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 (int. 2 + luke) remember how it used to be, when the stars would fill the sky

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MessageSujet: (int. 2 + luke) remember how it used to be, when the stars would fill the sky    Lun 31 Juil - 3:09



REMEMBER HOW WE USED TO FEEL,
 THOSE NIGHTS WOULD NEVER END

LUKE & THALIA / KISATCHIE NATIONAL FOREST



Il n’y avait que la douce mélodie de la pluie d’été tambourinant sur les vertes feuilles, il n’y avait que le ciel étincelant de mille étoiles que prenait pour cortège la lune argentée. Je sentais l’écorce d’un cyprès laisser son empreinte contre mes reins à mesure que ma respiration saccadée me faisait épouser les courbes de son tronc. J’osais à peine laisser à mon coeur la permission de battre et mes paupières résistaient contre l’urgence de cligner. Je plaquai sur ma bouche la paume moite de ma main, peinant à réprimer les spasmes qui me secouaient.  Il fallait que je disparaisse, que je me dissolve dans l’atmosphère jusqu’à ne plus exister. L’horreur. L’horreur m’avait retrouvée et, à cette occasion, elle m’offrait en spectacle l’émanation de son essence la plus épouvantable. Devant mes yeux embués, c’étaient les boyaux d’une amie que deux rôdeurs affamés déroulaient hors de son abdomen avant de s’en repaître entre deux grognements. Elle m’implorait du regard, elle qui presque incrédule assistait à son propre engloutissement. Elle à qui le destin dans son cynisme le plus absolu n’avait même pas daigné offrir l’inconscience. Je l’implorais en silence de me délivrer enfin de son regard pénétrant qui me retournait les tripes tandis qu’on dévorait les siennes. Elle s’y accrochait, pourtant. Je ne pouvais pas être celle qui baisserait les yeux, je n’avais pas le droit de l’abandonner dans cette ultime épreuve. Il y avait une échappatoire. Pour elle, pour moi. Une alternative qui risquait de signer mon arrêt de mort mais qui me paraissait à cet instant plus acceptable que la perspective de tolérer une minute de plus la vision de cette scène. Doucement, mes doigts vinrent se serrer contre le manche de mon Glock 19. J’élevai mes bras tremblants vers le festin macabre. Un instant plus tard, le front de la blonde se vit criblé d’une balle. Il n’y avait que la douce mélodie de la pluie d’été pour étouffer les cris d’agonie qui soudain se tarirent, il n’y avait que le ciel étincelant de mille étoiles pour éclairer d’une lueur pâle le visage d’une femme qui soudain se figea.

Je posai le dos de ma main tenant encore l’arme contre mes lèvres d’où s’échappa un bref sanglot spastique. Je laissais la pluie se mêler à mes larmes, submergée par l’horreur, la stupeur et la peine. J’avais oublié. Trop absorbée par la cruauté des hommes, j’avais oublié ces monstres qui n’étaient qu’infamie. Ces êtres semant le chaos, la douleur et l’effroi, ces êtres qui n’appartiennent ni au bien, ni au mal. Ces créatures qui portent comme seul étendard celui de la mort, des ténèbres, du néant. Ces entités dénuées de tout ce qui caractérise l’humain et qui ne laissent comme alternative que la fuite, le meurtre ou bien la reddition, l’ultime reddition. Ces bêtes ont cela d’abject qu’elles poussent à en devenir une. Elles n’ont que faire de l’argumentation, du dialogue, de l’apaisement, des fines stratégies et de tous les procédés qui donnent parfois aux affrontements leurs lettres de noblesse. Non, face à un rôdeur, seule la violence crue, basique, animale permet de survivre. Je m’étais perdue, fut un temps, aux prémices de l’apocalypse. Alors que j’avais enterré mon identité pour échapper au gouvernement et que j’avais choisi de vivre en fugitive, mon âme avait été érodée par l’isolement, l’errance et le sang. J’étais devenue un animal, un automate, un spectre et c’est douloureusement que j’avais émergé des ténèbres. Peut-être que je voyais dans mon combat face au Conseil l’occasion d’exalter, à travers la révolte, cette humanité, cette flamme qui avait manqué de s’éteindre. Qui étais-je, désormais ? Mes précieuses valeurs, ma belle morale et ma conscience apaisée avaient-elle la moindre importance alors que l’armée de la mort attirée par mon tir s’apprêtait à fondre sur moi ? L’adrénaline se répandit dans mon organisme. Je n’étais qu’une proie, seule et pétrifiée dans cette forêt obscure. Il fallait que je coure.

