoin qu'en savait-elle, était trop forte et lui broyait l'estomac. Elle courrait, longeait les murs, sous les yeux de quelques miliciens amusés par le spectacle qu'elle leur offrait, comme si le diable était à ses trousses. Arrivée à bon port, elle ne prit guère le temps de souffler et martela la porte d'entrée de son poing droit tandis que le gauche s'était posé contre sa poitrine, cherchant à calmer les battements précipités de son cœur qui avait visiblement pris la décision de s'éclipser en dehors de sa cage thoracique. Le battant boisé s'ouvrit. Ce visage tant aimé fut alors à sa portée.

« Briggs, salut » commença-t-elle, se sentant sur le point de défaillir tant sa course l'avait poussée à trouver son second souffle, puisqu'elle avait définitivement perdu le premier, les mains appuyées contre ses cuisses  « je-j'étais dans le coin, j'ai pas fait gaffe à l'heure et le couvre-feu est..well, je suis pas chez moi quoi. Est-ce que je peux passer la nuit chez toi, si ça ne te dérange pas ? » elle sourit, de ce petit sourire qu'elle utilise quand l'excuse présentée n'est pas vraisemblable. Parfois, elle dit la vérité, elle dit qu'elle ne peut pas être seule dans sa chambre et qu'elle veut être avec Sean. Parfois, elle prétend, elle invente une excuse à dormir debout et sait qu'il ne la rejettera pas dans la rue. Elle ne sait pas vraiment les raisons qui la poussent à mentir, à s'inventer un nouveau visage plus mature alors que son besoin d'aide est clair. She doesn't know and she doesn't care.


Dernière édition par Emma Brown le Mar 28 Fév - 14:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: why can't I hold on ? (sean)   Lun 27 Fév - 19:01



{ why can't i hold on? }

“Wretches! ye loved her for her wealth and hated her for her pride,
“And when she fell in feeble health, ye blessed her--that she died!
“How shall the ritual, then, be read?--the requiem how be sung
“By you--by yours, the evil eye,--by yours, the slanderous tongue
“That did to death the innocent that died, and died so young?”


Les mots de l’illustre poète Edgar Allan Poe s’alignent sous ses yeux déjà fatigués. La maison tombe sous le silence et, par sa porte entrouverte, il peut entendre les ronflements et lourdes respirations qui rythment le sommeil des femmes Briggs. Il aurait déjà dû dormir depuis un moment, mais ses journées ne sont pas bien remplies et la fatigue ne vient donc pas. Il passe ses soirées à relire ses vieux bouquins, Poe, Hemingway, Conan Doyle. Les pages se cornent d’avantage, et les mots sont appris par cœur. Parfois, Briggs s’amuse à les réciter à voix haute, lorsqu’il est seul, ou à la radio qu’il dirige, ou lorsqu’il sert les rares clients du café. Et parfois il s’inspire des mots des illustres auteurs pour écrire les siens, cachés dans son journal, cachés de la vue de tous. Et y’a des mots qui sont destinés à son père, cette présence paternelle qui lui manque tant, cette mort qu’il voudrait venger. Et y’a des mots qui sont pour la jolie blonde de son enfance, cette amie au sourire charmant : Emma, mélodie des amours qui chatouillent son cœur. Et y’a des mots pour les autres aussi, ces morts qui hantent leurs rues, et ces mères qui refusent de sortir, pour ces sœurs trop naïves, et ces amis trop fragiles. Briggs il dédie en secret ces mots à tous, inconnus et famille, les milles âmes qui sont entrés à un mot comme à un autre dans sa vie. La couverture du bouquin se referme, il a plus envie de lire le gamin. Il commence à se faire tard, il devrait dormir. Y’a rien d’autre à faire de toute façon. Avant, avant la fin du monde, il aurait rejoint ses amis pour une soirée dans la cave de l’un d’eux, où la musique rythmerait leurs conversations. Mais maintenant y’a la milice et y’a le couvre-feu et il peut plus sortir s’amuser tranquillement. Il veut bien voler quelques ressources et sortir par la brèche, mais une fois le couvre-feu sur la ville, Briggs ne sort plus.

