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 (ivy) and so it begin

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MessageSujet: (ivy) and so it begin   Sam 3 Fév - 16:34

« Tu es certaine ? » Aliénor hocha la tête et tendit une paire de ciseaux à une Horsemen en charge de la protéger. Cette dernière, la main tremblante attrapa l’outil et commença à couper les longs cheveux d’Aliénor pour faire une coupe courte.

La future maman savait que dans quelques semaines voir jour, elle allait donner la vie. Elle se souvenait pour ses deux précédentes grossesses qu’elle n’avait pas supportées ses cheveux longs. Aujourd’hui, cela n’avait plus d’importance. Elle ne monterait plus jamais sur scène et ne risquait pas de se prendre une raclée par Sam si jamais elle touchait à ses cheveux. Par chance, celle qui était derrière elle avait été coiffeuse avant tout ça. Elle entreprit donc de lui faire une coupe de cheveux digne de ce nom. Aliénor ferma les yeux, caressant son ventre en se promettant que maintenant elle allait changer. Une promesse silencieuse mais nécessaire pour ne pas flancher. Pour ne pas qu’elle soit faible. Elle devait trouver la force de continuer d’avancer bien qu’elle soit terrifiée. Si le camp semblait avoir retrouvé une paix : il n’en restait pas moins que des sacrifices ont été fait. Des images qui ont profondément dégoûtées Aliénor et qui l’ont marquée à vie. Il était hors de questions que son enfant voit de telles choses. Pas tant qu’elle serait en vie. Même si elle devait aller en guerre contre les Horsemen et Sam. Elle ne laisserait rien arriver à cette nouvelle vie. A condition que tous les deux survivent. Il n’y avait rien de certain aujourd’hui. Les cheveux maintenant coupées, elle passa sa main dans ces derniers et sourit.

« Merci. » Elle attrapa le petit miroir et se regarda. « Je peux faire quelque chose d’autre ? » Aliénor hocha la tête : « Non ça ira. » Aliénor se leva et enleva son haut pour le secouer.

C’est répétant ce geste qu’elle ressentie une violente douleur qui la plia en deux. « Aliénor ?! » Appela Sarah inquiète. Dans une grimace, elle montra le lit et la Horseman l’aida à s’allonger. C’est en se hissant qu’elle perdit les eaux. « Le bébé arrive… » Souffla-t-elle avant de gémir de douleur.

Sarah, paniquée, aida Aliénor à se déshabiller et lui donna un des tshirt de Sam. Désemparée, elle ne savait pas quoi faire. C’est la cantatrice qui lui donna cet ordre :

« Ivy ! Va chercher Ivy ! » Il était hors de questions qu’une autre personne la touche. Elle n’avait confiance qu’en la jeune femme. Aliénor la considérait comme sa seule amie. « QU’EST-CE QUE TU FAIS ENCORE LA ?! VA LA CHERCHER ! »

La coiffeuse sursauta et s’exécuta en s’élançant pour aller chercher sa supérieure laissant Aliénor seule. S’accrochant au drap, elle révulsa sa tête et serra les dents. Elle devait se réhabituer à la douleur. Contrairement à la naissance de sa première fille et de Charles : elle n’aurait pas d’assistance médicale. Elle allait devoir faire confiance à son instinct. L’infirmière qui avait été sois disant une traîtresse et exécutée l’avait formé. Elle avait consigné tous les conseils dans un carnet. C’est avec une main tremblante qu’elle ouvrit le tiroir de la table de chevet pour sortir ce dernier et l’ouvrir. Se redressant tant bien que mal, elle ouvrit la première page et tenta de s’imprégner des conseils de celle qui aurait pût l’aider.