Je ne connaissais pas ces bois. Il était rare que nous nous aventurions aussi loin de Lafayette mais les vivres venaient cruellement à manquer en périphérie du camp. Nous étions partis à quatre, cinq jours auparavant.  Il y avait eu les Horsemen, il y avait eu la horde, il y avait eu la vie. Et surtout la mort. J’étais seule désormais. Seule et sans repère. Je filais entre les troncs, les muscles perclus de crampes. J’entendais dans mon dos la symphonie des grognements funestes qui me rappelait que c’était bien la mort que j’avais à mes trousses. Je maintenais difficilement le rythme de ma course effrénée. L’adrénaline avait soulagé mon estomac de la morsure de la faim et mes muqueuses de la brûlure de la soif mais le voile qui vint brutalement obscurcir ma vision me rappela que je n’avais presque rien mangé ni bu depuis deux jours. C’est alors qu’une racine fit basculer mon sort. Je m’étalai de tout mon long sur le sol humide et mon crâne vint violemment heurter une souche. Le temps que je regagne mes esprits, les cadavres ambulants se dressaient déjà devant moi. Je pouvais distinctement entendre le claquement menaçant de leurs mâchoires avides. Je sortis mon arme et vidai mon chargeur sur la première ligne ce qui me laissa le temps de me relever. Je troquai mon neuf millimètres contre mon fidèle couteau, pris une grande inspiration et me lançai à l’assaut de leurs crânes décharnés. Tandis que ma lame valsait entre les os et les chairs putréfiées, je tentais de réfléchir à une stratégie. Ils étaient une vingtaine, peut-être plus. Il fallait que je trouve un arbre auquel grimper, que je me mette à l’abri le temps de charger mon arme et de nettoyer le périmètre. Peut-être pourrais-je ainsi repérer un endroit où me réfugier. Tout en repoussant un zombie d’un brutal coup de pied, je reculai vers le feuillu  le plus proche. Un soudain vertige s’empara de moi et m’immobilisa, un bref instant seulement. L’instant de trop. Je vis impuissante les rôdeurs m’encercler. Je continuais à me débattre comme une lionne, refusant de me laisser accabler par l’évidence mais au fond de moi, je le savais. Des grognements lugubres se distingua le chant d’un rossignol qui vint sonner mon glas en même temps que l’aube, cette aube que je ne verrai probablement pas naître. C’était la fin. 




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MessageSujet: Re: (int. 2 + luke) remember how it used to be, when the stars would fill the sky    Lun 21 Aoû - 22:47



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THOSE NIGHTS WOULD NEVER END
Cela fait des jours que tu es bloqué dans ce grenier sombre. L'odeur de renfermé n'aide pas à s'y sentir en sécurité. Darwin tourne en rond, renifle la trappe sur le sol avant de lever la tête vers toi. Il veut sortir, il ne comprend pas pourquoi vous êtes ici depuis presque 3 jours maintenant. Les rodeurs semblent maintenant être maître dans les parages, les rues ne sont plus aussi sécurisées. Alors comme la plupart des gens en dehors d'un camps sûr, tu as du te cacher. Tu as du resté terré dans ce grenier pour survivre quelques jours supplémentaires. Et celà t'a laissé le temps de penser, de ruminer sur tes actes et les ordres donnés par le général. Tu es un agent de terrain, tu as été entraîné pour tuer, tirer si cela pouvait sauver ta vie. Mais plus rien n'a de sens dernièrement. La mort vous entoure et ta mission n'est plus de sauver, mais bien d'exterminer. Exterminer une personne innocente, une personne qui a su retourner ton coeur il y a pourtant plusieurs années. C'est un sentiment que tu pensais avoir oublié, une sensation qui était pourtant enfouie trop loin pour que tu puisses te souvenir de l'effet. Mais il n'a suffit qu'un regard, un regard et un choix qui remet en question tes ordres. Tu as tué ton coéquipier pour sauver votre cible: Thalia. C'est étrange comme le destin peut vous jouer des tours alors que vous vous y attendez le moins. Quelles étaient les chances pour qu'après tant d'années, ce soit elle qui se trouve devant le canon de ton arme ? Alors que tu avais presque oublié son existence, la vie a décidé de remettre la jeune femme sur ton chemin. Destin funèbre ? Tu en as décidé autrement. Tu as tiré sur ton coéquipier et a fuis, comme elle l'a fait après votre baiser sur les bancs de Quantico.