Il pose le bouquin sur sa table de nuit et va pour fermer la porte de sa chambre. A l’autre bout du couloir, il aperçoit Natalie enfouie sous ses couvertures. Elle semble si paisible endormie ainsi, cette grande naïve. Elle est trop bête pour suivre l’exemple de son cadet, elle qui se plie si gentiment aux règles de ces chiens qui gouvernent leur ville. Leurs collègues ont envoyé le père des deux enfants à la mort, ils ne méritent pas l’obéissance des Briggs. Il tique et détourne le regard. Il l’aime malgré tout cette stupide fille. Il tourne les talons et s’avance vers son lit. Il voit déjà Morphée qui lui tend ses bras. Et il entend Morphée qui frappe son pied sur le plancher impatient. Non, ce n’est pas le pied de Morphée. C’est une main, timide et discrète, qui tambourine la porte d’entrée. Et de l’autre côté, y’a ce visage angélique rougi par l’effort d’une course de dernière minute. Il est pas surpris, le gamin, de voir la belle enfant sur son palier. Il est content, dans un sens, même s’il redoute la soirée en sa compagnie. Parce qu’il y a les cris et les pleurs d’un cœur en deuil, des humeurs qu’il ne sait pas gérer. Parce que y’a les corps qui se rejoignent sous les mêmes draps, et les lèvres qui sont si près les unes des autres. Et à chaque fois, il sait pas s’il pourra se retenir, si leur amitié si spéciale ne se brisera pas ce soir. Il y tient, à sa jolie amie, et il y tient à son cœur en vie. Et Briggs sait pas ce qu’il se passerait si jamais il lâchait les rennes et s’il embrassait une nouvelle fois les jolies lippes de la blonde. « Briggs, salut. » Elle tient à peine debout Emma, elle souffle comme un bœuf. Elle a couru si vite vers lui, malgré la nuit menaçante et les rires de la milice. Elle est courageuse Emma. Elle est folle Emma. « Je-j'étais dans le coin, j'ai pas fait gaffe à l'heure et le couvre-feu est..well, je suis pas chez moi quoi. Est-ce que je peux passer la nuit chez toi, si ça ne te dérange pas ? » Il le montre pas, mais ça le fait bien rire ces excuses qu’elle invente au dernier moment, ces excuses qui tiennent jamais la route. Briggs il jette un coup d’œil derrière elle. Les ombres deviennent effrayantes, milices ou rôdeurs, c’est à peu près la même chose. « Heureusement que t'étais dans le quartier ! Qui sait ce qui aurait pu se passer si tu avais été... autre part. Entre, Emma. » Son nom est prononcé du bout des lèvres, comme s’il voulait pas lâcher ces syllabes, comme s’il aurait voulu qu’elles restent sur le coin de sa bouche. A jamais. D’un doigt sur ses lèvres, il lui fait signe d’être silencieuse. « Ma sœur et ma mère dorment déjà. » Et il referme la porte derrière la silhouette frêle, et il l’emmène dans son royaume secret : sa chambre. Il se tient là, en silence. Il sait pas trop quoi dire, il l’a jamais su. Il sait pas trop comment agir, bien que la situation soit arrivée à de multiples reprises. « Comment tu vas ? » qu’il prononce, nonchalamment. Il s’assoit sur le bord de son lit, et observe l’ange qui hante ses rêves. Elle est là, comme elle l’a été des centaines de fois. Et pourtant, son cœur défaille à chaque fois. Elle, la belle princesse, est là, dans sa chambre, dans son royaume secret, son antre particulier. Il a toujours du mal à y croire, comme un rêve, comme un mauvais rêve où il ne peut avoir la fille qu’il souhaite.


Dernière édition par Sean Briggs le Ven 3 Mar - 18:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: why can't I hold on ? (sean)   Lun 27 Fév - 22:03



why can't i hold on ?
There is a swelling storm And I'm caught up in the middle of it all And it takes control Of the person that I thought I was, the boy I used to know. There is a light in the dark and I feel its warmth In my hands, in my heart, why can't I hold on ? It comes and goes in waves, It always does, it always does. We watched as our young hearts fade into the flood, into the flood. Freedom, falling, the feeling that I thought was set in stone Slip through my fingers, trying hard to let go. It comes and goes in waves, It comes and goes in waves, It carries us away. Though the wind, down to the place We used to lay when we were kids, Memories of a stolen place Caught in silence, like I lost in space. ~ waves, dean lewis.


Ses excuses n'étaient rien de plus que des balivernes – Emma ne trompait personne, surtout pas Sean qui la connaissait depuis l'enfance. Elle campait pourtant sur ses positions, solide comme un roc, un sourire fébrile soulignant ses lèvres roses et humides, la respiration toujours bruyante et désordonnée. Mais Sean n'en avait cure des imbécillités qu'elle débitait frénétiquement sous son nez afin de s'acheter un semblant de maturité, loin de cet aspect de manque qu'il provoquait chez elle, et s'en jouait ouvertement. Elle reconnaissait ce ton amusé, cette intonation enjouée qui la faisait frémir – elle tint bon lorsqu'il se moqua, elle tint bon lorsqu'il l'invita à entrer, ses prunelles se mariant avec le geste qu'il fit, cet index posé contre ses lippes fermées, parvenant à en retirer une sensualité rare alors qu'il ne s'agissait que d'un geste banal. C'était devenu son mode de vie, à Emma. Tenir bon. Ne pas sombrer. Ne rien briser. Ne pas casser. Sagement, elle lui emboîta l'pas, le nez baissé vers ses chaussures pour ne pas trop le regarder. Elle se demandait pourquoi elle avait fait ça, pourquoi elle n'était pas restée chez elle ; depuis longtemps, Emma ne parvenait plus à être elle-même en sa présence. Elle se sentait prise au piège, gênée, constamment sous les feux des projecteurs, surveillant ses moindres faits et gestes afin de ne pas lui paraître suspecte. C'était sa propre nervosité qui rendait les choses malheureuses et les retrouvailles amères. A bien y réfléchir, elle voulait être plus comme Patty qui ne se laissait jamais impressionner par quiconque. Forte, fière, indépendante. Elle ne voulait plus être impressionnable, elle ne voulait plus jamais fondre comme neige au soleil devant le jeune homme, car cela faisait mal toujours de la même manière.

