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 - cœur-funambule. (sia)

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MessageSujet: - cœur-funambule. (sia)   Ven 24 Fév - 13:11

Krysia Lune pawelczyk
PUISQUE ON EST JEUNE ET CON. PUISQUE ILS SONT VIEUX ET FOUS.
The Day Will Come When You Won't Be
nom : Pawelczyk et tu t'amuses toujours de voir ces étrangers s'écorcher la langue à le prononcer. Tout ceci est trop compliqué. Alors on te coupe, on te réduit, on te ratatine. Sia Pawel que tu deviens pour les opportuns. prénom : Douce Krysia aux sourires angéliques et au regard enjôleur. Prénom typiquement polonais qui signifie « pur ». Pourtant, tes intentions sont loin de refléter la même pureté que celle de ton prénom. Tel un mirage, objet de convoitise qui arrive à tromper le plus aguerri des observateurs. Capable contre toute attente de maintenir, sans effort, de nombreuses illusions. Krysia, douce Krysia, entre tes mains l’histoire de ton prénom devient un mythe lointain. Lune ton père te conta ses mésaventures, un rêve à la française qu'il avait vécu en visitant Paris, cirque qui fit escale, escapade amoureuse le temps d'une soirée qui resta souvenir d'une vie. La beauté de sa française n'avait d'égale que son éclat lunaire, ses cheveux blancs tombaient en cascade sur ses petites épaules et lui descendaient jusqu'à mi-dos. Elle était petite et mince, on l'aurait confondue avec une enfant sans ses courbes généreuses. Le magicien l'avait même habillée d'une robe d'un bleu nuit extraordinaire. Ton géniteur follement éprit dû la laisser derrière quand le chapiteau du ciel reprit sa course folle, meurtri de renoncer à son amour que lui rappelait chaque soir la voûte étoilée. A ta naissance il te donna son prénom, mémoire du manque, miroir des erreurs. Ta mère n'en sut jamais rien. Mais toi. Toi tu as conscience d'être cet astre brillant, reflet d'un amour mort-né, de rêves oubliés. Si un jour tu rencontres ta Lune, peut-être que toi tu ne suivras pas le ciel. âge : Seize années d'innocence et d’insouciance, quand le syndrome de Peter Pan s'empare de l'âme. Une moue d'écolière et le regard dans les nuages, t'as tout d'une petite Lolita. date et lieu de naissance : dans la ville lumière un 26 décembre, l’Ode à l'amour sous une nuit enneigée, cadeau de noël et joie d'une nouvelle année à venir. La belle Paris t'a vu naître mais toi t'as jamais eu la chance de t'imprégner de son histoire, de son aura si particulière, de ta ville de baptême tu ne gardes que des légendes contées par la voix du magicien. nationalité : polonaise on peut entendre ton accent de l'est qui persiste et écorche ton anglais, il te plait ton accent, tu veux pas t'en défaire, t'aimes entretenir ta différence. origines : polonaises et françaises ignorance amère d'une mère inexistante qui imprègne ta peau, ton sang, tes iris d'un bleu si proche du sien. T'as la grâce et l'élégance de sa française mais tout le reste, c'est ton paternel qui te l'a donné. situation civile : Le cœur en cavale, le corps-papillon. Tu t'amusais à séduire les uns pour mieux tromper les autres, gamine à l'allure de femme tu t'abîmais à jouer les adultes alors que ton âme enfantine rêvait de simplicité, de sensibilité. T'es qu'émotions, rêves, abandon, ton monde à toi et fait d'acrobaties. Tu fais pareil avec les sentiments, des arabesques et tes entourloupettes, on ne sait jamais sur quel pied danser. T'aimes comme une enfant, des paillettes dans les yeux des étoiles dans la voix, tu ignores comment on fait l'Amour avec un grand A, l'amour des grandes personnes. Tu joues, tu imites, mais tu l'as pas vécu et maintenant c'est trop tard. N'est-ce pas? orientation sexuelle : tu sais pas toi, t'as jamais eu le temps de te poser la question.. tout ce que tu sais c'est que tu vois de la beauté partout, dans les lèvres pleine d'une jolie fille et dans les yeux mystérieux d'un garçon. ancien métier : pieds dans le vide et tête dans les nuages. Jolie funambule, poupée brisée du cirque du Ciel. T'étais la fée des airs, la ballerine de l’apesanteur, tu volais haut.. si haut.. tu traversais les mondes sur un fil en suspension, t'as pas peur du vide. Tu crains de ne pas t'élever. ancien lieu d'habitation : sous le chapiteau. T'avais pas de vraie vie ni de vraie maison. Tu étais là où le cirque se rendait. Vous êtes des nomades, des monstruosités du spectacle. T'étais ici et là, partout et nulle pat à la fois. T'as vu mille et une villes et n'as jamais eu l'occasion de t'installer dans une seule. Jusqu'à aujourd'hui, qui aurait cru que l'apocalypse t'accorderait de la stabilité? Quand tu dis ça aux gens ils éclatent de rire, très fort. Ils éclatent en sanglots, tout doucement. Ils évitent ton regard car ils comprennent alors que la fin de leur monde est le début du tien. camp actuel : lafayette ou seul. groupe : bury me here. crédits : cosmic light.  

just survive somehow.