Cette scène tourne inlassablement dans ta tête, t'empêchant de dormir alors que le sommeil ne demande qu'à t'emporter pour quelques heures. La lune va bientôt laisser place à l'astre lunaire et tu décides finalement de prendre ton sac pour quitter cet endroit. Les vivres viennent à manquer et il est maintenant vital pour toi de sortir. La présence de Darwin te rassure, ton fidèle compagnon t'a sortit d'affaire plusieurs fois depuis que tu l'a trouvé attaché à un arbre. Même en plein milieu de l'apocalypse, certains humains abandonnent leur animaux en les laissant sans défense dans un endroit qui leur ait inconnu. Avec les rôdeurs, les anciens propriétaires de celui que tu as nommé Darwin auraient au moins pu le laisser libre. Mais non, ils ont du vouloir l'utiliser en appât.

L'air frais caresse ta peau alors que tu t'enfonces d'un pas prudent dans la forêt près de Lafayette. Ton couteau de chasse entre les mains et un revolver à la ceinture, il n'y a que les craquements des branches sous tes pieds qui brisent le silence.Tout semble calme, peut-être trop pour que ce soit bon signe. Et alors que tu te penches pour attraper le cadavre d'un pauvre lapin , c'est un coup de feu qui attire ton attention. Tu te relèves immédiatement alors que ton chien approchent en grognant. Tes pas accélèrent jusqu'à trouver une jeune femme au sol, entouré de trois rodeurs l'utilisant comme petit-déjeuné. La lame de ton couteau se plante dans le crane des bêtes de l'enfer avant de continuer ton chemin. Tu ne sais même pas combien de temps tu cours,mais l'absence de revolver à côté du cadavre te prouve que quelqu'un d'autre à tiré. Une personne qui est peut-être encore vivante. En haut d'une pente, tu peux voir une horde de rôdeurs s'approcher d'une demoiselle à terre. Tu es bien trop loin pour reconnaître un visage mais il ne te faut qu'un geste à Darwin pour qu'il se mette à aboyer en courant vers les envoyés de l'enfer. Le bruit les attire, les distrait. Assez pour laisser à la jeune femme une possibilité de s'échapper. Tes doigts passent entre tes lèvres et un sifflement aiguë ordonne à ton compagnon de revenir vers toi alors que tu plantes avec ardeur ton couteau dans le crâne des rôdeurs. Vous faîtes une bonne équipe, une équipe organisée. "Montez sur l'arbre!" Tu recules alors que les ennemis avancent, toujours attirés par les aboiements. Un par un, tu ne te laisses pas entourer. Tu as été entraîné pour ça.

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MessageSujet: Re: (int. 2 + luke) remember how it used to be, when the stars would fill the sky    Mer 23 Aoû - 1:19



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 THOSE NIGHTS WOULD NEVER END

LUKE & THALIA / KISATCHIE NATIONAL FOREST



Je ne parvenais pas à fermer les yeux. J’aurais tellement voulu lâcher prise et attendre, attendre que la douleur me transperce, que l’inconscience m’emporte et que la Mort triomphe. Quelque chose en moi néanmoins voulait voir son visage lorsqu’elle me déroberait à cette vie si indigne et pourtant si sacrée. L’adrénaline m’avait enveloppée d’un manteau de paresthésies. Je sentais à peine mes muscles meurtris par l’effort mais il ne lâchaient pas et je gardais à une distance précaire mais suffisante mes assaillants d’outre-tombe. J’étais tombée au sol. Il n’y avait plus d’espoir. Je ne me battais pas pour ma vie mais pour ma mort, pour qu’elle soit belle et honorable devant les seuls témoins qu’étaient mes yeux et les astres, les seuls qui importaient.  Les astres et mes yeux qui restaient grand ouverts. Les instants s’allongeaient. La peur s’était estompée, la colère également. Elles avaient laissé place à un étrange et intense sentiment, aveuglant et apaisant à la fois, un sentiment que je n’avais jamais ressenti auparavant, un sentiment de paix intérieure. J’eus à peine le temps de me l’approprier que des aboiements résonnèrent entre les arbres. S’agissait-il de l’un de ces chiens de l’Enfer dont parlaient ces légendes auxquelles je n’avais jamais cru ? Si tel était le cas, les rôdeurs m’avaient suivie sous terre car ils semblaient m’oublier pour se tourner vers le bruit. Incrédule, je me redressai. Je sentis alors la flamme de mon instinct de survie se raviver et réchauffer mon corps endormi. Ce n’était pas la fin. Pas encore.