Dans la chambre de Sean, Emma se sentait toujours un peu gauche, un peu maladroite, pas forcément à l'aise en ces lieux alors que c'était un endroit qu'elle visitait depuis des années. Elle ne pouvait pas poser le doigt sur ce qui lui faisait monter le rouge aux joues et elle manquait cruellement de vocabulaire pour exprimer clairement ce qu'elle ressentait auprès de Max ou de Patty. Ça tenait pourtant en deux mots (ou plutôt quatre) : he gets naked there. Des syllabes qui peinaient à s'ancrer dans son esprit, alors à traverser ses lippes rosées... c'était perdu d'avance. Les mains jointes devant elle, Emma arborait un sourire tendu, à la fois tendre et qui criait pourtant HE FUCKING GETS NAKED HERE, ce qui lui signifiait sans surprise que ses problèmes actuels étaient parfois en inadéquation avec le nouveau monde dans lequel ils vivaient. Emma était cruellement consciente de ce que l'épidémie pouvait arracher au commun des mortels, et en même temps sa jeunesse lui donnait des objectifs tout bonnement propres à son âge de jeune adulte où l'immaturité primait. Elle n'était audacieuse que lorsqu'il s'agissait de courir chez Sean à quelques minutes du couvre-feu. Après, sa bravoure n'était que chimérique à l'approche des fortifications et de ce qui les entourait. A ses yeux les deux défis étaient pourtant au même niveau, à la même portée compliquée à frôler. Elle osait pour Sean parce que cela lui apportait un sentiment incertain de plaisir inavoué. Mais franchir la porte principale des barricades, elle n'en retirerait rien de délicieux. Rien de concret auquel se raccrocher, à propos duquel son imagination galoperait.

Sean s'assit sur le rebord du lit, lui demandant comment elle allait. Emma esquissa un sourire frémissant qui mourut rapidement, tandis que ses yeux brillants cherchaient un tantinet d'inspiration sur la pointe de ses chaussures. « Oh..tu sais, un coup ça va, un coup ça va pas. Mais je ne veux pas t'embêter avec ça. » oh que si, elle voulait lui en parler. Mais elle voulait d'abord l'entendre la supplier, l'entendre dire qu'il avait désespérément besoin d'écouter ce qu'elle ressentait, et qu'il ferait tout pour l'aider. Aussitôt dit, Emma se mordit les lèvres, consciente que ce genre de stratagème ne fonctionnait jamais avec Sean – Max aurait compris le sous-entendu, mais il avait été forgé dans la même matière qu'elle. Il savait lire entre les lignes. Sean ne savait pas de quelle manière entreprendre ce qu'elle lui disait, s'il s'agissait de second degré ou non. Ce problème de communication, qui persistait depuis bien des années, était devenu infernal à la mort du père d'Emma. Elle ne parvenait plus à accepter le comportement de Sean tel qu'il était réellement, et ça posait un problème majeur entre les deux amis. Ravalant le goût amer qui venait d'envahir sa bouche,

Emma releva le nez et en quelques enjambées rejoignit le lit sur lequel elle s'assit, proche, si proche de Sean. Elle pouvait sentir son odeur et elle ne fut pas surprise d'en tirer une satisfaction olfactive ; elle aimait cette proximité car elle avait conscience de tout. Elle ressentait la chaleur qu'émanait le corps de son comparse, elle pouvait admirer à volonté ce visage qui la hantait nuit et jour, et être consciente aussi qu'elle pouvait l'embrasser si elle le voulait. Qu'elle pouvait se pencher, et presser sa bouche contre celle de Sean. Qu'elle pouvait tout détruire entre ses doigts crispés.

« Et toi, qu'as-tu fait d'intéressant aujourd'hui ? Tout va bien ici ? » elle pencha légèrement la tête sur le côté, essayant de sonder les songes les plus profonds de son vis-à-vis qui les gardait souvent cachés. « Tu..voulais aller te coucher peut-être, avant que je ne débarque à l'improviste ? » c'était ce qu'elle désirait autant qu'elle redoutait. Elle voulait qu'il lui demande où elle voulait dormir, et qu'elle lui dise qu'elle pouvait parfaitement dormir dans un sac de couchage aux pieds d'son lit, que ça ne la dérangeait pas. Plus tard dans la nuit elle le rejoindrait. C'était une habitude, c'était leur habitude. Plus que tout, Emma souhaitait sentir la proximité physique de Sean qui ne se permettait de tels gestes que lorsqu'ils dormaient ensemble. C'était cependant une boisson exquise qu'elle aurait voulu consommer constamment, pas seulement une fois la nuit tombée. Mais c'était suffisant pour le moment, amplement suffisant.
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MessageSujet: Re: why can't I hold on ? (sean)   Ven 3 Mar - 18:26