(001), Frénésie adolescente des premiers émois, des premiers drames, et des premières joies, avec les angoisses des jeunes filles de ton âge mais habitée aussi d'une fureur de vivre à la James Dean cherchant à tout expérimenter, s'aventurant là où on te déconseille d'aller, tombant pour ceux que tu n'as pas le droit de regarder, vagabondant tel un chat errant, féline et sur la défensive mais tellement curieuse. (002), Autrefois, tu mentais sur ton âge quand cela t'arrangeait te fardant d'une fausse majorité, t'enveloppant de petits mensonges anodins et finissant par t'inventer une histoire, une vie, une autre toi dans laquelle tu te drapais au grès de tes besoins et envies. T'en piégeais parfois si près d'un détournement de mineure malgré eux. Jolie gosse à la bouille mutine qui se plait à se distraire avec les gens comme on jouerait à la poupée, tu ne le fais pas méchamment, presque innocemment, tu brouilles les limites, la ligne entre indécence et bienséance, bien et mal, toujours dans une nuance de gris.  (003), t'es née et as grandi dans un cirque, le cirque Nieba "du ciel" en polonais, tes arrières grands-parents ont commencé cette folle aventure alors qu'ils avaient à peine dix-sept ans, fuyant leur troupe d'origine pour monter la leur. Lui était voyant et elle trapéziste, il lisait dans les étoiles quand elle dansait dans les nuages, le ciel est votre demeure depuis toujours. Et toi, toi tu termines d'embellir leur œuvre, la dernière-née de générations de voleurs et de sylphes. Ta famille dirige le cirque depuis ce temps-là, tes aïeux l’ont fondé et vous avez continué d’entretenir la réputation. C’est ton grand-père qui commandait tout ce beau monde du haut de son chapeau claque, Monsieur Loyal le grand chef d’orchestre du Ciel, tu peux encore l’entendre rire derrière sa moustache quand tu fermes les yeux, sentir son spencer rouge de tes doigts graciles. T’as jamais connu que ça, le monde du Grandiose et des feux d’artifices, vous vendez de l’irréel, du fantastique, de l’impossible. « The show must go on » pour hymne de vie. (004), le cirque du Ciel il était composé principalement de familles polonaises, il y avait aussi quelques russes, ukrainiens, turcs et italiens, ce pourquoi tu parles couramment russe et ukrainien et as quelques notions dans les autres langues, l’anglais tu l’as appris sur le tas comme tout le reste. Le cirque c’est une affaire de familles, un savoir-faire qui se transmet des aînés aux enfants, peu d’étrangers étaient acceptés dans vos rangs et ils mettaient des années à être totalement intégrés. (005), Tu n’as jamais été à l’école, tu as appris tout ce que tu sais grâce à Katarzyna, la vieille voyante du cirque, c’est elle qui apprenait aux enfants à lire, à écrire, et toutes ces autres choses si banales pour le reste du monde et si étranges pour vous. Ton monde, il est inversé, depuis toujours. Un univers miroir où les excentricités sont la normalité, où les tares physiques font de vous à l’extérieur des « freak » et à l’intérieur des maîtres de l’émerveillement. Quand les enfants de ton âge jouaient au ballon, à la poupée, apprenaient à compter et faisaient des dictées toi tu t’entraînais à atteindre la voûte étoilée. Tu jouais avec les tigres et les éléphants, tremblait avec les lanceurs de couteaux, dansait avec les acrobates. Tu ignores tout ce qui est normes, apprentissage élémentaire, par exemple, tu écris très mal et ça te complexait souvent quand tu étais en dehors du cirque. (006), Ton père c’est un magicien. Un vrai. Il a toujours su transformer ton univers pour le rendre plus beau, plus grand, comblant les absences d’une mère avec sa magie. Il a la magie des mots, la magie des gestes, la magie des sentiments, il manipule pour créer des illusions, pour voler les cœurs et faire naître des étoiles dans les yeux. C’est un conteur ton père, il invente à partir d’un rien il tisse comme une araignée du ciel le fil qui relie les rêves et la réalité et dans sa toile il embarque l'espoir absolu. Avec lui, tout ressenti est quelque chose d'intense. Une vibration particulière, comme de la musique. Ton père il sait faire marcher tes aiguilles intérieures pour qu’elles avancent en cadence, sonnant la mélodie du bonheur. C’est un géant, aux mains électriques et à la voix entraînante, t’es la danseuse de sa boîte à enchantement et il est les rouages qui déclenchent ta berceuse de l’âme. Quand ton mécanisme est brisé, c’est le seul à pouvoir le réparer. Parce que comme tu l’as toujours dit, ton père, c’est un magicien. (007), T’es une funambule, c’est ce que tu es pas seulement ce que tu faisais. Lunaire et rêveuse, légère, volatile, constamment indécise, tu es d'une inconstance rare ne te décidant jamais vraiment, ni d'un côté, ni de l'autre, sans cesse sur le fil. Tout en douceur et en fragilité mais maîtresse de tes émotions. Pour ne pas chuter. Plus haut, plus vite, plus loin, plus longtemps. Tu vivais comme une toupie de chair et de sang, ton équilibre ne se maintenait qu'en mouvement. (008),  pour avoir grandi dans un cirque tu sais jongler, danser, te contorsionner comme un fil de fer, t’es une jeune fille en pâte à sel on peut te tordre, te fouiller, te retourner, sans t’abîmer. T’as commencé à onze ans comme assistante du maître équestre, acrobate filiforme qui joue des arabesques sur le dos d’une monture en mouvement. Tu as aussi participé aux tours de tes cousins, te tenant droite comme un i les bras écartés pour recevoir leurs lames, lancés de couteaux qui impressionnent tant les spectateurs. A treize ans tu as eu ton propre numéro, fée aérienne t’es devenue la ballerine du Ciel, chaloupant des mètres au-dessus du sol, t’as jamais été une fille de terre. (009), aujourd'hui même les pieds cloués au planché on peut encore percevoir les restes d’une vie dans l’apesanteur, tu marches pas.. tu glisses, tes pas volent avec grâce, ça même l’apocalypse n’a pas su te le retirer. Tu restes l’acrobate de Lafayette et t’amuses à tes heures perdues à émerveiller les enfants de tes artifices. Ton innocence, ta discrétion sont dangereuses, tu passes de toit en toit, d’arbre en arbre, escalades le mur, te faufiles à travers les brèches et trompes ton monde de ton regard séraphique. Ton arme est ton invisibilité, on te donnerait le bon Dieu sans confession, on te pense gamine farfelue et on ne te considère pas assez. Tant mieux pour toi, tant pis pour eux. T’es partout, t’entends tout, tu vois chaque détail, et ce que tu apprends tu t’empresses d’aller le rapporter auprès de ton père qui attend patiemment à l'extérieur une faille au système. (010), pour tes dix ans ton père t’a offert un perroquet, une Amazone à front bleu, tu t’es rapidement prise d’affection pour l’oiseau et le trimbale partout avec toi depuis, tu lui as appris à communiquer même si son vocabulaire reste relativement restreint. Tu l’as surnommé « Casanova » parce que ce perroquet a un flair hors pair pour repérer les filles « un peu trop jolies ». Il est aimanté par la beauté, et pas n'importe laquelle. Par le charme et par la grâce, par ces femmes qui ressemblent à s'y méprendre à des pâtisseries. A l’inverse il ne se laisse approcher que par très peu d’hommes, il a même tendance à les pincer. Tu lui as appris à siffler à l’approche de rôdeurs, qu’il appelle les « intrus ». (011), mais t’es aussi une gosse perturbée, ballottée par la vie t’as jamais osé dire aux tiens que tu fantasmais parfois de t'implanter quelque part pendant un an ou deux, juste pour savoir ce que ça faisait, bouger sans cesse avait fini par t'épuiser et te frustrer ; t’avais l'impression de constamment rester à la surface des choses et des relations, la sensation qu'il te manquait quelque chose. Tu voulais surtout pouvoir créer des liens avec des gens extérieur au cirque, tu te sentais souvent en décalage avec les gens de ton âge, t’avais pas les mêmes passions, le même train de vie, et tu souffrais de cette différence. Tu ne l’admets pas tout haut, jamais tout haut, pour ne pas attirer les regards interloqués et réprobateurs, mais l’épidémie t’a apporté la stabilité, une vie sédentaire à laquelle tu n’osais songer, que tu désirais parfois tard le soir en suivant Morphée. Est-ce que ça te met en danger de mort? Peut-être, mais tu es en danger de vie si tu ne l’acceptes pas, et, à ton âge, tu trouves ça encore plus grave. (012), Avant ou maintenant, t’as toujours trouvé la vie trop compliquée. C'est toujours comme ça avec toi, la vie est trop belle ou trop compliquée, trop triste ou trop gaie. Si tu devais dresser une liste de tes qualités et de tes défauts, t'aurais en face de chaque qualité son contraire : audacieuse et peureuse, généreuse et radine, humble et orgueilleuse, peste et délicieuse. Tu ne connais pas le juste milieu. Tu es la reine des montagnes russes.
we are the walking dead.
lafayette, louisiane, qu'en pense votre personnage ?