Un rayon de soleil fragile et rasant perça la végétation tandis que je me relevais avec peine. Un sifflement fendit l’air, guidant mon regard vers une silhouette au loin. Un homme, vraisemblablement le propriétaire du chien semblait attirer le bataillon des indésirables vers lui pour les éliminer méthodiquement un par un. Je n’eus guère le temps de me laisser éblouir par le caractère parfois surprenant d’altruisme de cette fichue humanité, il me fallut envoyer mon couteau valser dans les crânes putréfiés de quelques éléments qui avaient décidé de ne pas suivre le troupeau. Une voix s’éleva soudain dans les airs, m’intimant de monter à un arbre. Cette voix. Elle résonnait en moi comme un écho du passé, ravageant tout sur son passage. C’était comme si un précipice s’était ouvert sous mes pieds. Pendant une fraction de seconde, plus rien n’avait d’importance. Le claquement d’une mâchoire me ramena violemment à la réalité. Je mis un violent coup de botte dans le thorax du rôdeur qui s’écroula au sol puis écrasa son visage sous ma semelle. Il fallait que j’approche. Mon esprit altéré par la faim, la soif et l’épuisement se jouait certainement de moi, il avait sans doute distordu le timbre de ce mystérieux individu pour imposer à cette scène épique la présence d’un intrus, la présence de cet homme à qui je ne pensais plus autant hormis dans mes rêves torturés mais dont l’empreinte marquait encore mon âme. Il fallait que j’approche. Il me fallait voir le vrai visage de cet inconnu pour effacer de mon cerveau celui que mon imagination lui avait greffé. Je progressai donc vers l’avant, réduisant la distance me séparant des silhouettes décharnées dont je clôturais les rangs. Pourtant, plus les traits de l’homme se précisaient et plus mon coeur se serrait.

Je me figeai brusquement lorsque le poids de la certitude s’abattit sur moi. Un murmure s’échappa de mes lèvres. « Luke… » Je me souvins de nos adieux précipités sur le quai de cette gare déserte vingt mois auparavant. L'émotion me submergea alors tandis qu’un sourire se dessinait sur mon visage. Quelques questions dérangeantes se bousculaient déjà aux portes de mon esprit mais je les y refoulais. Il n’y avait que cette distance entre lui et moi qui m’importait, qui m’insupportait. Entre nous, l’armée des morts. La quinzaine de rôdeurs encore animés  derrière laquelle j'étais dissimulée progressait religieusement vers sa lame. Concentré sur sa tache morbide, il ne semblait pas m’avoir reconnue. Je me repris. Je ne pouvais décemment pas le laisser combattre seul. J’inspirai puis expirai profondément avant de frapper dans mes mains. Attirée par le bruit, la moitié du groupe fit lentement volte-face et bientôt, la danse de mon couteau dans les tissus en décomposition reprit. Inexorablement, les ennemis tombèrent jusqu’à ce qu’il ne reste entre nous qu’un tapis de cadavres décharnés. Jusqu’à ce qu’il ne reste que nos respirations saccadées par l’effort et nos yeux clairs sublimés par l’aube qui se trouvèrent enfin. 