Elle se tenait droite sur ses jambes, un fin sourire planté sur ses lèvres. Il l’observait du coin de l’œil, alors que sa bouche débitait de stupides banalités. Elle souriait pourtant, cette belle enfant, elle souriait malgré le deuil, et le chagrin, la colère, et malgré la fin du monde qui s’abattait sur eux. Et sous ses yeux inquisiteurs, Emma semblait si forte et pourtant si faible. Ce bout de femme qu’on devait protéger, ce bout de femme qu’il n’était pas assez homme pour protéger. Il était aussi faible qu’elle, peut-être même plus. Il n’était pas courageux, seulement conduit par une folie alimentée elle-même par cette colère de petit garçon. Mais Emma, elle semblait forte comme ça, droite sur ses jambes. Elle bravait la nuit et ses dangers pour un réconfort qu’il ne pouvait lui offrir. Briggs n’était pas assez qualifié pour prononcer des mots doux qui arrangeraient tout. Il ne savait pas faire, il ne faisait que rajouter de l’huile sur le feu avec ses paroles maladroites et les sous-entendus qui lui échappaient si facilement. Alors peut-être qu’Emma avait elle aussi perdu la tête, cherchant du réconfort là où il n’y en aurait jamais. Quand elle débarquait ainsi la nuit, Briggs songeait à s’armer de Natalie. Elle connaissait les mots qu’il fallait employer, la sœur aînée savait calmer les paniques et les cœurs chagrinés. Il n’avait pas hérité de ce don, le gamin. Malheur à lui, malheur sur elle.

« Oh... tu sais, un coup ça va, un coup ça va pas. Mais je ne veux pas t'embêter avec ça. » Sa voix flottait dans les airs, comme un pont entre les deux corps qui n’osaient se rapprocher. Des murmures, des mots soufflés de si loin que Sean n’aurait pu ne pas les entendre. Mais la voix de la belle lui était si familière qu’il l’entendrait toujours, qu’ils soient susurrés au creux de son oreille ou hurler à des kilomètres de distance. Mais s’il entendait les mots perchés sur les lippes d’Emma, il n’était en mesure de les comprendre. Il haussa les épaules, se pliant au volonté de son amie. Si elle ne voulait pas parler, il ne pouvait la forcer. Lui-même n’avait pas toujours envie de se confier, lui-même avait connu le deuil et le cœur qui n’en faisait qu’à sa tête. Il comprenait, d’une certaine façon, sans arriver à comprendre réellement. Il fallait lui parler franchement à Briggs, il ne voyait que l’évident. Les sous-entendus et les mystérieux codes, il n’arrivait pas à les déchiffrer. Emma se mordit la lèvre, attirant l’attention du jeune homme, et les hormones qui vont avec. Douces lèvres, fines lippes qu’il pourrait embrasser après trois grandes enjambées. Des baisers qu’il rêvait de lui donner, sur les joues rosies, et dans le cou, et sur sa peau de porcelaine cachée de tous. Il voulait un accès privilégié à son corps, et à son cœur, mais devait se contenter des avant-goûts nocturnes qu’elle lui offrait. Un jour, s’il devenait courageux, un jour elle serait sienne, entièrement. Pour l’instant, il devait se satisfaire des nuits qu’elle passait pudiquement en ses bras. Mais voilà que l’ange bouge, et voilà l’ange à ses côtés. Elle était si proche, les grandes enjambées étaient désormais inutiles. Briggs pouvait se pencher et rencontrer la bouche désirée d’un simple geste. Simple, mais si difficile à accomplir. Pour ne pas céder, pour ne pas briser ce qui était entre eux, l’enfant s’éloigna. Quelques centimètres à peine, un geste imperceptible mais qui installa pourtant une barrière de sécurité entre les lippes des enfants. Elle était si belle de près, il pouvait d’ici tout voir d’elle : les imperfections qui marquaient sa peau douce, et les traits qui dessinaient l’œuvre qu’était son visage. « Et toi, qu'as-tu fait d'intéressant aujourd'hui ? Tout va bien ici ? » De ses lèvres il remonta son regard jusqu’à plonger dans les yeux océans de la jeune femme, véritable piège à émotions. « Pas grand-chose. J’étais à la radio. » Il est sorti aussi mais cela, il évite de l’avouer. A Emma surtout, elle qui a connu de mauvaises choses au-dehors, elle qui s’inquiéterait trop pour lui. Il ne veut pas lui faire peur, il ne veut pas qu’elle s’effraie de ses escapades illégales, elle qui condamne déjà ses quelques larcins. Il détourna la tête, se cacha de ce regard inquisiteur qu’elle braquait sur lui. Il ne voulait pas qu’elle ait peur, qu’elle craigne pour sa vie, elle qui avait déjà perdu, elle qui était déjà endeuillée. Il allait continuer, mais elle ne saurait rien. « Tu... voulais aller te coucher peut-être, avant que je ne débarque à l'improviste ? » C’est vrai, il s’apprêtait à se coucher. Il n’avait rien d’autre à faire. Ses lectures l’ennuyaient, il connaissait chaque mot que plus rien ne le surprenait. La présence d’Emma lui réchauffait le cœur, et l’occuperait pour un moment encore. Elle était la bienvenue chez lui, sous son toit, sous ses draps. « Je ne suis pas fatigué. Je peux veiller encore un peu. » Avec toi à mes côtés, je veillerais toute la nuit avait-il écrit un jour sur un papier qui était désormais secrètement enfoui sous une pile de poèmes destinés à l’ange. Secrets de jour et secrets de nuit, Sean cachait tant à Emma. Il se leva soudainement, fit quelques pas vers sa porte fermée. « Je peux aller te préparer le lit de la chambre d’ami. » Mais il savait que c’est le sien qu’elle rejoindrait plus tard dans la nuit. Il avait envie que ce soit le sien qui accueille cet ange. Il frémissait déjà à l’idée de la tenir dans ses bras, d’entendre sa lourde respiration et d’épancher ses larmes chaudes. En silence, toujours dans le silence de la nuit. Il ne pouvait pas parler, il ne faisait que la tenir fermement contre lui. Il était là pour elle, sans savoir comment faire. Briggs jeta un coup d’œil par-dessus son épaule, et rencontra le regard tourmenté de la blonde. Mais les vagues houleuses s’étaient apaisées dans ces yeux océan, et la mer semblait si calme qu’il sourit malgré lui. « Pas de super crises ce soir, huh ? » souffla-t-il du bout des lèvres.
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MessageSujet: Re: why can't I hold on ? (sean)   Lun 6 Mar - 1:26