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La débauche et la mort ont deux aimables filles, prodigues de baisers et riches de santé, dont le flanc toujours vierge et drapé de guenilles sous l'éternel labeur n'a jamais enfanté. @excelsior
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MessageSujet: Re: (ivy) and so it begin   Mer 28 Fév - 20:21



HERZ UND AUGE
ALIENOR & IVY











Le silence s’était brutalement abattu sur la chambre à coucher d’une modeste maison blanche aux volets bleus. Ivy sentait la chaleur du sang frais se répandre sur sa peau diaphane. Elle recula tout en extirpant sa dague argentée des entrailles nauséabondes de cet être qu’elle peinait à qualifier d’homme. Elle l’avait attendu plusieurs heures durant dans l’obscurité avec pour seules compagnes les hautes flammes de la vengeance éternelle qui semblaient ce jour-là étrangement faiblardes. Lorsque sa proie avait traîné sa carcasse ivre jusqu’au seuil de la porte, la tueuse à gages était sortie de l’ombre.  « Tu sais pourquoi je suis là. » , lui avait-elle assené en guise de salutation. Il avait répondu par la négative, peinant à dissimuler un rictus mi-nerveux, mi-narquois.  « Ce n’était pas une question. Tu sais pourquoi je suis-là. » Ivy avait assisté à l’explosion de la peur dans son regard. Elle l’avait volontairement laissé frôler son apogée avant d’engager l’affrontement physique. L’affaire avait été promptement expédiée, l’état d’ébriété de son adversaire l’ayant privé des maigres qualités de combattant dont il disposait. Ivy regarda son corps sans vie s’écraser lourdement sur le sol comme un vulgaire insecte. Elle le tira par les bottes vers le centre de la pièce puis s’agenouilla pour procéder à sa seconde mise à mort, enfonçant fermement sa lame à la base de son crâne avant de l’essuyer sur son pantalon. Elle recouvrit ensuite la dépouille d’un grand drap blanc.

Ivy s’apprêtait à quitter la pièce lorsqu’elle remarqua que le linceul improvisé s’était teinté de rouge. La tâche s’étendait par capillarité, profanant centimètre après centimètre la soie immaculée. Elle fut soudain frappée par une forme de lucidité divine qui la cloua sur place. On avait beau envelopper les crimes des atours les plus nobles, le sang restait le sang. Un péché mortel restait un péché mortel. Elle l’avait au fond d’elle toujours su et cette pensée l’avait accompagnée à chaque fois qu’elle avait transpercé les chairs d’un homme de sa lame d’argent. Peut-être avait-elle préféré détruire sa grâce de ses propres mains plutôt que de la perdre ou de se la voir ôter. Peut-être qu’en se détournant de la piété, qu’en acceptant d’avance avec une terrible sérénité de brûler pour l’éternité dans les flammes de la géhenne, elle s’octroyait par orgueil, par autoflagellation voire par masochisme une prérogative qui ne lui revenait pas, celle de se refuser toute rédemption. Ivy s’appuya contre un meuble, éprouvée. C’était comme si une porte s’était entrouverte un instant, laissant percer jusqu’à sa rétine accoutumée au noir un filet de la lumière la plus aveuglante et pure. Le moment passa et la réalité pragmatique reprit son court. La horsewoman sortit de la maison et commença à graver un symbole sur l’un des beaux volets bleus à l’aide de sa dague, signe pour la femme qui avait sollicité ses services que le travail avait été accompli. Elle ne pouvait néanmoins se départir du sentiment tout à fait déroutant qui s’était accroché à elle quelques instants plus tôt, elle avait l’impression que son âme s’était tournée vers les cieux et qu’elle pleurait.