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MessageSujet: Re: (int. 2 + luke) remember how it used to be, when the stars would fill the sky    Dim 3 Sep - 21:45



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Concentré sur la lame qui danse à travers les morts, tu ne lèves pas les yeux sur la jeune femme qui semble s'être approchée. Darwin tourne autour de toi,restant à bonne distance des revenus d'outre tombe. Et puis l'inconnue tape dans ses mains, le bruit attire ton regard alors que les traits de la femme imprègnent tes yeux. Thalia. De tout les survivants de ce monde, il fallait que ce soit elle qui se trouve dans cette sombre situation. Quel jeu le destin s'amusait-il à jouer avec vous ? Aime-t-il donc vous voir vous torturer avant de prendre des directions opposés ? La contemplation des gestes agiles de la brune te font oublier la situation critique et ce sont les grognements de ton fidèle compagnon qui te ramène à la réalité. 3 pas en arrières alors que ton couteau se plante habilement dans ce qui était les cranes de ces bêtes funèbres. Les corps tombent immobiles, tout autant que toi qui est incapable de bouger alors que tes yeux fixent de nouveau Thalia. Un long soupire et tes doigts passent dans le pelage doré du chien à tes pieds. Cette fois il n'y a que vous. Ton associé n'est plus là pour exécuter les ordres du général. Les questions que tu tentes vainement de sortir de ta tête reviennent au galop. Comment dois-tu agir ? Cet homme à l'égo disproportionné est-il toujours en vie ? Qu'en est-il de ta sœur ? Tant de questions sans réponses qui t'empêchent de dormir, de vivre. Et voir le visage de Thalia ne fait que renforcer ce sentiment d'impuissance. Tu n'as pas été capable de la tuer. Tu as donc laissé ta soeur avec cet homme sans principes. Tu as l'impression de retourner 20 ans en arrière, quand tu n'as pas pu aider à résoudre le meurtre de ton aînée.

Le bruit de l'air filant entre les branches est la seule chose qui brise le silence. Tu essuies la lame de ton couteau contre ton t-shirt déjà sale et le remet dans son étuis. Simple geste pour lui montrer que cette fois, tu ne tentera pas de lui faire du mal. Tes intentions ont changé bien que tu ne saches pas exactement comment agir. La tuer n'est plus ton objectif, il ne l'a probablement jamais vraiment été. Une partie de toi à envie d'avancer vers elle pour la serrer fort dans tes bras. Elle est en vie. Elle a survécu dans ce monde en ruine et vous avez peut-être une chance de vous retrouver. De vivre au lieu de survivre. Tes pupilles bleus ne lâchent pas les siennes alors que Darwin quitte sa place pour aller sentir la jeune inconnue...qui ne l'est pas vraiment.

Tu approches d'un pas, levant tes mains en l'air. "Je ne pensais pas recroiser ton chemin" Tu lances ça comme une simple constatation. "Tu es blessée?" Des questions qui resteront probablement sans réponses. Pourquoi prendrait-elle la peine de te répondre alors que ton arme était braqué sur elle il y a quelques mois? Bien que la balle ait finalement mit fin aux jours de ton partenaire, tu ne sais pas si les remords ont persisté.


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MessageSujet: Re: (int. 2 + luke) remember how it used to be, when the stars would fill the sky    Dim 10 Sep - 23:53



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LUKE & THALIA / KISATCHIE NATIONAL FOREST



Certains instants semblent capables de se soustraire au temps et à l’espace, il n’en reste à percevoir que l’essence et l’essence de ce moment m’avait dans le même temps réchauffé l’âme et suspendue au dessus d’un précipice. Il m’avait laissée là, figée et bouleversée, transie par une émotion à la fois primaire et sophistiquée qui ne laissait place à aucune forme de pensée, de réflexion, de jugement. Ce n’était pas la première occasion qu’avait le regard clair de cet homme de me rappeler avec la violence crue de la vérité que j’étais vivante, que j’étais humaine, que nous étions. Je sentis ma poitrine se soulever au rythme de ma respiration qui s’était apaisée. Doucement, la scène reprenait racine dans son décor matériel et palpable. La fraîcheur de l’aube faisait naître sur ma peau une ébauche de frisson. Le vent soufflait, il faisait bruisser les feuillages et élevait à notre hauteur les relents putrides des cadavres gisant à nos pieds. Le chien vint s’imprégner de mon odeur et je notai à quel point il était silencieux pour un tel animal, sans doute avait-il appris à l’être. Luke me fixait encore et j’en faisais de même, non plus pour le contempler mais pour l’observer. Je vis soudain sa jambe se soulever du sol et amorcer un pas. Aussitôt, je reculai. Ma main était venue instinctivement se crisper contre le manche de mon pistolet qui dépassait de la poche arrière de mon jean. Mon intuition la plus profonde et mon esprit d’analyse semblaient se contredire, la première était persuadée que je n’étais jamais plus en sécurité qu’en la présence de Luke tandis que le second m’incitait au moins par prudence à le considérer comme un ennemi. Mon instinct de survie s’était approprié la prérogative de trancher et en ces temps obscurs, l’ombre du doute n’était pas un élément que l’on pouvait aisément se permettre d’ignorer.