why can't i hold on ?
There is a swelling storm And I'm caught up in the middle of it all And it takes control Of the person that I thought I was, the boy I used to know. There is a light in the dark and I feel its warmth In my hands, in my heart, why can't I hold on ? It comes and goes in waves, It always does, it always does. We watched as our young hearts fade into the flood, into the flood. Freedom, falling, the feeling that I thought was set in stone Slip through my fingers, trying hard to let go. It comes and goes in waves, It comes and goes in waves, It carries us away. Though the wind, down to the place We used to lay when we were kids, Memories of a stolen place Caught in silence, like I lost in space. ~ waves, dean lewis.


Pas de crise. He's right, calm down. Ce dernier mot soufflé sembla la traverser de manière physique dès qu'il passa les lippes si tentantes de son comparse. Tout débuta dans son cœur, avant de se déverser au plus profond de ses entrailles où son estomac commença à se crisper plus que de raison. Elle avait mal, souffrait sous le poids de ce qu'elle imaginait être un dommage irréversible ; Sean la considérait comme une plaie capable de soulever les océans et faire pleuvoir du sang. Il lui disait de ne pas faire de super crise, et la seule notion de cette idée la rendait coupable de beaucoup de maux. Il la haïssait. Il ne voulait pas d'elle. Il la pensait tarée, incontrôlable, détestable. Emma se tassa davantage sur le lit, presque courbée en deux, en proie à toutes les pensées qui l’assommaient et assombrissaient son humeur. Elle avait beau se donner des ordres, se dire qu'elle devait se calmer, ses muscles se tendaient à en être partiellement douloureux. Sa tête faisait le reste du travail, et elle assistait désormais impuissante à une guerre sans merci entre raison et (trop nombreux) sentiments. La tempête ne passait jamais vraiment, elle restait souvent là - cachée, attendant la bonne heure pour s'abattre. Et l'heure était arrivée, les secondes s'étaient écoulées et Emma sentait ses ongles s'enfoncer dans la chair de ses paumes tandis qu'elle essayait malgré tout de réprimer ce qui ne pouvait l'être. Soumise à ses pulsions, à ses émotions aléatoires, la jeune fille n'était plus que l'ombre de ce qu'elle était et rien, pas même la perspective d'avoir son corps collé à celui de Sean, n'était susceptible de calmer ses ardeurs et cette virulence qui lui collait désormais à la peau. Son compagnon connaissait cette faiblesse, et il en jouait (no, he doesn't, calm down).

Emma ne se souvenait plus comment elle agissait avec Sean autrefois, mais elle était convaincue que ce n'était pas de cette manière. Autrefois, elle comprenait. Autrefois, elle prenait garde à se souvenir qu'ils n'étaient pas faits de la même façon et que leur manière de voir les choses pouvait facilement les diviser, alors il fallait faire attention. La prudence d'Emma s'était envolée au profit de ce désir profond de conflit, de pointer du doigt tout ce que sa susceptibilité révélait au grand jour – chez elle, il n'y avait plus aucune trace de compréhension et le moindre effort se faisait avaler par ce torrent d'émotions contradictoires qui gobait ses bonnes résolutions, des résolutions qui se voulaient régulières mais stériles. Toujours assise sur le lit, Emma considérait Sean près d'la porte, ce jeune homme pour qui elle aurait tout donné, ce mec qu'elle suivait les yeux fermés, celui contre lequel elle se nichait une fois la nuit tombée. Mais qu'est-ce que je fais là ? et cette question était redondante, et la fit se crisper encore un peu plus, cette question la hantait parfois lorsqu'elle cherchait le sommeil. Qu'est-ce qu'elle faisait là ? Pourquoi faisait-elle ça ? Pourquoi se permettait-elle de se faire subir ça ? Max et Patty, Sean et Emma. C'était du pareil au même, tourbillon sans fin qui empêchait les amoureux de s'accorder le droit de vivre. Sean ne voulait pas d'elle, sinon il l'aurait abordée plus tôt en ce sens. Ses phalanges se posèrent sur sa bouche frémissante, essayant de ressentir le fantôme de ce baiser qu'il lui avait accordé quelques années plus tôt, en bon sauveur qu'il était. Elle se souvenait de la texture de ses lèvres, du goût de sa peau contre sa langue. Cet acte l'avait laissée imaginer, cet acte l'avait emprisonnée.