Cela fait près d'un an que votre troupe est arrivée à Lafayette, du moins.. ce qu'il restait d'elle. Le mur était encore en construction et vous avez aidé à le terminer, à renforcer les fortifications, maintenir une ligne de défense. Toi tu étais trop jeune, tu n'as pas été d'une grande aide dans cette construction mais tu as très vite tenté de t'intégrer à cette ville et à sa communauté, vous autres les gens du cirque.. vous n'avez pas été très bien perçus à votre arrivée, à l'époque il existait encore des distinctions entre les survivants, et vous étiez ces inconnus, ces étrangetés. Tu étais le pont entre eux et vous, leur servant un joli visage emprunt d'innocence et de bonnes intentions pour rassurer les sceptiques. Tu te plaisais à accueillir les nouveaux venus, jouant les baby-sitter improvisée. Vous avez payés votre intégration au prix fort, perdus des vôtres en construisant le mur, votre sang comme ciment de cette sécurité. Comme beaucoup d'autres. Vous avez gagné le droit de votre installation, mais le Conseil, le conseil de Lafayette n'a jamais cessé de vous voir comme une potentielle menace. Esprits trop libres, trop réfractaires, des indomptables des indisciplinés.. ils pouvaient mettre vos tigres en laisse mais pas les tenir en cage, et ce qui devait arrivé arriva. Un peu d'espoir est bénéfique, trop d'espoir provoque un embrasement. Ton père, tes oncles, vos amis, ils ont rejoint d'autres survivants dans leur volonté de soulèvement contre l'ordre établi, ils ont voulu changer les choses, donner un coup de pieds dans la fourmilière. Ce fut un cuisant échec. Votre troupe s'est alors scindée en deux, ceux qui avaient participé à la tentative de renversement du Conseil ont été expulsés, ton père en tête de file. Toi, t'es restée, t'es restée parce qu'il te l'avait demandé, parce que tu n'avais pas le choix, t'es restée et t'as courbé l'échine avec ce qu'il reste des tiens. Du moins, vous le feintez. Depuis un an maintenant tu rases les murs, te tiens aussi sage qu'une image et creuses ton implantation parmi eux. Tu n'es pas des leurs, et tu n'es pas non plus de ceux de dehors. T'es sur le fil, comme toujours, tu danses sur la ligne qui les sépare, sans savoir où te positionner, attendant qu'une bourrasque te fasses tomber d'un côté, ou de l'autre. Autrefois tu faisais partie de la surveillance de la ville, perchée tout en haut pour guetter les dangers.. récemment tu as demandé à être affectée à la gestion des vivres et munitions de Lafayette, ils ont beaucoup hésité à te confier ce rôle à cause de ton jeune âge, mettre des armes entre les mains d'une jeune fille de seize ans ce n'est pas raisonnable n'est-ce pas? Mais qu'est-ce qui est encore raisonnable dans ce monde à la dérive? Il est à présent ridicule de faire croire à la préservation de l'enfance, enfance dangereuse et obsolète. Ton insignifiance est ton seul atout ici, on ne fait pas attention à toi. T'es la fille invisible, le courant d'air. Les listes, les stock, toutes vos ressources tu les enregistres, tu les notes et tu les transmets à ton père dès que tu le peux, parce que le savoir est encore la meilleure arme. Ainsi la moindre information est filtrée par tes soins, tu as également commencé à truquer les données, quelques balles par-ci, quelques grenades par là.. encore trop peu pour qu'ils le remarquent mais tu dissimules ton magot dans une planque, attendant le bon moment pour le transférer à l'extérieur du camps.


r-b prénom.
ft. natalia dyer personnage inventé

âge : toujours la majorité fuseau horaire : france fréquence de connexion : dès que je peux où avez vous connu le forum : sam m'en a parlé :siffle:  avis & suggestions :  :>p:  votre mot de la fin : bazingaaaa (comprendront ceux qui pourront Arrow)


Dernière édition par Sia Pawel le Dim 26 Fév - 17:08, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: - cœur-funambule. (sia)   Ven 24 Fév - 13:13

dead man walking.
All the eyes on me in the center of the ring. Just like a circus.