Je vis Luke lever pacifiquement ses mains en l’air et mes doigts serrés autour du métal froid de mon Glock vinrent se ranger le long de ma hanche. Je ne pouvais néanmoins m’empêcher de penser à l’éventualité d’une ruse. Il en avait l’intelligence et, pour sur, l’expérience. C’était bien la ruse qui lui avait permis de loger une balle dans le cerveau de l’agent Emerson, quelques mois plus tôt. La confiance la plus absolue semblait encore se lire sur son visage lorsque le projectile était venu transpercer sa boîte crânienne. Quant à ma propre confiance, elle s’était ébranlée ce jour de printemps où je l’avais vu aux côtés de celui qui avait failli mettre fin à mes jours. Etaient-ils alliés, partageaient-ils le même funeste objectif ? Etais-je en danger de mort alors que je me tenais désarmée face de lui ? C’était son procès qui se tenait dans mon esprit et l’exposé des faits était accablant. Luke McHale était le seul à savoir que j’avais mis les voiles pour Birmingham, il était le seul à qui j’avais confié mon ébauche de stratégie. Il savait que je comptais mettre le cap à l’ouest pour m’éloigner d’Alberta. Quant au reste de mon plan, j’avais vainement jugé judicieux de le taire; je savais en effet qu’il subirait un interrogatoire tendu au décours de ma disparition. Vainement car Luke n’ignorait rien ou presque des rouages de mon esprit. Plus précisément, il avait toujours su voir le monde à travers mes yeux avec une déconcertante facilité. Il se rappelait certainement que je n'appréciais guère le froid, or l’hiver était moins rude et pluvieux en Louisiane que dans le Mississippi. Il m’avait longuement vue travailler à la mise en place de ces fameux entrepôts gouvernementaux, il ne pouvait ignorer que je les utiliserais pour me ravitailler. Enfin, il savait que j’aimais l’océan, il savait qu’il me suffisait de poser les yeux sur son étendue azur nimbée de reflets argentés se fondant dans l’horizon, d’entendre le bruit des vagues se brisant sur le rivage et de laisser le vent salé soulever mes cheveux pour me sentir à la maison. Il savait que mon inconscient dévierait ma trajectoire vers le sud, vers la côte. Luke était la seule personne au monde capable de me retrouver. Luke m’avait traquée. Je sentis mon visage se crisper et un sourire désabusé se dessiner sur mon visage. Il y avait cet arrière-goût amer de trahison et il y avait cette partie de moi qui rejetait viscéralement et en bloc les conclusions de ma raison. J’étais perdue. Comme ces considérations semblaient lointaines quelques minutes plus tôt lorsque son visage s’était distingué derrière l’armée des morts ! La vie avait l’étonnant talent de revêtir un masque de simplicité dès lors qu’elle se trouvait en danger imminent. Une fois le péril passé, la complexité refaisait surface. Les contrastes s’estompaient. Les détails, les contours flous, les aspérités sinueuses apparaissaient à nouveau aux yeux et au coeur.

Après avoir laissé échappé ce que j’interprétai peut-être à tort comme une banalité, Luke me demanda si j’étais blessée. Je repris conscience de la douleur lancinante qui meurtrissait mon corps contus, de la brûlure de l’air sur mes plaies et de la céphalée qui ravageait ma tête depuis le traumatisme crânien que j'avais subi quelques minutes plus tôt en heurtant une souche. Il était intéressant de noter que cette dernière n’avait pas porté atteinte à mon sens de la stratégie. Je laissai mon regard glisser jusqu’à la cicatrice encore rosée qui marquait la naissance de mon bras dévoilé par mon débardeur tâché de boue et de sang. « J’ai connu pire. » Je relevai les yeux vers Luke, tentant de paraître impassible et guettant sur ses traits quelque signe susceptible de le trahir. Etait-il complice de la tentative de meurtre dont j’avais fait l’objet l’hiver dernier et dont les stigmates étaient offerts à sa vue ? Si cette question me brûlait les lèvres, il semblait que mon inconscient ne soit pas persuadé de souhaiter en connaître la réponse. En effet, je rompis sans guère y songer un silence bien trop bref pour en révéler suffisamment. « Je croyais que le sud n’était pas la destination la plus en vogue du moment. » J’avais fait fi de toute subtilité. Libre à lui désormais de reprendre le contrôle, j’étais prête à m’approprier ses mensonges.