« Une crise ? » répéta Emma qui, lentement, se leva, poings serrés et yeux écarquillés. « pas de super crise ce soir, huh ? Excuse-moi si mes problèmes pourraient venir perturber ta soirée si idyllique. Mon père essaiera de mourir un autre jour afin de ne pas te déranger, à ta convenance dear. » cracha-t-elle, venimeuse, cherchant à taper là où ça faisait mal. Elle savait pourtant que Sean ne s'en fichait pas, même si elle s'évertuait parfois à lui faire dire le contraire. Elle savait qu'il était là pour elle, et qu'il ne fallait pas lui parler en message codé. Elle savait – elle savait tellement de choses, mais les avait oubliées au profit d'une colère qui se faisait grandissante. Et la voilà qui commençait à faire les cent pas au sein de cette chambre dont elle connaissait les moindre recoins, et la voilà qui recommençait à blâmer Sean pour ses problèmes dont il n'était pas responsable. Elle pensait, et en venait aux conclusions qui l'arrangeaient. « Non mais tu entends ce que tu dis, Sean ? Tu t'entends parler deux secondes ? » du revers de la main, elle essuya rageusement les larmes qui commençaient déjà à perler au recoin de ses yeux. Il l'avait vue pleurer un nombre incalculable de fois, parfois à cause de lui, parfois à cause de la vie de chien qu'elle se traînait. Emma tendait à penser que ça n'lui faisait plus rien, à Sean, de la voir chialer.

Les lèvres pincées, la blonde se tenait désormais plantée au centre de la pièce, affrontant du regard celui vers qui toutes ses pensées se tournaient d'habitude. Elle en faisait trop, toujours trop. « Je pensais que je pouvais te parler, n'importe où n'importe quand et que tu comprendrais..que tu comprendrais ce que je vis mais non, hein, non, bien entendu. Toi, tu veux juste pas que j'réveille ta sœur et ta mère. Pas de super crise surtout, non non Emma, prends sur toi et va pleurer sur l'épaule de Max. C'est ça qu'tu veux au fond, hein ? Que j'arrête de venir te faire chier ? » les petites larmes, semblables à des perles, se transformèrent rapidement en torrent. « T'es tellement égoïste Sean, tu penses vraiment qu'à toi, j'te déteste, je te déteste » elle regretta aussitôt ses paroles ; c'était bien là tout l'contraire. Elle l'aimait, Sean, elle l'aimait à en crever et, de chaque pore de sa peau transpirait un désir qu'elle peinait aussitôt à contrôler. « je sais pas com-comment j'-j'ai fait p-pour ê-être a-amou- » amoureuse de toi, mais le reste de ses paroles fut noyé dans les sanglots qui la secouaient de haut en bas. Elle ne continua pas son fil de pensée - c'était sans importance maintenant.

Emma aurait voulu être douce, et attirante. Elle aurait voulu avoir Sean pour elle seule, elle aurait être bonne pour lui. Plus le temps passait, plus elle se sentait machiavélique. Mauvaise, et peut-être l'était-elle. Et peut-être qu'ils n'étaient pas destinés à être ensemble.

Et ça, ça lui bousillait le coeur.
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MessageSujet: Re: why can't I hold on ? (sean)   Dim 12 Mar - 19:58

Le calme avant la tempête est souvent imperceptible, mais très vite regretté. Un ciel bleu assombri par les nuages sombres et les éclairs foudroyants, une chambre d’adolescent assaillie de cris et de larmes. Briggs se tenait au milieu de sa chambre, à mi-distance entre sa porte et son lit où l’ange l’honorait de sa présence. Il avait le visage détendu, il ne pensait qu’à sa présence en ces lieux intimes, qu’à la nuit qu’ils allaient passer blottis l’un contre l’autre. Il a pas vu les mots bondir de sa langue, ni la frapper de plein fouets. Il a pas vu le danger qu’il répandait alors qu’il partait juste chercher des draps. Briggs se tenait au milieu de sa chambre et, l’instant d’après, la tempête s’abattait froidement sur les deux adolescents. Il bougea pas, mais elle devint livide. Elle se plia, se tordit sur elle-même. L’ange tombait des cieux dans une chute lente et douloureuse. Et lui la regardait de loin, il comprenait pas pourquoi son ange tombait. Mais le gamin se rappela que c’était pas la première chute, et ça s’rait sans doute pas la dernière non plus. Il connaissait ses chutes, et il les craignait toujours. Parce que quand l’ange tombait, il devenait diable. Et le rouge n’allait pas à cette jolie blonde.