Welcome to the circus, three years ago.
freak show

« DARIUSZ ! » criait un collègue de travail, traînant par les cheveux Krysia qui avait maintenant treize ans. Dans trois jours, elle fêterait ses quatorze, toujours emprunte aux doutes sur ses envies futures, rester, partir, s'imaginer autre chose ailleurs loin du cirque et de ses chimères. Tentant de se débattre comme elle le pouvait, tantôt elle suppliait de la lâcher, tantôt elle le menaçait de le tuer. Ce qui n'arrangeait pas son cas. Les deux personnes arrivèrent devant la roulotte du dompteur de fauves, le collègue tambourinant à la porte, tenant toujours Krysia par les cheveux. Dariusz ouvrit subitement la porte, colérique « Pourquoi tu me déranges Erik ? C'est quoi tout ce vacarme de merde?! » L'oncle de la jeune fille était totalement enragé, débraillé, descendant en vitesse le peu de marches de sa caravane. Il fixait les deux protagonistes avec dédain, le visage rouge, les veines de sa gorge gonflées, les narines ouvertes. Beaucoup de choses pouvait le mettre rapidement en colère mais parmi elles sa nièce était surement le moyen le plus rapide pour l'irriter. « C'est ta nièce ! Elle a encore fait des siennes ! » disait-il en balançant la petite aux pieds de Dariusz. Cette dernière retomba au sol dans un amas de poussières. Elle toussa légèrement pour recracher le sable qu'elle avait ingurgité dans la chute, se relevant péniblement, des cicatrices sur les bras et le visage. Tête baissée devant son oncle, elle n'osait rien dire. « Qu'a-t-elle fait ? » Sa voix était empreinte d'un agacement à peine dissimulé. « T'as qu'à lui demander toi-même, moi j'me casse ! » fit Erik en crachant par terre avant de tourner les talons tout en marmonnant des injures. Dariusz tira alors la gamine par le bras pour l'emmener de force dans sa roulotte. Porte fermée, il la força à s'asseoir sur une chaise bancale sur laquelle on devait faire preuve d'équilibre pour rester assit. L'oncle prit la peine de se prendre une tasse de café avant de s'asseoir à l'opposée de la gosse. Il la fixait sans mot dire, de la tête aux pieds, observant avec attention ses cicatrices. « Elles viennent d'où ces cicatrices ? » demandait-il d'une voix posée, trop calme au goût de Sia. Elle déglutit avec peine, se tortillant les doigts nerveusement avant de lui répondre, toujours la tête baisée. « Je... Je... donnais à manger aux lions et... » « Et un lion t'a attaqué... » continuait-il simplement, sans même s'inquiéter une seule seconde de sa nièce. Le manque cruel d'intérêt que pouvait avoir la jeune fille à ses yeux se faisait sentir. Dariusz n'en avait que faire des péripéties de sa nièce, pire ! Elle se serait fait défigurée par un lion, qu'il aurait proclamé que ça lui servirait de leçon. « Et tu es toujours en vie ?! » continua-t-il stupéfait de la voir devant lui en un seul morceau, quasiment amusé d'assister à une expérience ratée. Il était plus curieux de savoir comment elle s'en était sortie que de savoir si elle allait bien. Krysia retenait la colère qui montait en elle. Une colère mêlée à des pleurs qui lui serraient la gorge. Le moindre son de sa part la ferait craquer et elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas lui donner cette joie, cette euphorie, cette jouissance absolue ! Il était pourtant connu que son oncle n'était pas homme à contrarier, et Sia rasait souvent les murs en sa présence, pourtant, elle le mettait sans arrêt hors de lui malgré elle, par maladresse, par inadvertance, ou juste en étant ce qu'elle était, une enfant dans un monde d'adultes. Cet homme sanguin, violent, imposant qui exerçait une tyrannie brutale sur la troupe n'avait pas toujours été ainsi, Sia avait entendu dire qu'autrefois bien que brute de décoffrage son oncle n'était rien de cette main de fer sans gant de velours qui se plaisait à passer ses nerfs sur elle et sur Milo, son fils adoptif. Et puis il y avait eu l'accident avec Djali et Shiva les éléphants têtes d'affiche du cirque du Ciel. Le fils unique de Dariusz, Vlad, avait été pris entre deux feux, cherchant à renouveler le numéro il y avait mêlé des tours avec des cheveux et les éléphants n'avaient pas supporté de partager la vedette. Un soir tout était parti à volo et Vlad s'était retrouvé coincé sous la patte de Djali, la cage thoracique broyée par ce géant de la nature il n'avait pas fallu longtemps pour qu'il étouffe sous le poids de l'animal. Les urgences n'avaient rien pu faire.. Tout cela Sia l'avait entendu à demi-mots, une histoire qu'on ne racontait jamais, passé tâché de sang et de regrets qui avait transformé son oncle en un monstre de tristesse et de ressentiment. Dès qu'il posait les yeux sur elle la gamine pouvait comprendre tous ces reproches sourds, la pensée si bruyante qu'elle n'avait pas sa place parmi eux. Elle savait que ce n'était pas qu'elle, en vérité il semblait que son oncle n'avait désormais de la tendresse que pour ses lions. Animaux sauvages que lui seul parvenait à maîtriser. Alors qu'elle levait doucement la tête pour planter ses yeux dans le regard de son oncle, ses mains et sa mâchoire se crispèrent autour du tabouret, son souffle devenant de plus en plus saccadée tellement le sentiment de rage l'envahissait. Son regard la trahissait, elle le savait et son oncle ne tarda pas d'en rire. Il trouvait tout simplement pathétique qu'elle puisse se révolter, il trouvait sa colère touchante et innocente, tel un petit agneau. Et c'était ce qu'elle était. « Tu n'es qu'un agneau dans la fosse aux lions. » finissait-il par répondre à la rage soudaine de sa nièce. Pris soudainement d'un fou rire, il se moquait ouvertement d'elle, sans aucune retenue, sans aucune gêne. Son rire était rauque, beaucoup plus rauque que la normale tellement il buvait et fumait ! Devenant rouge au point de s'étouffer de sa propre bêtise.

Krysia explosa, prit le premier objet qui lui tombait sous la main pour le balancer sur son oncle. Ratant sa cible de peu, elle se rendit compte de son geste. Doucement, la panique s'immisçait sournoisement en elle pour s'implanter avec force dans son cœur, paralysant tout ses muscles. Elle fixait son oncle avec angoisse, essayant tant bien que mal de s'excuser, en vain. Dariusz s'était levé brusquement, cessant de rire, pour, à son tour, exprimer toute sa rage. Il plaqua carrément Sia contre le mur. Elle grimaçait de douleur, un clou accroché derrière elle se plantant violemment dans son dos, frôlant de peu sa colonne vertébrale. « Tu as osé te soulever contre moi ? MAIS POUR QUI TE PRENDS-TU SALE MORVEUSE ?! » crachait-il violemment au visage de la jeune fille aux yeux saphirs, serrant son cou avec force, la soulevant même du sol. « Les lions ne t'ont pas assez griffés à mon goût, je vais t'arranger le portrait comme il faut, crois-moi sur parole ! » Sans perdre de temps, il s'exécuta. Première gifle, Krysia retomba au sol, sur ses pieds. Elle aurait voulu hurler mais elle savait que personne ne viendrait l'aider, la troupe avait toujours fermé les yeux sur les agissements de son oncle, Dariusz était le chef d'orchestre de ce spectacle perpétuel, celui amené à prendre la relève de son grand-père et personne n'osait jamais s'élever contre lui. Deuxième gifle, elle se prit le coin de la table dans les côtes et s'écroula au sol. Elle ne comprenait plus rien, la belle brune était complètement sonnée par les coups, elle sentait que cette fois son oncle aurait du mal à s'arrêter. Il devrait être dans un mauvais jour, l'approche des fêtes le mettait chaque année dans un état lamentable. D'ordinaire il prenait grand soin d'éviter de marquer son visage d'ange, aujourd'hui elle pouvait deviner la marque de ses doigts sur sa peau diaphane. Troisième gifle puis un coup de pied dans le ventre. Krysia hurla de douleur, suppliant son oncle d'arrêter. « Pitié ! Pitié ! Pardonnez-moi ! Jamais plus je me mettrais en colère contre vous, jamais ! Pitié ! Pitié ! Arrêtez ! ARRÊTEEEEEEZ! » hurlait-elle dans des sanglots étouffés. Cri de bête qu'on égorge. Elle n'était réduit qu'à ça, une bête, un morceau de viande. Dariusz attrapa Sia par les cheveux pour la remettre debout de force. « Qu'est-ce que tu as dit microbe ?! » « J'ai dit : VA CREVER EN ENFER SALE ORDURE ! » criait-elle intérieurement « Rien... Rien... » bafouillait-elle, paralysée par la peur. Elle tremblait, n'osant toujours pas faire le moindre geste. Alors qu'elle voyait son oncle s'approcher de nouveau d'elle, sa vision se floutait, tout lui parvenait au ralentit. Les mouvements, les sons, tout paraissait avancer avec peine dans le temps. Elle voyait l'imposante carrure de son oncle à deux doigts de l'atteindre, alors qu'une voix fit irruption entre eux, se dressant entre elle et la prochaine gifle  « Dariusz...» « QUOI ENCORE ?! » qu'il hurlait au fou qui avait osé interrompre la raclée qu'il se faisait une joie de donner à Sia, c'est qu'elle méritait constamment d'être corrigée sa nièce d'après lui. Il le disait souvent à son frère, qu'il était trop mou, trop laxiste, que sa gamine était une sale petite effrontée et que s'il était à sa place il y a longtemps qu'elle filerait droit. Mais Oz n'écoutait pas, il n'écoutait jamais. Alors son aîné se figurait qu'il était dans son bon droit. « Le patron veut te voir.» Sia tourna la tête vers son mystérieux libérateur et elle ne fut pas surprise de découvrir son cousin dans l’embrasure de la porte, jetant des regards inquiets vers elle et insistants vers son père adoptif, ce dernier la relâcha de sa poigne féroce « Ça peut pas attendre ? » « Je crois pas non. » à ces mots son oncle soupira tout en indiquant à Sia de virer hors de sa vue « Déguerpis ! » Sans attendre son reste, elle s'enfuyait de la roulotte, ouvrant dans un vacarme la porte et sautant les marches pour atteindre le sol poussiéreux qu'elle frôlait avec ses mains. Milo l'aida à se redresser, la portant dans ses bras d'adolescent à peine plus âgé qu'elle.