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MessageSujet: Re: (int. 2 + luke) remember how it used to be, when the stars would fill the sky    Dim 24 Sep - 16:22



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Te voilà face à ton plus grand dilemme, face à toutes ces questions qui se bousculent dans ta tête sans que tu ne puisses leur donner de réponses. Thalia caractérise tes faiblesses et tes doutes mais aussi tes espoirs et un possible futur plus heureux. Bien que tu sois conscient de ton incapacité à la tuer, il y a cet ordre qui resonne inlassablement dans ta tête depuis que ton regard a reconnu ses traits. Elle doit mourir pour que ta sœur ait une chance de survivre. Un choix digne du plus grand film dramatique que tu es incapable de prendre. Toi qui est entrainé pour suivre les ordres et agir dans les situations difficiles… tu as l’impression d’avoir 11 ans de nouveau. Tu voudrais pouvoir te cacher les yeux et courir dans ta chambre pour ne pas avoir à accepter le monde qui t’entoure. Mais tu n’as plus 11 ans, tu as grandi et il est temps de laisser derrière toi les utopies d’enfances. Alors tu lèves les mains en l’air en espérant que cela soit suffisant. Et contre toute attente, Thalia range son arme et te laisse même approcher. Tu as l’habitude de t’attendre au pire, d’être préparé en cas de problème majeur, mais aujourd’hui tout semble bien plus simple. Tu n’agis pas comme à l’entrainement. Tu en oublis presque ton métier alors que les mots sortent tout seul. L’Inquiétude, voilà ton émotion première.

" J’ai le nécessaire médical si tu veux…On a une planque pas loin " Ton regard se pose finalement sur les diverses marques et blessures avant de continuer. Ta question servait simplement à commencer la conversation, tu peux voir aisément qu’elle a besoin de soins. Tu t’attends à ce qu’elle rigole ouvertement devant ta proposition et pourtant tu gardes un air sérieux.  " On ne peut pas rester ici. C’est trop dangereux. Si tu préfères retourner…" L’hésitation se lit sur ton visage. Tu ne sais pas d’où elle vient, tu ne sais pas si elle survie seule ou dans un camp. Pour se retrouver dans cette situation, être aussi sale et blessée…tu en viendrais à penser qu’elle se déplace seule ou en petit groupe mais tu n’en mettrais pas ta main au feu.  Un haussement d’épaules alors que tes pupilles se perdent dans celles de ton interlocutrice. "… là où tu survis, tu devrais y aller maintenant " Un long soupire, un frisson du a la brise matinale.

"Ça dépend ce que tu cherches… Et puis je n’ai jamais été le genre de personne à suivre les modes " Pas besoin de mentir sur la raison de ta venue ici. Tu as été engagé pour la traquer et tu es un bon agent de terrain. Thalia étant ta cible, il était encore plus simple d’obtenir de résultats rapides sur sa possibles position. Tu n’es pas là pour mentir ou nier les faits, tu as décidé de mettre ta vie en ordre depuis l’assassinat d’Emerson. " Je n’ai pas eu le choix de te trouver. Pierce a eu de bons arguments " Tu n’en dis pas plus alors que tes yeux restent plongés dans les siens pour qu’elle puisse y lire la sincérité de tes paroles." Tu viens ou pas ? Si j’avais voulu tu tuer…tu sais que ce serait déjà fait " Bien triste vérité qui devrait pourtant rassurer la brune te faisant face. Tu es froid mais c’est un mécanisme de défense que tu as toujours adopté. Elle doit le savoir, elle connait beaucoup de facettes de ta personnalité. A Quantico tu étais loin d’être le plus populaire, le plus entouré. Solitaire, elle a cependant réussi à briser la carapace que tu t’étais forgée. La question est de savoir si elle sera capable de le faire une nouvelle fois…ou si elle en aura l’envie.

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