Il bougeait toujours pas l’enfant, il était planté au milieu de sa chambre, à mi-distance entre sa porte et son lit. Il avait les bras ballants, le regard perdu. Ses yeux tentaient de décoder le mystérieux code qui animait Emma, ce code incompréhensible qui la mouvait depuis toujours. Et des années plus tard, il avait toujours pas réussi à comprendre ce code. C’était pas de l’informatique, ça relevait plus du cœur : et il s’y connaissait pas en code qui venait du cœur. Et il se rappelait qu’avant c’était pas aussi compliqué de lui parler à Emma, avant ils riaient, avant ils s’amusaient. Ils se comprenaient plus ou moins. Maintenant, ils se comprenaient plus. Son regard sombre déambulait le long des lignes de son visage porcelaine. Il s’égara sur ses lippes, suivant le geste de ses mains tremblantes. Et il se souvint, le gamin, tout comme elle se souvenait, de leur baiser d’antan. Quand tout allait bien, plus ou moins. Le père Brown vivait, Madeleine était encore la mère Briggs. Leurs cœurs battaient encore à l’unisson, sur une même mélodie douce et chaleureuse. A présent, ça battait à contre-mesure, ça suivait plus la partition. C’était plus pareil et ça laissait ce goût amer sur la langue.

« Une crise ? » L’ange n’était plus. Le diable se leva, les poings fermés, les lèvres pincées. « Pas de super crise ce soir, huh ? Excuse-moi si mes problèmes pourraient venir perturber ta soirée si idyllique. Mon père essaiera de mourir un autre jour afin de ne pas te déranger, à ta convenance dear. » L’orage s’abattit sur lui, les éclairs frappèrent le sol de sa chambre. Il pleuvait sur les joues d’Emma. Et les mots le giflèrent, elle parla de son père, elle parla de sa mort. Il détourna le regard, il lui tourna presque le dos. Il essayait de pas y penser, à son père à lui, à sa mort à lui. A comment ça avait affecté ce petit garçon de huit ans, comment ça avait agit sur l’homme qu’il était devenu. « Emma. » C’est tout ce qu’il arriva à dire, bloqué comme ça dans son coin, lui tournant presque le dos. « Non mais tu entends ce que tu dis, Sean ? Tu t'entends parler deux secondes ? » Elle continuait d’attaquer, de déverser son venin sur la silhouette fragile du gamin. Il tourna la tête, il voulait pas voir cet ange tombé des cieux ainsi. « Et toi, tu t’entends parler ? » qu’il lâcha secrètement, dans un souffle. Elle entendait les horreurs qu’elle gueulait, les histoires qu’elle s’imaginait ? Il était pas comme elle, il se concentrait que sur ce qu’il voyait, ce qu’il entendait. Il s’imaginait pas des trucs, il n’extrapolait pas. Il ne portait pas aussi bien la couronne que cette reine tragique. Le diable s’avançait vers lui à grands pas, furieuse. Elle n’était plus qu’à quelques centimètres de son visage qu’il gardait tourné, comme s’il se protégeait de sa colère. « Je pensais que je pouvais te parler, n'importe où n'importe quand et que tu comprendrais...que tu comprendrais ce que je vis mais non, hein, non, bien entendu. Toi, tu veux juste pas que j'réveille ta sœur et ta mère. Pas de super crise surtout, non non Emma, prends sur toi et va pleurer sur l'épaule de Max. C'est ça qu'tu veux au fond, hein ? Que j'arrête de venir te faire chier ? » Elle soufflait ses mots, elle les criait dans ses oreilles. Elle pleurait, remarqua Briggs du coin de l’œil. La pluie perlait sur ses joues, torrent incontrôlable. Il se tourna vers elle, le regard doux malgré les horreurs qu’elle lui disait. Il avait envie de la prendre dans ses bras, de la serrer si fort que l’orage s’arrêterait sagement. Il voulait l’embrasser pour la faire taire, chatouiller sa langue venimeuse de la sienne. Mais Briggs se résigna simplement à faire un pas de côté. « Emma, t’es stupide de dire tout ça. Tu peux compter sur moi, n’importe où, n’importe quand. » Sur son bureau, une photo encadrée des quatre amis. Les sourires régnaient à cette époque. « Mais si tu préfères parler de tes problèmes à Max, vas-y. » Il haussa les épaules. Il comprenait qu’il était pas la meilleure personne à qui se confier, que c’était difficile d’établir le contact. Max il était pas comme ça, il était mieux Max. Il aurait, cependant, être la seule personne qu’Emma venait voir pour du réconfort, qu’Emma enlaçait et embrassait, mais il était pas assez doué pour ça. « T'es tellement égoïste Sean, tu penses vraiment qu'à toi, j'te déteste, je te déteste » Les cris reprenaient, elle pleurait de plus belle. D’une main, il rêvait de sécher ses larmes. Il ne faisait que rêver, l’gamin. Briggs fit un pas en arrière, elle le détestait, ça faisait mal. Il arrivait plus à parler, il arrivait à peine à la regarder. « Je sais pas com-comment j'-j'ai fait p-pour ê-être a-amou- » Sean ne comprit pas ses derniers mots, noyés dans un flot de larmes. Briggs ne bougeait pas, il se tenait au milieu de sa chambre à mi-distance entre sa porte et sa chambre. Il faisait face au mur, à son bureau et à la photo encadrée des quatre amis souriants. Il entendait les sanglots d’Emma, le seul bruit présent dans cette maison de Lafayette. Il osa jeta un coup d’œil vers elle : l’ange avait les ailes brisées. Et lui, c’était son cœur qui se brisait sous les paroles du diable qu’il aimait.
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MessageSujet: Re: why can't I hold on ? (sean)   Mar 14 Mar - 23:51



why can't i hold on ?
There is a swelling storm And I'm caught up in the middle of it all And it takes control Of the person that I thought I was, the boy I used to know. There is a light in the dark and I feel its warmth In my hands, in my heart, why can't I hold on ? It comes and goes in waves, It always does, it always does. We watched as our young hearts fade into the flood, into the flood. Freedom, falling, the feeling that I thought was set in stone Slip through my fingers, trying hard to let go. It comes and goes in waves, It comes and goes in waves, It carries us away. Though the wind, down to the place We used to lay when we were kids, Memories of a stolen place Caught in silence, like I lost in space. ~ waves, dean lewis.