Il essuyait toute trace de rouge sur son visage d’ange, le rouge aux lèvres la peur aux yeux elle le regardait silencieuse le laissant panser les plaies du cœur, cicatrices indélébiles qu’elle conservait après chaque entrevue musclée avec son oncle, aujourd’hui il y était allé plus fort que d’ordinaire et aujourd’hui elle semblait d’autant plus lasse de ce petit jeu. Milo se contentait de la remette à neuf, comme à chaque fois « Quand oncle Oz te verra.. « Je lui dirais que je suis tombée. » le coupa-t-elle aussitôt pour l’empêcher d’aller jusqu’au bout de sa pensée « Et tu penses qu’il va encore gober ça longtemps ? » elle haussa ses frêles épaules pour seule réponse, refusant d’admettre l’évidence « Pourquoi tu ne lui dis pas la vérité ? Il a le droit de savoir. » la questionnait-il d’une voix douce, il prenait toujours toutes les précautions du monde avec elle, comme on le faisait en approchant un animal sauvage, craignant de la voir fuir au moindre faux pas. « Pour les mêmes raisons que toi. » il n’ajouta pas la moindre objection et elle sut qu’il avait compris. C’était un rêveur son père, un homme qui se réfugiait dans ses illusions pour éviter d’affronter la réalité, c’était comme ça qu’elle se figurait qu’il parvenait à continuer, continuer de vivre avec ses erreurs. Les regrets et les personnes qu’il avait laissé derrière lui. C’était un homme compliqué son père, malgré tout ce qu’il avait subi ou fait subir, il restait optimiste et exalté par la vie, elle était persuadée qu’il ne voulait pas prendre conscience que sa famille était tout aussi dysfonctionnelle que les autres, que les personnes qu’il aimait le plus au monde pouvaient être capable d’autant de bassesses et de mensonges. C’était sa façon à elle de le préserver dans la bulle qu’il s’était construit, elle pensait qu’elle devait le protéger des réalités douloureuses de leur monde. Il avait fait du cirque un endroit magique, fantasque et coloré dans lequel il avait tenté de l’immerger et épargner son enfance mais depuis Sia avait grandi et avait découvert que leur quotidien nomade cachait les mêmes peurs et incertitudes que les autres. Avec les années la magie s’était amoindrie, le fantasque était devenu étouffant et tout son univers avec été décoloré, comme si on lui avait retiré son éclat, derrière le rideau du grand spectacle les choses n’étaient pas si simples, il fallait en voir les coulisses pour être capable de comprendre l’étendue des dégâts. Il y avait ce que les spectateurs percevaient, et l’envers du décor. « Je pourrais dire que c’est une décision d’adulte.. Mais ce genre de chose n’existe pas dans ce monde. On a juste le choix entre les compromis, et l’égoïsme. » « C’est comme ça que t’appelle ça toi, un compromis ? » lui dit-il en en désignant du menton le bandage qu’il resserrait autour de sa main abîmée « Appelle ça comme tu veux. Je cherche à le protéger, c’est tout. » Sia ne trouvait pas ses paroles absurdes ou anormales, les normes étaient autres dans leur univers et s’il veillait sur elle alors elle se devait aussi de veiller sur lui. Le fait était que son monde était totalement déglingué, ce qui était juste ou non, ce qui était amour ou manipulation, vérité ou leurre. On lui avait toujours appris à faire ses propres règles et elle s’était perdue dans une partie ou rien n’était fixé d’avance, peu importe si elle devait cacher que son oncle la repeignait en bleu « The show must go on » qu’elle se répétait chaque fois qu’elle se sentait sur le point de craquer. « Et toi, qui va te protéger ? » pour la première fois de la soirée elle lui adressa un sourire sincère dont il ne put saisir toutes les nuances sur l’instant, attrapant à son tour un bandage elle se mit à entourer la main de son cousin tout aussi meurtrie que la sienne et tout aussi lasse « Toi. »