Une voix résonna dans son dos, elle l’interpellait avec fébrilité. Ivy se retourna et fit face à la silhouette paniquée de Sarah qui lui résuma la situation. Aliénor venait de perdre les eaux. Un frisson s’empara de la brune qui hocha la tête en fronçant les sourcils.  « Trouve Sam. » Il s’agissait d’être efficace et de garder son sang froid. L’apocalypse s’était étendue sur la planète il y a de cela plus de deux ans et tout le monde avait une histoire de femme morte en couches à raconter. Il y avait également cette légende cauchemardesque d’enfant mort-né dévoreur de chairs qui se murmurait autour des feux de camp. Chacun en avait parfaitement conscience, accoucher en ces temps obscurs revenait à jouer à la roulette russe. Cette évidence se lisait dans tous les regards et l’on s’adressait aux femmes enceintes comme à des cancéreux en stade terminal, laissant des sous-entendus abyssaux mêlant pitié, rejet, peur et compassion s’étendre sous les silences. Ivy avait cela de différent qu’elle considérait Aliénor comme la personne la plus vivante de ce triste camp. Aliénor aimait, elle ressentait, elle portait en elle la promesse d’un potentiel avenir, une promesse balbutiante mais qui avait le mérite d’exister. Sa condition la mettait certes en danger immédiat mais elle était la seule à se battre avec tant d’ardeur contre la mort tandis que les autres se contentaient de l’attendre. Peut-être que ce qui les effrayait tant dans les yeux d’Aliénor, c’était le reflet de leur propre cadavre. Ivy se rendit jusqu’à la maison de la chanteuse, envisageant sur le chemin tous les scénarios possibles. Elle s’en voulait de ne pas avoir forcé ce détestable médecin dont Ashton s’était épris à rester sous leur joug. Lorsqu’elle poussa la porte de la chambre à coucher, elle trouva son amie recroquevillée autour d’un carnet. Elle esquissa un sourire, tentant d’arborer un faciès serein.  « Je suis sûre que t’as pas besoin de ça. Tu vas très bien t’en sortir. Je te l’ai déjà dit, tu fais partie de ceux qui survivent. » Ivy n’était pas du genre à éluder les questions fâcheuses. Aliénor devait affronter sa peur pour traverser l'épreuve qui l'attendait. La tueuse à gages voulut s'approcher mais se retint lorsqu'elle remarqua les tâches de sang à peine séché qui maculaient encore la peau de ses mains et de ses avant-bras. L'instant prit soudainement une saveur étrange, comme si l'essence du meilleur et du pire étaient sur le point de s'étreindre.




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MessageSujet: Re: (ivy) and so it begin   Sam 10 Mar - 19:15

Les contractions commençaient, le cauchemar, tout ce qu’elle avait redouté depuis plusieurs mois pouvaient débuter. Cela faisait des mois qu’Aliénor se préparait. Et pourtant… Elle n’avait pas eu le temps de réellement bien appréhender l’accouchement. La crise chez les Horsemen n’avait fait que mettre de l’huile sur le feu. Elle avait peur. Elle était terrorisée et alors que dans quelques heures elle allait devoir pousser de son corps l’être qui avait grandi pendant neuf mois dans son ventre : elle ne pouvait pas s’empêcher de penser que cela était une erreur. La douleur, cette souffrance si particulière, Aliénor les avaient oublié. Le corps mais surtout l’esprit ont l’incroyable capacité d’oublier ces épisodes traumatisants. Si elle avait détesté viscéralement son époux, s’il s’était forcé en elle pour concevoir son fils puis sa fille : elle avait chéri ses enfants. Même celle qu’elle n’a jamais pu aimer correctement. L’histoire était différente avec cette nouvelle grossesse. C'était le désir et l’amour qu’ils se portaient avec Sam qui a résulté de ce miracle. Un don de la nature qui est devenue malgré tout aujourd’hui une malédiction. Elle savait ce qu’on disait d’elle : elle était une bombe à retardement. Elle avait même entendu parler de certains qui pariaient non pas sur le sexe du bébé mais sur la possibilité que ce dernier ne dévore Aliénor vivante. C’était bien cette histoire qui l’horrifiait le plus. La douleur, elle pouvait supporter. Elle n’avait pas peur de souffrir, son existence même était sous cette étoile malchanceuse. Mais l’idée que son enfant meurt et se nourrisse de sa chair lui glaçait le sang. Elle tentait de ne pas y penser, mais maintenant au pied du mur : elle ne pouvait pas s’empêcher de trembler.
Se plonger dans le carnet que lui avait laissé l’infirmière, elle tentait de reprendre contenance : paniquer ne ferait qu’augmenter la douleur et aggraver sa situation. Elle le savait. Tout comme elle était consciente qu’elle ne pourrait pas compter sur Sam pour l’aider. Aliénor s’était résignée depuis plusieurs semaines maintenant à ne pas donner naissance à leur enfant en sa présence. Heureusement, elle n’était pas seule. Ivy lui avait promis d’être là et elle faisait confiance à la jeune femme. Jamais elle ne la trahirait : c’est en elle que la future mère voulait placer ses espoirs et ses attentes. Et pourtant, elle ne lui avait pas encore fait part de son souhait. Probablement parce qu’elle n’était absolument pas certaine de la réaction de cette dernière, mais surtout si elle accepterait de faire une telle chose. Qu’importe cependant, Aliénor tenterait sa chance et ferait son possible pour la convaincre. Ce n’est pas comme si elles avaient le choix de toute façon. L’apocalypse les préparait toujours aux pires.