Sean ne bougeait pas, il n'esquissait même pas l'ombre d'un mouvement. Il était statique. Il avait peur. Tandis qu'Emma hurlait, pleurait, sanglotait. Tandis qu'elle, elle mourrait. Il y avait un temps où tout allait bien, où ils étaient heureux lorsqu'ils se voyaient, où tout semblait arborer un sens qui leur convenait à l'un et à l'autre. Il y avait un temps où la vie semblait s'offrir à eux ; mais aujourd'hui, qu'avaient-ils de tangible à s'offrir ? Qu'y avait-il de bon à soulever lorsqu'ils s'adressaient la parole ? Il n'disait plus rien Sean, et Emma elle en disait souvent trop, des trucs qu'elle pensait pas, des trucs qu'elle regrettait le lendemain. Elle avait oublié de quelle manière se contrôler, elle avait oublié que Sean n'était pas exactement comme elle, et que ses réactions ne concordaient pas avec les siennes à mesure qu'elles arrivaient. Il fallait lui dire les choses clairement, ne pas prendre les chemins dérivés. Fallait jamais les prendre ces chemins-là parce qu'on était toujours déçu à l'arrivée, et Emma l'était toujours davantage parce qu'elle baignait constamment dans les sous-entendus et les sornettes. Elle n'était pas claire, et Sean l'était un peu trop dans sa manière de faire. Au travers de ses larmes, la jeune fille observait son vis-à-vis ; elle se souvenait du baiser qu'il lui avait donné quelques années auparavant, pour la sauver d'une humiliation qui s'était étirée. Elle avait toujours pensé depuis que ses sentiments étaient peut-être partagés, mais comment poursuivre cette file de conduite alors qu'il restait planté là, insensible à ce qu'elle pouvait lui dire ? Entre Sean et Emma, il y avait un monde d'incompréhensions et de dilemmes.

Au fur et à mesure des secondes écoulées, les larmes cessèrent, la respiration devint sifflante. Elle attendait d'être sauvée, aimée, elle attendait qu'il l'embrasse. Alors que Sean, lui, désirait s'enfuir si elle se fiait à ce qu'elle voyait. Il lui tournait pratiquement le dos. Ne réagissait guère. Et ça la rendait malade tout ça, ça lui donnait envie d'être encore plus en colère – et de hurler. Hurler vraiment, pour qu'il se retourne et au moins la regarde. Est-ce que tu veux encore de moi ?, s'il l'avait un jour désirée, s'il s'était un jour prêté à imaginer quelque chose à ses côtés. Mais à quoi rimait l'imagination d'Emma alors qu'elle se débattait dans le vide, pathétiquement amoureuse du fils Briggs qui en voyait très certainement d'autres qu'elle ? Aime-moi, une supplique qui ne passa pas ses lèvres malgré leur présence venimeuse au sein de sa bouche tristement sèche. Elle voulait se jeter à ses pieds, le supplier, le prier de l'aimer au moins autant qu'elle l'adorait. Elle le voulait tout entier, sans règle ni barrière. Et elle en avait assez de rêvé de ses lippes et de son corps, elle voulait un acte concret, une rencontre démesurée à la hauteur de ses espérances aujourd'hui avortées. Emme ferma les yeux.
Dans sa tête, le monde est enchanteur. Son père vit encore, et elle est capable de franchir le mètre qui la sépare de Briggs. Elle se sent à l'aise lorsque ses phalanges étreignent les doigts frais de son comparse. Et lorsqu'elle se sent prête, et qu'elle se rend compte qu'elle a finalement tout à gagner, elle se rapproche davantage, se met sur la pointe des pieds et doucement ses lèvres viennent frôler les lippes de Sean, avant de les épouser avec une douceur amplifiée par sa timidité maladive, et son manque d'expérience. Il glisse sa main dans le bas de son dos, se glisse sur sa peau chaude sous son t-shirt et l'attire encore un peu plus contre lui.
Emme rouvrit les yeux. Rien n'avait changé. Son père était toujours mort, et Sean était bien décidé à ne pas l'écouter. La douleur était là, et la jeune fille la gardait précieusement dans le creux de ses mains fébriles et malhabiles. Il était déjà trop tard pour reculer. « Tu comprends rien. » lâcha-t-elle brutalement, l'arc-de-cupidon relevé en un rictus écœuré. En trombe, Emma passa devant lui, évitant bien soigneusement de le frôler alors qu'elle aurait voulu le bousculer et lui faire mal, descendit les escaliers, sortit de la maisonnée et s'éloigna dans la nuit.


(sujet terminé)
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