Behind the wall, one year ago.
goodbye sunshine
take care of yourself


Quand on est enfant on a besoin d’admirer ses parents, de penser qu’ils sont forts, les plus forts. Les parents représentent un rempart contre le monde. On ne veut pas savoir s’ils sont faibles, désemparés, hésitants. On ne veut même pas savoir s’ils ont des problèmes. On a besoin de se sentir en sécurité auprès d’eux. Cette sécurité, pour la première fois de sa vie Krysia la voyait se fissurer sous ses yeux, elle craquelait de toute part alors que les larmes coulaient sur ses joues rosies par la colère et le chagrin, elles roulaient aussi grosses que celles d’une enfant, et au fond c’est peut-être encore tout ce qu’elle était. « Pou-pourquoi tu ne m’en as pas parlé ? » « Si ça tournait mal, je ne voulais pas t’impliquer… » « Mais je suis impliquée ! » répondit-elle du tac au tac sans lui laisser le temps de terminer sa phrase, elle écoutait ses explications d’une oreille, tout ceci il lui avait déjà dit mille fois et elle ne faisait que retarder l’inévitable. Elle ne voulait pas entendre, elle ne voulait pas comprendre et elle ne comprenait pas. « Si ça tournait mal ? Mal comment ? Mal comme ça ?! Il.. il y a surement quelque chose à faire, je ne sais pas, c’est pas possible ils n’ont pas le droit ils ne peuvent pas faire ça ! » déclara-t-elle s’agitant dans tous les sens, les pleurs redoublaient au coin de ses yeux accompagnaient des injures à peine voilées envers le Conseil, il stoppa ses pas, attrapant son visage entre ses mains d’homme. « Hé calme-toi, je sais… D’accord, je sais. » il murmura en la serrant contre lui, sa tête pleine de boucles enfouie contre ses larges épaules il l’entendit renifler avec peine, il s’efforçait lui aussi de ne pas flancher, respirait de grandes bouffées d’air pour tenter de garder la tête froide. Séchant ses paupières lorsqu’elle se détacha enfin de lui il parvint presque à arrêter la crise de larmes, stopper le déluge en l’obligeant à caler son souffle sur le sien, à inspirer profondément tout en frottant ses paumes le long de ses bras gelés par la nuit. Il gravait ces derniers instants alors que sa fille ne semblait pas vouloir réaliser la séparation à venir « Ce n’est que provisoire, dès qu’on aura trouvé un camps sûr où s’installer je viendrais te chercher. » une lueur de compréhension traversa enfin les yeux de Sia « Est-ce que tu es en train de dire que tu pars sans moi ? » sa voix se brisa, elle détourna le regard cherchant à se soustraire à ce moment « Ça peut pas fonctionner. Tu seras mieux, ici. » ses mots n'étaient plus que murmures, son front appuyé contre celui de sa fille qui s'éloigna brusquement « Comment ça peut être mieux si t’es pas avec moi ? » elle ne pouvait pas croire qu’ils avaient cette discussion, pourtant, à présent ce genre de choses arrivaient sans arrêt. Mais pas à eux. Elle était furieuse d’être soudainement remise à cette place d’enfant, elle qui s’était toujours positionnée en égal dans ce duo qu’ils formaient, elle se sentait flouée lorsque son père reprenait sans crier gare son rôle de parent. Il lui tournât le dos, prenant ses distances pour ne pas assister à la lente dissolution de sa fille adorée « S’il te plait.. ne fais pas ça. Tu ne le penses pas ! » cherchait-elle seulement à s’en persuader ? Sa voix se brisa de nouveau dans un sanglot étouffé « Si tu veux vraiment partir pourquoi tu ne dis pas la vérité ? Tu sais très bien comment c’est là dehors, tu le sais.. Pourquoi tu prétends que ce ne sont pas des adieux hein ?! Pourquoi ? » sa voix grimpant dans les aiguës elle sentit l’amertume envahir ses poumons pour se faufiler dans son souffle, désormais aux larmes se mêlaient les hurlements, elle criait contre ce père qui la laissait derrière. Elle savait que derrière le mur l’incertitude régnait, elle se demandait même si elle pourrait un jour revoir son visage, mais submergée par le doute c’est la fureur qui prenait le dessus et venait exploser dans ses mots.  « Dis le ! Aller vas-y ! DIS-LE ! » plus il tentait de la calmer plus sa rage grandissait, elle le poussa, et le repoussa encore, frappant son torse, ses bras, pour le forcer à avouer que ce départ était définitif et qu’il lui mentait honteusement. Elle ne voulait plus faire semblant, aucun tour de passe-passe ne pouvait arranger la situation cette fois. Aucune magie ne pouvait garder son père auprès d’elle et elle lui en voulait pour ça « DIS-LE ! » le geste se joignant aux cris, la baffe se perdit dans les coups, sa main heurta la joue de son père qui gardait toujours le silence. Un silence qu’elle lui reprochait encore plus que le reste, elle s’époumonait contre lui, le frappait et il ne lâchait rien « Tu sais quoi ? Je vais le dire pour toi, ce sont des adieux ! » se rapprochant d’elle il tendit les bras pour la réconforter, l’étreindre une dernière fois pour embrasser son front, murmurer à son oreille combien il était désolé, il ne voulait pas partir sur une dispute, il avait besoin de la retrouver, qu’elle lui donne le courage de ne pas baisser les bras mais elle l’accueillit par une unième bousculade. Trop en colère pour raisonner ou écouter ce qu’il avait à lui dire « Ne me touche pas ! » elle lui ordonna de sa voix tremblante en reculant d’un pas « Jte déteste. Jte déteste ! » elle sut que ses paroles l’avaient blessé mais elle ne parvenait pas à éteindre le dépit qui la poussait à agir ainsi, elle n’était encore qu’une ado paumée et trop émotive qui refusait de perdre la personne qui faisait tout son monde « Il faut que je parte. » il y était forcé « C’est ça, va-t’en ! Laisse-moi comme tu l’as laissé elle ! Va-t’en ! » elle ouvrit la porte précipitamment l’empêchant d’ajouter quoi que ce soit, il eut à peine franchit le seuil qu’elle la referma dans un grand fracas. Elle changea d’avis trop tard, le cœur serré de remords elle courut jusqu’à l’entrée du camp pour dire au revoir à son père et au reste de la troupe mais ils avaient déjà disparu dans la nuit. Elle aurait voulu lui dire d’attendre, qu’elle ne pensait pas un mot de ce qu’elle avait dit, qu’elle n’était qu’une gamine ingrate et égoïste, qu’elle le retrouverait. Elle aurait voulu lui dire qu’elle l’aimait et qu’elle comprenait ses décisions même si elle n’était pas toujours d’accord, qu’elle resterait à Lafayette si c’est ce qu’il désirait. Elle aurait voulu… mais elle n’a pas fait, et elle n’a pas pu. Cette nuit-là elle était restée des heures à pleurer devant la grille, parce qu’elle savait. Elle savait que malgré les murs, les armes, le conseil, ce portail immense et infranchissable qui protégeait Lafayette, elle savait qu’elle ne serait plus jamais en sécurité.


Outside, a few days ago.
If you don't give me what I want
Then you'll get what you deserve