Sa voix la fit sursauter alors que ses yeux relisaient inlassablement l’écriture de la jeune femme. Elle souffla longuement et referma le carnet. « On ne peut pas être certain à cent pour-cent de la finalité de notre vie. » Aliénor n’était pas défaitiste, elle ne voulait juste pas se voiler la face. Elle avait accepté l’inévitable mais surtout le pire. Elle avait commencé le processus à l’instant même où le test était ressortit positif.

Aliénor baissa les yeux et remarqua les bras et les mains ensanglantés d’Ivy. Elle lui fit signe de s’approcher et en grimaçant de temps à autre mouilla une serviette avec l’eau qui reposait dans une petite bassine sur sa table de chevet. Elle avait toujours de quoi nettoyer Sam quand il revenait. La cantatrice n’était plus à ça prêt. Elle avait accepté son destin et le monde dans lequel elle vivait au quotidien.

« J’ai un service à te demander… » Aliénor regardait Ivy dans les yeux : « Si jamais il faut choisir entre le bébé et moi : choisis le bébé. » Cela n’était pas négociable. « Je n’ai aucun droit de te demander ça mais… Ne laisse pas Sam m’empêcher de me transformer. » Sa voix était calme. Elle n’était pas résignée, juste consciente des risques et périls qu’elle encourait.

Aliénor tendit sa main pour qu’Ivy lui donne la sienne.

« On sait toutes les deux qu’on doit se préparer au pire pour survivre. Cela n’empêchera pas que je vais me battre : mais je ne me laisserais pas prendre au dépourvu. Jamais. La vie de mon bébé doit être la priorité. Je ne me pardonnerais jamais de perdre à nouveau mon enfant. Que cela soit Charles ou … »
Elle se tait. « Je ne laisserais pas ce nouveau-né mourir. Promets-moi que tu respecteras mon choix. »

La chanteuse voulait l’entendre de la voix d’Ivy : qu’elle ne laisserait pas ses sentiments prendre le pas sur le souhait de la future mère. Sam serait incapable de faire ce choix. Aliénor n’avait pas d’autre solution que de demander à sa seule et unique amie.

« On sait toutes les deux que de Sam ou toi : c’est toi la plus à même de prendre ce genre de décision. Tu es la personne la plus forte que je connaisse. »

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MessageSujet: Re: (ivy) and so it begin   Ven 25 Mai - 0:43



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Une forme ultime de solennité plombait l’atmosphère. Ivy ne respectait que ce qu’elle jugeait sacré et ce moment l’était, de même que le lien qui l’unissait à Aliénor depuis la seconde où elle avait accepté de tuer pour elle et qui les unirait bien au delà de la mort. Elle se plaisait à justifier cela en invoquant le caractère éternel de sa vengeance, sa petite vengeance personnelle, universalisée et glorifiée pour toujours à travers ses crimes mais c‘était le destin commun des femmes, la révolte, la colère et le bruit d’entraves que l’on brise qui résonnaient en elles, à l’unisson.

Aliénor parlait de la finalité de la vie avec une gravité, une distance et une sérénité qui ne plaisaient guère à la horsewoman. C’était comme si elle avait laissé à la fortune les clés de son destin, l’invitant à faire d’elle ce que bon lui semblerait. Elle avait presque l’impression de reconnaître derrière ses propos son propre cynisme. Cela n’avait pas de sens, Aliénor était supposée être du côté de la lumière, de la vie, de l’espoir. Existait-il un moment plus opportun pour se battre et défendre avec ferveur la lumière, la vie et l’espoir ? Ivy fronça les sourcils tandis que la future mère imbiba une serviette d’eau puis elle approcha lorsqu’elle y fut invitée. La sicilienne sentit sa mâchoire se crisper lorsqu’Aliénor lui annonça qu’elle avait un service à lui demander. Elle se doutait du caractère des doléances en question et la suite du discours de la jeune femme ne lui donna pas tort. Ce n’était pas le fond de sa requête qui la troublait mais plutôt l’état d’esprit qu’elle trahissait. Ivy fixa quelques instants la main qu’Aliénor lui tendait pendant qu’une forme de peur déguisée en colère se répandait en elle.  « Non. Non. C’est pas comme ça qu’on se bat. » Elle hocha la tête de droite à gauche en signe de désaccord tandis que sa voix s’élevait avec fermeté.  « On écrit pas son testament avant de partir au combat. » Elle prit la serviette mouillée des mains d’Aliénor, fit volte-face puis marcha vers la fenêtre, fébrile et perplexe.

Ivy jeta un oeil vers la rue qui autrefois menait à l’arène. Où était la femme intrépide et déterminée qui quelques mois plus tôt était prête à tuer l’une de ses congénères à mains nues pour sa survie et celle de son enfant ? Où était donc passée cette fureur, cette ardeur, cette énergie ? La tueuse à gages ne comprenait pas le langage que parlait Aliénor. Elle ne comprenait pas que la paisible acceptation qu’elle lisait sur ses traits n’était pas nécessairement synonyme de résignation car elle ne savait pas se battre autrement qu’animée par l’énergie ténébreuse de la rage. Elle ne le savait plus. A ses yeux, il n’y avait que la vengeance et la survie. Les pures motivations d’une mère déjà transie d’amour pour son enfant et les manières dont elles pouvaient se manifester lui étaient bien étrangères. Elle ne pensait d’ailleurs qu’à l’éventualité de perdre son amie, ses inquiétudes étaient tout à fait égoïstes.

Ivy laissa quelques secondes s’égrener tout en essuyant les traces de sang sur sa peau puis laissa la serviette sur le bord de la fenêtre. Elle savait qu’elle n’avait guère le choix, il lui fallait accorder à Aliénor ce qu’elle demandait pour qu’elle puisse se focaliser sur l’épreuve qui l’attendait. Ce n’était pas une promesse difficile à tenir. Compte tenu des conditions précaires, il y avait peu de scénarios dans lesquels tuer l’enfant pourrait permettre de sauver la vie de la mère. Quant à la perspective de la regarder se transformer en rôdeur le temps que le bébé sorte, elle ne lui posait étrangement aucun problème. Sa seule réelle appréhension était de devoir affronter voire blesser Sam. On en revenait au sacré, le sacré qui enrobait sa loyauté qu’elle n’accordait qu’avec parcimonie. Chaque chose en son temps. Ivy prit une profonde inspiration. Elle ferma les rideaux, se retourna et s’approcha à nouveau d’Aliénor. Lorsqu’elle parvint à sa hauteur, elle prit ses mains dans les siennes.  « On sait très bien toi et moi qu’il faut que ce bébé sorte pour que tu survives. Alors ce bébé sortira, coûte que coûte, même si je dois aller le chercher moi-même. Et tu survivras. » Sa voix s’était radoucie, un sourire s’était même invité sur ses lèvres. Elle lâcha les mains de la jeune femme puis se concentra sur la suite des événements, tâchant de se remémorer quelques souvenirs de sa jeunesse. Elle avait déjà assisté à plusieurs accouchements, les Fontana ayant coutume de donner la vie dans l'intimité du foyer. « Est-ce que tu as du matériel médical ici ? » Aliénor l’avait dit elle-même, il ne fallait pas se faire prendre au dépourvu.




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