« Hé ! » Hélait-elle à l’intention de Charlie qui marchait trois mètres devant elle tandis qu’elle le suivait depuis une bonne vingtaine de minutes sans même savoir où il se rendait. Elle savait pertinemment qu’elle lui tapait déjà sur les nerfs, qu’il la prenait pour une petite greluche trop fragile et sans défense alors qu’il venait lui-même de tomber dans le piège qu’elle lui avait savamment tendu. « Hé ! » Voyant qu’elle n’obtenait toujours aucune réponse de sa part elle soupira bruyamment avant de lancer six octaves plus hautes que nécessaires « Oh Charlie c’est à toi que je m’adresse ! » « Je sais, j’espérais juste que tu finirais par te lasser. » Une chance pour lui qu’elle n’ait rien entendu de ce qu’il chuchotait dans sa barbe « Tu pourrais m’attendre dis ! » Elle se mit à lui courir après tentant de rattraper son allure constatant qu’il n’avait aucunement l’intention de s’arrêter ou ralentir pour réduire la distance entre eux. « Où est-ce qu’on va comme ça ? On devrait peut-être rentrer… » Sia avait l’habitude de se faufiler en douce au dehors du mur, elle était même la première lorsqu’il s’agissait d’enfreindre les règles de Lafayette à l’insu du Conseil, mais elle n’avait aucunement envie que Charlie le sache. Les gens la voyaient d’une certaine façon et finalement il était assez aisé de se conformer à ce qu’ils attendaient d’elle, lui y comprit. « Personne ne t’a demandé de me suivre. » « Ce que tu peux être désagréable ! Tes parents t’ont jamais appris ce qu’était la politesse ou quoi ? » Aussitôt après avoir prononcé ces mots elle les regretta, mettant une main sur sa bouche comme pour tenter de retenir les idioties qu’elle venait de sortir. S’il était arrivé seul au camp, c’était clairement le signe que des parents, il n’en avait plus. « Désolé… » Lâcha-t-elle dans un souffle, il ne la regardait même pas. Elle ignorait si elle venait de le blesser ou s’il se fichait simplement de tout ce qu’elle pouvait dire ou faire, il semblait sans arrêt sur la ligne entre nonchalance assumée et colère dissimulée. Pris entre deux feux. « Tu sais… Mon père aussi me manque. » Les yeux baissés sur ses pas elle essayait de s’ouvrir à lui, peut être que ça l’aiderait aussi à se confier un peu. Malgré son antipathie évidente à son égard elle avait l’envie, surement un peu stupide, de passer derrière ses murs, de briser sa carapace. Elle ne savait pas trop pourquoi, elle ne se questionnait pas. Elle voulait seulement combler un peu les trous de la solitude, mais elle ignorait comment s’y prendre. Elle n’avait pas l’art de converser avec les gens de son âge, elle n’en avait pas l’habitude. Ni maintenant, ni avant. Tout ça était nouveau et maladroit pour elle, elle ne connaissait rien aux adolescents, et encore moins aux garçons. Depuis qu’il était arrivé il affichait constamment un air renfrogné, conservant ses mystères et ne parlant qu’en de rares occasions.  Il lui rappelait assez les fauves de son oncle Dariusz, imprévisible et sauvage, ne voulant pas se laisser approcher. Il était sur la défensive et elle tentait de l’apprivoiser bêtement, seulement tout comme les lions de son oncle il griffait et mordait et elle ressortait éraflée de chaque tête-à-tête avec lui. « C’était l’année dernière, le Conseil l’a expulsé. Et toi ? Est-ce que tu pen… » « Arrête de faire ça. » La coupa-t-il s’arrêtant si brusquement qu’elle faillit lui rentrer dedans « Faire quoi ? » le questionna-t-elle incrédule « Faire ça là. Dire des trucs.. et demander des trucs. Me courir après. On est pas amis ok. » Elle le fixa sans comprendre, ou si, elle ne comprenait que trop. C’était lui tentant de mettre des barrières entre eux, il ne voulait pas se confier et n’avait pas plus envie de l’entendre s’épancher. C’est en tout cas ce qu’il disait, pourtant en tombant dans son piège un peu plus tôt il avait montré autre chose. Il avait montré qu’il se souciait. Son je-m’en-foutisme en avait pris un sacré coup lorsqu’il était venu la secourir contre ces rôdeurs, et il avait beau être redevenu imbuvable tout de suite après ça n’avait pas suffi à convaincre Sia qu’il n’y avait pas plus derrière, qu’il n’était pas aussi imperméable qu’il voulait le faire croire. « Je vois.. » Se contenta-t-elle de répondre un sourire malicieux aux lèvres, elle reprit ensuite sa marche d’un pas joyeux tandis que cette fois c’est lui qui la suivait d’un regard interrogateur « Quoi ? Tu vois quoi ? » elle se planta devant lui, lui coupant la route avant de venir murmurer à quelques centimètres de son visage « Tu te donnes des airs comme ça mais en fait…T’es un gentil. » « La ferme ! » Lui répondit-il alors qu’elle éclatait de rire, un instant elle crut même le voir rougir mais il se déroba si vite qu’elle ne put savoir si elle avait vu juste ou non. Il se remit à filer entre les arbres son éternelle moue renfrognée au visage alors qu’elle devait de nouveau courir pour le rattraper « Charlie à quoi est-ce que tu penses ? » « Que les filles sont trop bavardes. » « A-h-a. Très amusant. »


Dernière édition par Sia Pawel le Dim 26 Fév - 16:50, édité 3 fois
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ADMIN ▴ KEYS TO THE KINGDOM.
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MessageSujet: Re: - cœur-funambule. (sia)   Ven 24 Fév - 13:15

REBIENVENUUUUUE AVEC BEBE SIA :brille: :brille: :luv: :luv: :luv: :luv: :luv: :hearteyes: :hearteyes: :hearteyes: :fou:
Bonne chance pour ta fiche et si tu as des questions, tu connais le coin :keur: :keur: :keur: :keur: :heartie: :heartie: :heartie: :haa: :haa: :haa: :haa: :cloud: :cloud: :cloud: :cloud: :cloud: :heeart: :heeart: :heeart: :calinou: :calinou: :calinou: :calinou: :calinou: :calinou:
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MessageSujet: Re: - cœur-funambule. (sia)   Ven 24 Fév - 13:20

JE T'AIMMMMMMEEEEE :brille: :(oo): :flirt: :kissou:
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MessageSujet: Re: - cœur-funambule. (sia)   Ven 24 Fév - 13:26

Absalon Costello a écrit:
REBIENVENUUUUUE AVEC BEBE SIA :brille: :brille: :luv: :luv: :luv: :luv: :luv: :hearteyes: :hearteyes: :hearteyes: :fou:
Bonne chance pour ta fiche et si tu as des questions, tu connais le coin :keur: :keur: :keur: :keur: :heartie: :heartie: :heartie: :haa: :haa: :haa: :haa: :cloud: :cloud: :cloud: :cloud: :cloud: :heeart: :heeart: :heeart: :calinou: :calinou: :calinou: :calinou: :calinou: :calinou:

merciii :hearteyes: :hearteyes: :hearteyes: :hearteyes:
j'ai pas de questions chef :colère: je connais par cœur la vieille cave je sais où vous rangez vos bouteilles en cas de besoin :hola:


Hector Costello a écrit:
JE T'AIMMMMMMEEEEE :brille: :(oo): :flirt: :kissou:

dans la bouche de ton vieux de quarante ballais ça fait un peu suspect vois-tu :siffle:
tu pourrais être mon père :dead:
btw jt'aime aussi le barbu :lit:
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MessageSujet: Re: - cœur-funambule. (sia)   Sam 25 Fév - 12:04

traaaaace avec ace, même si on a pas de lien. :hearteyes: :hearteyes: :hearteyes: :hearteyes: et j'reviens avec le daddyyyy. :keur: :keur: :keur:

t'es belleeeeeeeee et sia, c'est mon bb d'amour, elle est parfaite, jooooleeeem tellement.

et jtm kwa. :titcoeur:
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MessageSujet: Re: - cœur-funambule. (sia)   Sam 25 Fév - 14:18

MON ASTRE LUNAIRE. :(oo): :(oo): :(oo): :(oo): :(oo): :(oo):
daddy will be back, will be find you soooooon.  :(oo):  :(oo):  :(oo):  :(oo):
maybe with mummy, maybe with arsene.  :aw:  :aw:

ma siaaaa, ma douce sia.  I love you  I love you mon étoile, cette fiche est tellement parfaite, tu t'es tellement donnée dedans et ça se voit, je ne me lasse pas de lire et relire tes mots.  :hearteyes:  :hearteyes:  :hearteyes:
on va briller ensemble, ça va être déchirant, mais certainement brillant aussi.  :héé:  :héé:  :héé:  
plein de loooove sur toi.  :heartie:  :heartie:  :heartie:  :heartie:  :heartie:  :heartie:  :heartie:


 
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MessageSujet: Re: - cœur-funambule. (sia)   Sam 25 Fév - 23:21

NATALIA POLONAISE SEIZE ANS OMG J'AIME :(oo): :tongue: :tongue: :tongue: :tongue: :tongue: :tongue: :cutie: :cutie: :cutie:
(re)bienvenue belle gosse :pervers: :pervers: :pervers: :pervers:
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MessageSujet: Re: - cœur-funambule. (sia)   Sam 25 Fév - 23:43

mon dieu natalia, elle me rappelle à quel point j'ai hâte d'avoir la suite de stranger things (halloween, really??) en tout cas, j'adore le pseudo et le personnage a vraiment l'air super intéressant, j'espère qu'on pourra se trouver un lien! :keur: :aw:
bienvenue parmi nous et bon courage pour ta fiche. I love you :cute:
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MessageSujet: Re: - cœur-funambule. (sia)   Dim 26 Fév - 16:14

comme promis, je te garde un lien. je sais pas encore lequel. I love you
(re)bienvenue.
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ADMIN ▴ KEYS TO THE KINGDOM.
▴ inscrit le : 03/02/2017
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MessageSujet: Re: - cœur-funambule. (sia)   Dim 26 Fév - 17:34



validation, validation
t'es beau, t'es charmant, tu m'as l'air sincère
Hohoho, tu viens d'être validé(e) jeune sauterelle des îles, mais avant de passer aux hostilités, laisse-moi te dire une chose ou deux : j'aime toujours autant ce personnage :v: et puis la troupe, je l'aime de tout mon coeur :pipou: :pipou: :flirty: .

Maintenant, laisse-nous t'abreuver avec ce tumblr de folie où tu retrouveras des gifs très très drôles (attention aux spoilers). Si ce n'est pas déjà fait, va jeter un coup d'oeil dans le bottin des avatars afin de vérifier si on ne t'a pas oublié au passage, puis tu pourras aller recenser ton rôle et ton habitation si ton personnage vit à Lafayette. Et pour que ton intégration se passe bien, va te créer une fiche de liens et, si l'envie t'en prend, une chronologie. Tu vas pouvoir également te renseigner sur la gestion de tes points et participer à un rp mission. Si tu veux, tu peux aussi aller créer un scénario ou des pré-liens afin d'aider de futurs intéressés dans la construction de leur personnage. Mais puisqu'un forum est là aussi pour te distraire un max, viens nous rejoindre dans le merveilleux flood et supporte-nous dans la promotion du forum (on te le rendra bien, avec un max de bisous et de love).

voilà, maintenant que tu es validé(e), tu peux venir faire la fête avec nous et n'oublie pas que les admins sont à ta disposition 24h/24 (et même 38h/24 si des offrandes sont faites). amuse-toi bien parmi nous.
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MessageSujet: Re: - cœur-funambule. (sia)   Dim 26 Fév - 18:19

Oz Pawel a écrit:
MON ASTRE LUNAIRE. :(oo): :(oo): :(oo): :(oo): :(oo): :(oo):
daddy will be back, will be find you soooooon.  :(oo):  :(oo):  :(oo):  :(oo):
maybe with mummy, maybe with arsene.  :aw:  :aw:

ma siaaaa, ma douce sia.  I love you  I love you mon étoile, cette fiche est tellement parfaite, tu t'es tellement donnée dedans et ça se voit, je ne me lasse pas de lire et relire tes mots.  :hearteyes:  :hearteyes:  :hearteyes:
on va briller ensemble, ça va être déchirant, mais certainement brillant aussi.  :héé:  :héé:  :héé:  
plein de loooove sur toi.  :heartie:  :heartie:  :heartie:  :heartie:  :heartie:  :heartie:  :heartie:


 
DADDYYYYY :hearteyes: :hearteyes: :hearteyes: :hearteyes:
ouais tu parles :colère: :colère: tu m'as lâchement abandonné c'est moche :>p:
faut que t'arrête de me complimenter à force je passerais plus les portes du forum tellement ma tête sera grosse :tongue:
je sais déjà tout ce que tu en penses mais ça me fait plaisir de relire tout ça :hihi: :hihi: je suis contente de pouvoir enfin les jouer :red: :red:
ça va être magique, comme toi :titcoeur:
ILY :luv:


Patty Prewett a écrit:
NATALIA POLONAISE SEIZE ANS OMG J'AIME :(oo): :tongue: :tongue: :tongue: :tongue: :tongue: :tongue: :cutie: :cutie: :cutie:
(re)bienvenue belle gosse :pervers: :pervers: :pervers: :pervers:
MERCI MERCI MERCI :hearteyes: :hearteyes: :hearteyes: :tears:
que d'enthousiasme :cloud:
les polonais c'est la classe :haha: :haha:


Ellie Böhm a écrit:
mon dieu natalia, elle me rappelle à quel point j'ai hâte d'avoir la suite de stranger things (halloween, really??) en tout cas, j'adore le pseudo et le personnage a vraiment l'air super intéressant, j'espère qu'on pourra se trouver un lien!  :keur:  :aw:
bienvenue parmi nous et bon courage pour ta fiche. I love you  :cute:
idem Halloween franchement ils déconnent :boude: :boude: c'est pas sérieux de nous faire poireauter plus d'un an comme ça :oo:
merci beaucoup, jte renvoie le compliment madelaine je l'aime d'amour :hola: :hola: ce sera avec plaisir pour le lien :titcoeur: :red: :red:


Sean Briggs a écrit:
comme promis, je te garde un lien. je sais pas encore lequel. I love you
(re)bienvenue.
c'est pas grave en mettant nos neurones en route on trouvera quelque chose je le sens :tongue:


abso : merci pour la validation :hearteyes: :hearteyes: en espérant avoir le reste de la troupe soon :ananas:
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